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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

anna may wong

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Pirates, #Comédie, #Fantastique, #Herbert Brenon, #Anna May Wong
Peter Pan (Herbert Brenon, 1924)

Ils sont tous là : Peter (Betty Bronson), bien sûr, mais aussi Wendy (Mary Brian) John (Jack Murphy) et Michael (Philippe De Lacy), les enfants perdus, Nana (George Ali) le chien-nourrice, Tiger Lily (Anna May Wong) et les Indiens, et, bien entendu, les pirates menés d’une (seule) main de fer par l’indispensable capitaine Crochet (Ernest Torrence).

Ca se passe, évidemment au Pays Imaginaire (Neverland), et le crocodile toujours des vues culinaires sur ce dernier personnage…

 

Il s’agit de la première adaptation de l’histoire de J. M. Barrie, qui avait vendu les droits à Jesse L. Lasky. C’est d’ailleurs James Barrie qui a choisi Betty Bronson pour interpréter son personnage, devenu depuis légendaire.

Il faudra attendre près de trente ans avant une nouvelle adaptation (des studios Disney) puis 1991 pour que Spielberg le reprenne, et enfin 2003 pour un nouveau film…

Finalement, peu d’adaptations quand on compare à d’autres personnages aussi magiques.


Il s’agit avant tout d’une mise sur écran de la pièce de théâtre avait écrite à partir de son roman. Et cela se voit surtout avec l’utilisation de différents animaux (crocodile, chien…) qui s’ils leur ressemblent, sont indéniablement faux : Nana, c’est un homme avec un costume de gros chien, tout comme le crocodile ou les autres animaux de la forêt. Et c’est tout à fait normal. Il s’agit avant tout d’un film destiné aux enfants, tout comme l’était l’histoire originale. On joue ici sur le fait que les spectateurs, quand ils ne sont que des adultes, doivent avant tout regarder cette histoire avec leurs yeux d’enfants. Et ils en sont avertis dès l’introduction du film, par un message de J.M. Barrie.

 

De là à dire qu’il s’agit du premier film pour enfant, je me garderai bien de l’affirmer, n’ayant pas encore épuisé le stock de films à notre disposition depuis un peu plus de 120 ans…

[Il faudrait que je demande à mon ami le professeur Allen John…]

Quoi qu’il en soit, ça doit être l’une des premières fois – sinon LA première – que le personnage principal s’adresse directement aux spectateurs afin d’influer (faussement) sur l’histoire : en effet, alors que la Fée Clochette (Virginia Brown Faire) – Tinker Bell – est en train de mourir, Peter exhorte les spectateurs à montrer qu’ils croient aux fées en les faisant applaudir. Cette sorte d’interactivité reprend ce qui se passait réellement sur scène quand la pièce était jouée.

 

Et ça marche. C’est un film qui fait du bien, autant qu’un Capra. Rapidement, on oublie le carton-pâte des décors pour s’immerger – n’oubliez pas le Jolly Roger qui mouille là-bas – dans cette histoire merveilleuse où les enfants volent. Parce qu’ils volent ! Sans qu’on voit un quelconque fil ! C’est vraiment magique !

Et puis les méchants sont véritablement affreux, avec en prime un magnifique capitaine Crochet en la personne du grand Ernest Torrence, habitué des rôles pas toujours reluisants, mais tellement formidable dans iceux. En face, Betty Bronson nous propose un Peter Pan un tantinet androgyne, mais bien dans le ton de l’histoire, espiègle à souhait… Bref, Peter.

 

Des enfants qui volent, d’affreux pirates, des Indiens… Du rêve !

Non, du cinéma !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Josef von Sternberg, #Marlene Dietrich, #Anna May Wong
Shanghai Express (Josef von Sternberg, 1932)

Marlene Dietrich, dans la pénombre, fumant, le regard mélancolique.

C’est l’image la plus célèbre de ce film. C’est un plan tout en ombre et lumière, l’un des plus beaux du cinéma. Pas étonnant alors qu’il ait été récompensé aux Oscars…

James Wong Howe était un grand chef opérateur, digne d’un Freund ou d’un Daniels.

Cette utilisation magnifique du noir et blanc n’est pas sans rappeler le cinéma allemand de la même période. Mais si Sternberg est d’origine autrichienne, il est avant tout un réalisateur américain : il est arrivé aux Etats-Unis en 1901, et n’a donc pas participé au courant cinématographique allemand du temps de la République de Weimar (1919-1933). Il n’a fait qu’un seul film allemand – L’Ange bleu –, commande de la UFA, qui lui a permis de rencontrer Marlene, avec qui il tournera six films. Celui-ci est le quatrième de leur collaboration.

