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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Joseph L. Mankiewicz
Le Limier (Sleuth - Joseph Mankiewicz, 1972)

Milo Tindle (Michael Caine), coiffeur, a été invité par Andrew Wyke (Laurence Olivier), écrivain de romans policiers à succès, à venir le rejoindre dans sa grande propriété isolée.

Après quelques verres, Wyke va entrer dans le vif du sujet et expliquer cette convocation : Tindle a l’intention d’épouser la femme de Wyke avec qui il a une relation.

Bien sûr, Wyke n’est pas très favorable à cette union, mais beau joueur (1), il désire arranger le couple et propose à Tindle de l’aider à démarrer sa nouvelle vie.

Mais si Wyke est un joueur, il n’en est pas obligatoirement beau.

Et derrière ce qui semblait être un gentleman’s agreement se cache une machination terrible qui amènera la mort –inéluctable – de l’un des deux protagonistes.

 

Annoncer la mort de l’un des deux n’est pas spécialement dévoiler la résolution de l’intrigue. En effet, dans les histoires d’adultère (2), il n’y a que deux façons d’opérer : comique ou tragique. Rarement entre les deux.

Comique et on se moque du pauvre cocu ; tragique et on tombe dans le crime passionnel, ce qui semble le cas ici.

Par contre, je ne garantis pas que ce qui va suivre ne va pas donner des indications pertinentes quant à cette résolution. Donc si vous n’avez vu ni le film, ni la pièce ni encore le remake de 2007 de Kenneth Branagh (3), passez votre chemin.

 

Mais le centre du film, c’est avant tout le jeu.

Nous assistons à un duel ludique qui se transforme peu à peu en affrontement pour la vie, un combat à mort entre deux hommes pour une femme : rien de bien nouveau finalement.

Mais l’intérêt réside essentiellement dans le jeu des acteurs. C’est un combat de titans entre deux grands noms de l’écran (et/ou de la scène) britannique.

Cet affrontement se joue en deux manches gagnantes : une première partie puis une revanche et finalement la belle qui verra la victoire de l’un des deux protagonistes. Enfin qui devrait voir cette victoire. Parce que dans les affaires d’amour, cela ne se passe pas toujours comme prévu. Et bien sûr, ici encore moins.


Il faut dire qu’après la première manche remportée (avec brio ?) par Wyke, intervient celui qui donne son nom au titre : le limier, en l’occurrence l’inspecteur Doppler (Alec Cawthorne).

C’est un personnage peu ragoûtant aux méthodes opposées à celles des policiers décrits par Wyke dans ses romans. Non seulement il n’est pas idiot, mais en plus il possède le flair nécessaire à sa fonction et à son surnom (4).

S’ensuit alors un nouveau duel là encore très engagé et surdimensionné entre un policier plus fin qu’on ne pense et un grand esprit qui voit sa machination se retourner contre lui.

Doppler prend alors les commandes et joue – à son tour – avec Wyke qui va expérimenter les mêmes affres que Tindle précédemment.

 

Reste alors la belle qui va résoudre cette intrigue – brillante – avec le résultat tragique que l’on sait. Mais là encore, le résultat ne vaut que par la façon d’y arriver et ses conséquences directes qui découlent du basculement final : le film (comme la pièce) comporte d’ailleurs une suite de rebondissements qui déplacent l’intrigue toujours plus loin vers la tragédie annoncée.

Mais il ne faut jamais perdre de vue le côté ludique de cette intrigue. Et parmi toute cette débauche de jeu, c’est avant tout celui des deux immenses acteurs qui prévaut, donnant à cette intrigue tout son sel.

Par contre, cette même intrigue a tendance à occulter l’aspect cinématographique en tant que tel, faisant de ce film essentiellement du théâtre filmé.

 

PS : je ne résiste pas à partager la première rencontre entre Michael Caine et Sir Laurence Olivier. Caine ne savait pas comment s’adresser à lui du fait de sa particule. Olivier répondit ainsi : « Je suis lord Olivier et vous êtes monsieur Michael Caine. Enfin ça c’est seulement la première fois. Après, je serai Larry et vous serez Mike. »


PPS : si vous avez aimé le film (vous êtes nombreux), je vous encourage à lire Cinéma de Tanguy Viel, où comment un film va obséder un homme au point de ne voir sa vie qu’à travers.

 

  1. fair play, comme on dit en français.
  2. Ca fait mieux que «  histoire de cocu »…
  3. Avec Michael Caine, mais 35 ans plus tard, il ne peut plus interpréter que Wyke…
  4. N’oublions pas que le limier désigne aussi un chien de chasse, donc au flair très sensible.
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