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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille
Old Wives for new (Cecil B. DeMille, 1918)

Charles Murdock (Elliot Dexter) est très riche, mais il n’est pas heureux.

Dehors, de pauvres gens qui ne possèdent même pas leur maison sont heureux, eux. Pourquoi ? Ils s’aiment.
Mais Charles et sa femme Sophy ne s’aiment plus. Enfin lui n’aime plus ce qu’elle est de venue…

Autrefois, c’était une belle jeune fille svelte aux cheveux d’or (Wanda Hawley). Maintenant, c’est une grosse rombière oisive (Sylvia Ashton) qui passe son temps à manger et lire le supplément de bandes dessinées du journal…

 

Comme le suggère le titre, nous allons assister à un changement dans la vie de Charles.  Mais si sa vie change, celle des autres va en faire de même. Et pour l’un d’entre eux elle va carrément s’arrêter, un cœur arrêtant difficilement une balle de révolver…

Nous sommes dans une comédie de mœurs, grande spécialité de Cecil B. DeMille, quand il ne tourne pas une fresque religieuse… Comme dans Why change your Wife deux ans plus tard, nous assistons à un changement de partenaires. Mais si ce dernier film n’apporte aucun changement, il n’en va pas de même ici.

Tout est chamboulé. Pour le meilleur et pour le pire.

 

Dès le début, on nous prévient : cinq personnes vont chambouler le destin de Charles. Outre Sophy, il y a Juliet Raeburn (Florence Vidor, alors la femme King), Viola Hastings (Marcia Manon), Tom Berkeley (Theodore Roberts, un habitué des films de DeMille et de ce genre de rôle) l’associé de Charles et Melville Bladen (Gustav von Seyffertitz) :

  • Juliet, c’est la femme dont Charles tombe amoureux et qui le lui rend bien miss qui sait s’effacer quand elle apprend qu’il est déjà marié ;
  • Viola, c’est la femme « peinturée », une espèce de poule de luxe ;
  • Tom, c’est l’associé de Charles, son ami, son complice… C’est aussi lui qui fera rebondir l’histoire, comme si elle n’était pas assez compliquée comme ça ;
  • Melville enfin, le secrétaire, c’est l’intrigant, celui par qui le scandale arrive. Car, c’est d’un tout petit détail – un mouchoir perdu par Juliet – que cette histoire sombre dans le mélodrame, voire la tragédie. Il y a du Iago dans le personnage de Melville. Pour une fois que Gustav von Seyffertitz ne jouait pas une vieille ganache prussienne…

 

Mais à la différence d’Othello, Charles ne tuera pas sa femme, même s’il a bien l’intention de s’en séparer. Et nous assistons donc à une intrigue assez riche pour un film de seulement 71 minutes. Mais il y a tout pour faire un film croustillant : de l’adultère, du meurtre, su s scandale, et des jolies femmes, dont Alice Terry qui se faisait encore appeler Alice Taafe.

On a même droit à une scène de salle de bain. DeMille a souvent utilisé cette pièce dans ses films permettant de glisser quelques femmes dévêtues. Mais ici, il en va tout autrement. En effet, c’est Charles qui y entre et découvre les « restes » du passage de sa femme : cheveux dans le lavabo, sur le peigne… Bref rien de bien excitant. On a même Sophy qui y entre pour prendre un bain, mais qui, heureusement, se ravise.

Il n’en sera pas de même quand ce sera Gloria Swanson qui aura cette même idée…

 

Malgré le thème plutôt sulfureux (nous en sommes en 1918, ne l’oubliez pas !), DeMille (et Jeanie MacPherson) restent dans ce qu’on appelle les limites de la correction. Il n’est pas question d’une relation entre Juliet et Charles tant que ce dernier n’est pas marié. Mais finalement, le Destin qui avait placé Melville sur la route de Charles a bien fait les choses. Si les premiers effets de la rouerie de Melville accablent Charles, la suite qui en découle fera le bonheur de ce dernier, ainsi que de presque tous les autres.Presque ? Oui, il y aura une personne qui ne s’en relèvera pas, au sens propre du terme…

 

Mais qu’importe, c’est DeMille, et c’est beau à regarder.

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