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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Michel Hazanavicius, #Espionnage
OSS 117 : Rio ne répond plus (Michel Hazanavicius, 2009)

OSS 117 revient, douze ans après les événements d’Egypte (1).

Nous sommes « en 1967, René Coty a laissé la place au général de Gaulle, et Claude Brosset (2) la sienne à Pierre Bellemare.
Mais Hubert Bonisseur de la Bath est toujours fidèle au poste dans sa même administration : le SDECE.

Cette fois-ci, Hubert est envoyé à Rio pour récupérer un microfilm listant les collaborateurs de la deuxième Guerre Mondiale qui sont encore en activité.
En outre, l’homme qui doit les lui vendre – von Zimmel (Rüdiger Vogler) est un nazi.

OSS 117 va devoir collaborer (!) avec la belle Dolores Koulechov (Louise Monot), membre du Mossad.

 

Nous retrouvons donc un de nos espions préférés dans une histoire où finalement le véritable but de la mission d’Hubert est accessoire tant le cadre dans lequel il évolue est intéressant.

Le monde a beau avoir changé voire vieilli, Hubert, mis à part quelques teintes grises aux tempes, est toujours le même : séducteur, habile, et très con.

Encore une fois, on peut apprécier ses visions d’avenir : 1968 ne sera pas extraordinaire.

Mais surtout, on s’aperçoit que ses préjugés ont la vie dure : il a beau avoir combattu la barbarie nazie pendant la guerre, il est toujours aussi bourré de stéréotypes d’un goût plus que douteux.

Le monde change donc, mais pas OSS 117.

 

Encore une fois, Michel Hazanavicius recrée avec bonheur la période de l’intrigue. Nous sommes en pleines années 1960 : les vêtements et les coupes de cheveux, tout comme les véhicules sont tout droit sortis de cette période. De plus, encore une fois certaines images ont les couleurs un tantinet passées, ajoutant au suranné de cette période.

Mais surtout, Michel Hazanavicius use et abuse des partitions de l’écran, doublant, triplant (et même beaucoup plus !) les images d’une même action, comme on pouvait le voir à la même époque au cinéma et surtout à la télévision. Ces divisions de l’écran semblent inutiles jusqu’au moment des coups de téléphone : Hubert appelle Bill Trumendous (Ken Samuels) puis son chef qui eux-mêmes appellent… Résultat : l’écran est saturé par des téléphones qui sont décrochés puis raccrochés. Bref, la parodie continue jusqu’au bout.

 

Mais bien entendu, c’est notre « ami » Hubert qui retient toute l’attention. Après c es actes et propos déplacés en Egypte, il s’en donne à cœur joie avec sa nouvelle partenaire et ses collaborateurs du Mossad. Ce ne sont que propos déplacés sur les Juifs, rappelant toutes les caricatures qui ont cours depuis de nombreuses décennies, mais surtout peu évoluées par rapport au criminel nazi qu’il traque, ses interlocuteurs israéliens étant consternés par tant de bêtise concentrée en un seul homme.


Si Hubert fait toujours se retourner les femmes sur son passage, il est tout de même le seul à ne pas avoir remarqué qu’il avait vieilli, et sa vision du monde aussi. Il est le véritable représentant de cette société sclérosée qui va exploser l’année suivante (malgré son jugement) : dès son premier contact avec Dolores, il la prend pour une secrétaire !

Son monde est archaïque et n’a pas bougé d’un iota depuis le dernier film. Ses différentes sorties à sa belle partenaire l’enfoncent un peu plus à chaque fois, justifiant le, portrait qu’elle dresse de lui, excédée par ses balourdises.

 

Bref, ce nouvel épisodes des aventures d’OSS 117 est du même crû que le précédent, avec en prime des hommages nombreux, à James Bond (Goldfinger, Au Service de sa Majesté) bien sûr, mais surtout à Hitchcock (3) : en images et en musiques.

On retrouve ainsi : le trapèze de Murder ; Les escaliers de Vertigo ; le Christ Rédempteur du Corcovado remplace la Statue de la Liberté de Saboteur et les présidents du Mont Rushmore dans North by Northwest ; quant à la musique, elle ressemble à s’y méprendre à celle de Bernard Herrmann pour ce dernier film.

Mais ce ne sont pas les seules sources d’inspiration et je vous laisse les (re)découvrir…

 

OSS 117 est bien de retour, mais en pire qu’avant.

Donc, pour nous spectateurs, encore mieux !

 

 

  1. Trois ans seulement pour le spectateur.
  2. Claude Brosset est mort un an après le premier film.
  3. Et bien d’autres encore, la liste est longue !
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