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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Lawrence Kasdan, #Kevin Costner
Silverado (Lawrence Kasdan, 1985)

Ils sont quatre.

Le premier, c'est Emmett (Scott Glenn). Il se repose dans sa cabane. Malheureusement, des importuns viennent troubler sa sieste. Trois morts.

Le second, lui aussi, se repose. Dans le désert, sans autre habit que ses dessous. C'est Paden (Kevin Kline). On lui a tout pris, et si Emmett n'était pas passé par là, on ne parlerait pas de lui dans ce film.

Le troisième aimerait bien se reposer (et accessoirement boire un whisky. Cela fait dix jours qu'il n'a pas dormi dans un lit. Mais là où il désire se reposer, on ne sert pas les « nègres ». Parce qu'il est noir. Alors ça fait des histoires. Il s'appelle Malachi, mais on dit Mal (Danny Glover).

Le quatrième, enfin, attend le repos... Eternel. Il doit être pendu. C'est Jake (Kevin Costner), le frère d'Emmett.

Ce sont ces quatre cowboys qui vont se retrouver dans une ville surgie de nulle part, en plein désert, Silverado. Une ville champignon, où les éleveurs de bétail n'aiment pas les fermiers, où McKendrick fils (Ray Baker) dirige en sous-main. Silverado, une ville qui n'a même pas réussi à s'appeler Eldorado, c'est vous dire (silver/argent). Parce que l'eldorado, c'est (encore) la Californie, là où Emmett et Jake veulent aller. Silverado, c'est l'étape intermédiaire dans le chemin qui y mène.
A Silverado, les noirs sont cantonnés aux faubourgs lointains, c'est à dire, le plus loin possible de la ville, tout en en faisant quand même partie. Silverado, où le saloon est tenue par Stella (Linda Hunt), une femme énergique bien que très petite. Silverado, où le shérif Cobb (Brian Dennehy) - un ancien bandit - possède ce même saloon, et se flatte du calme de sa ville.

Mais maintenant que nos quatre héros sont arrivés, le calme n'existe plus.

 

C'est le grand retour du Western ! Enfin, c'est l'un des arguments de vente du film à sa sortie. Et il faut admettre, que ce n'est pas faux. Pratiquement tous les ingrédients sont là : de grands espaces (certes, ce n'est pas Monument Valley, mais qu'importe), une caravane de colons, un saloon, des prostituées, de l'injustice, des vengeances, une rivalité éleveurs-fermiers, et bien sûr, des duels au pistolet. Il ne manque que les Indiens.
Lawrence Kasdan (scénariste, entre autres, sur Starwars V et VI) a bien revu ses classiques avant de tourner. On retrouve des éléments de ses prédécesseurs (Hawks, Ford, Sturges, ou encore Leone...), avec une touche particulière : la présence d'une famille noire dans une ville perdue blanche, et une tenancière de saloon de 1 mètre 45.

Si l'action se situe aux alentours de 1880, le sort des Noirs n'est pas encore bien reluisant. Le père de Mal a eu beau acheter un lopin de terre à l'Etat, il en est dépossédé puis tué, sans procès, évidemment. Et tout ça (bien) à l'écart de la ville. Il n'y a pas de mixité possible... Sauf si vous êtes une prostituée, comme Rae (Lynn Whitfield), la sœur de Mal.
Et puis il y a Stella. C'est, malgré sa taille, une femme forte, véritable pilier de cette ville. Son handicap ne l'empêche pas de diriger l'un des endroits (sinon le seul) les plus en vue de la ville. Elle a les (frêles) épaules pour ça ! Et l'irruption de Paden dans son univers la galvanise.

D'accord, n'est pas Ford ou Hawks qui veut (ou qui peut), mais tout de même, ce film a l'avantage de nous ramener à l'âge d'or de ce genre. Le Western n'est pas mort. Mourra-t-il un jour, d'ailleurs ? Il est né avec le cinéma et revient régulièrement pour notre plus grand plaisir. (Sauf peut-être 8 Salopards).

Alors ne boudons pas notre plaisir, et savourons ce film comme il se doit.

 

Et si vous ne croyez pas que c'est le grand retour du Western, sachez que deux semaines avant Silverado, est sorti Pale Rider, de et avec Clint Eastwood.

Mais ceci est une autre histoire.

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