Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Danny Boyle
Slumdog Millionaire (Danny Boyle, 2008)

Un homme est interrogé par la police de Mumbai : il est soupçonné d’avoir triché à un jeu télévisé.

En effet, Jamal Malik (Dev Patel) a répondu juste à toutes les questions proposées : il ne lui reste que la question finale, celle qui rapporte 20.000.000 de Roupies.

Mais un jeune homme qui sort d’un taudis (1) de Mumbai et qui sait répondre à toutes les questions, c’est louche.

Alors il est interrogé. Brutalement d’abord – des coups – puis avec une technique plus moderne – gégène – et finalement, le policier chargé de l’enquête (Irfan Khan) lui demande comment il a vraiment fait.

Alors Jamal raconte : chaque question le renvoie à un moment de sa vie, terrible, erratique et dangereuse, jusqu’à un dénouement qui, s’il est prévisible est tout de même inattendu.

Quoi que…

 

Danny Boyle adapte donc le roman de Vikas Swarup publié trois ans plus tôt, et qui fut déjà repris pour la radio.

C’est une plongée dans la misère de l’Inde, celle qu’on ne nous montre jamais et qui pourtant concerne de très nombreux Indiens : celle des quartiers où la misère s’accumule, avec les ordures et la délinquance.
Et l’art du réalisateur (sur une très bonne adaptation de Simon Beaufoy) est de mélanger cette Inde miséreuse avec les images idylliques de l’Inde : c’est donc un festival de couleurs, de très beaux paysages, avec bien entendu, un passage obligé au Taj Mahal.

 

Mais surtout, c’est une description de l’errance deux jeunes garçons – Jamal (Ayush Mahesh Khedekar puis Tanay Chheda) et Salim (Azharuddin Mohammed Ismail – Ashutosh Lobo Gajiwala – Madhur Mittal) – qui ont eu la malchance de naître dans un quartier désolé de Bombay, et d’être musulmans  de surcroît.

Cette dernière caractéristique est le déclencheur des années d’errance des deux garçons : une descente des Hindous dans le quartier musulman de la ville avec tabassages, incendies et meurtres des habitants qui n’ont pas la même religion qu’eux : ils perdent alors la seule famille qu’ils avaient, leur mère.

 

Mais si cet épisode tragique, d’une grande violence, les condamnent à errer seuls, il faut y voir aussi les conséquences heureuses – pas tout de suite, bien sûr – qui vont en découler.

Il y a chez Jamal – plus que chez Salim – une acceptation de son sort qui transparaît dans toutes les situations : il est persuadé que les choses s’arrangeront, et qu’il retrouvera celle qu’il aime : Latika (Rubina Ali – Tanvi Ganesh Lonkar – Freida Pinto).

 

Parce que toute l’intrigue du film repose sur elle : Jamal va remuer ciel et terre pour la retrouver après chaque séparation, jusqu’aux retrouvailles finales (2), mais dans quelles conditions !

Latika est avant tout comme eux et va vivre la même errance qui l’amènera de faux orphelinat à une vie de marginale où elle sera utilisée pour la seule richesse qu’elle possède : son corps.

Certes, ce n’est pas une prostituée, mais son sort n’est pas enviable.

Mais à chaque fois qu’elle sera séparée de Jamal, ce dernier, inlassablement partira à sa recherche, qui s’apparente aussi à une quête du bonheur.

 

C’est beau, c’est grand, c’est magnifique.

Quant à la dernière question, celle qui doit le faire entrer dans la légende, c’est avant tout un concentré de toute sa vie : c’est la réponse absolue qui justifie toutes ces années d’errance.

Avec malgré tout un dernier tribut à acquitter avant d’accéder à ce bonheur tant désiré.

 

 

  1. « Slum »en VO
  2. L’affiche du film ne laisse aucun doute sur une issue heureuse. Tant mieux, d’ailleurs.
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog