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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

alan crosland

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Guerre, #Alan Crosland
Le Sceptique (The Unbeliever - Alan Crosland, 1918)

Ce sceptique, c’est Philip Landicutt (Raymond McKee). Fils de bonne famille, il passe ses journées au golf ou à quelque autre activité prisée de la jeunesse dorée et oisive américaine. Bien entendu, il est bourré de préjugés, surtout sociaux : on ne se mélange pas avec les basses classes. De plus, il ne croit pas en Dieu, ce qui est à double titre une hérésie aux Etats-Unis.

Vous imaginez le désespoir de sa propre mère (Kate Lester), d’avoir un fils aussi peu américain…

Et puis la guerre est arrivée et ce fut une révélation : Philip décide de partir en Europe casser du Boche, parce que ce peuple ennemi est haïssable à l’envi.

Mais voilà, si la guerre est une belle chose (de son point de vue), elle oblige malgré tout à se mélanger avec le vulgum pecus…

 

Quand le film sort, le 11 février 1918, voilà environ huit mois que les Américains ont débarqué à Saint-Nazaire et continuent régulièrement d’y affluer. Bref, nous sommes dans un film de propagande – le cinéma est un medium qui s’y prête admirablement – pour pousser les jeunes Américains à s’enrôler. Et cet aspect est renforcé par l’aide du corps des Marines qui ont participé au film : les différentes scènes générales de batailles ont été interprétées par ces militaires, tout comme certains personnages de gradés sont interprétés par de véritables officiers. Mais à la différence des films qui seront tournés après la guerre, le personnage principal est envoyé directement au front et confronté au conflit. Et surtout, il s’agit de montrer l’armée sous un jour favorable afin d’accentuer la conscription.

 

Pas de réflexion pacifiste comme dans The big Parade ou plus tard All quiet on the Western Front, mais de l’action payante : les braves soldats américains sont les plus forts, il suffit de voir la prise de la tranchée allemande pour s’en convaincre. Et c’est bien entendu dans la présentation de l’ennemi que la dimension propagandiste s’épanouit : les Allemands sont d’infâmes salauds, de vrais « Huns » comme ils disaient, et il suffit de voir l’un de leurs officiers pour s’en convaincre. Non seulement le lieutenant Kurt von Schnieditz est un barbare cruel et sans pitié – il fait abattre une mère et son petit garçon pour motif d’espionnage – mais surtout il est interprété par le spécialiste des rôles de méchants Allemands : Erich von Stroheim. Et encore une fois, on aime le détester !

 

Il est clair que l’intrigue du film est très simpliste, mais son objectif l’explique : il faut que les jeunes Américains se retrouvent dans cette histoire héroïque et foncent aux bureaux de recrutement en sortant de la séance (1). Et le personnage de Philip est crucial : ce riche snob, méprisant et un rien athée est le parfait exemple de l’influence bénéfique (2) de la guerre : son arrogance et sa distance vont fondre, sa foi va revenir et même sa vision des ennemis va être altérée.

Bref : la guerre va faire de lui un véritable Américain et en plus, il va trouver l’amour en la personne de Virginie Harbrok (Marguerite Courtot), jeune Belge victime de la guerre : c’est sa maman et son frère qui sont exécutés par l’infâme von Schnieditz.

 

PS : cinq ans plus tard, Marguerite Courtot et Raymond McKee vont se marier et vivront ensemble jusqu’à sa mort à lui en 1984…

 

  1. Voire sortent de la salle de cinéma avant la fin pour le faire !
  2.  ????

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Alan Crosland, #John Barrymore
The beloved Rogue (Alan Crosland, 1927)

1432

François de Montcorbier périt sur le bûcher, martyr de France, laissant une veuve (Lucy Beaumont) et un orphelin (Dickie Moore), le petit François.

1457

La Guerre de Cent Ans est terminée, mais un autre conflit déchire la France : l’ascension irrésistible de Charles de Bourgogne dit « Le Téméraire » (Lawson Butt) aux dépens du roi Louis XI (Conrad Veidt).

Le petit François est devenu grand, il est célèbre dans tout Paris pour ses poèmes : il est maintenant François Villon (John Barrymore).

Il est devenu aussi un voyou notoire, apprécié des pensionnaires de la Cour des Miracles, un peu voleur, un peu coureur, mais poète avant tout.

 

Alan Crosland adapte ici une pièce à succès, racontant, de façon très romancée, la vie de François Villon, qui de poète et brigand, devient poète et protégé du roi Louis XI.

Avec toutes les péripéties qui en découlent.

