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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Guerre, #Charles Chaplin
Charlot Soldat (Shoulder Arms - Charles Chaplin, 1918)

Alors que la première Guerre mondiale se terminait (1), Charles Chaplin en rajoute une couche dans la propagande. Après le (très) court The Bond, il met en scène son personnage de vagabond au cœur de l’actualité mondiale en le transformant en GI, partant à l’assaut des armées teutoniques et du Kaiser (Sidney Chaplin, son frère) en particulier.

Bien sûr nous sommes dans une comédie et tous les ressorts sont bons pour faire rire, en particulier les indispensables coups de pied au derrière et tarte à la crème (2).

Mais il n’en demeure pas moins que ce film traite de certaines réalités des soldats au front, qui ne sont pas spécialement idylliques mais malgré tout source de comique.

 

Nous sommes en territoire connu dans ce court-métrage, où on retrouve les collaborateurs habituels : outre Sidney et Loyal Underwood, ce sont Henry Bergman, Albert Austin et la belle Edna Purviance qui évoluent dans ce décor de guerre (et un peu d’opérette), où seule Edna (avec Chaplin) n’interprète pas plusieurs personnages.

Chaplin, d’une certaine façon, pose les bases de nombreux films militaires, et Stanley Kubrick – entre autres – saura s’en souvenir pour ses deux films de guerre, Les Sentiers de la Gloire et Full metal Jacket : comme dans le premier on assiste à un magnifique traveling dans une tranchée tout comme ici quand le soldat-vagabond découvre son nouvel univers. Pour le second, c’est l’inévitable passage par les classes avant le baptême du feu.

 

En effet, nous avons droit dans ce Charlot Soldat à une séquence de classes où notre héros apprend à marcher au pas mais surtout à faire demi-tour ce qui n’est pas sans rappeler ses pirouettes chorégraphiques qu’on lui connaît, tournant sur lui-même avant de saluer.

Mais le plus important est bien sûr les combats dans les tranchées.

Encore une fois, si la vie au front semble facile et somme toute peu gênante, Chaplin grossit le trait à l’extrême, avec le moment où tout le monde va se coucher alors qu’il y a déjà un mètre d’eau dans la chambrée sommaire (il faut dire qu’il pleut beaucoup). C’est un moment des plus absurdes où encore une fois, rien que de très normal n’arrive.

 

Mais Chaplin n’en oublie pas moins son personnage, inadapté à la société. Ici, notre héros est très courageux, mais la plupart du temps un peu malgré lui, la réalité du feu nourri de l’ennemi tempérant ses ardeurs belliqueuses. De même, quand le courrier arrive, il ne reçoit rien : on peut même trouver cela normal puisqu’il est avant tout un vagabond (et même LE vagabond), donc n’a que très peu d’attaches. Pas étonnant qu’il cherche dans la lecture par-dessus l’épaule d’un autre quelque réconfort.

Et quand la tournée se termine et qu’il reste un paquet, ça ne peut qu’être pour lui, puisque les autres n’ont pas été oubliés.

 

Il n’y a pas de véritable intrigue mais plutôt une suites d’événements militaires, prenant appui sur de véritables opérations de combat dont notre vagabond sort toujours vainqueur : c’est normal, nous sommes au cinéma ! Mais derrière ce rôle de va-t-en-guerre, Chaplin apporte un nouvel élément dans la construction de son personnage : le Vagabond a beau être une sorte de paria, il n’en demeure pas moins patriote et son engagement dans l’armée américaine est tout sauf fortuite. On retrouvera d’ailleurs cet aspect patriotique treize ans plus tard dans City Lights : pendant la séquence sur la statue, il prend la pose (ou tout du moins il essaie) pendant que retentissent les premières notes de l’hymne américain.

 

Et encore une fois, quand le mot « fin » (3), apparaît, on ne peut pas parler de fin heureuse. C’est normal, c’est Chaplin.

 

 

  1. L’Armistice arrivant moins de 15 jours après la sortie du film.
  2. Il s’agit ici plutôt du principe de la tarte à la crème puisque c’est un fromage très avancé (autre source de gag) qui est envoyé par notre héros dans la figure d’un nabot teuton à l’autorité inversement proportionnelle à sa taille (Loyal Underwood).
  3. Les mots « the end », devrais-je dire.
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