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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Jonathan Demme
Ricki and the Flash (Jonathan Demme, 2015)

Ricki Donzelli, ou plutôt Linda Brummel (Meryl Streep) est une rock star. Enfin plutôt, était une rock star. Ou plus précisément aurait bien aimé être une rock star.
Elle est même partie en Californie pour ça, mais à part un disque, elle n’a pas fait grand-chose. Même ses enfants, elle ne les a pas vus grandir, pendant que son mari Pete (Kevin Kline) se remariait avec Maureen (Audra McDonald) qui a pris sa place. Partout, même dans l’éducation de ces mêmes enfants.

Aujourd’hui, Ricki-Linda a vieilli, pris du poids et travaille comme caissière, animant les soirées du Salt Well, un bar du coin où elle a son public, avec son groupe : The Flash.

Mais sa fille va très mal. Ricki va donc retourner dans cette famille qu’elle a laissée voilà de bien nombreuses années.

 

Encore une histoire familiale où l’un des deux parents est passé à côté de l’éducation de ses enfants ?

Oui. Et un peu non. En effet, cette Ricki est un personnage fascinant, avec dans la tête ce même rêve qui l’habite depuis trente ans, mais aussi dans une réalité des plus minable, comme sa carrière de chanteuse de rock. Il y a un contraste formidable entre son énergie et sa présence sur scène et celle de son travail où elle gagne des clopinettes mais avec le sourire pour ne pas déprimer le client.

Alors quand elle doit retrouver ceux qui furent sa famille, même pour quelques jours seulement, c’est une occasion inespérée de renouer un brin avec ces étrangers.

Avec sa fille, Julie (Mamie Gummer), dépressive qui essaie de sortir d’un divorce dû à un mari minable tout d’abord ; avec ses deux fils, Josh (Stan « Bucky » Sebastian) qui va se marier, et Adam qui est gay ; et bien sûr avec celui qui fut son mari. Sans oublier la belle-mère Maureen qui possède tellement de qualités !

 

Bref, c’est une histoire du genre Mission Impossible qui nous est proposée, mais c’est surtout une comédie (1) douce-amère qui est menée avec beaucoup de sensibilité par Jonathan Demme dont c’est, hélas, le dernier film.

Bien sûr, c’est Meryl Streep qui rayonne tout au long du film, et c’est bien normal, c’est une actrice tellement extraordinaire. Elle a une façon d’assumer son âge qui la rend encore plus merveilleuse. Evidemment, son personnage étant à la poursuite d’une chimère, on ne passe pas à côté de son look qui n’a pas dû beaucoup changer en trente ans : coiffure mixte, blouson noir, bijoux multiples et tatouages. Sans oublier les Doc Marten’s montantes…

Bref, un pur produit des années 1980, dans son allure comme dans ses idées : l’une de ses premières interventions laisse entendre que l’élection de Barack Obama ne l’a pas vraiment satisfaite… Plus tard, on apprend même de son fils Adam qu’elle aurait voté George W. Bush. Et deux fois !

 

Bref, c’est une femme américaine jusqu’au bout des ongles, un tantinet réactionnaire (voir ci-dessus), mais c’est peut-être normal d’une femme qui a perdu son frère au Vietnam.

Mais je ne vais pas juger de son parcours ni de ses idées, parce que ce n’est pas le propos du film.

Il s’agit avant tout d’une belle histoire d’amour. Tardive entre une mère et ses enfants, et récente entre une femme mûre et son partenaire de scène qui l’est tout autant qu’elle (Rick Springfield). Et les deux faces de cette même femme s’interpénètrent avec bonheur, faisant de ce film à l’intrigue un tantinet convenue (2) un film subtil et beau.

Bien sûr, elle retrouvera l’amour des siens, c’est une comédie, donc ça se termine bien, mais ça ne va pas se passer facilement : n’oubliez pas la place indispensable de la Rédemption chère à nos amis américains !

Parce qu’il n’est encore une fois question que de ça : Ricki va devoir expier pour être sauvée. Et cette expiation prendra différentes formes : la belle-mère Maureen qui a pris sa place, mais surtout l’attitude des invités au mariage de Josh et Emily (Hailey Gates). Ce sont des regards désapprobateurs et surtout une réflexion d’une invitée qui ne la « rate pas » !

D’une manière générale, le scénario de Diablo Cody est l’occasion de ces réflexions qui font mouche et qui font dire aux observateurs : « Pfiouuuu ! ». Ou comme disent les anglo-saxons : « Touché ! »

 

  1. Ca se termine bien, c’est déjà ça !
  2. Une mère qui cherche à rattraper le temps perdu.
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