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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Ron Howard, #Mel Gibson
La Rançon (Ransom - Ron Howard, 1996)

Depuis l’affaire du bébé Lindbergh (1932), les rapts d’enfants (avec ou sans mort) ont toujours eu un traitement particulier dans l’information : la bassesse et la lâcheté d’un tel crime ont toujours suscité une émotion vive auprès de l’opinion publique. Bien entendu, le cinéma devait croiser la route de ce genre de fait divers propice au suspense, avec des résultats plus ou moins intéressants.

Ici, Ron Howard, sur un scénario de Richard Price et Alexander Ignon, va bouleverser l’ordre habituel des choses, mêlant une petite dose d’immoralité à une intrigue forcément convenue, pour en faire un film fort et un brin réaliste.

Mais reprenons.

 

Tom Mullen (Mel Gibson) dirige une compagnie aérienne. Au cours d’une Fête de la Science, son fils Sean (Brawley Nolte, le fils de Nick) est quasiment enlevé sous ses yeux et ceux de son épouse Kate (Rene Russo) et sera rendu contre rançon.

Après une première tractation qui se solde par un échec, Tom décide ne pas verser l’argent : au contraire, il propose de la donner à la personne qui récupérera son fils des mains des ravisseurs.

Mieux. Il va doubler le montant de la rançon exigée par ces mêmes ravisseurs.

 

A partir d’une intrigue simple, donc – un kidnapping qui amène le versement d’une rançon – Ron Howard renouvelle le genre en faussant les données habituelles. Certes, on a droit aux tractations habituelles – qui n’aboutissent pas – mais c’est bien entendu quand les règles changent – totalement- - que le film prend toute sa saveur : les ravisseurs, qui mènent le jeu, sont pris de vitesse et se retrouvent en position faible, à la merci des conditions de leur propre victime, l’argent étant un excellent facteur motivant pour créer un héros d’un jour.

Bien sûr, cette attitude est peu raisonnable, voire un tantinet immoral : encourager, à coup de millions de dollars, des gens à récupérer son fils par n’importe quel moyen, si ce n’est pas un appel au meurtre, ça y ressemble tout de même beaucoup.

Sans oublier la position de ce même fils aux mains de ravisseurs dont les conditions – on ne peut plus favorables – évoluent dans le mauvais sens et peuvent amener à des positions radicales et donc tragiques.

 

C’est un phénoménal coup de bluff que joue Tom Mullen en se retournant contre ses bourreaux, à l’encontre de la raison, incarnée par l’imposant agent du FBI Lonnie Hawkins (Delroy Lindo) : les statistiques parlent en faveur de la solution négociée et ce retournement inattendu rend les choses décidément très compliquées, voire inédites.

Et il est presque dommage que les objections morales aient été abandonnées au profit de l’intrigue principale consistant à récupérer cet enfant malmené. Mais là encore, ce qui nous est offert à voir est aussi intéressant que les reproches moraux qui sont – brièvement – faits à Tom à travers la télévision.

Parce que Ron Howard mène son film sur un ton réaliste rarement employé. Les conditions de détention de l’enfant sont sordides, comme le témoigne son sweat-shirt envoyé aux parents à un moment des négociations. Et la performance du jeune Brawley Nolte est à saluer tant son personnage est criant de vérité.

 

Et puis il y a le méchant de l’histoire : James Shaker (Gary « Lieutenant Dan » Sinise). Bien sûr, en lisant le nom de cet acteur formidable au générique, on se l’imagine du côté obscur et la surprise est là quand on apprend qu’il est policier. Mais dès sa première intervention, on peut commencer à avoir des doutes : son regard croise celui du véhicule des ravisseurs.

Quand son véritable rôle est – rapidement – dévoilé, on n’en est que plus ravi, ses différentes prestations de « méchant » parlant en sa faveur.

Quant aux « gentils » de l’histoire, on appréciera à sa juste valeur le duo Gibson-Russo qu’on avait découvert avec beaucoup de plaisir dans Leathal Weapon 3, dans des interprétations plus sérieuses mais tout de même dans la même verve réaliste que le film (1).

 

A voir !

 

  1. Je sais : il est plus facile de faire pleurer que de faire rire, mais quand une interprétation est juste, il ne faut pas s’empêcher de la souligner.
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