 

Dans l’express reliant Pékin et Shanghai, un groupe de voyageurs se retrouve mêlé à des affaires politiques. En effet, à cette époque, la guerre civile fait des ravages en Chine entre les armées régulières et les révolutionnaires de Mao Zedong, sans compter les interventions japonaises en Manchourie… Une période qui inspirera même Hergé pour son Tintin et le Lotus bleu.

Ici, ces personnages semblent tout droit sorti d’un roman d’Agatha Christie : on y trouve Mrs Haggerty (Louise Closser Hale), une lady, anglaise jusqu’au bout des ongles, inséparable de son petit chien – un pékinois, évidemment – ; Lenard (Emile Chautard), soldat français en disgrâce mais qui ne veut pas décevoir sa sœur ; le révérend Carmichael (Lawrence Grant), certainement en Chine pour convertir les païens ; Eric Baum (Gustav von Seyffertitz) un homme – louche – d’affaires (louches aussi), un invalide qui craint les courants d’air ; Sam Salt (Eugene Pallette), bookmaker américain pour qui chaque occasion est bonne pour parier ; Mr Chang (Warner Oland), gentleman métis mystérieux – normal, l’Orient est toujours mystérieux au cinéma – ; Hui Fei (Anna May Wong*, elle aussi très belle), femme chinoise importante,  semble-t-il ; Donald Doc Harvey (Clive Brook), officier britannique au flegme et à l’orgueil un tantinet excessif ; et la belle Madeleine (Marlene Dietrich), connue de tous sous le nom de Shanghai Lily.

Mais ces personnes ne sont pas rassemblées autour d’un meurtre mais bien dans ce train – à deux exceptions près – dans le but de voyager. Mais le contexte va les ralentir, pour finalement les changer, voire les tuer.


Parce que ce film nous montre un changement, celui des voyageurs : d’une situation bien définie au départ, on retrouve des gens un tantinet changés, leur perception de l’autre ayant évolué au vu de la situation extérieure.

Les deux jeunes femmes – Hui Fei et Madeleine – sont tout d’abord considérées comme des moins que rien : Shanghai Lily n’est rien d’autre qu’une croqueuse de diamant, une femme à la petite vertu ; alors que Fen Hui, en plus d’être considérée comme une femme facile, a la mauvaise fortune d’être étrangère. Pourtant, ce sont ces deux laissées-pour-compte qui vont dénouer l’intrigue et permettre l’évolution de la situation et des esprits.

On retrouvera ce genre de femme dédaignée dans La Chevauchée fantastique, où Claire Trevor interprète Dallas, une prostituée notoire, dont l’attitude et l’action vont changer les esprits quant à sa personnalité.

 

Et, comme je le disais en introduction, il y a Marlene. Elle est belle, elle est triste, elle est grande : elle est magnifique… (Et elle ne chante pas, comme le dirait mon ami le professeur Allen John). Elle a trouvé sa place dans le cinéma américain, comme pendant à la Divine tout d’abord, et puis pour son propre jeu, suave et sensuel… Comme la Divine, justement, mais autrement.


Mais de toute façon, je préfère Garbo…

 

 

* cousine du même James Wong Howe

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Aventures, #Raoul Walsh, #Douglas Fairbanks, #Anna May Wong
Le Voleur de Bagdad (The Thief of Bagdad - Raoul Walsh, 1924)

Bagdad, au temps des mille et une nuits.

Ahmed (Douglas Fairbanks) est un voleur. Un voleur très habile, un tantinet blasphémateur, très charismatique, mais un voleur tout de même. E pour les voleurs, le châtiment, c’est le fouet.

Jusqu’ici, Ahmed y a échappé. Mais jusqu’à quand ?

Le Calife (Brandon Hurst) marie sa fille, la belle princesse (Julanne Johnston). Les prétendants – de riches princes asiatiques – se pressent pour l’épouser.

Mais c’est un autre prince qui va séduire la princesse : celui des voleurs, Ahmed.

Malheureusement, Ahmed est démasqué et, bien entendu, fouetté.

Mais c’est lui que la princesse aime...

 

Ce n’est absolument pas un conte des mille et une nuits, mais qu’importe. La richesse du décor, des costumes et le rythme nous plongent malgré tout dans un univers arabisant. Fairbanks est, comme d'habitude, formidable : souriant, bondissant… En un seul mot, vivant ! En face de lui, le prince mongol (Sōjin Kamiyama) est un méchant à sa mesure : il a tout de l’archétype de l’extrême oriental de cinéma. Il est fourbe – cela va de soi – et porte ongles longs, une natte et une moustache fine tombante comme tous les « méchants Chinois » (ce sera toujours le cas pour Boris Karloff dans le Masque d'or huit ans plus tard).

L’autre personnage maléfique est – une fois n’est pas coutume – une femme : c’est une esclave mongol (c’est plus facile de trahir comme ça) au service particulier de la princesse (Anna May Wong, toujours aussi belle).

