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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg
The Sugarland Express (Steven Spielberg, 1974)

Deux jeunes gens, désespérés, traversent le Texas pour retrouver leur fils.

Sauf que pour ça, elle l’a fait évader de prison et ils ont pris en otage un policier.

Dans ces cas-là, le chemin est tout tracé vers une issue fatale.

Et c’est ce qui arrive.

 

Trois ans après Duel, Spielberg explore un autre aspect du road movie : la poursuite de criminels. Si dans le film précédent, le personnage principal était poursuivi, ce n’était pas de son propre fait ; c’était un homme plutôt déséquilibré qui l’avait pris en chasse.

Ici, les poursuivis sont les responsable de la poursuite.

Pourquoi ? Parce que les autorités ont considéré que Lou Jean (la belle Goldie Hawn, formidable) n’était pas une mère acceptable. Il faut dire qu’elle a tiré 8 mois de prison pour de petits larcins et que Clovis (William Atherton dans un rôle sympathique, ça fait du bien aussi) vient de s’évader.

 

Depuis Intolérance, on a appris à se méfier, au cinéma, des personnes qui savent mieux qui est qualifié pour élever un enfant. Alors évidemment, nous, spectateurs plus ou moins cinéphiles (pas besoin d’avoir vu le film de 1916), prenons tout de suite parti pour ce couple désespéré. Parce que cette poursuite d’un bonheur illusoire est leur dernière chance de revoir leur fils (Harrison Zanuck, fils de Richard et petit-fils de Darryl F.).

Il faut dire que tout est là pour nous les faire aimer : ils sont désespérés (on commence à le savoir), mais surtout, ils ont un bon fond. Ce ne sont pas Bonnie & Clyde qui écument les routes et les banques. Ils n’ont rien à perdre, et à tout prendre, leur cause est juste.

Juste peut-être, mais il ne faut pas oublier toutes les effractions commises pour en arriver là, comme le rappelle le Maxwel Slide (Michael Sacks), le policier retenu en otage.

 

Spielberg s’est inspiré d’une histoire vraie, ce qui est annoncé au début du film et confirmé à la fin, amenant « l’après » qui peut parfois frustrer le spectateur quand il n’y en a pas.

Mais au-delà de cette chasse à l’homme (au couple pour être plus précis), c’est un instantané du Texas au début des années 1970s qui nous est proposé. Et ce Texas n’est pas obligatoirement un état de ploucs chatouilleux de la gâchette comme on peut l’entendre dire. Les policiers font d’ailleurs peu usage de leurs armes. La seule frénésie d’armes à feu qui nous est proposée par deux Texans qui eux cadrent tout à fait avec le stéréotype ci-dessus.

 

Presque jusqu’au bout, Spielberg nous tient en haleine et veut nous persuader qu’ils vont réussir. Mais c’est quand le sort en est jeté et l’espoir définitivement éteint qu’il est question d’avenir. Tout le long du chemin, l’objectif est de récupérer le gamin. Mais c’est quand cet objectif semble réalisable (pour Lou Jean et Clovis) et impossible pour leurs poursuivants que le futur – hypothétique voire illusoire, donc – est débattu.

Normal, tout comme le Capitaine Tanner (Ben Johnson), nous savons qu’il n’y a plus d’espoir, alors cet échange devient pure rhétorique, histoire de parler et d’amener l’issue le plus facilement possible.

 

Mais cette poursuite qui sort de l’ordinaire est en plus piratée par le facteur humain. En effet, l’intervention des deux chasseurs-justiciers n’est rien à côté de la foule des Texans qui prennent fait et cause pour Lou Jean et Clovis. La route est alors jonchée de sympathisant, rendant la tâche on ne peut plus difficile pour la police. Sans parler de Slide qui se range d’une certaine façon du côté des deux jeunes gens.

 

Et c’est bien normal, car malgré la barrière de la loi, ils sont tous les trois du même âge (ou presque). Le transfert habituel ravisseur-otage se fait alors d’autant plus facilement. Finalement, ces trois-là ont encore un pied dans l’adolescence : car il faut tout de même un certain degré d’insouciance pour entreprendre une telle expédition.

 

Mais à aucun moment, la police n’est montrée sous un mauvais jour. Tanner fait son boulot jusqu’au bout. Il sait qu’il y aura de la casse, même s’il veut l’éviter à tout prix. Ce n’est pas une exécution rageuse comme pour Bonnie & Clyde (150 impacts !), mais une exécution tout de même, les deux Rangers tireurs d’élite ayant été appelés dans ce but.

On arrive alors à une résolution en demi-teinte, une espèce de compromis entre la police et les deux jeunes gens.

Une dernière tractation tacite : vous récupérez l’enfant, d’accord, mais pas tous les deux.

 

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