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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #James Nielson
Le Survivant des monts lointains (Night Passage - James Neilson, 1957)

De grands espaces, de la danse, une belle bagarre menée par des femmes jalouses, des chants, des méchants et une résolution lors d’un affrontement final avec force coups de pistolets : les ingrédients du western sont là.

Et pourtant.

 

Grant McLaine (James Stewart) est un cowboy solitaire sans foyer, qui arrive à Cactus Junction après avoir été convoqué par le Ben Kimball (Jay C. Flippen, qui retrouve Stewart avec lequel il avait tourné plusieurs fois sous la direction de Mann) directeur du chemin de fer.

Ce dernier lui propose de convoyer la paie des travailleurs jusqu’au bout de la voie. Mais en route, le train est attaqué et Grant voit la paie s’envoler.

 

Aaron Rosenberg, le producteur du film, avait demandé à Anthony Mann de réaliser ce film, puisqu’il avait déjà dirigé James Stewart dans quelques westerns. Mais Mann refusa, ne croyant pas beaucoup à cette histoire de rédemption et d’accordéon.

En effet, Grant est accordéoniste et joue pour gagner sa vie depuis que ce même Kimball l’avait chassé parce que McLaine avait laissé partir Utica Kid (Audie Murphy), desperado célèbre dans le Colorado (1).

 

Mais si Utica Kid n’est pas le méchant de l’histoire – encore que – James Neilson nous sert une belle bande de pillards qui boivent sec et ont la gâchette facile : le gang de Whitey Harbin (Dan Dureya). On reconnaît d’ailleurs dans cette association de malfaiteurs deux méchants patentés du western : Jack Elam et son regard particulier et Robert J. Wilke (Concho), qui apparaîtra par ailleurs dans lLes 7 Mercenaires, défiant Britt (James Coburn) à un duel (2).

Et puisqu’on en est aux stars, notons aussi la présence de Brandon De Wilde (Joey), inoubliable dans le Shane de George Stevens dans lequel il porte déjà le prénom de Joey.

 

On ne peut donner tort à Anthony Mann de ne pas avoir cru à cette histoire hautement improbable. Il est clair que James Stewart était un meilleur cowboy qu’accordéoniste. De plus, la sous-intrigue autour de Joey  n’est pas tellement plus crédible, son antagonisme avec Concho eût pu être réglé plus vite, d’un coup de pistolet : le code Hays réprouvant les meurtres d’enfants.

Et puisqu’on parle du Code et donc de ses puritains qui firent la loi à Hollywood, la résolution heureuse a dû être fortement appréciée par ces tristes individus : Grant termine non seulement avec une femme (3), mais en plus avec un fils sans avoir eu besoin de procréer (quelle horreur !) avec cette même femme !

 

De même, la résolution de l’intrigue principale et surtout l’élimination définitive des méchants aurait mérité un traitement moins expéditif et surtout un tantinet plus individuel d’autant plus que la durée du film – 90 minutes – se prêtait à un léger allongement.

Au final, nous avons un western mineur malgré ses interprètes, avec une intrigue bâclée, sans pour autant laisser de côté l’indispensable rédemption chère au cinéma américain : je vous laisse deviner qui sera sauvé, bien que là encore, l’intrigue soit un peu trop prévisible.

 

Je terminerai sur le statut des méchants : s’ils sont rapidement identifiés et surtout interprétés par quelques habitués, leur traitement superficiel s’ajoute aux autres raisons de l’échec du film. Nielson, dont ce fut l’un des rares films au cinéma (13 : ayant beaucoup travaillé pour la télévision), ayant oublié que plus un méchant est réussi et plus le film a une chance d’être un succès.


Dommage.

 

  1. Cette initiative n’est pas criminelle, Grant a une très bonne raison de ne pas tuer ce jeune homme.
  2. Défier Britt : quel inconscient !
  3. Elles sont trois, Miss Vittles (Olive Carey, la femme de Harry et la mère de Junior), Verna Kimball (Elaine Stewart, rien à voir avec notre ami James) et Charlotte « Charlie » Drew (Dianne Foster, 91 ans le 31 octobre prochain…) : la première est un peu âgée et la seconde déjà mariée, alors pas besoin d’être grand druide pour savoir laquelle terminera avec lui.
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