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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Justice, #Alan J. Pakula
Présumé innocent (Presumed innocent - Alan J. Pakula, 1990)

On retrouve souvent, chez Alan J. Pakula, un souci de justice. Ici encore (1) c’est le cas, mais surtout, il nous montre avec précision comment fonctionne le système judiciaire américain.

 

Rusty Sabich (Harrison Ford) est bras droit du procureur général Raymond Horgan (Brian Dennehy).

Un soir, Carolyn Polhemus (Greta Scacchi) est retrouvée assassinée par un homme qu’elle avait probablement reçu. Il se trouve que Carolyn travaillait avec Sabich et Horgan. Mais surtout que Sabich avait eu une relation intime avec elle.

Rapidement, Sabich est suspecté d’avoir tué la belle procureure qui se refusait à lui.

 

Harrison Ford soupçonné de meurtre ? Pas possible, disent les fans. On connaît le genre de personnages qu’il interprète habituellement et parmi eux, on ne trouve pas un tel assassin (1).

Mais pourtant, tout conduit vers la culpabilité de Rusty : des fibres, de moquette ou de vêtement et même un échantillon se sperme du même groupe que le sien…

Mais en 1990, la police scientifique n’en est pas encore à comparer les ADN, ce qui permet à notre « héros » d’espérer plus longtemps.

 

Espérer, c’est tout ce qu’il reste à Rusty pour s’en sortir : plus l’enquête avance et plus ses chances s’amenuisent. Jusqu’à ce qu’arrive l’avocat Alejandro « Sandy » Stern (Raul Julia). C’est normalement un ennemi de Sabich : il fait partie de ceux que les hommes du DA (District Attorney) considèrent comme les « défenseurs », avec toute la morgue qu’il faut pour les évoquer.

Cette association est l’un des atouts du film, et si on ajoute que la situation politique du moment du film est tendue parce que Horgan se présente pour être réélu (1) face à une paire redoutable et qualifiée d’emblée comme mauvaise : normal, ils vont accuser notre cher Harrison !

De plus, cette situation amène certaines mesquineries et autres coups bas fort détestables : l’attitude de Horgan vis-à-vis de Sabich est franchement odieuse.

 

Mais il ne faut pas oublier l’élément le plus important : la femme. Ou plutôt les femmes. LA première, la victime, est une jeune et belle magistrate aux dents qui ont tendance à rayer le parquet. L’autre, c’est madame Sabich, Barbara (Bonnie Bedelia), l’épouse.

C’est une épouse meurtrie par les turpitudes de son mari, blessée par son infidélité et pire que tout : humiliée par les larmes que ce même mari verse pour celle qui fut un temps sa maîtresse.

Bonnie Bedelia est magnifique dans le rôle de cette femme trahie. C’est une femme amoureuse avant tout, qui considère que « tout est permis pour la guerre comme pour l’amour », mais qui souffre de voir ce mari infidèle – qu’elle aime toujours autant – au banc des accusés, et toute cette vieille histoire qui ressort et est é&talée sur la place publique.

 

Mais je vous rappelle que c’est Harrison Ford qui est accusé, et il n’est pas question qu’il soit reconnu coupable. Alors on est soulagé de le savoir relaxé, faute de preuve… Mais le doute reste, pratiquement jusqu’au bout du film (3).

Et l’annonce de cette vérité est magnifiquement rendue.

L’accroche, ou les aveux sont amenés de manière magistrale sur un double sens on ne peut plus pertinent. Puis c’est l’explication qui s’installe et qui se fait de plus en plus pénible pour celui qui l’entend : celui qui fut accusé.

Quant à la fin du film – le dernier cadrage sur les sièges du jury avec la voix d’Harrison Ford qui conclut (4) – elle prend une dimension peut-être plus terrible que s’il avait été réellement coupable et condamné.

La boucle est bouclée, mais Justice a-t-elle été rendue ?

Réponse dans le film.

 

  1. Il faut dire que le crime est plutôt sordide, les photos et traces dans l’appartement sont assez éloquentes.
  2. Aux Etats-Unis, ceux qui dirigent les affaires judiciaires de l’Etat sont élus.
  3. Dans le livre dont est tiré le film, la vérité est plus vite révélée.
  4. C’était déjà ce même cadrage et la même voix qui ouvraient le film.
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