Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Pirates, #James Cruze
Vaincre ou mourir (Old Ironsides - James Cruze, 1926)

James Cruze est un réalisateur un peu oublié aujourd’hui, et pourtant son œuvre est assez impressionnante, de par son volume et surtout sa qualité. Trois ans après avoir donné une grande impulsion au western vers ses lettres de noblesse, il s’attaque au film de pirates. M

Attention toutefois, les pirates ici n’ont rien à voir avec Douglas Fairbanks ni The black Pirate qui est sorti neuf mois plus tôt : pas de sourire ni de rebond dans les évolutions des différentes personnages. Et surtout, les pirates sont les ennemis, essentiellement des Libyens.

Mais malgré tout, on y trouve ce qui fait un  bon film de pirates, sans trésor (1) : des abordages meurtriers, une camaraderie virile et bien sûr un peu de rhum, surtout au début.

 

C’est d’ailleurs ainsi que commence l’aventure pour le jeune homme – surnommé « Le Commodore » (Charles Farrell) – qui est enivré par un vieux loup de mer – « Bos’n » (Wallace Beery) – et embarqué de force avec un autre marin – le « Canonnier » (George Bancroft). Sur ce bateau (Esther), il fait la connaissance de la belle Esther (Esther Ralston, rien à voir avec la belle Jobyna) et ils tombent rapidement amoureux l’un de l’autre.

Mais nous sommes au cinéma et rien ne se passe comme prévu (2) : le bateau est pris d’assaut et arraisonné avant d’être remorqué à Tripoli où aura lieu l’indispensable et incontournable bataille finale.

 

On distingue deux grandes parties dans ce film : une première qui voit l’intrigue se mettre en place et l’action gagner en intensité avant le premier abordage qui voit le navire pris et ses occupants vendus comme esclaves ; une seconde qui voit un autre navire, la Constitution qui est venue nettoyer la Méditerranée de ses pirates libyens, emmené par des grands noms de la marine américaine – Edward Preble (Charles Hill Mailes) et Stephen Decatur (Johnnie Walker), entre autres.

 

Alors que le film avec Fairbanks est essentiellement une comédie bondissante, on retrouve chez Cruze un souci réaliste tout comme dans The covered Wagon : les différents affrontements ne sont pas anodins, on y mleurt de façon violente : nombre de pirates sont tués à la baïonnette, des marins américains tués à coups de cimeterre ou encore un pirate décapité par Bos’n.

Mais ce réalisme ne se cantonne pas à la violence, même si il y est très lié : Bos’n (encore lui) qui voit un canonnier mourir dans ses bras, ou un jeune mousse (pléonasme ?) qui est fauché par une salve du bateau ennemi.

 

Malgré tout, Cruze parsème son film de quelques traits plus comiques, essentiellement entre deux géants en stature comme en talent : Wallace Beery et George Bancroft, toujours en compétition mais tout de même amis, un peu comme les héros de Walsh dans What price Glory, qui sort un mois plus tôt.

Et puis il y a le couple de jeunes premiers. D’un côté le beau et un Commodore (encore) un tantinet naïf, franc et honnête, ce qui tranche avec ses deux autres compères ; de l’autre la belle Esther, une jeune femme pas si effarouchée que ça mais qui a la bonne fortune de ne pas être vendue comme esclave (3).

Leur passion amoureuse est l’occasion d’une série de plans rapprochés voire très gros plans de toute beauté. Vraiment, Esther Ralston était très belle. Quant à Charles Farrell, on a tous (enfin presque) le souvenir de son beau visage chez Frank Borzage aux côtés de (l’autre belle) Janet Gaynor.

 

Encore un film à (re)découvrir, réalisé par un cinéaste qui mériterait une plus grande place dans l’histoire du cinéma et surtout de la période muette.

 

 

PS : Old Ironsides (titre original) est le surnom du navire Constitution dont les parois étaient en métal, sur lesquelles rebondissaient les boulets de canons sarrasins.

 

 

  1. A moins que la jeune femme soit le trésor…
  2. Sinon pas de film, encore une fois.
  3. Son « traitement de faveur » nous permet d’apercevoir Boris Karloff : je vous laisse le découvrir…
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog