Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Rupert Hughes, #Comédie
Ames à vendre (Souls for sale - Rupert Hughes, 1923)

Avant, on avait Show People, où  King Vidor faisait évoluer Marion Davis dans Hollywood.

Mais depuis que TCM et la MGM on restauré ce petit bijou, nous avons maintenant un autre film nous présentant quelques éléments de l’univers d’Hollywood, de ces images de l’autre côté de la caméra, dans ce qui semble la vraie vie.
Semble bien sûr, puisque nous sommes malgré tout dans un film, où ces grands noms semblent au naturel alors qu’ils obéissent à Rupert Hughes, réalisateur de l’adaptation de son propre roman : Souls for Sale.

 

L’histoire : Remember « Mem » Steddon (la belle Eleanor Boardman) s’enfuit de son mari Owen Scudder (Lew Cody) et bien lui en prend puisqu’il a la fâcheuse habitude de séduire, épouser et tuer ses femmes pour leur argent.

A bout de force en plein désert, elle rencontre une équipe de cinéma en train de tourner une énième adaptation du Sheik, dirigée par Frank Claymore, avec Tom Holby (Frank Mayo), Robina Teele (Mae Bush) et bien d’autres.

Elle en profite pour participer à quelques plans avant de retourner dans son anonymat.

Finalement elle retrouve tout ce petit monde à Hollywood et commence à grimper dans cette industrie du spectacle.

Bien sûr, c’est au moment où elle va atteindre la gloire suprême que Scudder en profite pour la visiter.

 

Rupert Hughes est avant tout un scénariste, pas un réalisateur. Mais son adaptation de son propre roman ne pouvait pas être possible s’il se fût agi d’un véritable metteur en scène, certains protagonistes (voir plus bas) n’auraient peut-être pas accepté d’aussi bon gré d’apparaître dans cette production.

Et si Hughes n’a pas la même maîtrise que certains des noms prestigieux qu’on rencontre ici, il n’en a pas moins un style intéressant, dirigeant d’une main sure cette histoire  qui est aussi un bel hommage au cinéma de l’époque.

Et on retrouve dans la façon de filmer le sens du détail d’un écrivain, insérant très régulièrement des plans (très) rapprochés afin de pallier l’absence des descriptions littéraires. Ces (gros) plans ont aussi le mérite de coller à l’intrigue, que ce soit les visages ou les objets, rien n’est laissé au hasard.

 

Le film se compose grosso modo de deux parties, l’une amenant Mem à Hollywood, rencontrant ses stars et montant dans l’échelle du cinéma qui mène à la gloire, mais n’oublions pas tout de même, qu’il n’y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne…

La seconde partie remet en selle Scudder qu’on avait laissé enfermé ligoté et bâillonné dans un buffet en Egypte (1).

A ce retour s’ajoute un tournage cataclysmique : pendant qu’on tourne une tempête pendant une représentation de cirque, un véritable ouragan dévaste les décors et tue même quelques interprètes !

Cette tempête - la vraie (2) – amène un dénouement heureux avec en prime, film américain oblige, une rédemption dans le même temps et une conclusion en hommage à ceux qui font chaque jour leur métier pour amuser ou/et émouvoir les foules d’inconnus.

 

Si Hughes n’a pas le talent de Vidor son film n’en demeure pas moins un beau témoignage de ce que fut l’industrie cinématographique de l’époque. Bien sûr, le film étant produit par la firme Goldwyn, ce sont essentiellement ses stars que nous voyons, mais pas que : en effet, nous avons le plaisir de voir Chaplin diriger, dans un style tellement à lui qu’il ne peut pas être le sien (3) : alors qu’il était sur A Woman of Paris, il nous fait un numéro absolument burlesque, à l’encontre de son sujet du moment.

Ce film est aussi l’occasion de voir Stroheim sur le plateau de Greed, dirigeant Jean Hersholt, mais parmi les nombreux interprètes « pris sur le vif », on retrouve plusieurs acteurs et actrices (Zasu Pitts par exemple) de ce même film, jusqu’à Dale Fuller (Maria dans ce même Greed) qui interprète une des victimes de Scudder. En prime, nous avons même droit à June Mathis qui déjeune avec quelques célébrités dont Chester Conklin et sa grosse moustache.

On retrouve aussi deux autres « grands » réalisateurs de la période : Fred Niblo sur le tournage de The famous Mrs Fair et Marshall Neilan sur celui de The eternal Three. Ne cherchez pas, ces deux films sont perdus.

 

Bref, Un film réjouissant, une nouvelle gourmandise dont Hollywood a le secret, un bel hommage à cette profession que j’affectionne tant. Et vous aussi, semble-t-il, puisque vous venez ici…

 

 

  1. Je vous rappelle qu’au cinéma TOUT est POSSIBLE !
  2. Celle dans le film, pas celle dans le film dans le film. Vous me suivez ?
  3. Les tournages de Chaplin furent toujours très secrets et peu de pellicule nous montre comment il travaillait réellement.
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog