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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Jean Delannoy
Notre-Dame de Paris (Jean Delannoy, 1956)

Paris, 1482 : crépuscule de Louis XI (Jean Tissier)…

Sur le parvis de Notre-Dame, Esmeralda (Gina Lollobrigida) dans et chante, pendant que les spectateurs l’admirent amoureusement. Parmi eux, deux personnages particuliers : Claude Frollo (Alain Cuny), dévot tourmenté, et le sonneur des cloches de la cathédrale, Quasimodo (Anthony Quinn).

Autour d’eux, c’est un Paris qui enterre le Moyen-âge, avec ses mendiants menés par Clopin Trouillefou (Philippe Clay), et ses soldats menés par Phœbus de Châteaupers (Jean Danet), sous l’égide gigantesque de l’édifice gigantesque consacré

 

C’est à un double monument que Jean Delannoy s’est attaqué : la cathédrale d’un côté et le roman de Victor Hugo de l’autre. Et si l’un est très bien exploité, l’adaptation de l’autre est tout de même plus fidèle que la version de Wallace Worsley. Mais comme toujours dans le cas de cette histoire, c’est vers le personnage le plus spectaculaire qu’on se tourne : Quasimodo.

Et on peut l’avouer, à nouveau nous avons un Quasimodo repoussant à souhait, au corps difforme et au visage cyclopéen très impressionnant. Certes, ce n’est pas Lon Chaney, mais on peut tout de même saluer le travail de Louis Bonnemaison et/ou Georges Klein dans l’élaboration du personnage.

De plus, la performance d’Anthony Quinn dans ce rôle ô combien emblématique est à la hauteur de l’événement : la première adaptation en couleur du roman de Hugo.

 

Il y a dans cette adaptation l’élan épique des nombreuses superproductions françaises – en couleur ou non – qui ont émaillé les décennies 1950-1960, où les distributions sont aussi prestigieuses que les intrigues traitées. Avec aussi le revers de la médaille : on néglige un peu ce qu’il se passe pour reconnaître tel où telle interprète. Et ce film ne fait pas exception : on s’amuse à voir Boris Vian dans un rôle d’ecclésiastique haut gradé (le cardinal de Paris, excusez du peu), ou encore Daniel Emilfork (Andry le Roux), pour ne citer qu’eux.

 

Et puisque nous en sommes à l’interprétation, arrêtons-nous sur l’autre personnage principal : Esmeralda. Gina Lollobrigida est une parfaite Esmeralda. Et le fait qu’elle ne soit pas doublée accentue l’aspect exotique de son personnage (1), mais surtout apporte une touche de réalisme bienvenue (2).

Patsy Ruth Miller (dans le film de 1923) fut une Esmeralda plutôt quelconque, débordée par un Quasimodo (Lon Chaney) trop spectaculaire pour ses partenaires. De son côté, Maureen O’Hara (en 1939 chez William Dieterle) est superbe mais n’a pas le physique attendu du personnage (pas assez brune, ni les yeux noirs indispensables).
Et Gina réunit toutes les caractéristiques et la sensualité du personnage, même dans sa robe austère de condamnée à mort.

 

De son côté Anthony Quinn est un Quasimodo fort acceptable et le handicap de son personnage justifie pleinement qu’il ne soit pas non plus doublé. Par contre, on peut se dire que Quasimodo parle beaucoup dans ce film… Le seul reproche qu’on peut faire au jeu de Quinn, c’est de se tenir trop droit : on en oublie presque qu’il est bossu !

Dans l’ensemble, les personnages sont bien campés, mais encore une fois, le jeu (trop) lisse d’Alain Cuny laisse à désirer. Il me paraît évident que ce dernier aurait eu beaucoup de mal dans la période muette du cinéma : son visage n’offre que très peu de variétés, affaiblissant de ce fait le personnage interprété.

De son côté, Jean Danet est un Phœbus lui aussi très acceptable ne serait-ce son physique plutôt commun face à une Esmeralda aussi magnifique : on aurait préféré (3) un jeune premier plus caractéristique, voire plus séduisant (4).

 

Au final, Jean Delannoy s’en tire plutôt bien dans cette adaptation, mais on peut tout de même regretter plusieurs choses :

  • le format du film (115 minutes) qui ne permet pas de retranscrire la richesse du roman original ;
  • une mise en scène plutôt sage à laquelle manque un véritable souffle épique, surtout dans l’attaque de la cathédrale par les troupes du Royaume d’Argot.

 

Mais rien que pour Esmeralda et Quasimodo, on ne va pas bouder son plaisir…

 

  1. On l’appelle « Egyptienne » bien qu’elle ne le soit pas du tout…
  2. J’ai déjà parlé ici des doublages systématiques des vedettes étrangères (cf. Paris brûle-t-il ?).
  3. Enfin, « on », c’est surtout moi.
  4. Au hasard (?) : Gérard Philipe.
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