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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Josef von Sternberg, #Marlene Dietrich, #Anna May Wong
Shanghai Express (Josef von Sternberg, 1932)

Marlene Dietrich, dans la pénombre, fumant, le regard mélancolique.

C’est l’image la plus célèbre de ce film. C’est un plan tout en ombre et lumière, l’un des plus beaux du cinéma. Pas étonnant alors qu’il ait été récompensé aux Oscars…

James Wong Howe était un grand chef opérateur, digne d’un Freund ou d’un Daniels.

Cette utilisation magnifique du noir et blanc n’est pas sans rappeler le cinéma allemand de la même période. Mais si Sternberg est d’origine autrichienne, il est avant tout un réalisateur américain : il est arrivé aux Etats-Unis en 1901, et n’a donc pas participé au courant cinématographique allemand du temps de la République de Weimar (1919-1933). Il n’a fait qu’un seul film allemand – L’Ange bleu –, commande de la UFA, qui lui a permis de rencontrer Marlene, avec qui il tournera six films. Celui-ci est le quatrième de leur collaboration.

 

Dans l’express reliant Pékin et Shanghai, un groupe de voyageurs se retrouve mêlé à des affaires politiques. En effet, à cette époque, la guerre civile fait des ravages en Chine entre les armées régulières et les révolutionnaires de Mao Zedong, sans compter les interventions japonaises en Manchourie… Une période qui inspirera même Hergé pour son Tintin et le Lotus bleu.

Ici, ces personnages semblent tout droit sorti d’un roman d’Agatha Christie : on y trouve Mrs Haggerty (Louise Closser Hale), une lady, anglaise jusqu’au bout des ongles, inséparable de son petit chien – un pékinois, évidemment – ; Lenard (Emile Chautard), soldat français en disgrâce mais qui ne veut pas décevoir sa sœur ; le révérend Carmichael (Lawrence Grant), certainement en Chine pour convertir les païens ; Eric Baum (Gustav von Seyffertitz) un homme – louche – d’affaires (louches aussi), un invalide qui craint les courants d’air ; Sam Salt (Eugene Pallette), bookmaker américain pour qui chaque occasion est bonne pour parier ; Mr Chang (Warner Oland), gentleman métis mystérieux – normal, l’Orient est toujours mystérieux au cinéma – ; Hui Fei (Anna May Wong*, elle aussi très belle), femme chinoise importante,  semble-t-il ; Donald Doc Harvey (Clive Brook), officier britannique au flegme et à l’orgueil un tantinet excessif ; et la belle Madeleine (Marlene Dietrich), connue de tous sous le nom de Shanghai Lily.

Mais ces personnes ne sont pas rassemblées autour d’un meurtre mais bien dans ce train – à deux exceptions près – dans le but de voyager. Mais le contexte va les ralentir, pour finalement les changer, voire les tuer.


Parce que ce film nous montre un changement, celui des voyageurs : d’une situation bien définie au départ, on retrouve des gens un tantinet changés, leur perception de l’autre ayant évolué au vu de la situation extérieure.

Les deux jeunes femmes – Hui Fei et Madeleine – sont tout d’abord considérées comme des moins que rien : Shanghai Lily n’est rien d’autre qu’une croqueuse de diamant, une femme à la petite vertu ; alors que Fen Hui, en plus d’être considérée comme une femme facile, a la mauvaise fortune d’être étrangère. Pourtant, ce sont ces deux laissées-pour-compte qui vont dénouer l’intrigue et permettre l’évolution de la situation et des esprits.

On retrouvera ce genre de femme dédaignée dans La Chevauchée fantastique, où Claire Trevor interprète Dallas, une prostituée notoire, dont l’attitude et l’action vont changer les esprits quant à sa personnalité.

 

Et, comme je le disais en introduction, il y a Marlene. Elle est belle, elle est triste, elle est grande : elle est magnifique… (Et elle ne chante pas, comme le dirait mon ami le professeur Allen John). Elle a trouvé sa place dans le cinéma américain, comme pendant à la Divine tout d’abord, et puis pour son propre jeu, suave et sensuel… Comme la Divine, justement, mais autrement.


Mais de toute façon, je préfère Garbo…

 

 

* cousine du même James Wong Howe

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