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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Francis Ford Coppola, #Drame

Un mois après Outdsiders, Coppola nous dévoile la deuxième partie d’un même thème : adolescence et famille.

Là encore, nous avons une cellule familiale composée de trois personnes dont il manque la mère. A la différence de Outsiders, le père est présent. Mais l’est-il vraiment ?

Mais si dans Outsiders, les protagonistes étaient sur une pente ascendante, dans Rusty James, il en va tout autrement.

En effet, les trois membres de cette famille ne sont pas intacts. Le père est alcoolique, le frère aîné – the Motorcycle Boy – est un délinquant notoire, de surcroît handicapé (daltonien et presque sourd) et le fils cadet est coincé derrière l’ombre de ce grand frère.

Pourtant, comme dans Outsiders, il y a de l’amour dans cette famille. Ils s’aiment et nous en sommes témoins.

Mais si les héros de Outsiders avaient une chance qui s’ouvraient à eux, ceux de Rusty James sont voués à l’échec.

Le père, tout d’abord, qui a raté son mariage. Le Motorcycle Boy ensuite qui porte avec lui son passé de délinquant juvénile et que le policier attend au tournant.

Et puis Rusty James, qui ne sait pas où se positionner dans cette histoire et dans cet environnement. Alors il se détruit à petit feu : il boit, se bat, trompe sa copine…

Même si le héros du film est Rusty James, le personnage principal est le Motorcycle Boy. Tout tourne autour de lui. C’est lui qui donne un sens à la vie de Rusty. C’est lui qui rappelle à son père le visage de sa mère. C’est lui qui donnera un nouveau sens à la vie de son frère.

Le Motorcycle Boy étant daltonien, le film est en noir et blanc. Seuls deux éléments sont en couleur :

  • les poissons combattants (rumble fish) parce qu’ils représentent Rusty et son monde, et que peut-être que s’ils avaient un peu plus de place, ils ne se battraient pas.
  • Le reflet de Rusty lors de la dernière scène sur la voiture de police qui fait comme l’effet d’un voile rouge qui passe devant Rusty, en colère par ce qui vient de se passer.

Parfois, le son est perçu par les oreilles de Motorcycle Boy et cet effet ouaté explique la douceur de son ton quand il parle. Et la profondeurs de certains plans accentue l’isolement partiel de ce personnage.

Cette douceur est apparente parce qu’il nous montre aussi qu’il sait se battre. Jusqu’au bout.

Le temps, enfin. C’est une donnée avec laquelle Coppola joue constamment.

En effet, le mouvement des nuages indique deux fois le temps qui passe. Il utilise aussi le mouvement des ombres dans la rue.

Enfin, il joue avec nous sur l’époque du film. En effet, l’intrigue de Outsiders se situe au début des années 60. L’utilisation du noir et blanc nous donne une impression de suranné. Et quand Diane Lane sort de l’école – une institution catholique avec bonnes sœurs intégrées – elle porte un uniforme qui nous rappelle sa tenue dans Outsiders. La tenue de Laurence Fishburne est du même style (sixties), et le milk-bar de Tom Waits nous ramène aux établissements de cette période éloignée.

C’est quand Rusty joue à un jeu de conduite style Arcade que la bande-son nous révèle l’époque : on entend le jeu Pac-man. Nous sommes bien dans les années 80. Et la dernière moto nous le confirme.

Dernier clin d’œil: Rusty James commence là où se terminait Outsiders, par une bagarre. Et là encore, la musique et le rythme ont leur importance.

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