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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #William Friedkin, #Thriller
Le Convoi de la peur (Sorcerer - William Friedkin, 1977)

Un homme éteint la dernière cigarette. Il se sert le dernier verre. Un autre homme à la fine moustache - Nilo (Francisco Rabal) - entre, le met en joue et tire. Ensuite, il repart tranquillement.

Kassem (Amidou) est un terroriste palestinien. Il regarde la police emmener son complice, après un attentat. Lui seul s'en est tiré.

Victor Manzon (Bruno Cremer), riche Parisien a spéculé et tout perdu. Il s'enfuit pour échapper à la prison, abandonnant sa femme.

Jackie Scanlon (Roy Scheider)est un petit truand américain. Son seul problème : s'être attaqué à un autre truand plus gros que lui. Et comme si ça ne suffisait pas, avec ses complice, il a un accident dont il est le seul à se sortir. Mais maintenant, il est devenu persona non grata.

Quand un puits de pétrole prend feu dans une quelconque « république » d'Amérique du sud, on a besoin de nitroglycérine pour éteindre l'incendie. Mais la nitro est à deux cent dix-huit kilomètres. On a alors besoin de quatre chauffeurs - payés à prix d'or - pour la convoyer dans deux camions.

 

Dès la scène d'ouverture, le ton est donné. Le ton est rude. Il n'y aura pas de concession. C'est un film brut, voire brutal. Mais d'une très grande justesse de ton. Friedkin n'hésitant pas à utiliser une caméra sur l'épaule pour coller à l'action.

Certes, c'est un remake. Celui du Salaire de la peur de Clouzot. Friedkin était fasciné par le classique du maître. Et cette nouvelle adaptation (la troisième) du roman de George Arnaud, vingt-cinq ans après, vaut le détour. Si l'histoire de Scanlon reste prioritaire, Friedkin traite ses quatre personnages sur le même plan, là où Clouzot se concentrait sur Yves Montand. Il va les suivre jusqu'au bout. Et ce qui n'était qu'un souffle de vent devient une fantastique explosion : l'autre camion et ses occupants a disparu. C'était le Sorcerer, d'où le titre original.

Mais Friedkin, à la différence de Clouzot construit un contexte à ses (anti) héros. D'ailleurs, le périple en camion ne concerne que la seconde moitié du film. Nous découvrons ainsi les motivations de ces individus, pourquoi ils en sont arrivés là. Tout comme l'accent est plus mis sur les conditions de vie de ces trois épaves dans un bidonville sud-américain. Il y a des relents de dictature, tout est sale : les rues, les intérieurs, les voitures, les gens. Malgré le lavage quotidien. On aura beau frotter, la saleté reste, s'imprègne, colle à la peau des personnages. Elle est à l'image de l'âme de ces hommes. Ce ne sont pas des enfants de chœurs. Et si le barman parle allemand, c'est seulement parce que c'est un ancien réfugié nazi.

Tous n'ont qu'un rêve : quitter cette antichambre de l'enfer. Ce convoi, ce sera leur dernière chance de partir. Dans tous les sens du terme.

L'atmosphère y est poisseuse, étouffante. Ce n'est plus le désert aride d'Afrique du Nord. C'est la jungle américaine, avec les pluies qui vont avec. Et le passage obligé sur un pont de bois soutenu par des lianes. On tremble avec eux, encore une fois. Parce qu'on se laisse prendre par cette tension. On se laisse presque prendre par l'espoir de réussir de Scanlon. Mais comme chez Clouzot, on ne peut pas échapper à son destin, et ici, à son passé.

 

Sorti en même temps que Starwars, sans véritable star, ce film fut un échec.

Dommage.

A (re)découvrir.

 

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