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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Western, #Edwin Carew, #Dolores del Rio
Ramona (Edwin Carewe, 1928)

La belle Ramona (Dolores del Rio) est la fille adoptive de l’austère señora Moreno (Vera Lewis) et a grandi avec le fils de celle-ci, Felipe (Roland Drew).

Revenue de chez les sœurs qui ont pourvu à son éducation, elle fait la connaissance d’Alessandro (Warner « Cisco Kid » Baxter), le chef des Indiens qui viennent tondre les moutons des Moreno.
Bien entendu, elle tombe sous le charme du bel Indien au grand dam de sa mère adoptive qui refuse cette union contre nature. Mais la señora Moreno gardait aussi un secret sur les origines de Ramona : elle est la fille d’un homme blanc et d’une Indienne, ce qui explique le manque d’affection de cette femme envers la jeune fille.

Cet amour est aussi une grande déception pour Felipe qui saura s’effacer pour permettre aux amoureux de fuir.
Mariés, Ramona et Alessandro s’installent dans un village indien. Et là, les ennuis vont s’enchaîner.

 

Comme écrit précédemment, La Flèche brisée ne fut pas le premier western qui donnait le beau rôle aux Indiens. Et Ramona en est une très bonne illustration. Il faut dire que Le réalisateur est lui-même issu de la tribu des Chicachas (sud-est des Etats-Unis), qui font partie de ce qu’on appelle les « cinq tribus civilisées » : on les considère comme civilisées parce qu’elles ont adopté certaines coutumes des hommes blancs.

D’ailleurs Edwin Carewe, sur un scénario de son frère Finis Fox, décrivent le chef indien comme un Chicacha, ayant adopté le christianisme comme religion comme on le voit à différents moments du film : le mariage, la bénédiction répétée du père Salvierderra (John T. Prince), la prière matinale.

 

Mais comme (presque) toujours à cette époque, on ne trouve que très peu (voire pas du tout) de véritables Indiens dans la distribution, Warner Baxter en tête. Mais qu’importe, on va suivre les (désastreuses) aventures de ce couple marqué par le destin : perte de l’enfant, attaque (très) meurtrière d’une bande de « maraudeurs ». C’est une véritable surenchère !

Mais je ne peux pas m’empêcher de trouver une certaine ambiguïté à ce film (1) : certes, Carewe a des origines indiennes, mais la résolution de l’intrigue induit d’une certaine manière que la « civilisation » occidentale est la meilleure, puisque Ramona ne trouvera la paix qu’auprès de Felipe. Cette ambiguïté est d’ailleurs accentuée par la dernière réplique (intertitre) de Ramona, qui trouve le bonheur dans les bras de Felipe : « c’est comme si je n’étais jamais partie ». Avoir suivi Alessandro semble donc un mauvais choix qui s’annule à la fin et qui fut la cause de tous ses malheurs. (2)

 

Par contre, Carewe nous montre tout de même que la cohabitation entre les blancs et les Indiens est possible, comme l’illustrent les différentes séquences qui se déroulent dans le ranch Moreno : outre la prière matinale commune qui rassemble la maisonnée et l’Indien, on remarque que les serviteurs des Moreno ne sont pas vraiment blancs. On trouve ce qui ressemble à des Mexicain·e·s et des Indiennes au service de ces colons espagnols (3). Mais là encore, peu de véritables autochtones puisqu’on peut même reconnaître la (très) plantureuse Mathilde Comont.

 

Quoi qu’il en soit, Carewe signe ici un film très bien léché, grâce aussi à la caméra mobile de Robert Kurrle, et l’interprétation magnifique de la belle Dolores. De son côté, Baxter campe un Alessandro qui n’est pas sans rappeler l’allure de Douglas Fairbanks, et si la copie restaurée par la Library of Congress grâce à une copie retrouvée à la cinémathèque de Prague, est très belle, on peut regretter que ce ne soit pas celle qui fut sonorisée (3), le parlant ayant fait son apparition.

On ne peut pas tout avoir…

 

  1. Attention ! Révélation sur la fin du film.
  2. Comme je l’ai déjà écrit ici, les métis n’avaient pas le vent en poupe à l’époque.
    Nous sommes en Californie du temps de l’occupation espagnole, comme dans Zorro !
  3. Encore que…

 

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