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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinema, #Muet, #Comédie, #Jack Nelson
Sunshine of Paradise Alley (Jack Nelson, 1926)

Paradise Alley, comme son nom ne l’indique pas (1), est un quartier défavorisé de New York. Mais si ses habitants ne sont pas bien riches, il existe entre eux une grande amitié et une grande solidarité : quand Tom « the Wop » (« le Macaroni ») est à l’hôpital, un gala est organisé pour payer ses soins, par exemple.

Mais le cœur de Paradise Alley, celui autour duquel tourne le quartier, c’est Sunshine O’Day (Barbara Bedford) qui elle, porte très bien son nom (2) : elle est le soleil de l’allée, faisant la joie de tous, surtout son père (Frank Weed) et Jerry Sullivan (Kenneth MacDonald) qui est amoureux d’elle.

Mais le riche banquier (pléonasme ?) Wotherspoon (Gayne Whitman) veut raser le quartier et y construire des usines. Ca ne passe pas du tout auprès des habitants qui vont donc s’organiser pour l’en empêcher. Bien entendu, c’est Sunshine qui dirige cette protestation.

 

Réjouissant. Ce film de Nelson n’est pas si petit que ça, malgré sa faible notoriété. A nouveau il adapte une pièce de théâtre et s’entoure d’interprètes qui vont la sortir de la scène pour en faire une véritable œuvre cinématographique, autre chose que du théâtre filmé. Bien sûr, de nombreuses séquences sont des intérieurs, mais le réalisateur réussit à créer tout un microcosme humain qui sert de véritable décor à l’intrigue. Et en premier lieu la belle Barbara Bedford, à l’aise dans tous les domaines, passant de la comédie à la tragédie (et inversement) avec beaucoup de talent. Tout comme son personnage, elle éclaire ce film de bout en bout. Certes, Sunshine est une (vraie) jeune fille un tantinet naïve, mais c’est aussi ce qui fait son charme : sa présentation dans la haute société est un beau moment comique, surtout avec les vieilles peaux collet monté qui en font partie.

 

Mais ce qui certainement le plus réjouissant dans ce film, c’est (déjà) cette belle illustration du fameux creuset (melting-pot). Quelques mois (3) avant The Shamrock & the Rose, Nelson nous expose ce brassage géographique et ethnique qui constitue les Etats-Unis d’Amérique. Outre l’Italien (voir plus haut), on trouve un Irlandais en la personne de Jerry ou bien sûr la famille de Sunshine, un Juif de l’Europe de l’Est avec Solomon Levy (Max Davidson), et même un Chinois qui est – évidemment (4) – blanchisseur. Et tout ce petit monde s’entend bien. Très bien voire parfois trop bien, ce qui dégénère en immense bagarre, commencée par une chamaillerie d’enfants !

Bref, c’est déjà un petit monde truculent, accentué par certaines trognes caractéristiques : outre Max Davidson, on notera la présence d’Alice Belcher (la femme de Levy, tiens !) au physique si particulier, véritable pendant du premier.

 

Mais Nelson réussit aussi un mélange bien dosé entre la comédie et la tragédie, sans pour autant tomber dans le larmoyant ni le pathétique, avec des situations autrement plus inquiétantes concernant Chet Hawkins (J. Parks Jones), le partenaire de dans de Sunshine, ou encore (et surtout) le jeune Bum (Bobby Nelson, le fils de Jack), qui est un enfant abandonné, qui dort dans la rue et fait les poubelles pour trouver sa pitance. Mais là encore, sans jouer sur la corde sensible, ce qui – à mon avis – renforce son propos.

 

Bref, nous sommes en très bonne compagnie, et le travail des deux cameramen est très honorable, ainsi que celui de Rick Todd qui réalise de très beaux intertitres.

Une belle surprise.

 

  1. « Allée du Paradis »
  2. « Soleil »
  3. Et deux autres films : Nelson était un réalisateur très prolifique (59 films en moins de 15 ans !)
  4. Ce sont les stéréotypes de l’époque, mais qui reflétaient aussi une réalité.
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