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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Joe Wright
Orgueil et Préjugés (Pride and Prejudice - Joe Wright, 2005)

Non.

Je n’ai pas lu le (formidable, bien sûr) roman de Jane Austen. Je n’ai pas non plus vu la série (culte, bien sûr aussi) de 1995 sur la BBC (1). Quant à la version de Robert Z. Leonard, on verra…

 Je peux donc parler librement du très beau film de Joe Wright (2), interprété avec brio par une distribution de haute volée, Keira Knightley en tête.

 

Mr. Bennet (Donald « Hawkeye Pierce » Sutherland) est un gentleman farmer du Hertfordshire (au nord de Londres) qui a cinq filles qu’il doit marier : l’horloge de sa vie tourne et s’il disparaît, ses filles seront sans le sou : seuls les hommes – ici un cousin, le révérend Collins (Tom Hollander) – peuvent conserver le patrimoine familial (3). Heureusement, le jeune Bingley (Simon Woods) vient de s’installer. Il est jeune et beau et surtout riche, ce qui ne déplaît pas Mrs. Bennet (Brenda Blethyn) qui le verrait bien au bras d’une de ses filles, Jane (Rosamund Pike), par exemple.

Ce Bingley, en plus de sa sœur (Kelly Reilly) a amené avec lui son ami, le fier et farouche Darcy (Matthew Macfadyen). Rapidement, ce dernier se retrouve en conflit avec la sœur Bennet qui a le plus de caractère, la belle Elizabeth aussi appelée Lizzie (Keira Knightley, donc).

 

Pas besoin d ‘être grand druide pour savoir que Lizzie et Darcy finiront ensemble. Et Wright va souligner cet amour qui s’ignore en les isolant totalement pendant le bal que va donner Bingley : les amoureux sont seuls au monde, c’est bien connu. Bien entendu, seuls les spectateurs savent alors que ces deux-là sont faits l’un pour l’autre, possédant la même force de caractère. Et utiliser cet isolement alors que chacun méprise (ou semble mépriser) l’autre est du plus bel effet, jouant sur l’opposition des amoureux seuls au monde alors qu’ils ne s’aiment pas (encore). Et Wright réutilisera ce concept d’opposition quand Lizzie, seule tournera sur sa balançoire pendant que le temps va passer : alors que ce dernier s’écoule vite (à chaque tour une nouvelle saison, c’est au ralenti que nous sont présentées les images.

Et puisque nous parlons d’images, autant saluer ici le travail remarquable de Romand Osin qui nous offre de très beaux paysages ainsi que des cadrages d’une grande pertinence, et en particulier le lever de soleil  qui voit nos deux amoureux enfin s’avouer leur amour : la place de ce soleil accentue fortement cet amour qui va illuminer leur vie.

 

A son tour, Joe Wright réussit à nous recréer cette Angleterre de fin XVIIIème siècle, à l’heure où les femmes ne sont pas grand chose aux yeux de la loi. Mais jamais il ne se rend à Londres comme l’avait fait Ang Lee dix ans plus tôt : le film reste concentré sur cette vie provinciale, voire paysanne qui donne une plus grande authenticité à ses différents protagonistes. Mais on ne peut s’empêcher de remarque le décalage qui pouvait exister entre cette gentry et les autres,ceux qu’on ne fait qu’apercevoir dans cette fresque : serviteurs, paysans…

 

Et le choix des différent(e)s interprètes se révèle primordial : chacun campe avec beaucoup de justesse et de talent son personnage. Keira Knightley, bien sûr, éblouissante (encore une fois) en Lizzie, faisant front avec subtilité à chaque revers qui se présente – l’attitude orgueilleuse de Darcy (Macfadyen est lui aussi formidable), l’intervention nocturne de Lady Catherine (Judi « M » Dench)…

Mais il ne faut surtout pas oublier la magnifique prestation de Brenda Blethyn, en mère un tantinet cyclothymique, elle aussi bourrée de contradictions.

Quant à Donald Sutherland, ses rares interventions sont toujours un plaisir, mais étant un de ses admirateurs, je ne suis absolument pas objectif.

Le tout avec une pointe d’humour bienvenu dans ces milieux plus ou moins guindés. Et la déclaration de Collins à Elizabeth est à ce propos savoureuse : alors qu’ilne doute pas un instant qu’elle acceptera de l’épouser, Wright (avec l’aide d’Osin) accentue la position de Lizzie – il n’est absolument pas question d’épouser cet homme terne et ennuyeux – en utilisant une contre-plongée qui rabaisse le pasteur, lui qui n’était déjà pas bien grand…

 

Bref, une très belle réussite, n’en déplaise aux puristes qui reprocheront une adaptation fantaisistes (si ce n’est déjà fait…) : rappelez-vous que nous sommes ici au cinéma, alors tout est possible !

 

  1. On captait très mal à cette époque sur le canal hertzien…
  2. En plus, j’aime beaucoup son travail…
  3. Oui, comme dans Sense and Sensibility)
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