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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sergio Leone, #Clint Eastwood, #Western
Pour quelques Dollars de plus (Per qualche Dollaro in piu - Sergio Leone, 1965)

Un an plus tard, on prend les mêmes et on recommence : même équipe technique (Sergio Leone, Luciano Vincenzoni, Massimo Dallamano…), mêmes duo en haut de l’affiche (Clint Eastwood & Gian Maria Volontè), ainsi que quelques seconds rôles (Mario Brega, Joseph Egger). Mais au duo vient se greffer un troisième homme : Lee van Cleef.

C’est d’ailleurs ce film qui va relancer ce dernier, et on le retrouvera l’année suivante avec (presque) les mêmes pour Le Bon, la brute et le truand. Mais n’anticipons pas.

Leone et son équipe retournent dans le désert de Tabernas (province d’Alméria, Espagne, faut-il préciser ?) et nous proposent une suite (?) à Pour une Poignée de dollars.

Cette fois-ci, « l’homme sans nom » s’appelle Monco (Clint Eastwood). J’en arrive à me demander pourquoi on s’acharne à parler de lui comme d’un anonyme. Il n’y a que dans le troisième opus qu’il n’a pas de nom ! Je préfère Trilogie du Dollar, c’est plus parlant, et tellement plus près de la réalité racontée dans chacun des films.

 

Monco vient encore de nulle part. Mais cette fois-ci, on en sait plus sur lui : il est chasseur de primes, et se déplace de ville en ville à la recherche de son gagne-pain. On a d’ailleurs une démonstration de son travail à White Rocks, où il s »’occupe de « Baby Red » Cavanaugh (José Marco). On peut voir qu’il n’a perdu la main. Il porte toujours la même tenue : poncho rouge et or (avec trous), veste de mouton, chemise bleue.

C’est un solitaire qui, malgré lui, va devoir faire équipe avec un autre chasseur de primes : Mortimer, dit « Le Colonel » (Lee van Cleef).


Si Pour une Poignée de dollars nous renseignait sur la période (1873 inscrit sur une tombe), ici, c’est plus flou. On peut imaginer, en voyant le pactole dérobé à la banque d’El Paso qu l’action se déroule pendant la Guerre de Sécession : on retrouve des dollars de la Confédération parmi le butin. Mais là n’est pas le plus important.

 

Avec ce film, Leone continue d’explorer le western et ajoute une notion de temps passé qui reviendra dans sa trilogie suivante. A l’intrigue basique de la poursuite du bandit par des chasseurs de prime, s’ajoute une intrigue plus particulière, relative à Mortimer et El Indio (Gian Maria Volontè) : la mort de la sœur du premier pendant qu’elle était violée par le second. Mortimer, de chasseur de primes devient vengeur.

Cette sous intrigue nous permettra d’apprécier deux flashbacks (se complétant), avec utilisation de la musique d’une montre en fond sonore, cette musique de carillon devenant un leitmotiv comme le sera celle de l’harmonica dans Il était une Fois dans l’Ouest.

 

Mais avec ce film, c’est aussi la création d’un trio qui sera indispensable dans les deux films suivants : deux personnages à peu près bons et un méchant. Ce seront Blondie (Eastwood), Tuco (Eli Wallach) et Sentenza (Lee van Cleef) dans Le Bon, la brute et le truand, et l’Harmonica (Charles Bronson), Cheyenne (Jason Robards) et Frank (Henry Fonda),  dans Il était une fois dans l’Ouest.

 

Mais avec ce film éclate au grand jour le style Leone, encore plus que dans le film précédent. Les dialogues sont rares et courts. Pas de grandes explications. Des faits, des images. Et surtout, des plans fixes qui en disent aussi long que de grands discours : la banque d’El Paso, le coffre fort, les visages…

Ces visages toujours aussi abîmés (sauf ceux de Monco et Mortimer), la palme revenant cette fois-ci à Mario Brega, toujours aussi épais.

 

Et puis il y a le duel final. Toujours. On retrouve la configuration du film suivant : dans un cercle (le rouge de Melville ?), deux protagonistes s’affrontent sous l’œil attentif d’un troisième (Monco). Et la caméra va avancer au fur et à mesure que le temps – et la   mélodie avec – avance lui aussi. D’un plan d’ensemble, on arrive à un plan rapproché montrant le haut des visages : le regard perturbé d’El Indio d’où s’échappe une larme, et les petits yeux fins de Mortimer, implacables.

Magnifique !

 

Allez, encore un effort (et une année) et la caméra s’arrêtera sur les seuls yeux !

 

 

En 1972, Morris et Goscinny sortiront Chasseur de primes, dans la série Lucky Luke. Dedans, on fera la connaissance d’Elliot Belt, un chasseur peu scrupuleux mais qui a particularité de ressembler comme deux gouttes d’eau à Lee van Cleef.

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