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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #René Clément, #Guerre
Paris brûle-t-il ? (René Clément, 1966)

Quatre ans après, le cinéma français fait son Jour le plus long.

Comme son aîné, le film comporte une pléiade de stars – françaises – ainsi que quelques vedettes internationales : Gert Fröbe (1), Kirk Douglas, Glenn Ford (etc.).

Zanuck (et consort) ayant filmé LE tournant de la guerre, René Clément se concentre sur un événement autant français que symbolique : la libération de Paris.

 

Pendant environ deux heures, nous assistons au soulèvement dirigé par les différents réseaux de résistance parisiens, les appartenances politiques bien que mises théoriquement de côté dans la lutte contre l’occupant, n’empêchent en aucune manière une surenchère dans les différentes actions, chaque camp essayant de ne pas se laisser distancer.

Les tractations sont alors un élément important de l’intrigue, les deux camps – d’un côté les gaullistes avec Chaban-Delmas (Alain Delon) et de l’autre les communistes avec Rol-Tanguy (Bruno Crémer – ne cédant que par obligation du terrain à l’autre avec en vue de le reprendre plus tard.

Ces divisions annoncent alors la reconstruction politique d’après-guerre.

 

C’est impressionnant. Peut-être moins que le film américain, mais tout de même. La force du film tient surtout dans son utilisation des archives : le noir et blanc, encore une fois, permet d’insérer de véritables images de cet épisode.  Vien sûr, on aperçoit une différence de grain dans ces images, mais elles donnent tut de même un impact plus important et surtout une authenticité indéniable.


Par contre, ce qui ne joue pas en faveur de cette authenticité indispensable, ce sont les deux versions disponibles de ce film. Le choix est simple : tout en en français ou tout en anglais. Alors que Zanuck avait conservé la langue d’origine des différents protagonistes, ici les acteurs étrangers sont systématiquement doublés, à part la première séquence qui voit von Choltitz (Gert Fröbe) rencontrer Hitler (Billy Frick) près de ce qui reste de la salle où eut lieu l’attentat du 20 juillet, soit quelques semaines avant le temps du film.

Ce doublage systématique est (parfois) insupportable, mais surtout il induit que le spectateur n’est pas capable, quand il ne parle pas la langue, de lire les quelques sous-titres.

 

A côte de ça, les différents moments-clés de la libération sont respectés, ce qui n’a rien d’étonnant puisque une vingtaine d’années après leur déroulement, la plupart des leaders de la résistance étaient encore en vie, dont certains mêmes exerçaient de hautes fonctions.

Il fut reproché à Clément le point de vue très gaullien de son film, allant presque jusqu’à glorifier la police française qui fut tout de même coupable de certaines exactions collaborationnistes graves : la rafle du Vel’d’Hiv’ étant certainement la plus emblématique.

De même, mis à part le personnage de Serge (Jean-Louis Trintignant), on ne trouve qu’une seule référence à la Collaboration (le maire d’arrondissement qui est remplacé pendant un mariage) : aucun des débordements des résistants de la dernière heure n’étant évoqué. Seul von Choltitz est pris à partie par la foule, mais comme il est protégé par les GI, seule sa valise souffrira de la vindicte populaire.

 

Le pays est uni, et le mot d’ordre des gaullistes à la fin de la guerre et après – qui impliquait parfois une « mémoire courte » (2) quant à certaines exactions et autres participations actives à la Collaboration : Maurice Papon était alors préfet de police de Paris depuis l’accession au pouvoir du Général.

Il faut dire que la course contre la montre engagée par De Gaulle et consort pour remettre en marche le pays afin de ne pas tomber sous le joug d’une nouvelle occupation, encourageait à ne pas se poser trop de questions.

 

Le film se termine alors dans la liesse générale, et si De Gaulle ne déclare pas « Paris outragée… » (etc.), il n’en descend pas moins les Champs avec d’autres figures de cette résistance parisienne qui accéléra cette libération alors accessoire pour le haut commandement allié.

 

P.S. : trois acteurs allemands ont aussi participé au film La grande Evasion (1963). Saurez-vous les reconnaître…

  1. Qui est présent dans le film américain.
  2. Voir à ce sujet le film de Francine Prémysler et Henri Torrent (1963).
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