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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

allan dwan

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Allan Dwan
Le Gorille (The Gorilla - Allan Dwan, 1939)

Pour concurrencer un autre trio très célèbre de la même époque, Les Marx Brothers, la Fox a donc engagé un autre trio fraternel : les frères Ritz. Il s’agit ici de leur onzième film (sur treize). Seulement voilà, les Ritz ne sont pas les Marx, et ça se voit.

Mais surtout : qu’est-ce qu’un réalisateur comme Allan Dwan fabrique dans cette aventure ?

 

« Le Gorille » est un tueur en série qui comptabilise les victimes et fait la nique à la police. Sa prochaine victime ? Walter Stevens (Lionel Atwill), un financier un peu trouble qui gère les affaires de sa nièce Norma (Anita Louise). Il l’a d’ailleurs convié ce soir-là avec son fiancé Jack Marsden (Edward Norris). Mais le Gorille a décidé de frapper ce même soir…

Heureusement (?), Stevens a fait appel à des détectives (1) pour empêcher que quelque chose arrivât, et pourquoi pas mettre la main sur ce dangereux criminel…

 

Avec ce film, le trio comique s’attaque à un genre très développé pendant ces années 1930s : l’épouvante. Et Dwan fait ce pour quoi il est payé : un peu de cinéma. On sent bien que le film est avant tout alimentaire pour ce grand metteur en scène. Mais que voulez-vous, il faut bien vivre.

Alors Dwan accumule les poncifs du genre – nuit orageuse (avec tonnerre très bruyant) ; coupures de courant ; main velue menaçante ; disparitions inexpliquées (etc.) – avec un allié de poids pour le film : Béla « Dracula » Lugosi, qui interprète ici Peters, un majordome très distingué, peut-être d’ailleurs un peu trop : quand le Gorille fait parler de lui, Peters est absent…

 

Mais chacun des différents effets d’épouvante est torpillé par le trio d’idiots, faisant inévitablement basculer le film dans la parodie. Mais comme je l’ai déjà écrit ici, pour qu’une parodie soit efficace, il ne faut pas lésiner sur les moyens. Et c’est là que le bât blesse : les Ritz avaient un potentiel comique mais qui était essentiellement hérité du music-hall. Et leur présence renforce la teinte du film : du théâtre filmé. Mis à part quelques moments véritablement comiques, on en arrive rapidement à s’ennuyer, le trio montrant rapidement ses limites. Difficile de damer le pion aux Marx Brothers ! Et pourtant, je ne suis pas un grand admirateur de cette autre fratrie comique, beaucoup trop bavarde, à mon avis.

 

Et celui qui tire le mieux son épingle du jeu, c’est bien entendu Lugosi, jouant sur son passé (prestigieux) dans ce même domaine. On apprécie ses différentes interventions, surtout celle où il se retrouve seul avec la pauvre jeune femme (Norma)…

Mais cela ne suffit pas. Le trio emmène le film dans une forme de lourdeur due à ces trois personnages pas si drôles que ça.

Dommage.

 

  1. Garrity (Jimmy Ritz), Harrigan (Harry Ritz) & Mulligan (Al Ritz)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Allan Dwan, #Gloria Swanson, #Ford Sterling
Vedette (Stage struck - Allan Dwan, 1925)

Vous prenez Gloria Swanson, vous la placez dans une histoire un tantinet comique et vous avez un grand film.

Certes, c’est un tantinet raccourci, mais il n’empêche : Allan Dwan dirige (encore une fois) l’immense Gloria Swanson, et c’est un film formidable.

Je rappelle que Sam Wood l’avait dirigée trois ans plus tôt, et en plus avec l’autre immense star Rudolph Valentino, pour un résultat assez minable compte tenu de ce qu'on était en droit d’attendre.

Mais Allan Dwan n’étant pas Sam Wood, il savait vraiment tirer partie du meilleur de ses interprètes, surtout quand ceux-ci (ou en l’occurrence celle-ci) étaient de grandes stars.

 

Tout commence par le triomphe d’une immense comédienne (Gloria Swanson), star incontestée de la scène mondiale, jalousée par les grands de ce monde que tous veulent épouser. A son service, un cuisinier qui lui mitonne les plus improbables et plus délicieux plats imaginables (Lawrence Gray), nourri qu’il est lui-même de l’aura de cette immense personne qu’il a le privilège insigne de servir.

