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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peplum, #Enrico Guazzoni
Quo vadis (Enrico Guazzoni, 1913)

 

Et puis il y a eu Cabiria (Giovanni Pastrone, 1914).
Pourtant, un an avant, il y a eu Quo Vadis. Enrico Guazzoni signe ici la deuxième adaptation du roman de Henryk Sienkiewicz, qui raconte une genèse du christianisme, vu à travers le Romain Marcus Vinicius (Amleto Novelli), ami de Pétrone (Gustavo Serena) et amoureux de la belle Lygia (Lena Giunchi), sous le règne de Néron (Carlo Cattaneo).


Autant le dire tout de suite, nous sommes loin du faste et des couleurs du film de Mervyn LeRoy, mais on ne peut pas douter que ce dernier l’a vu. On y trouve d’ailleurs des scènes que LeRoy reprendra presque quarante ans plus tard.

Par contre, le jeu des acteurs n’est pas des plus fluides, et on sent vraiment l’influence du théâtre, où les différents acteurs sont un peu trop statiques comme s’ils étaient paralysés par l’espace à leur disposition.

A mon avis, le pire dans cet exercice, c’est pourtant celui qui interprète Vinicius, qui a du mal à être naturel et répète à l’envi le même geste, tendant la main droite ouverte ou fermée sauf l’index. Ca lasse parfois.

 

En ce qui concerne l’intrigue, on y retrouve les mêmes péripéties que dans l’autre, avec moins de détails, essentiellement à cause du format : 2 heures seulement contre 51 minutes de plus en 1951.

Mais malgré cela, le film de Guazzoni est très honnête et surtout nous propose une belle reconstitution – sinon historiquement exacte, du moins spectaculaire – avec un incendie de Rome qui vaut à lui seul de regarder ce film. On y retrouve les flammes, la destruction ainsi que la panique avec notre Vinicius qui s’effondre de fatigue, mais surtout intoxiqué par les fumées.

 

Quant au martyre des chrétiens, on a droit aux lions, aux torches humaines ainsi qu’à Ursus (Bruto – nom prédisposé – Capellani) sauvant Lygia du taureau. Mais comme nous sommes dans l’arène, Guazzoni en profite pour ajouter deux attractions : une course de chars où le vainqueur gagne une véritable palme (entre 1 mètre 50 et 2 mètres de long) ; des combats de gladiateurs qui laisseront des traces foncées sur le sable de l’arène.

A propos des lions, Guazzoni n’a pas montré les attaques des fauves – un peu trop sanguinolent, mais surtout dangereux pour les figurants – mais leur restauration au milieu de vêtements tachés et aussi d’une tête chevelue (fausse, évidemment).

 

Parmi la distribution, on notera le beau jeu de Serena, qui campe un Pétrone comme il faut, ami déchu du despote, que Carlo Attaneo interprète là encore avec justesse.
On notera aussi que les canons de la beauté en 1913 en Italie (et aussi un peu ailleurs) vont être chamboulés par Hollywood, Pétrone (à moins que ce soit Néron) faisant remarquer à Marcus que Lygia n’entre pas dans ces standards. Poppée (Olga Brandini) belle matrone aux formes très généreuses, en tant que première dame de l’Empire respectant ces mêmes canons.

 

Certes Quo vadis n’atteint pas le niveau de Cabiria, mais il n’en demeure pas moins une œuvre majeure dans cette Italie qui, avant la première Guerre Mondiale, était au même niveau que les autres grands pays de cinéma. Cette guerre, ainsi que les superproductions américaines qui vont suivre, vont reléguer bien loin la production italienne à la fin du conflit.

 

A voir, donc, histoire de se rendre compte de ce qu’il était possible de faire en Italie avant. Bien avant.

 

PS : un détail. On a droit à une surimpression (merci monsieur Méliès) qui voit Jésus apparaître à Pierre et Nazaire.

 

PPS : Les spectateurs (masculins) ont peut-être été déçus lors du combat entre Ursus et le buffle : l'affiche promettait une jeune fille dénudée attachée à l'animal. 

 

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