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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Spierig
Predestination (Michael & Peter Spierig, 2014)

C’est tout d’abord un homme qui entre dans le hall d’un grand bâtiment, transportant un étui à violon et une petite valise. Il se dirige vers le sous-sol où une bombe a été placée par un terroriste. Une lutte les oppose et notre homme réussit à empêcher l’explosion mais son visage est alors ravagé par les flammes.

Il se réveille plus tard, avec un visage neuf, une voix cassée et une nouvelle fois la mission à exécuter…

 

Je l’ai déjà dit ici, le cinéma exploite le thème du double avec gourmandise. Tout comme le thème du voyage dans le temps. Ces deux thèmes se rejoignent donc et amènent des situations qui peuvent être comiques – Retour vers le futur – ou plus inquiétantes comme ce film que nous proposent les frères Spierig (qui produisent aussi ce film, et Peter en assure la musique), d’après une nouvelle étonnante de Robert A. Heinlen (1) : La Mère célibataire (All you Zombies).

 

Nous sommes ici à un point culminant du paradoxe temporel au cinéma. Jamais on n’était allé aussi loin dans une situation inextricable. On  connaît la base : un homme retourne dans le passé, tue son père et épouse sa mère (merci Freud). Mais ici, le paradoxe est des plus incroyable et donc difficilement racontable sans donner des éléments de la résolution de l’intrigue.

Alors encore une fois, si vous ne l’avez pas vu, rendez-vous demain ou un autre jour parce que ce qui va suivre risque de donner quelques indications expliquant en quoi la situation est incroyable. Je vais tout de même essayer de ne pas trop « spoiler » (comme on dit de nos jours) l’intrigue… Mais n’attendez pas des miracles.

 

Une fois la séquence ci-dessus terminée, nous reprenons une narration à peu près normale : à peu près puisqu’on découvre les deux principaux protagonistes de cette histoire, John (Sarah Snook) et un barman (Ethan Hawke). John va alors raconter sa vie étonnante (d’où rupture temporelle pour l’illustrer) qui le vit naître fille, grandir femme, accoucher puis devenir un homme. On fait difficilement plus incroyable, mais comme le dit le barman : la vérité est parfois plus incroyable que la fiction.

Et c’est une fois cette histoire terminée que l’intrigue principale commence avec ce même barman qui propose à John de changer son passé.

 

S’ensuit alors une série d’événements qui nous renvoie à l’histoire racontée par John d’un autre point de vue et avec pour effet de ne rien changer du tout. Vraiment ? Eh bien je n’irai pas plus loin parce que nous entrons alors dans le domaine de la spéculation et du ressentir. Toujours est-il qu’à mon avis nous entrons dans une boucle temporelle et qu’il est difficile d’en sortir sans rien altérer. Quant à en ressortir, il n’est même pas sûr que nos héros en sortent tant les connexions sont complexes du point de vue de l’intrigue. Et c’est là qu’est tout le sel du film.

Alors que nous progressons dans cet espace-temps (fatalement) distordu ou près de l’être, nous ressentons de plus en plus une inéluctabilité illustrée par le titre.

 

Toujours est-il que le jeu des acteurs est la clé de film et que Sarah Snook en particulier est extraordinaire dans ce rôle ô combien double. Si je regrettais dernièrement la pauvre exploitation du double dans The sixth Day (2004), je ne peux que me réjouir de celle-ci.

On retrouve les mêmes réflexions qu’à la fin de L’Armée des 12 Singes (1995) : quel est le moment réellement présent : celui où se termine le film, ou celui où il a commencé ? Et le voyage dans le temps a-t-il altéré le futur comme prévu ?

 

Je vous laisse donc sur ces questions…

 

 

(1) Né le 7-7-(190)7, ça ne s’invente pas…

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