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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Navet, #Fred Dekker
Robocop 3 (Fred Dekker, 1993)

Il était temps que cela se termine. Commencée six ans plus tôt avec Paul Verhoeven, la trilogie Robocop arrive à terme et accouche, dans la douleur comme c’est souvent le cas, d’un dernier opus qu’on aurait peut-être pu éviter. Même Frank Miller, qui est à l’origine du personnage a jeté l’éponge, dégoûté par les manœuvres du studio qui a écarté ses (bonnes ?) idées. Et avoir choisi un spécialiste de l’horreur – Fred Dekker – pour la réalisation n’a peut-être pas été non plus une bonne idée.

Résultat un film poussif (1) où les personnages sont élaborés à coup de serpe et où la base même du personnage de Robocop (Robert John Burke), la dualité homme/machine, se noie dans une débauche de séquences d’action et surtout de fusillades, avec avènement de Robocop en super-héros (il vole !).

 

OCP (le consortium de salauds qui veut asservir le monde) a été racheté par une firme japonaise mais ses pratiques n’ont pas changé d’un iota : il est prévu d’évacuer Cadillac Heights (Detroit, Michigan) pour y implanter un nouveau complexe futuriste (2). En clair, ils virent les gens de chez eux (et les éliminent définitivement du paysage) pour implanter des structures qui rapporteront encore plus d’argent. Mais Robocop, qui a vu mourir sa partenaire historique Anne Lewis (Nancy Allen) se range du côté des insurgés pour faire triompher la justice contre cette bandes de « sacs à merde capitalistes ».

 

Il y a deux sortes de films de science-fiction : ceux qui jouent sur la situation et ceux qui jouent sur les accessoires. Inutile de vous dire que le film de Dekker appartient à la deuxième catégorie (4). Cette dernière a le malheur de mal vieillir à mesure que le temps passe et que la réalité des spectateurs rejoint le temps de l’intrigue. Et Robocop n’échappe pas à cet écueil. 

 

Bien sûr, les effets spéciaux sont devenus obsolètes avec l’avènement du numérique mais cela n’est pas là le plus gênant : Cary Grant dévalant ivre la pente dans North by Northwest avec incrustation d’images dans le pare-brise arrière n’est pas beaucoup mieux. Ce qui prête à sourire c’est tout le reste : la télécommunication est un très bel exemple de fausse route empruntée par les scénaristes : à l’heure du téléphone portable et de l’internet, on n’imagine pas un appel Skype facturé ! Quant à l’appareil dans la voiture d’Anne Lewis, on peut franchement en rire (ne parlons pas non plus informatique…).

 

Quant aux personnages, si on retrouve avec plaisir Rip Torn dans un rôle de faux-cul magnifique, on est frustré de la minceur des différents personnages. Le méchant – Paul McDaggett (John Castle)  – l’est mais cela ne suffit pas : il ne se distingue en rien des autres qu’on a pu rencontrer ici ou là et aurait pu être remplacé par n’importe qui : un type basique comme la plupart des personnages du film, sans véritable contexte.

Et pourtant, il y avait des occasions de creuser un peu plus, mais ce ne fut pas le cap choisi par Dekker qui enchaîne les scènes plus ou moins spectaculaires, essayant (peut-être) de battre un quelconque record de morts dans un film. Et encore.

 

Bref : à oublier.

 

  1. C’est comme ça qu’on dit dans les revues spécialisées…
  2. Toute ressemblance avec quelque situation actuelle est absolument fortuite, cela va sans dire.
  3. Propos tenu par le docteur Lazarius (Jill Hennessy).
  4. Ah tiens, finalement, si.
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