Sauf que Jenny Hagen (Gloria Swanson) ne fait que rêver cette vie de star et que si Orme Wilson (Lawrence Gray) est cuisinier, c’est pour un boui-boui où, s’entassent et se relaient les ouvriers (et ouvrières) de l’usine proche.

Le seul (vrai) problème pour Jenny, secrètement amoureuse d’Orme, c’est que ce dernier aime les « actrices ». Et comme le River Queen de Buck (Ford Sterling) amène régulièrement de nouvelles actrices, la concurrence est rude pour Jenny. Et la dernière arrivée est des plus coriaces : Lillian Lyons (Gertrude Astor).

 

.Comme je l’ai écrit plus haut, c’est un véritable plaisir que ce film d’Allan Dwan, dirigeant l’une des plus grandes stars du cinéma (muet en non), dans un rôle très éloigné de ce qu’elle a pu tourner chez DeMille. Mais ce qui fait la force de ce film, c’est la portée comique de cette même Gloria que Dwan a su – à de nombreuses occasions – tirer. Elle est absolument éblouissante et Dwan, par l’intermédiaire de son chef-opérateur George Webber dont ce n’est pas la première collaboration (ni la dernière).

 

Il y a chez Swanson un naturel dans le rôle de Jenny Hagen qu’on lui retrouve – d’une façon différente – dans ses rôles de grandes bourgeoise chez DeMille. Elle donne le meilleur d’elle-même et en plus, elle est très drôle !

La séquence de répétition d’actrice devant son miroir (déformant) est un grand moment de comédie, au même titre que Colleen Moore entraînant ses yeux dans Ella Cinders. Et d’une façon générale, la caméra de Webber est toujours au bon endroit et &u bon moment, variant les points de vues et surtout les cadrages.

 

A ses côtés, si Lawrence Gray est tout à fait acceptable, on notera la performance de Gertrude Astor, déjà dans un rôle de rivale (cf. Kiki, l’année suivante), mais avec un mauvais goût totalement assumé que même Sadie Thompson (encore Gloria Swanson) n’aura pas trois ans plus tard !

Elle n’en demeure pas moins très belle, mais ne peut décidément pas rivaliser avec les extraordinaires yeux de la belle Gloria ! (1)

 

Bref, un film ô combien réjouissant où Dwan et Swanson s’amusent, avec la manière. Et le spectateur aussi !

 

Indispensable !

 

  1. Quand Kevin Brownlow réalisera son indispensable Hollywood (1980), à chacune de ses interventions, on ne pourra que voir ses magnifiques yeux bleus, malgré ses 80 ans !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Allan Dwan
Getting Mary married (Allan Dwan, 1919)

Mary (Marion Davies) vit dans une prison dorée : belle-fille du riche John Bussard (Elmer Grandin) des Bussard de Boston (pas n’importe quelle famille donc), elle mène une vie triste et retirée, dominée par ce beau-père rigoriste. Mais bonne nouvelle : le beau-père meurt (bêtement) et elle hérite de sa fortune, pas toujours très bien acquise. Seulement voilà : pour pleinement hériter, elle doit vivre un an chez le frère du défunt, Amos (Frederick Burton) et sa famille – son épouse collet montée (Amelia Summerville) et sa (vieille) fille (Constance Beaumar) tout aussi rigoriste que savent l’être les Bussard.

Bref, c’est une autre prison qui l’accueille, et celle-ci pas vraiment dorée. Mais heureusement pour elle, dans cet univers bostonien peu reluisant apparaît Jimmy Winthrop Jr. (Norman Kerry), célibataire très fortuné, qui tombe sous le charme de la belle Mary.

