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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Frank Capra
Milliardaire pour un Jour (Pocketful of Miracles - Frank Capra, 1961)

Comment faire du neuf avec du vieux (et je ne parle pas de l’âge de Bette Davis) ? Vous prenez un film qui a bien réussi. Vous embauchez quelques valeurs sûres. Vous le tournez en couleurs et le tour est joué.

Enfin ce résumé est un tantinet sommaire : nous parlons ici de l’immense Frank Capra qui tire sa révérence au grand écran.

 

Nous sommes donc toujours pendant la grande Dépression (on assiste d’ailleurs à l’abolition du Volestead Act qui interdisait l’alcool), toujours à New York où Apple Annie (Bette Davis, donc) vend ses pommes à la sauvette, et en particulier à Dave the Dude (Glenn Ford) qui leur voit un signe de bonne fortune. Louise (Ann Margaret) doit toujours venir la visiter avant son mariage avec dom Carlos (Peter Mann), fils du comte Romero (Arthur O’Connell). Il est toujours aidé par Queenie Martin (Hope Lange) et son homme de main Joy Boy (Peter Falk) et le miracle annoncé dans le titre original a toujours lieu.

 

Mais quel est donc l’intérêt de refaire le même film ? Justement, c’est de ne pas le refaire. Et Capra réussit son pari, modifiant un élément essentiel par rapport au modèle : le point de vue. Alors que le film de 1933 se concentrait sur Apple Annie, ici, c’est Dave the Dude qui est le centre de l’intrigue. Capra et ses complices (Hal Kanter & Harry Tugend) vont étoffer ce personnage trouble, truand sans arme mais tout aussi efficace que les autres. Avec ce resserrement sur Dave est créé un passé avec Queenie qui se trouve ici être la fille d’un ancien collaborateur et créancier du Dude. C’est même lui qui va l’embaucher pour qu’elle règle les dettes de son père, et bien sûr plus puisque affinités…

 

Bien sûr, on retrouve le microcosme cher à Capra qui entoure ses personnages principaux : les mendiants autour d’Annie (parmi eux, on reconnaît Angelo Rossito : normal, c’est un film MGM) ainsi que ses voisins qui apprécient la musique qu’elle fait jouer à son vieux gramophone pendant qu’elle écrit à sa fille ; les truands et filles légères autour de Dave, pas plus évolués 28 ans plus tard !

Parmi eux, on remarque (comment ne pas faire autrement ?) surtout Peter Falk qui a repris le rôle de Happy (Ned Sparks) et dont le nom n’est toujours pas en accord avec son visage (1).

 

Et Capra va donc refaire son film, accentuant certains passages et en abandonnant d’autres : les explications finales du Dude aux autorités sont abrégées (2) ; la transformation d’Annie en grande dame voit l’équipe chargée du « ravalement » sortir absolument épuisée…

Et puis il y a Bette Davis (3). Et c’est peut-être là le maillon faible du film : c’était (et on le voit ici aussi) une actrice phénoménale, et sa prestation en Annie est presque trop bien pour être vraie. Alors que May Robson était une Apple Annie initiale tout à fait crédible dans sa misère comme dans sa splendeur passagère, Bette Davis reste, du début à la fin, Bette Davis.

Attention, je ne dis pas qu’elle joue mal, certainement pas. Mais elle n’a pas la prestance de May Robson, dont le physique se prêtait plus à ce rôle de grande dame occasionnelle.

 

Mais qu’importe, le film reste un bel adieu au cinéma (4), où le charme et le miracle fonctionnent toujours de la même façon. Capra sera resté jusqu’au bout l’un des plus grands cinéastes de comédie de Hollywood. Et soixante ans après, il l’est toujours.

 

  1. « Joy Boy » : le Garçon de la Joie
  2. On part du principe que le spectateur connaît l’issue de l’intrigue.
  3. Je l’adore !
  4. Capra se tournera vers la télévision, malgré un dernier projet avorté.
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