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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #André de Toth, #Western
La Mission du commandant Lex (Springfield Rifle - André de Toth, 1952)

1952 est une bonne année pour le Western.

En effet, John Ford et Raoul Walsh ont déserté les plaines de l’Ouest au profit de Howard Hawks (La Captive aux yeux clairs) et surtout Gary Cooper, qui est deux fois à l’affiche pour deux films qui sont devenus depuis de véritables classiques : High Noon (Le Train sifflera trois fois) et trois mois plus tôt Springfield Rifle (1) qu’on a traduit par cette périphrase qui révèle une partie de l’intrigue.

Mais reprenons.

 

Lex Kearny (Gary Cooper, donc) est Major de cavalerie dans l’Armée de l’Union. Or depuis quelques temps, les convois de chevaux sont régulièrement attaqués par une bande de pillards qui contraint l’armée d’en acheter d’autres pas toujours bien valides auprès d’un propriétaire du coin – Austin McCool (David Brian) – qui se trouve être l’un des organisateurs des pillages, mais nous ne le savons pas encore (2).

Et comme si cela ne suffisait pas : après un convoi d’où il est rentré bredouille et refusant de sacrifier ses hommes, Kearny est accusé de lâcheté par un subalterne, le capitaine Tennick (Philip Carey).

Jugé puis condamné, Kearny est renvoyé de l’armée.

Et c’est là que commence la mission du titre français.

 

Si je m’insurge régulièrement contre les traductions fantaisistes voire absurdes (3), j’ai encore moins de sympathie pour celles qui anticipent sur l’intrigue. Certes, pour les spectateurs français et francophones, le fusil de Springfield ne leur est pas familier, mais annoncer avant même le film que Kearny est en mission, c’est tout de même révéler un élément qui ne sera effectif que vers la moitié du film et pas avant. De plus, notre héros est appelé par son nom pendant presque tout le film : sauf les séquences avec sa femme Erin (Phyllis Thaxter). Cette dernière a même un autre nom dans la version doublée : Elise.

 

Donc Lex Kearny est en mission, chassé faussement de l’armée dans une séquence au début du film qui le voit dégradé, marqué et chassé manu militari (c’est le cas de le dire), au grand désespoir de ses admirateurs dans la salle de cinéma : « Gary Cooper est un traître ? Quelle horreur ! ».

Et sa mission est alors de démasquer le véritable traître qui renseigne les Confédérés (c’est la Guerre de Sécession).

 

Mais c’est un Western et c’est ça qui est le plus important ici. On retrouve la dichotomie manichéenne, où les gentils sont les soldats de l’Union et les méchants les Sudistes ainsi que leurs alliés. On retrouve d’ailleurs parmi les pillards d’anciens soldats de la Confédération en rupture de ban ou carrément déserteurs, ainsi que quelques Nordistes déserteurs eux aussi. Mais si les Sudistes discutent avec Kearny, il n’en va pas de même des ex-Nordistes qui ne font que de la figuration : ils sont donc doublement du côté obscure, le réalisateur ne s’en préoccupant pas.

 

Et heureusement pour les fans, Kearny – et donc Gary Cooper – n’’est pas le traître ni le lâche qu’on veut nous faire croire.

Par contre, il se montre toujours aussi magnifique que d’habitude et saura identifier le coupable et le ramener pour laver son honneur.

Si le titre nous indique donc que Lex Kearny est un type bien, ne comptez pas sur moi tout de même pour vous dire qui est le traître ou « l’espion ».

 

Espion, parce que si le titre original met en exergue le célèbre « Springfield Rifle » (4), il n’en demeure pas moins un film sur le contre-espionnage.

En effet, la première séquence nous montre un officier d’état-major refusant l’infiltration d’agents dans les lignes ennemis, considérant cette pratique inutile voire ridicule, sans parler du manquement à l’honneur et autres fariboles de militaires…

Toujours est-il que ce même haut gradé reconnaîtra son erreur (5) et louera le courage, la bravoure (etc.) de Kearny et tout est bien qui finit bien.

 

 

PS : cette chronique n’est absolument pas objective, vous vous en êtes aperçus. Il faut dire que du plus loin que je me souvienne, il doit s’agir du premier western que j’ai vu : j’avais 6 ans. C’est resté depuis l’un de mes favoris.

Ca fait bien (trop ?) longtemps !

 

PPS : l’album Outlaw (1973) de Louis Salvérius (1933-1972) et Raoul Cauvin reprend cette idée d’infiltration dans les lignes ennemies. Ce fut en outre le dernier album du dessinateur, qui décéda d’un infarctus, laissant huit planches à dessiner pour Willy Lambil, qui a continué la série depuis.

 

PPPS : à noter, la présence de Guinn « Big Boy » Williams, ancien méchant du cinéma muet, dans un rôle de sergent, bourru certes (ils le sont toujours), mais attachant.

 

  1. Littéralement le « fusil de Springfield ».
  2. On s’en doute bien, mais il faut attendre confirmation.
  3. Cf. Along came Jones devient Le grand Bill (je vous y renvoie) avec le même Gary Cooper.
  4. Son atout consistait à un chargement des munitions par la culasse et non par la bouche, faisant gagner un temps précieux aux soldats.
  5. C’est une attitude bien rare dans ce milieu…
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