 

Marion Davies n’est encore qu’une jeune actrice à Hollywood (1) et n’a pas encore été happée par le rouleau compresseur Hearst qui voulut en faire une star de premier plan, devenant alors une gêne plus qu’autre chose pour sa carrière cinématographique. SI elle n’a pas atteint pleinement ses capacités, ce qui arrivera bientôt, elle possède déjà l’essentiel pour réussir : un beau visage expressif (2) et une présence. Et comme toujours dans ces cas-là, c’est autour d’elle que va s’opérer l’osmose : un rôle principal n’est grand que si les rôles secondaires sont à la hauteur. Et comme c’est Allan Dwan qui est aux commandes, on peut être assuré que c’est le cas. Et le choix des interprètes est primordial ici, surtout pour cette famille de prétentieux que sont les Bussard (3). Comme on dit, ils ont la « gueule de l’emploi » : secs comme un coup de trique et méchants comme des teignes. Bref, ce sont des méchants très acceptables, autre condition de succès du film.

 

Et puis il y a Norman Kerry. Lui aussi en est encore à ses débuts (il a commencé trois ans plus tôt), et s’il est déjà le jeune premier, il n’a pas qu’un rôle plastique comme ce sera le cas plus tard (4) : il est partie prenante de l’intrigue et influe véritablement sur le destin de la jeune Mary. Sans oublier une séquence irrésistible avec Constance Beaumar, la vieille fille qui essaie de le séduire (en pure perte, cela va de soi), qui nous montre qu’il savait très bien jouer avec son visage.

 

Bref, une petite comédie comme on trouvait beaucoup dans cette période d’après-guerre – le personnage de Ted Barnacle (Matt Moore) y fait référence lors de sa rencontre avec Mary – et qui fonctionne très bien grâce au savoir faire des différents protagonistes ainsi que du réalisateur. « Petite comédie » seulement parce que Dwan et Davies nous ont montré ultérieurement qu’ils étaient capables de jouer à un niveau supérieur.

 

Et comme beaucoup de ces « petites comédies », elle se déguste avec gourmandise.

 

  1. C’est le film le plus ancien qui nous reste de l’actrice.
  2. Avec de superbes yeux bleus. Oui, je sais, le film est en noir et blanc, mais elle ne peut pas avoir les yeux d’une autre couleur.
  3. Dont un ancêtre a dû venir avec le Mayflower
  4. Cf. The Unknown (Tod Browning, 1927)

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Western, #Allan Dwan, #Douglas Fairbanks, #Victor Fleming
Paria de la Vie (The good Bad-Man - Allan Dwan, 1916)

Passin’ Through (Douglas Fairbanks) est un bandit singulier.

Un jour il attaque un train d’or et repart avec la poinçonneuse du contrôleur ; un autre, il vole des victuailles dans une épicerie qu’il va ensuite offrir à un jeune garçon orphelin ; etc.

On pourrait continuer à raconter longtemps les exploits de Passin’ Through (1), s’il n’était pas recherché par le marshall Bob Evans (Pomeroy Canon) : voler des victuailles, même pour une raison noble reste un délit.

Un jour, il fait la connaissance de la jeune et jolie Sarah May (Bessie Love), qui vit près du repaire de l’infâme Bud «  The Wolf » Frazer. Ce dernier a l’intention d’épouser la jeune fille, et ne voit pas d’un bon œil le rapprochement entre ce bandit de passage et celle qu’il s’est promise.

 

Avec ce film, c’est un tandem qui se reforme et se retrouvera dans quelques autres films : Douglas Fairbanks et Allan Dwan. Fairbanks en est encore à ses débuts de star de cinéma, alors que Dwan n’est pas à son premier film, ayant commencé à réaliser cinq ans plus tôt, dont beaucoup de courts-métrages, ce qui fait une somme vu qu’à cet époque, les tournages étaient plutôt rapides.

Ce film est aussi la première incursion de Fairbanks dans l’écriture puisque l’intertitre de présentation nous apprend qu’il a conçu cette histoire.

On peut alors comprendre pourquoi le scénario est un tantinet bancale, passant d’une situation absurde – le bandit qui vole les commissions ou une poinçonneuse (et d’autres choses) – à une sombre histoire de vengeance.

On retrouve dans cette première partie ce qui fera le sel de son premier film en tant que réalisateur, l’inoubliable Mystery of the leaping Fish (qui sort à peine deux mois plus tard) dans lequel on retrouve la belle Bessie qui n’a encore que 17 ans (2).

