Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Animation, #Biopic, #Drame, #Marjane Satrapi, #Vincent Paronnaud
Persepolis (Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud, 2007)

15 ans.

Quinze ans d’une vie marquée par la révolution, la guerre, et surtout la mort. Quinze ans dans la vie d’une femme, de son enfance à son entrée dans l’âge adulte.

Tout commence en 1978, à Téhéran, capitale de l’Iran, qui fut autrefois la Perse, d’où le titre (1).

Quand éclate la révolution, elle a 9 ans. Quand elle arrive à Paris, elle en a 24. Entre les deux, une vie chaotique, rythmée par la violence, physique et bien sûr morale.

Il faut dire que l’Iran, en quelques années est tombé de Charybde en Scylla, la dictature du shah s’effaçant pour laisser la place à celle des barbus de Khomeiny qui n’est d’ailleurs à aucun moment cité dans le film (2). Sans oublier le conflit qui opposa le pays à l’Irak de Saddam et qui fit un million de victimes. Pour quoi ? Pour rien. Normal, c’est la guerre.

 

Voici un nouveau dessin animé pour adultes, loin de l’univers magique des studios Disney ou encore des délires de Crumb et son Fritz the Cat. Et du point de vue de l’animation, nous sommes aussi très loin de Pixar et de ses réalisations bien léchées et colorées.

L’animation reprend le style du dessin de Marjane Satrapi, qui coréalise le film donc avec Vincent Paronnaud, et suit l’intrigue de la bande dessinée de l’auteure parue entre 2000 et 2003.

Mais si l’animation semble, somme toute, assez sommaire, les images qui y sont présentées ont une force fantastique. La preuve ? Le film a été interdit dans de nombreux pays où l’Islam est religion d’état. On se demande bien pourquoi (3)…

 

Le film consiste en l’évocation des souvenirs de la jeune Marjane lors de son émigration – forcée – à Paris et s’illustre par deux éléments visuels bien distincts : le présent de la narratrice est en couleur alors que l’évocation est en noir et blanc, couleurs de la tragédie s’il en est.

Et effectivement, c’est une véritable tragédie qui s’abat sur le pays et la vie de Marjane, avec des proches qui meurent, pendant que le régime enferme de plus en plus les gens et surtout les esprits. Et comme Marjane vient d’une famille où la liberté est une base de vie, la situation de vient vite intenable, les barbus inventant toujours de nouveaux tourments pour ce peuple soumis malgré lui.

 

C’est un film magnifique, qui devrait être montré souvent, surtout à ceux et celles qui répètent, telle la professeure de religion que le voile est une liberté pour les femmes. Pour leur rappeler aussi qu’aujourd’hui, des femmes iraniennes bravent l’interdit en posant sans voile.

Mais pas que. Il faut voir le film parce que malgré sa technique semble-t-il sommaire, les images sont très belles, sublimées par ce noir et blanc propice à des effets de lumière. Sans oublier certains éléments de dessin qui rappellent l’art traditionnel perse et un style parfois très épuré qui se marie très bien avec les deux teintes.

 

Bref : un chef-d’œuvre.

 

  1. Non, Persépolis n’est pas l’ancien nom de Téhéran !
  2. Nul besoin de le citer, son empreinte sur la société suffit pour l’identifier derrière ce régime.
  3. Oui, ceci est ironique.
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog