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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Buster Keaton, #Charles Reisner, #Comédie
Cadet d'Eau douce (Steamboat Bill Jr. - Charles Reisner & Buster Keaton, 1928)

Sur les bords du Mississipi, outre les alligators de Robert Desnos, on trouve deux vapeurs : le Stonewall Jackson, commandé par William « Steamboat Bill » Canfield (Ernest Torrence), secondé par Tom Carter (Tom Lewis), et le King, commandé par J.J. King, propriétaire d’à peu près tout à River Junction (1).

En plus du nouveau bateau de King, arrive le fils de Steamboat Bill, qui vient de finir ses études : William Canfield Jr. (Buster Keaton).

C’est un double coup dur pour Canfield Sr. Car non seulement son fils n’est pas aussi imposant qu’il l’aurait souhaité, mais en plus, il est amoureux de la fille de son concurrent : la belle Marion King (Marion Byron).

Et comme si cela ne suffisait pas, la tornade s’en mêle, emportant objets, personnes, véhicules et habitations avec elle…

 

Il s’agit très certainement de l’un des films plus connus de Keaton, la séquence des maisons emportées par le vent ayant beaucoup contribué à cet effet. De plus, on assiste à une véritable prouesse, un classique des cascades cinématographiques : Bill Jr. un tantinet décontenancé par les effets des éléments se reçoit une façade de maison sur la tête, mais heureusement la fenêtre est ouverte et il en sort absolument indemne. Ce gag dangereux, sera décliné ensuite avec l’utilisation de portes.

 

Mais il s’agit de la fin du règne de Keaton : encore un film (The Cameraman) et il en sera fait de sa liberté créatrice. Et alors que le cinéma muet continue de mourir, léguant quelques chefs-d’œuvre, Keaton, comme tous les autres comiques, reste dans le domaine qu’il maîtrise : la comédie sans paroles (entendues) : bien qu’il y ait des intertitres (peu nombreux au bout du compte), il n’y a pas beaucoup d’interaction entre le comique visuel et celui de mots. On reste dans un comique de situation dans la même lancée que les précédents.

Et tout comme dans The General, on assiste à une débauche d’effets spectaculaires : une tempête qui déracine arbres et maisons avec facilité, amenant donc des situations toutes plus absurdes et surtout comiques les unes que les autres.

 

S’il y a un Jr., c’est qu’il y a un Sr. Avant lui. Ernest Torrence sort une nouvelle fois de ses rôles de méchants pour interpréter un père bourru – n’ayant pas vu son fils depuis qu’il était bébé, on imagine pourquoi Mme Canfield l’a plus ou moins abandonné pour s’occuper de son fils. Et l’association entre les deux acteurs est des plus savoureuses : ils sont d’une certaine façon le négatif l’un de l’autre. Le père est grand et baraqué quand le fils est petit et (faussement) chétif ; l’un est bourru pendant que l’autre est délicat. Bref, on se demande vraiment s’ils sont de la même famille.

 

Dans ce film aussi, Keaton s’amuse avec son apparence habituelle : les premières choses que Bill Sr. Entreprend quand il récupère son fils sont de lui donner une apparence convenable (pour lui) : tout d’abord il lui fait raser sa moustache d’artiste (2), et ensuite il lui achète un chapeau et une tenue de travail pour un vapeur.

La séquence des chapeaux est – encore une fois – merveilleuse : il essaie un grand nombre de modèle avant de trouver celui qui devrait lui convenir, non sans avoir essayé à plusieurs reprises d’avoir une casquette à carreaux un petit peu trop juste pour lui, mais surtout après avoir refusé vivement le chapeau qu’on lui connaît, l’espèce de galette blanche au ruban noir.

 

Et encore une fois, nous retrouvons une histoire d’amour compliquée : ici, ce sont les deux pères qui ne veulent pas que leurs enfants convolent ensemble, mais encore une fois, l’amour va triompher après quelques séquences considérées aujourd’hui comme d’anthologie.

Il faut dire que la relation père-fils est compliquée mais comme nous sommes avec Keaton, cela en devient magique de drôlerie, avec encore une fois quelques astuces indispensables pour la résolution de l’intrigue principale.

 

Encore une fois : UN RÉGAL !

 

 

  1. « Confluent ».
  2. Du pur stéréotype : béret et fine moustache, avec veste à rayures.
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