Et de 13 !
Pendant que dans le même temps sortait une resucée de Thunderball – dont je vous laisse le plaisir de lire l’article très intéressant de mon ami le professeur Allen John ici – Salzman Broccoli et consort proposait ce énième épisode de l’agent secret le plus célèbre du cinéma, à nouveau avec Roger Moore pour l’incarner et John Glen – encore lui – pour la réalisation.
Et puisqu’on en est aux répétitions, on remarquera le retour de la belle Maud Adams qui interprète le rôle-titre, devenant à ce jour la seule James Bond Girl à l’être deux fois.
Après une séquence d’introduction toujours aussi haletante et spectaculaire, nous entrons dans le vif du sujet : Octopussy s’inscrit dans le temps en faisant référence aux diverses négociations entre les USA et l’URSS afin de désarmer un peu la planète.
Ce désarmement est alors le prétexte pour un général russe un tantinet paranoïaque – Orlov (Steven Berkoff) – de déclencher une guerre nucléaire afin d’imposer le modèle soviétique.
Mais James Bond veille et comme de bien entendu, il n’en sera rien.
S’ajoute à cela un personnage trouble et bassement mercantile, Kemal Khan (Louis Jourdan), véritable méchant du film.
Si le film se laisse voir avec beaucoup de plaisir, malgré la marque inévitable du temps (1), on sent tout de même que la fin du chemin est proche pour Roger Moore. Il a 55 ans quand le film sort, et sa première apparition ne lui fait pas honneur : habillé en gentleman farmer avec casquette, il ressemble plus à un papy à casquette qu’à un irrésistible agent secret, fût-il 007.
Mais une fois ce détail passé, John Glen nous installe dans une intrigue aussi haletante que l’introduction, avec nombre de méchants fort dangereux (2), et surtout une myriade de jolies filles (outre Maud Adams) dont Magda (Kristina Wayborn) est une représentante fort pertinente.
Bref, c’est du James Bond, de bonne facture, surtout avec la présence de Steve Berkoff, méchant patenté de la décennie. Et surtout, on retrouve le marivaudage entre Bond et Moneypenny (Lois Maxwell, toujours là !), les prises de bec avec Q (Desmond Llewelyn) ainsi que les répliques ironiques teintées d’humour noir.
A noter la présence du joueur de tennis Vijay Amritraj, dans le rôle de Vijay (ça ne s’invente pas), factotum de Bond à Agra, l’aidant à s’en sortir après une attaque d’enturbannés fort peu civils. Sa façon de se défendre est elle aussi pertinente, vous en jugerez par vous-même (si ce n’est déjà fait).
Que dire de plus ?
Rien. On s’installe, on ouvre les yeux, et on savoure…
Qui a dit que le 13 portait malheur ?
PS : la marque de John Glen (ce n’est que son deuxième film complet) s’installe durablement dans ses films. Ici, c’est dans le palais de l’infâme Kemal Khan.
- Placer une intrigue dans un contexte proche du temps de tournage implique une forme de vieillissement anticipé par rapport aux intrigues mettant en scène le SPECTRE, organisme autonome et donc rattaché à aucune puissance.
- Le tueur au yoyo/scie circulaire est vraiment bien trouvé !
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