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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Rex Ingram, #Cape & Epées, #Histoire
Scaramouche (Rex Ingram, 1923)

Un an après le Prisonnier de Zenda, Rex Ingram reprend les mêmes et recommence un film en costume. Son cadre : la Révolution française. On retrouve donc Alice Terry (Mme Ingram), Lewis Stone et Ramon Novarro. En cherchant bien, on en trouve d'autres : Edward Snitz, John George, Edward Connelly...

Scaramouche, c'est là où se rencontrent deux histoires : la petite et la grande.

La petite histoire, c'est celle du jeune André Louis Moreau (Ramon Novarro), orphelin, ami d'un défenseur de la Liberté lâchement assassiné par le marquis de la Tour d'Azyr (Lewis Stone), et amoureux de la belle Aline de Kercadiou (Alice Terry).

La grande histoire, c'est l'Histoire de France. Mais revue par Hollywood. Alors évidemment, quand on est français, ça coince un tantinet... Après la Révolution par Griffith (Les deux Orphelines), voici celle de Rex Ingram. Pas de Robespierre communiste, mais un Danton (George Siegman) au visage vérolé. Et une foule parisienne hirsute, barbare, braillarde, assoiffée de sang et avide de têtes aristocratiques. Bref, du grand spectacle. Et côte personnage célèbre, quelques incontournables : Louis XVI et Marie-Antoinette (et leurs enfants), Danton (déjà cité), Marat (Roy Coulson) - qui ressemble au vrai : il a un tissus sur la tête ! -, et un jeune officier artilleur inoccupé, Napoléon Bonaparte (Slavko Vorkapich). Les incontournables.

Heureusement, ce qui nous intéresse, c'est la « petite » histoire. Ramon Novarro est beau, brave et adroit à l'épée ; Alice Terry est belle et a la larme facile ; quant à Lewis Stone, il conserve son aplomb habituel, avec en plus le mauvais rôle, celui qui tue l'ami de Moreau.

Et cette fois-ci, le duel d'explication entre Moreau et La Tour est plus crédible que dans Zenda.

Mais ce qui marque le spectateur, c'est l'éclat des yeux.

Ca commence dans la séquence d'ouverture, quand on amène à une paysanne le corps de son mari, tué par la tyrannie aristocratique : cette femme pleure et ses larmes brillent sur son profil éploré. Ensuite, ce sera le regard de Moreau à chaque grand moment de sa vie : à la mort de son ami, quand il s'adresse à La Tour ; quand il s'adresse au peuple de Rennes... D'autres aussi auront ce regard brillant aux grands moments du film.

 

Et puis il y a les deux incontournables d'une histoire : l'espace et le temps. Et là, il vaut mieux être américain et ne pas bien connaître l'histoire ni la géographie de la France. En effet, on compte trois lieux d'intrigue : Gavrillac, qui, comme son nom ne l'indique pas, se trouverait en Bretagne, Rennes et Paris.

Gavrillac, c'est l'endroit où Moreau a grandi, près d'Alice, dans le château de Quintin de Kercadiou (Lloyd Ingraham).

Rennes est l'endroit où Moreau fait un grand discours sur la Liberté. Il y rencontre en outre Marat et son tissus sur la tête.

Paris, enfin, où se joue l'intrigue, où tous se rencontrent : Aline, La Tour et Moreau, venu avec une troupe de comédiens présenter Figaro-Scaramouche où il joue le rôle titulaire (d'où le titre du film).

Mais si les lieux sont plus ou moins bien définis, leur disposition n'est pas bien vraisemblable. On passe de Rennes à Paris à une vitesse incroyable, alors qu'un tel déplacement se faisait en calèche et pouvait prendre de nombreux jours. En moins d'une journée, ici, Moreau a quitté Rennes et rejoint Paris...

Quant au temps, je préfère ne pas trop en parler : on mélange préambule de la Déclaration des Droits de l'homme et Etats généraux... La seule date effective et véritablement correcte est celle du 10 août 1792 : quand le peuple de Paris prend d'assaut les Tuileries. Et quel assaut : un vrai massacre.

 

Malgré tout, ce Scaramouche est un film avec beaucoup de charme. Pour son duel (un peu plus court que dans celui de George Sidney en 1952), pour ses interprètes, et pour la révélation finale, amenant le sacrifice de La Tour.

Et malgré la naïveté de Moreau (et du scénario), on est tout de même bien content pour lui !

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