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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Georges Lautner, #Michel Audiard, #Comédie, #Gangsters
Ne nous fâchons pas (Georges Lautner, 1966)

« Mais ils m’ont traité de brute, monsieur le commissaire. »

La séquence d’ouverture du film nous présente trois hommes en piteux état. En face d’eux un commissaire (Serge Sauvion) qui s’adresse à monsieur Antoine Beretto (Lino Ventura), qui les a mis dans cet état.

Le ton est donné, Antoine Beretto est un croisement entre Fernand Naudin et Francis Lagneau.

En effet, il est un ancien truand retiré des voitures qui doit rempiler le temps de régler une dette (d’honneur, même s’il s’agit d’argent). D’un autre côté, il possède quelques qualités de l’agent secret Lagneau si on en croit son descriptif au début des Barbouzes : «  […] Requiem, dit Bazooka, di La Praline, dit Belle châtaigne. »

Bref, nous sommes dans la parodie, et si j’a&joute que les dialogues sont d’Audiard, vous ne pouvez qu’être convaincus.

 

Nous sommes donc trois ans après Les Tontons flingueurs, et Lino retrouve Georges Lautner pour une nouvelle histoire parodique de gangsters. Il retrouve aussi Jean Lefèbvre qui était de l’aventure des Tontons, ainsi que Mireille Darc (Les Barbouzes, 1964). Notons aussi la présence de Michel Constantin qui sera dans Le deuxième Souffle en novembre de cette même année. Pour la musique, Lautner a fait cette fois-ci appel à Bernard Gérard pour la musique, et bien lui en prit car il signer ici une bande originale inspirée avec de nombreux thèmes qui sont repris en fonction des différentes factions en présence (les Britishs et les Français), avec des sonorités qui sont celles du rock anglais de cette même période : on pense aux Who bien sûr, le groupe des Mods, mais aussi à Them (avec Van Morrison) dans la chanson finale Akou, interprétée par Graeme Allwright.

 

Mais même si nous sommes dans une parodie, ce sont avant tout des truands qui règlent leurs affaires. Mais tout irait mieux s’il n’existait pas le grain de sable qui ne fait pas que dérégler la machine, mais la fait s’autodétruire : Léonard Michalon (Jean Lefèbvre).

Tour à tour appelé « le Fléau », « le Choléra » et d’autres joyeusetés dans ce sens.

C’est un être veule et minable, doublé d’un abruti, escroc à la petite semaine dans les milieux hippiques. En clair c’est un emmerdeur de haute volée, au regard de cocker qui lui empêche d’être définitivement éliminé par son protecteur occasionnel, le sieur Beretto ci-dessus mentionné.

 

Bien sûr, on rit des différentes situations dans lesquelles se retrouve Beretto, du fait de la fréquentation de ce drôle de zigoto, et les scénario et dialogues d’Audiard accentuent la différence entre ces deux hommes. Beretto est évidemment le mâle dominant et on attend avec impatience la prochaine baffe que se prendra Michalon après une réplique un tantinet plus poussée que les autres.

Et des baffes, il en prend : il serait plus facile de dire qui des personnages principaux ne lui en met pas une, le Colonel McLean (Tommy Dugan).

 

De plus, comme nous sommes dans un film de gangsters, il faut bien que les armes parlent : dès la première apparition de Michalon, un premier mort apparaît. Puis un autre, puis douze autres ! C’est un festival pyrotechnique pour anéantir les forces du Colonel,  le tout accompagné par la musique rock de quelques Britishs plus ou moins agités.

Parce qu’on n’échappe pas à la critique déguisée de la musique de 1965-66, et surtout de ceux qui évoluent dessus : ce sont des contorsions et des hurlements qui étaient – peut-être – censées faire rire les spectateurs de 1966, mais cela tombe à plat aujourd’hui.

 

Mais ce qui ne tombe jamais à plat dans le film, ce sont les dialogues d’Audiard. Ce sont des répliques magnifiques avec envolée(s) littéraire(s) : la tirade d’introduction du commissaire en est un très bel exemple.

 

Et puis il y a la belle Mireille Darc (Eglantine Michalon), l’élément féminin important, à la répartie aussi cinglante que les hommes qu’elle doit fréquenter :

Beretto : On a toujours tendance à prendre les bruns trapus pour des gangsters mais c’est un préjugé idiot.

Eglantine : J’en connais un autre qui consiste à prendre les grandes blondes pour des imbéciles!

 

Bref, nous sommes en très bonne compagnie, et on aimerait  même en reprendre un petit peu… En attendant de revoir le film !

 

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