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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinema, #Milos Forman, #Drame, #Danny DeVito
Vol au-dessus d'un Nid de coucou (One flew over the cuckoo's Nest - Milos Forman, 1975)

Une voiture arrive, dans le lointain. C'est le matin.

L'intérieur d'un dortoir, dans un hôpital.

Une porte. Grillagée.

L'infirmière chef vient d'arriver. Miss Ratched (Louise Fletcher, impeccable et imperturbable).

Nous sommes dans un hôpital psychiatrique, avec ses pensionnaires, ses infirmiers aux gros bras, ses habitudes.

Bref, un endroit bien défini, au rituel immuable.

Arrive alors Randall Patrick McMurphy (Jack Nicholson, inoubliable). C'est un truand à la petite semaine, violent, simulateur, et qui compte terminer son temps de détention tranquillement.

Mais si on sait quand on entre dans ce genre d'établissement, la date de sortie est la véritable inconnue. McMurphy l'apprend. A ses dépens.

 

Jack Nicholson est extraordinaire. Son personnage de faux fou est une réussite. Non seulement, il simule, mais en plus, son action déstabilise l'hôpital lui-même. Il en arriverait presque à soigner ses congénères. Mais la nurse Ratched veille et circonscrit tout débordement, on pourrait presque parler dans son cas de répression.

Parce que la folie de McMurphy, c'est son désir de liberté. Et cette folie est contagieuse. Mais Ratched - et l'institution - ne le voient pas du même œil, et quand cela va trop loin, une dose d'électrochocs remet les idées - et les pensionnaires - en place. On est obligé de penser aux méthodes des pays communistes dans cette histoire. Milos Forman avait réussi à quitter la Hongrie pendant l'écrasement du Printemps de Prague, mais le ressentir est toujours là. McMurphy est son porte-parole, Ratched et l'institution représentent son ancien pays qui réprima - parfois définitivement - les élans et aspirations de liberté.

Les patients de l'hôpital aussi valent aussi le détour. On y découvre de nouveaux venus dans le cinéma (Brad Dourif, Danny deVito, ou encore Christopher Lloyd), mais surtout de véritables gueules inquiétantes : Vincent Schiavelli et Michael Berryman, en tête (c'est le cas de le dire) !

Bref, des fous plus vrais que nature, dans des scènes qui sont devenues cultes : jeux de cartes, sortie en mer, fête nocturne...

Et puis il y a l'affrontement entre McMurphy et Ratched. Nicholson a son visage de fou plus vrai que nature, auquel répond le visage impassible voire inflexible de Louise Fletcher. En plus de l'état policier hongrois, l'infirmière représente la société américaine de 1963 : elle est empesée et stricte, autoritaire et intransigeante. Elle contient encore le flot libertaire qui va souffler à partir de 1967 et balayer cet état d'esprit sclérosé et archaïque. Miss Ratched est une véritable saloperie. Magnifique interprétation de Louise Fletcher.

Et puis il y a les visages : souriants, tristes, inquiets, inquiétants, curieux... Chaque scène est entrecoupée de visages (patients, infirmiers, personne extérieure) en gros plan, amenant une déstabilisation du spectateur, voire une gêne : il faut voir Christopher Lloyd hurler de joie puis s'arrêter net, son visage devenant tout à coup menaçant pour comprendre ce malaise. En face de ces visages malgré tout vivants, ceux des deux infirmières : impassibles, fermés.

Inhumains.

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