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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Yves Robert
Nous irons tous au Paradis (Yves Robert, 1977)

Ils sont de retour !

Un an après Un Eléphant ça trompe énormément, revoici les quatre amis : Antoine (Jean Rochefort) et sa femme Marthe (Danièle Delorme), Bouly (Victor Lanoux) et ses femmes, Daniel (Claude Brasseur) et les hommes, Simon (Guy Bedos) et sa mère Mouchy (Marthe Villalonga).

 

Et encore une fois, il est questions des amours des uns et des infidélités des autres.

Mais si le premier opus s’appesantissait plus sur la relation extraconjugale d’Antoine, celui-ci tend à donner à chacun une place égale. Mais c’est toujours Antoine le narrateur.

Même si ce sont les mêmes personnages, on ne part pas complètement de la situation précédente qui voyait Antoine sauter d’un toit sous les yeux ébahies des femmes dont la sienne, révélant in fine son infidélité.

 

Quelques changements toutefois sont survenus entre les deux films.

Antoine et Marthe s’aiment comme au premier jour, mais Antoine n’est plus un gratte-papier d’un quelconque ministère : il s’occupe d’une adaptation de la bible en dessins animés. Bouly s’est installée avec Daisy (Elisabeth Margoni) et gère un club sportif, ce qui lui permet de zyeuter les jeunes femmes dans les vestiaires, surtout quand elle prennent une douche. On ne se refait pas.

Quant aux deux autres, rien n’a changé : Daniel est toujours attiré par les hommes, ce qui est complètement accepté par les trois autres, et Simon a toujours les mêmes relations avec sa mère…

 

Mais quelque chose a changé. Une sorte de maturité qui emmène inexorablement ces quatre grands adolescents attardés vers l’âge adulte. Ils mûrissent. Mais cela ne les empêche tout de même pas de s’amuser ensemble. Mais malgré tout, on sent que les liens qui les unissent se distendent, et que la rupture guette.

Et cette rupture aura raison (momentanément) de leur amitié. C’est quand ils réalisent un de leur rêve qu’elle a lieu : ils achètent une maison AVEC court de tennis.

Et chacun va changer, doucement, alors que la quarantaine les a rejoints.

 

On dit qu’on change, passée la quarantaine, et nos quatre héros nous le prouvent. Daniel essaie de nouvelles expériences hétérosexuelles, Antoine ne regarde plus les femmes comme autrefois, Simon essaie de se caser malgré Mouchi, et Bouly, qui parle toujours beaucoup des femmes sans beaucoup les pratiquer, se découvre une âme de papa poule pour famille (très) nombreuse recomposée.

 

Ce film est d’une certaine façon le pendant comique de Vincent, François, Paul et les autres. Mais dix ans avant. Et si le ton général est léger, il n’en demeure pas moins une place laissée au tragique : la mort de Mouchi, contre toute attente, rappelant cruellement la fragilité de l’existence. Mais cette disparition, douloureusement vécue par Simon, avec un Guy Bedos magnifiquement émouvant, amène toutefois un bout de bonheur : c’est à ce moment que ces quatre amis – à la vie, à la mort, bien sûr – se retrouveront définitivement.

 

Et puis je ne terminerai pas sans parler des dialogues merveilleux d’humour de Jean-Loup Dabadie :

« Sur les nerfs, sur les nerfs… T’es pas sur tes nerfs, t’es sur les miens ! » (Bouly)

« Faut être malade pour appeler un médecin à l’hôpital ! » (Simon)
« Tes ailes de géant, elles t’empêchent pas de marcher, non ? » (Bouly)
 
Un film d’amis, d’amitié…
Normal : Yves Robert était le cinéaste de l’amitié.

 

 

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