 

J’aurais tendance à dire que ce film est un premier jet si on le compare avec la collaboration future entre Fairbanks et Dwan. Le scénario pêche, comme je l’ai dit, mais sa première partie est tout à fait dans le ton des futures comédies dans lequel Douglas F. va exceller. De plus, on y voit une volonté de chevauchée avec l’indispensable bond pour se mettre en selle comme on le verra souvent par la suite.

En outre, derrière la caméra se trouve un jeune homme qui va lui aussi aller loin (mais malheureusement pas assez longtemps) : Victor Fleming, qui a alors 25 ans. (3)

A ces prises de vue audacieuses (de jolis plans rapprochés voire gros), ajoutez un montage dynamique qui amène une tension indispensable au film et son intrigue, et vous avez un film qui n’est au final pas si mineur que ça.

 

Une de ces curiosités comme on en trouvait beaucoup dans ce cinéma américain des années 1910s où l’expérimentation était aussi importante que le reste, où chacun essayait de maîtriser ce qui allait véritablement devenir un art et qui va toujours se perfectionner jusqu’à l’arrivée du parlant, une dizaine d’années plus tard.

Mal(?)heureusement, il ne s’agit pas de la copie originale de 1916, amis d’une restauration d’après la version qui fut reprise, avec de nouveaux intertitres, dont une copie subsiste à la Cinémathèque française.

 

A voir, donc.

 

PS : on n’échappe malheureusement pas au « mauvais Indien » qui tente d’abuser de la jeune fille. Heureusement, elle est sauvée par notre héros.

Ce stéréotype raciste aura la vie dure, hélas ! Et ce malgré The Half-Breed qui sortira le 30 juillet de cette même année. 

 

  1. Littéralement : « qui passe à travers », un nom pertinent pour un bandit qui ne se fait jamais attraper.
  2. Elle aura 18 ans le 10 septembre.
  3. C’est Douglas Fairbanks l’aîné de tous ces jeunes gens, il va sur 33 ans et Dwan en a 31. A noter la présence du « vétéran » Sam de Grasse (40 ans) qui tournera lui aussi plusieurs fois avec Fairbanks et/ou Dwan.

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Western, #Allan Dwan, #Douglas Fairbanks
Le Métis (The Half-Breed - Allan Dwan, 1916)

Lo Dorman (Douglas Fairbanks) est un parai : né d’une mère indienne et d’un père blanc (1), il est rejeté de tous pour son appartenance à l’ethnie ennemie dans chaque camp.

A la mort de son bienfaiteur, chassé de ce qui fut son foyer, il arrive en ville où il est à nouveau rejeté, surtout que la belle Nellie n’est pas insensible à son charme.

Mais le père de cette dernière, le révérend Wynn (Frank Brownlee), ne voit pas d’un si bon œil cette relation inintéressante.

Surtout que le shérif Dunn (Sam De Grasse) et le jeune Brace (George Beranger) ont des vues sur la jeune fille ;

Ajoute2 à cela que Dunn est le père biologique de Lo, et vous avez un western fort particulier,

 

Avant toute chose, il nous faut remercier la Cinémathèque française et le Festival du film muet de San Francisco qui ont permis la restauration de ce film qui fut longtemps incomplet. Si quelques fragments sont malheureusement irrémédiablement abimés, la copie présentée est de toute beauté et l’image très nette.

Bref, une petite perle comme Hollywood savait en faire, et surtout un duo gagnant Fairbanks-Dwan pour notre plus grand plaisir.

 

Alors qu’on connaît Fairbanks pour ses comédies menées à bâton rompu où ses aptitudes athlétiques sont mises en valeur, ce film est d’un tout autre genre, mêlant à ce qui aurait pu être une comédie endiablée une touche d’amertume due essentiellement au statut bancale de notre métis.

La toute première séquence donne tout de même le ton : la jeune squaw abusée par l’homme blanc confie son fils à un botaniste ermite avant de se suicider du fait de son exclusion du monde des hommes.

 

On retrouve dans cette intrigue un élément des plus importants de la culture américaine : le statut incommode de métis. En effet, la société américaine a tendance à mettre ses citoyens dans des classes plutôt définies, qu’elles soient physiques ou morales (religieuses surtout), tenant les métis dans un espace en marge de cette société, étant incapable de le ranger dans une de ces classes du fait de son identité physiologique.

