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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Quentin Tarantino, #Steve Buscemi
Reservoir Dogs (Quentin Tarantino, 1992)

Ils sont 6 : Mr. White (Harvey Keitel), Mr. Orange (Tim Roth), Mr. Pink (Steve « Donnie » Buscemi), Mr. Blonde (Michael Madsen), Mr. Blue (Edward Bunker) et Mr. Brown (Quentin Tarantino). Ce sont des gangsters. Ils ont été rassemblés par Joe Cabot (Lawrence Tierney) et son fils « Nice Guy » Eddie (Chris Penn) pour dérober un lot de diamants.

Mais le braquage ne se passe pas comme prévu et Mr. Brown y reste. Quant à Mr. White, il ramène au point de rendez-vous un Mr. Orange en piteux état : il a pris une balle dans le ventre et se vide de son sang.

Oui, le braquage a foiré. Normal, l’un des protagonistes est un flic infiltré.

Lequel ?

 

Malgré cette dernière question, savoir qui est le flic infiltré n’est pas spécialement l’enjeu du film. Il s’agit plus d’un exercice de style cinématographique entrepris par un petit débutant (son premier film en l’occurrence) qui renouvelle le genre et surtout casse le schéma narratif habituel. Et ce sera une constante dans ses films ultérieurs : la narration n’est pas linéaire même si le temps de l’intrigue principale – la rencontre dans la planque après le casse – s’écoule presque normalement ou tout du moins de façon linéaire. Cette phase de retrouvailles et d’explications (à plusieurs niveaux) est interrompue par des flashbacks plus ou moins explicatifs, resserrés autour des trois truands les plus emblématiques : Mr. White, Mr. Orange et Mr. Blonde. Et c’est bien sûr un de ces trois-là qui est l’infiltré (1).

 

Il y a dans ce film une véritable volonté de trancher avec ce qu’on connaît et qui se faisait avant (2). Tout d’abord, c’est l’histoire d’un braquage raté. Jusque là, rien de bien nouveau, on en connaît d’autres (3). Par contre, ce qui change, c’est que ce ratage commence par la fin : le coup est manqué et on le sait tout de suite, puisque nous suivons White et Orange en fuite.

Et l’utilisation des flashbacks va nous permettre de comprendre comment on en est arrivé là, sans toutefois tout nous montrer : à aucun moment on n’entre dans le lieu du casse qui ne sera pour nous qu’une façade (4). Et donc on ne verra pas le point de rupture qui a fait capoter l’affaire : l’activation de l’alarme et la tuerie qui s’ensuit. Et si la violence est très présente, Tarantino ne montre pas tout : l’imagination est toujours un meilleur stimulant…

 

Et Tarantino prend son temps pour nous distiller les informations, ramenant l’intrigue à différents points du passé des protagonistes. Et on sent une maîtrise technique dans les prises de vue d’Andrzej Sekula tout au long du film, soutenue par un montage équilibré.

Mais – et nous ne le savons pas encore puisque ce n’est que son premier film – Tarantino se laisse aller à son péché mignon : les dialogues.

C’est (déjà) un film où on parle. Trop à mon avis, mais je sais qu’il y a des inconditionnels de la « tchatche » de l’auteur. Ca parle, ça parle, ça parle. Tellement qu’on a peur que l’intrigue se noie. Cela donne peut-être un certain cachet voire une forme de réalisme, mais je trouve que c’est tout de même un peu trop.

 

Pire même : la séquence d’introduction où tous les protagonistes principaux (voir 1er paragraphe) dégoisent autour d’une table en fin de repas n’est même pas indispensable. Elle n’y serait pas que la compréhension du film n’en serait pas altérée.

 

  1. Non, je ne vous le dirai pas.
  2. Et encore maintenant, rassurez-vous !
  3. Le sublime The Killing (S. Kubrick, 1956) est un formidable fiasco qui ne s’annonce qu’au tout dernier moment.
  4. Même sur les photos utilisées par le gang, on n’a aucun plan nous montrant les intérieurs.
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