 

Mais plus que l’intrigue, ce qui retient l’attention, ce sont les truquages : Walsh est un digne héritier de Méliès. Les interventions surnaturelles sont tout bonnement bluffantes :

La boule de cristal révèle des images nettes bien insérées ; le tapis volant s’envole naturellement et se déplace avec une véritable magie, laissant même une ombre lors de son passage… Quant à la poudre du trésor elle fait apparaître des soldats aussi nombreux que les grains de sable du désert avec une fluidité qui touche au merveilleux. Alors on peut excuser certains petits raccords approximatifs et le cheval volant aux ailes un peu petites et raides. Mais ce dernier vaut largement le Pégase qu’on trouve dans le Choc des Titans (Desmond Davis, 1981), près de cinquante ans plus tard !

Et en prime une magnifique scène sous-marine époustouflante où  Fairbanks évolue véritablement comme au fond des mers !

 

Et puis il y a la foule des soldats, dirigés d’une main de maître par celui qui fut l’assistant du maître ès mouvements de foule : David Wark Griffith.

Après les effets spéciaux, ce sont les décors qui retiennent l’attention. Ils sont merveilleux et contribuent à donner à ce faux conte un lustre et une majesté qu’on retrouve à la même époque dans Les Nibelungen de Fritz Lang. Le film de Walsh, sorti un mois quasiment jour pour jour après celui de Lang possède les mêmes caractéristiques : la majesté des lieux et la verticalité. Mais là où Fritz Lan recréait une sombre tragédie, Walsh nous offre une belle comédie, où l’Islam est présent en la personne d’un imam d’allure très christique (Charles Belcher).

Les nombreux plans d’ensemble nous montrent une ville de Bagdad gigantesque, tout en hauteur, avec un déploiement de richesse qui n’est atténué que par le format noir et blanc, avec toutefois des teintes colorées pour la nuit ou certains lieux. Ces teintes sont par ailleurs plus nuancées que dans d’autres films de la même période, la nuit n’étant pas trop bleue, ni les extérieurs trop flamboyants malgré le soleil du désert.

 

Un film qui, plus de quatre-vingt-dix ans après, est toujours aussi magique, et se laisse regarder avec un plaisir toujours renouvelé, même après plusieurs projections.

Osons le mot : un chef-d’œuvre !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Chester M. Franklin, #Anna May Wong, #Muet, #Drame

C'est toujours un plaisir de retrouver Anna May Wong. Et en plus, cette fois, c'est elle qui tient le premier rôle. Et c'est en couleur ! C'est même en couleurS !

Nous sommes en Chine, sur la côte. Une jeune femme - Fleur-de-Lotus (Anna May Wong) - recueille Allen Carver (Kenneth Harlan), un homme échoué sur les rochers.

Une fois rétabli, il s'éprend de la jeune femme et ensemble, ils filent le parfait amour. Hélas, il doit retourner dans son pays. Il part, l'abandonnant alors qu'elle attend un enfant.

L'histoire s'inspire de l'opéra de Puccini Mme Butterfly. Ce n'est ni le Japon, ni un soldat, mais le résultat est le même : la femme, après des promesses chaleureuses est abandonnée, et qui plus est enceinte.

Ce n'est pas le premier film sur les femmes abandonnées, mais l'intérêt de celui-ci est la présence de la magnifique Anna May Wong. Rarement, elle eut le premier rôle, étant souvent cantonnée aux rôles d'intrigante orientale (fourbe, cela va de soi !), sinon de danseuse...

Alors la voir dans un grand rôle est un plaisir rare. Et en outre, étant d'origine chinoise, elle avait peu de chance de se retrouver au premier plan, les actrices blanches étant toujours préférées (Mary Pickford était la Japonaise Mme Butterfly en 1915 !).

Mais dès le début, nous sommes prévenus : l'océan amène l'amour et la joie, mais en contrepartie (the toll du titre original), il apporte aussi la déception et la solitude.

Carver, au début, est un homme amoureux, mais ses amis le dissuadent d'emmener sa jeune femme. Elle est trop différente. En clair, elle n'est pas blanche et ne correspond pas à leurs standards WASP. Alors cet homme amoureux cède. La séparation des amants le montre dans toute sa lâcheté, incapable de regarder celle qu'il aime dans les yeux.

Quand il revient quelques années plus tard, nous assistons au sacrifice de la mère de l'enfant pour cet homme qu'elle a aimé et qui l'avait oublié.

Un grand moment d'émotion, tout comme ceux qui sont échangés entre Fleur-de-Lotus et son fils.

Et puis il y a le Technicolor. Alors ce film prend une autre dimension. Anna May Wong est encore plus belle, dans des habits de lumière. Et même s'il manque une petite minute, on se régale de cette féérie colorée. Même moi qui suis daltonien !

Et comme me dit ma fille : « c'est étonnant un film qui ne parle pas en couleurs ! »

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