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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #René Clair
Porte des Lilas (René Clair, 1957)

Brassens qui chante, Brassens qui joue.


Le Paris des quartiers, éternel, où l’urbanisation n’a pas encore pris le pas sur l’humain

 

Dans le quartier de la Porte des Lilas, la vie s’écoule naturellement : Juju (Pierre Brasseur) boit, sa mère (Gabrielle Fontan) et sa sœur (Annette Poivre) travaillent, l’Artiste (Georges Brassens) chante ses chansons pour les copains, et Maria (Dany Carrel) rêve…

Et puis arrive Pierre Barbier (Henri Vidal) : c’est un truand, tueur de policier, qu’on appelle « l’homme à la mitraillette ».

Et en plus, il se réfugie chez l’Artiste… Ce dernier et Juju doivent s’en occuper.

 

René Clair signe ici une comédie douce-amère pleine de retenue où même Pierre Brasseur joue profil bas. Pourtant, on pouvait imaginer un rôle tout en grandiloquence quand Juju apparaît : poivrot habitué à fréquenter le bistrot d’Alphonse (Raymond Bussières), à la recherche d’un coup à boire vite fait, mais surtout à l’œil…

Et non, ce n’est pas un film de beuverie. Et même la comédie se dissout dans le drame.

 

Pourtant, ça commençait comme une comédie habituelle. Mais à partir du moment où nous voyons Barbier, la comédie s’arrête, avec quelques soubresauts, comme des petites touches de couleurs dans cette histoire au final bien sombre : on est chez René Clair, tout de même. On assiste d’ailleurs à une très belle séquence quand Alphonse lit l’article de journal relatant les aventures de Barbier : dans la rue, les enfants – échappés de chez Doisneau ? – jouent à Barbier et vivent à leur façon les différentes péripéties narrées. Un

Un très beau moment.

 

Mais ce qui nous intéresse, nous, spectateurs de 2017, c’est la présence de Brassens dans ce film. Il chante, il joue, comme on lui connaît. Et il campe un personnage sur mesure : un peu ours (célibataire vivant dans une maison où le ménage n’est pas souvent fait), mais toujours prêt pour les copains, dont l’inénarrable Juju. Il n’a pas de nom, et pourtant un passeport délivré en bonne et due forme !

Il est un peu anar aussi, bien entendu, et ne tient pas plus que ça à fréquenter ces messieurs de la police…

Et son association avec Pierre Brasseur est une bonne trouvaille : la pudeur et la retenue du chanteur auraient-elles contaminé Brasseur ?

 

Et puis il reste les chansons : Le Vin, L’Amandier, que reprennent en chœur les gamins du quartier quand ils envahissent sa maison ; et surtout Au Bois de mon cœur, autre hymne aux copains (chers au chanteur), de circonstance ici où l’amitié est avant tout la valeur du quartier, même si certains ont tendance à en abuser…

 

Finalement un film – ce n’est certes pas le meilleur de René Clair - qu’on qualifierait maintenant de nostalgique, où il fait bon vivre et où l’amitié est la seule valeur, même si elle pousse parfois à faire de drôles de choses.

 

Un film attachant.

 

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