Et dans le cinéma muet, on retrouve souvent les métis dans des rôles sournois ou/et mauvais, rappelant d’une certaine façon qu’il n’est qu’un bâtard, avec toute la morgue que cela comporte.

 

Le fait qu’on trouve Fairbanks dans ce rôle atypique est assez courageux de sa part ainsi que de celle d’Allan Dwan (sur un scénario de la grande Anita Loos). En effet, avec ce film, ils nous montrent l’injustice faite à tous ces métis qui ont de tout temps été rejetés du fait de leur naissance (2).
Et en plus de cette injustice, on retrouve une certaine hypocrisie de cette même société à travers le révérend Wynn, qui prêche la tolérance envers ceux qui sont différents sans pour autant accepter que sa fille puisse avoir une relation amoureuse avec cet Indien-là !

 

Il n’est donc pas étonnant que Lo soit montré comme un personnage des plus sympathiques, considéré par de nombreuses personnes comme un homme (de) bien, loin des clichés de l’époque (3), mais sans pour autant amener ce métis à être accepté par la bonne société de la ville d’Excelsior, à l’écart de laquelle notre métis vit, dans le renfoncement d’un de ces séquoias qu’on peut admirer en Californie.

Parce que de toute façon il ne sera jamais accepté, le film se termine sur une touche plutôt amère, Lo Dorman (4) se retrouvant forcé à l’exil, toujours en mouvement tant qu’il n’aura pas trouvé un lieu assez accueillant pour s’y installer.

Pas étonnant non plus qu’il trouve une alliée dans le personnage de Teresa (la belle Alma Rubens), qu’on imagine d’origine mexicaine, et par là-même ostracisée elle aussi.

 

Il est étonnant par contre, après avoir vu ce film tout compte fait fort humaniste, de retrouver l’année suivante Douglas Fairbanks dans Wild and Woolly : les Indiens y étant décrits de façon peu flatteuse.

 

  1. Non, ce n’est pas un missionnaire !
  2. Il est clair qu’on ne choisit pas la famille dans laquelle on arrive, encore plus quand il s’agit d’une relation considérée pour l’époque comme honteuse.
  3. J’en ai déjà parlé dans Wolfblood (1925).
  4. De son vrai nom « L’Eau Dormante » (« Sleeping Water » est-il appelé dans le film) : la prononciation française étant fort compliquée pour les anglophones, donne ce patronyme étrange.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Allan Dwan, #Gloria Swanson
Zaza (Allan Dwan, 1923)

C’est la grande vedette de l’Odéon de St-Esmé : Zaza l’incomparable (Gloria Swanson).

Tous les soirs, Bernard Dufresnes (H. B. Warner) vient l’admirer dans son numéro de l’escarpolette : assise sur unes balançoire, elle chante, lançant au public des fleurs et ses pantoufles, celui qui les attrape pouvant ensuite – insigne honneur – lui rapporter…

Mais comme toutes les grandes vedettes, elle est extrêmement capricieuse. C’est une véritable tornade. Quand quelque chose ne se passe pas à  sa convenance, c’est un véritable déferlement à côté duquel les dix plaies d’Egypte n’étaient qu’une promenade de santé.

Heureusement, Dufresne est là, le seul capable de calmer ses ardeurs.

Seulement voilà : Dufresnes est marié, et a une petite fille…

 

Après Adrien Caillard en 1913, Edwin S. Porter en 1915, c’est Allan Dwan qui adapte cette pièce de théâtre de Pierre Berton et Charles Simon. Avec ce film commence une collaboration avec la star sur six films jusqu’à 1930.
Dès ce film, Dwan a pris la mesure de son actrice : il la fait jouer sur différents registres, de la comédie à la tragédie avec beaucoup de brio.

Zaza est une jeune femme inoubliable : sa beauté, sa voix (le film est muet, certes, mais Zaza est tout de même chanteuse) et ses colères font d’elle un personnage riche. Comique, dans ses colères, elle sait aussi être touchante dans son histoire d’amour malheureuse. Le moment fort étant la rencontre avec la fille de Dufresnes, Lucille (Helen Mack), où Zaza prend pleinement conscience de la situation : elle montre une dignité qui n’a d’égale que son emportement précédent, quand elle arrive en furie dans la maison de Dufresnes.

