Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Henri Verneuil, #Policier
Peur sur la Ville (Henri Verneuil, 1975)

Paris a peur : Minos, un tueur psychopathe tue les femmes qu’il juge impures, se prenant pour le personnage dont il a usurpé le nom : Minos, juge des enfers avec Eaque et Rhadamanthe dans la mythologie grecque.

Le commissaire Le Tellier (Jean-Paul Belmondo), après avoir méprisé ce tueur, se lance à sa poursuite.

Et comme c’est Belmondo, il ne faut rien parier sur Minos, surtout qu’il a avec lui le GIGN (1) qui vient d’être créé.

 

Nous sommes en plein cœur des années 1970s, alors que la crise vient de commencer suite au choc pétrolier de 1973. Mais pour l’heur, pas de véritable répercussion sur la production cinématographique française : on s’y poursuit allègrement dans un flot ininterrompu de voitures (2) de nuit (ouverture du film) comme de jour (poursuite de Minos).

Alors que le film est en tournage, la France a un nouveau président – Pompidou est mort le 2 avril – mais reste dans la même situation policière, le film permettant d’admirer les différents corps de police et gendarmerie, au service du Bien, cela va sans dire, avec en prime quelque réminiscence soixante-huitarde (3).

 

Mais surtout, c’est un film où Belmondo éclate : il est partout, il a réponse à tout et même un humour cinglant, se fichant gentiment de ses supérieurs – dont son divisionnaire (Jean « Sullivan » Martin).

Bébel est en super forme, multipliant les cascades spectaculaires pour le régal des spectateurs : pour la première fois der sa carrière (et certainement pas la dernière !) son nom s’étale en grand immense sur l’affiche. De plus, il y prend la pose dans le plus pur style Steve McQueen, la « coolitude » en moins, cela va de soi : Le Tellier est un type simple et efficace, possédant une « petite tronche et des gros muscles ». Et comme le prouve le dénouement – attendu – notre « ami » Minos est arrêté, avec se profilant devant lui la « Bascule à Charlot », la peine de mort étant toujours légale sous ce nouveau président, malgré ses déclarations antérieures. Mais nous nous éloignons du sujet.

 

C’est un véritable festival auquel nous convie Henri Verneuil : festival de scènes spectaculaires, de bons mots et de vedettes croisées dans une majorité de films de cette époque (je parle des seconds rôles voire troisièmes ou plus), mais c’est tout de même le grand Jean-Paul qui assure la plus grande partie du spectacle, partageant à nouveau la vedette avec Charles Denner qu’il avait accompagné deux ans plus tôt chez Labro (L’Héritier). On trouve dans ce duo l’indispensable différence de gabarit et d’attitude indispensable à son bon fonctionnement, ces deux-là se retrouvant tout de même dans leur efficacité au travail.

 

On retrouve un peu de Dirty Harry dans cette intrigue de maniaque sexuel qui tue pour le plaisir, mais le modus operandi et la personnalité de Callaghan empêchant tout parallèle véritable. Alors que Scorpio tue plus ou moins au hasard et de loin (fusil à lunette), Minos est le plus souvent près de ses victimes : Adalberto Maria Merli est un Minos fort intriguant et la voix de Bruno Devoldère  ajoute à son côté inquiétant.

 

Bref, c’est du grand spectacle, du Belmondo dans toute sa splendeur. Malheureusement, on ne retrouvera pas souvent une aussi belle conjoncture dans les films à venir de ce monstre du cinéma français. Et si le film suivant qu’il tournera avec Verneuil sera d’une certaine qualité (4), leur dernière collaboration peut être oubliée, les dialogues d’Audiard étant peut-être la meilleure des choses. Et encore, Audiard n’y avait plus la verve des années 1960-70.  

 

  1. Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale fut opérationnel dès le 1er mars 1974, six mois avant le tournage du film.
  2. Ils ne travaillent jamais ces gens-là ?
  3. L’une des curiosités du film tient dans la présence d’un jeune acteur qui fait ses débuts, Jean-François Balmer. Si son rôle est purement accessoire, on ne peut rester insensible à son physique particulier, doublé d’une (belle) élocution qui ne l’est pas moins. Il reviendra à l’écran avec Bébel dans Flic ou Voyou, quelques années plus tard, dans un rôle un peu plus conséquent.
  4. Et même d’une qualité certaine : Le Corps de mon ennemi (1976) :
     
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog