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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Jean Epstein
Six et demi onze (Jean Epstein, 1927)

 

Les frères de Ners ont enterré leurs parents. Ils retournent travailler. Enfin surtout Jérôme (Edmond van Daële), qui est un médecin renommé. Jean (Nino Constantini), lui, s’en va dans son Palais d’Amour avec la belle Mary Winter (Suzy Pierson), une chanteuse de music-hall à succès.

Un matin, Jean se retrouve seul dans son palais : Mary est partie avec son vieil ami Harry Gold (René Ferté), un danseur prestigieux au même music-hall. Dépité, Jean décide de se suicider.

De retour au spectacle, Mary a un malaise et est soignée par le docteur de Ners. Rapidement, une nouvelle idylle se noue, entre elle et ce dernier.

 

Le titre paraît mystérieux de prime abord, mais si on sait que Jean de Ners a acheté un appareil photo avec lequel il va immortaliser cette femme qu’il aime tant, on comprend mieux : 6 1/2 x 11 (1), c’est le format des photos prises de Mary et que Jérôme va tenter de développer. Ce développement va d’ailleurs devenir l’élément principal de la résolution de l’intrigue : Jérôme se demandant qui a bien pu briser le cœur de son frère au point qu’il veuille renoncer à la vie.

Cette intrigue, d’ailleurs a une histoire : les producteurs, peu satisfaits de sa résolution, ont demandé à Jean Epstein de modifier la fin de son film et la rendre plus heureuse. La version disponible aujourd’hui est celle restaurée par la Cinémathèque française qui se base sur ce qu’avait voulu le réalisateur.

Et c’est peut-être là que le bât blesse. En effet, si Epstein développe progressivement cette histoire de femme infidèle (2), avec une montée de tension finale autour du développement des photos, la fin du film laisse un  tantinet à désirer. Sans toutefois tomber dans une fin heureuse (peu réaliste), nous aurions tout de même pu avoir une fin plus franche.

 

Mais heureusement, un film n’est pas seulement une intrigue. Et ici, Epstein nous démontre magistralement qu’il domine son sujet : il utilise toutes les possibilités que lui offre le cinéma pour raconter son histoire. Travellings, gros plans, surimpressions… Tout y passe avec bonheur et brio. C’est un véritable festival d’images. Trop ? Non parce qu’elles restent toujours en parfaite adéquation avec l’intrigue. Par contre, on peut regretter l’utilisation un brin marquée du maquillage, surtout en ce qui concerne Edmond van Daële. Si le premier plan qui nous le montre voit ses yeux entourés de noir, on ne s’inquiète pas encore : c’était une pratique courante, voyez Conrad Veidt dans le rôle de Cesare (Le Cabinet du Dr. Caligari, 1919). Par contre, l’utilisation du blanc donne un effet d’outrance à son visage, et qui ne s’explique pas vraiment par ce qu’on peut voir. Et étonnamment, la seule pour qui le maquillage ne ressort pas, c’est la seule que nous voyons l’utiliser : Mary quand elle s’apprête.

 

Au final un film techniquement parfait, mais qui laisse un petit peu à désirer du point de vue de l’intrigue. Qu’importe, le spectacle est là, et bien là !

 

  1. C’est le titre de l’affiche.
  2. Eh oui, c’est la femme qui a le mauvais rôle : elle passe de l’un à l’autre sans que cela lui pose trop de problème. Seule l’annonce du suicide de Jean la touche.

 

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