Mais nous sommes dans une histoire à la limite de l’immoralité : Dufresnes est éperdument amoureux de Zaza alors qu’il a un poste à responsabilité, une femme et une fille qu’il néglige. Quant à l’issue – heureuse, tout de même – il ne faut pas trop y réfléchir, sinon, on pourrait trouver à y redire (je vous laisse découvrir cette fin…) : nous ne sommes qu’au début de XXème siècle, tout de même !

En face de Gloria Swanson, les actrices et acteurs sont à la hauteur (il le fallait pour un tel rôle), Mary Thurman (Florianne) et Lucille La Verne (la tante Rosa) en tête.

La première, rivale jalouse (pléonasme ?) de Zaza, gagnera tout de même sa rédemption après avoir essayé de se débarrasser de la vedette. La seconde – qu’on avait déjà vu en Frochard, l’affreuse mégère dans Les deux Orphelines – véritable pocharde, essayant de diriger Zaza vers un mariage d’intérêt avec le Duc de Brissac (Ferdinand Gottschalke), mais terminant inlassablement un verre à la main.

 

Une première encourageante donc pour le duo Dwan-Swanson.

 

 

PS : quand le film se termine, malgré les versions précédentes et à venir (trois autres jusqu’à 1956), on ne pense qu’une chose : Gloria Swanson EST Zaza.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Allan Dwan, #Douglas Fairbanks
Le Masque de fer (The iron Mask - Allan Dwan, 1929)

Les trois Mousquetaires : le retour !

Douglas Fairbanks est toujours là (d'Artagnan), tout comme Marguerite de la Motte (Constance Bonacieux), Charles Stevens (Planchet) et l'incontournable Nigel de Brulier (Richelieu) ainsi que son éminence grise Lon Poff (Père Joseph). Allan Dwan a remplacé Fred Niblo, mais le ton reste le même, avec toutefois un fait important : tous ces gens ont vieilli. Et certains vont même mourir...

 

Tout commence en 1638, à Saint-Germain (en Laye) où on attend une naissance : celle de monsieur XIV, qui ne naîtra pas au château comme le dit le film, mais au pavillon Henri IV, à un jet de pierre.

Dans une première partie, on rattrape le temps perdu : souvenez-vous, nous avions laissé d'Artagnan et ses amis après avoir sauvé la reine. Ici, en quelques minutes, on termine le premier volume (les trois Mousquetaires), on fait l'impasse sur le second (Vingt ans après) et on conserve l'intrigue du troisième opus (Le Vicomte de Bragelonne) concernant le masque de fer.

D'ailleurs, il vaut mieux mettre de côté ce que nous connaissons de l'épopée d'Alexandre Dumas et considérer le film comme une adaptation « inspirée de »...
Alors une fois Milady, Constance et Richelieu trépassés, on entre dans l'intrigue à proprement parler, avec un félon inattendu : Rochefort. Il possède la cicatrice faciale caractéristique, mais n'a plus rien à voir avec celui du film précédent : cette fois-ci, c'est un magnifique traître mâtiné d'un comploteur sans scrupule. Une réussite ! Le seul problème, c'est que d'Artagnan l'avait tué dans le film précédent. [Rappel : chez Dumas, jamais d'Artagnan ne tue Rochefort !]

On garde l'option jumeau du roi et on obtient un film de cape et d'épée de bonne facture - le combat dans le Château est haletant - où Douglas Fairbanks - c'est son dernier muet - peut s'en donner à cœur joie : il bondit, il brette, il a son sourire éclatant. Bref, Douglas Fairbanks est toujours là. Même si l'action se situe plus de trente-cinq ans après le premier film. Les héros sont fatigués, mais pas tant que ça : seules leurs chevelures trahit le passage des années. Pour le reste, rien n'a changé.
Pourtant, une grande nostalgie envahit l'écran - et l'esprit des spectateurs - quand d'Artagnan repense aux temps d'avant : heureux ou non.

 

Mais le temps a fait son œuvre et ces quatre compagnons n'ont plus leur place dans ce monde : alors que Richelieu était un adversaire à leur mesure, force est de constater que ce temps est révolu et qu'ils n'ont plus rien à faire dans ce monde. Alors ils s'en vont. Un par un. Ils tombent l'un après l'autre, « au champ d'honneur », comme ils disent.