John Barrymore, séducteur éternel du cinéma, campe ici un personnage plutôt burlesque, toujours prêt à une mauvaise action, pourvu qu’elle profite aux autres. C’est une espèce de brigand bien-aimé, qui séduit les femmes et boit comme un trou.

Jusqu’à ce qu’il rencontre la protégée du roi, Charlotte de Vaucelles (Marceline Day), et en tombe amoureux. Bien entendu, elle n’est pas insensible à son charme (c’est tout de même Barrymore !), et une issue heureuse pour eux deux semble inéluctable.

Entre-temps, beaucoup d’événements vont empêcher cette union prévisible : enlèvements, trahison et facéties villonesques sont au programme, le tout entrecoupé de quatrains issus de l’inspiration fertile du poète.

 

Alors on s’amuse beaucoup : les spectateurs, mais aussi les acteurs dans cette fresque pseudo historique où l’Histoire cède le pas à l’histoire, cinéma oblige (Rappel : au cinéma, tout est possible !).

De plus, Alan Crosland profite d’une distribution prestigieuse (comme on dit). Outre le cadet des Barrymore, on retrouve quelques noms célèbres qui ont participé à d’autres films non moins célèbres : Mack Swain (La Ruée vers l’or de C. Chaplin) ; Nigel de Brulier (Les trois Mousquetaires de F. Niblo) ; Henry Victor et Rode Dione (Freaks de T. Browning) etc.

 

A noter enfin la présence d’un débutant dans un « petit » second rôle (environ 89 centimètres) : Angelo Rossito, qu’on retrouvera, bien sûr, dans Freaks, et qui verra sa carrière cinématographique s’étaler sur 60 ans !

 

Terminons sur celui qui partage la vedette avec John Barrymore : Conrad Veidt. C’est son premier film américain, et son rôle de Louis XI est assez marquant. C’est un roi craintif mais autoritaire, passionné d’astrologie, à l’humeur versatile. Son jeu est caractéristique de sa période muette, son visage aux yeux clairs aussi tordu que l’âme de son personnage.

Une réussite.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Alan Crosland, #Muet, #Comédie

Une flapper, c’est une jeune fille délurée, une espèce de garçonne. Ici, c’est Olive Thomas qui lance la mode. Nous suivons donc avec délectation les aventures de Genevieve « Ginger » King, jeune fille de seize ans qui rêve de grandir un peu plus vite afin de profiter de la vraie vie, personnifiée par un dandy qui passe devant son pensionnat tous les jours : Richard Channing (William P. Carleton).

Alors qu’elle sre persuade qu’elle peut le séduire, lui voit très clair dans son jeu ety aurait tendance à s’en amuser. Mais le destin veille, et ce qui était à l’origine une plaisanterie commence à tourner au drame.

Au pensionnat, il y a une autre jeune fille de caractère : Hortense (Katherine Johnston), qui sort avec Thomas « the Eel » (l’anguille) Morran (Arthur Housman). Cette dernière ne joue pas dans la même cour. Quand Ginger s’affuble d’une tenue un tantinet provocante pour séduire Channing, Hortense vide le coffre fort du pensionnat et s’enfuit avec son amant, à New York pour y mener grand train et accomplir d’autres méfaits (Morran est bien connu des forces de police). Invitée par ces derniers, Ginger se retrouve mêlée à leurs turpitudes…

L’intrigue mise à part, c’est le personnage de Ginger qui nous intéresse. Olive Thomas y campe une jeune fille délurée, certes, mais incroyablement naïve. Et c’est de cette opposition que naît le comique de situation. Le moment phare étant son retour à Orange Springs, petite bourgade ultra-calme des Etats-Unis, où son apparition en femme fatale, annonçant les canons des années 1920, est extrêmement drôle. On s’amuse des regards horrifiés des gens de cette société extrêmement prude. Et Ginger aussi !

Olive Thomas est formidable dans ce rôle mi-ingénue, mi-délurée. Elle trace la voie d(‘actrices qui vont exploser dans les années suivantes : Louise Brooks et surtout avant elle, Colleen Moore, la flapper par excellence.

Il est fort dommage que mademoiselle Thomas soit morte dans les mois qui suivirent la sortie du film. Une carrière de flapper s’ouvrait à elle… Elle avait vingt-cinq ans.

[A noter que les intertitres (quasiment tous d’époque) contribuent au comique du film, parfois surimpressionnés d’images en mouvement]

Petit jeu pour mon ami le prof. célèbre, monsieur Allen John: où est Norma Shearer ?

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