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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Lois Weber
Sensation Seekers (Lois Weber, 1927)

Huntington Bay, ville côtière américaine, pendant les fameuses roaring twenties.

C’est l’effervescence parce qu’un nouveau pasteur vient d’arriver : le révérend Lodge (Raymond Bloomer). Il est beau, il est jeune et athlétique.

D’ailleurs, les paroissiennes ne s’y trompent pas, surtout les plus jeunes.

Mais après l’avoir fortuitement rencontrée, Lodge tombe amoureux de la femme fa&tale de la ville, la belle (et redoutable) Luena Hagen (Billie Dove), qu’on appelle aussi « Egypt » pour des frasques peu en accord avec les préceptes que dispense Lodge.

 

C’est une intrigue cousue de fil blanc que nous propose ici la grande Lois Weber : en effet, ce n’est pas la première fois qu’on assiste à ce genre d’histoire où une « brebis égarée » (« black sheep » dans le film) est sauvée par un homme juste, en l’occurrence le pasteur. Je rejoins mon ami le professeur Allen John quand il parle du rôle inhabituel du pasteur. En effet, si cet homme d’église est garant des bonnes mœurs de sa paroisse, il n’en reste pas moins un homme, qui plus est sportif : la rencontre inopinée des deux amoureux se fait alors à la plage alors que lui s’entretient sa forme. C’est un lieu bien inhabituel pour ce genre de personnage, habituellement austère et pudibond.

 

Malheureusement, sur les 70 minutes initiales, on ne peut en visionner que 43 et quelques secondes, et pas toujours de très bonne qualité.

Et cela est fort dommage car il manque indéniablement une partie de l’intrigue concernant les bonnes gens de la bonne société qui ne voient – évidemment – pas cette relation d’un très bon œil.

Mais cela ne nous empêche pas de bien comprendre leur point de vue plutôt étriqué. On aimerait en voir un peu plus de ces bigots qui se repaissent des turpitudes des autres, et qui, encore une fois, ne vivent qu’à travers leurs semblables : on sait qu’ils se réunissent pour épier et médire, mais on sait aussi qu’ils ont dénoncé le pasteur à son supérieur, l’évêque Blake (Tom Ricketts ?).
Et au vu de ce qui nous est proposé, on peut être déçu de ne pas voir un peu plus de ces mesquineries qui d’une certaine façon amènent le drame.

 

En effet, c’est parce que ces gens bien pensants condamnent l’amour naissant entre ces deux personnes complètement différentes que la tragédie a lieu : c’est par dépit que la belle Egypt espère se consoler dans les bras de Ray Sturgis (Huntley Gordon), un homme riche et fou amoureux d’elle, qui l’emporte sur son yacht malgré la tempête.

 

D’un autre côté, cette tragédie est certainement le clou du film. Billie Dove est magnifiquement convaincante quand elle interprète cette femme qui se noie, sauvée in extremis bien sûr, par le beau pasteur athlétique. C’est une suite de plans plus ou moins rapprochés de cette femme en détresse alors que les hommes – lâches – ont quitté le yacht qui sombre.

 

Cette noyade ainsi que le sauvetage qui suit sont tout aussi symboliques : cette femme s’était perdue dans une attitude païenne (le surnom Egypt n’est pas innocent), s’est noyée dans un océan de péchés, et son sauveteur (elle le prend pour un « Life Guard » - maître nageur sauveteur) qui lui sauve la vie est aussi son Sauveur, qui lui sauve son âme.


Edifiant ? Oui. Mais quelle belle séquence finale !

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