Mais cette disparition n'est que leurre pour leurs ennemis, et comme le dit l'esprit de Porthos : d'autres aventures les attendent.

Et Ce final est - à mon avis - le plus bel hommage qu'on puisse faire à ces quatre légendes de la littérature et du cinéma : morts ils sont, certes, mais immortels ils demeureront.


Alors on les laisse partir, vers d'autres aventures...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Allan Dwan, #Douglas Fairbanks, #Robin des Bois
Robin des Bois (Robin Hood - Allan Dwan, 1922)

Ca saute, ça brette, ça tire à l'arc, ça jubile...

Bref, ça douglasfairbankse !

 

Il s'agit de la première adaptation notable - la troisième au cinéma - de la légende de Robert Huntingdon, comte de Locksley, appelé plus communément Robin des bois, le bien nommé.

Et ici, pour immortalisé ce (déjà immortel) héros, rien de moins que son altesse Douglas Fairbanks (d'où l'introduction !).

Pourtant, au début, ce n'est pas gagné. Si Robert est un chevalier courageux, il a tout de même un gros problème : les femmes. Il ne sait pas leur parler, ne sait plus où regarder quand elles lui parlent... Il préfère jouer à la bagarre (pour de rire) avec ses copains !

Mais Richard Cœur-de-Lion (Wallace Beery) va partir en croisade, et Locksley doit l'accompagner. Gisbourne (Paul Dickey) aussi, d'ailleurs, avec le dessein secret de se débarrasser de Robert et Richard pour permettre l'accession au trône de l'ignoble prince Jean (Sam de Grasse).

 

Allan Dwan nous offre ici sa version de Robin des Bois. Il s'agit d'une version qu'on peut aisément qualifier de « truculente ». Dès les premiers plans nous montrant Robin, on voit qu'il s'agit d'un personnage haut en couleur - malgré son appréhension envers les femmes. Mais heureusement, sa rencontre avec Lady Marianne (Enid Bennett) le décoince totalement, lui amenant le grand amour par la même occasion.

L'autre personnage truculent de cette œuvre, c'est le roi Richard. Et avoir confié ce rôle à Wallace Beery accentue le côté bon vivant et ripailleur du roi saxon, toujours prêt à s'amuser, mais roi quand même et capable d'exercer son autorité à bon escient.

 

Mais le souci de Dwan est surtout de donner un contexte historique réaliste à cette aventure légendaire. C'est pourquoi la première partie du film s'étend sur le départ pour la Croisade de Richard, avec - bien entendu - moult réjouissances : tournoi et festin. C'est pendant le tournoi d'ailleurs qu'on découvre la véritable nature - ignoble, bien sûr - de Gisbourne, inféodé à l'autre immonde, Jean. A ce propos, Paul Dickey et Sam de Grasse sont deux méchants particulièrement photogéniques. Si Dickey n'a pas la méchanceté raffinée d'un Basil Rathbone, il a tout de même un physique qui joue en sa faveur (de méchant) : il est laid, traître et fourbe. Une réussite, je vous dis.

 

Quant au prince Jean, il a une magnifique tête de faux-jeton, avec ses manières (de façade) élégantes et sa barbe taillée finement. Mais c'est un sacré mauvais, lui aussi. Il fait penser à Guillaume, dans l'album de Peyo, Le Châtiment de Basenhau, le conseiller de ce dernier. Moralement et physiquement.

Et puis il y a Douglas Fairbanks et sa bande de joyeux compagnons. Jamais ces compagnons ne seront aussi joyeux : ça bondit, ça saute, ça sautille, ça danse presque !

 

Et Douglas Fairbanks nous donne ce que nous voulons : des acrobaties spectaculaires. Il descend le long d'un rideau, escalade un pont-levis en mouvement ascendant, grimpe le long d'une vigne vierge... Formidable.

Mais, il n'y a pas de tournoi d'archer. Et Robin ne rencontre pas Petit John au bâton pour passer le gué...

Qu'importe, le plaisir reste entier...

... En attendant la version Curtiz qui va donner ses lettres de noblesse à ce personnage haut en couleur !

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