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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

billy wilder

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Sherlock Holmes, #Billy Wilder
La Vie privée de Sherlock Holmes (The private Life of Sherlock Holmes - Billy Wilder, 1970)

Sherlock Holmes (Robert Stephens).

L’un des personnages les plus adaptés au cinéma se retrouve confronté à un ennemi des plus redoutables qu’il ait jamais dû affronter : Gabrielle Valladon (Geneviève Page).

Non pas que cet(te) ennemi(e) soit des plus redoutable, mais parce qu’elle met en lumière le rapport de Holmes avec les femmes : un rapport des plus distinct voire lointain comme il tente de s’en expliquer avec son ami et complice de toujours : le docteur Watson (Colin Blakely).

 

On peut bien sûr voir un écho dans le rapport aux femmes de Holmes avec Joe/Josephine (Tony Curtis) et Jerry/Geraldine (Jack Lemmon, un habitué du maître) : Holmes va se faire passer pour homosexuel afin d’échapper à une femme vampire de la pire espèce (pour lui) : la Petrova (Tamara Toumanova) qui veut un enfant de lui (entre sa beauté et son intelligence…)

Mais cela ne dure pas et nous sommes rapidement envoyés sur une intrigue digne d’Arthur Conan-Doyle, même si elle fut élaborée par Wilder soi-même (n’oublions pas qu’il a commencé comme scénariste) et I.A.L. Diamond. Et de ce point de vue, l’auteur originel n’a pas été trahi : nous sommes dans une nouvelle énigme qui n’a rien à envier aux autres, extrapolant sur le rapport lointain que l’immense détective entretient aux femmes.

 

Certes, Gabrielle Valladon n’est pas Irene Adler, mais alors que Guy Ritchie extrapole lui aussi sur un personnage existant chez Conan-Doyle, Wilder crée cette Gabrielle de toute pièce, donnant une autre dimension à cette femme rescapée d’une noyade tamisienne.

A nouveau, on retrouve chez Holmes ce qui a fait son personnage dans les différentes adaptations cinématographiques, sans toutefois l’aspect misanthropique qui lui est propre dans les récits de Conan-Doyle (1).

Et bien qu’l, s’agisse d’une histoire absolument extérieure au personnage de papier que nous connaissons, il faut avouer que Wilder a réussi à créer pour nous une histoire dans la droite lignée de celle de son créateur originel, avec un Watson chroniqueur certes, mais avant tout humain : son attitude auprès des danseuses du ballet de la Petrova ne sera tempérée que par le tour de cochon que fera Holmes pour se dégager des griffes de cette dernière (voir ci-dessus).

 

Bref, un film où à  nouveau l’ambiguïté est de mise, à travers le personnage principal qui est un misogyne assumé jusqu’au moment où Gabrielle entre dans sa vie. Mais cette intrusion pertinente s’explique essentiellement par le fait qu’elle se rue, nue, hors de sa chambre pour se lover entre les bras de son nouveau protecteur qu’elle prend pour son mari, Holmes.

Bien sûr, Wilder parsème son film d’éléments propices à nourrir l’intrigue policière (c’est une enquête, ne l’oublions pas, mais c’est peine perdue : nous n’avons d’yeux que pour cette idylle singulière entre deux personnages d’exception, sous les yeux d’un témoin partial – peut-être – mais avant tout digne de foi, comme semble le montrer le générique, relique du film initial qui devait être beaucoup plus long.

 

Et somme toute, Wilder réussit à capturer ce qui fait le sel des aventure du détective, nous proposant une aventure un tantinet décalée de ce que nous avons pu lire ou voir auparavant, mais sans sortir du cadre – éthique – élaboré par Sir Arthur.

Une réussite.

 

  1. On retrouve cette dimension dans la belle série Sherlock de 2010 (avec Benedict « Dr. Strange » Cumberbatch dans le rôle-titre)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Billy Wilder
Avanti! (Billy Wilder, 1972)

Wendell Ambruster Jr. (Jack Lemmon) part pour l’Italie : son père vient de mourir dans un accident de voiture.

Arrivé sur place, il se rend compte que son père n’était pas seul quand il est mort : il partageait la voiture avec Katherine Piggott. D’ailleurs, sa fille Pamela (Juliet Mills) est venue elle aussi pour récupérer le cadavre de sa maman.

C’est la révélation pour Wendell Jr. : son père avait une relation avec une autre femme, lui qui était un pilier de l’église baptiste de sa contrée !

Et il semble que l’histoire se répète…

 

A l’origine, c’est une pièce de théâtre de Samuel A. Taylor. Mais avec Billy Wilder, vous pouvez être sûr que nous sommes au cinéma !

Et Wilder sort facilement du cadre figé théâtral pour emmener ses interprètes dans l’île d’Ischia, surtout l’îlot rocheux à quelques brasses de l’hôtel : au petit matin  alors que tout le monde dort, on assiste avec beaucoup de plaisir au lever du soleil quand on y est allongé nu…

Vous l’avez compris, les deux cadavres sont un prétexte à la rencontre de deux êtres fort différents, tout comme leurs parents, mais qui vont vivre une histoire d’amour forte.

Et Wilder a fait appel à son vieux complice Jack Lemmon (4 films ensemble avant celui-ci et deux autres ensuite) pour interpréter cet homme d’affaires qui va de déconvenue en déconvenue à propos de son père mais va finalement se ranger à son avis !

A ses côtés, Juliet Mills est une pétillante Pamela, aussi à l’aise habillée que nue : et pourtant son personnage est une anglaise comme il faut (1).Son enthousiasme rythme avec bonheur cette comédie un tantinet immorale.

Dernier protagoniste, et non des moindres, de cette comédie : Carlo Carlucci (Clive Revill), le patron de l’hôtel qui abrite ces aventures extraconjugales. Carlucci n’est pas l’homme de la situation mais bel et bien l’homme des situations, couvrant avec beaucoup d’à propos cette histoire d’amour bien singulière, facilitant le rapprochement des deux êtres malgré eux. Indispensable.

 

Mais surtout, Wilder nous montre son grand talent pour la comédie, démarrant son film par une séquence muette (4 minutes) faite en plus de non-dit qui nous donne le ton. On retrouvera ce parti pris non sonore quand la belle Pamela se promènera dans Ischia, ou encore à la morgue avec l’employé du service et ses formalités administratives (Pippo Franco).

Et à nouveau, Wilder nous amuse avec une histoire d’infidélité. Mais le temps a passé depuis 7 Year Itch ou Kiss me, Stupid et le public n’est plus choqué par cette histoire extra maritale (1).

Et encore une fois, Jack Lemmon est formidable et cette histoire d’amour insolite qui amène immanquablement (au moins) le sourire au spectateur.

Avec en prime un petit clin d’œil au passé (moins glorieux) italien quand J.J. Blodgett (Edward Andrews) vient démêler la situation et précipiter la séparation des deux amants. Et là encore, on ne peut rester indifférent face à ce fonctionnaire zélé (et nostalgique)…


Certes, Billy Wilder est à la fin de sa carrière (il tournera encore trois films), mais il maîtrise toujours son sujet, dirigeant avec toujours le même talent ses différents interprètes et amenant une certaine sobriété dans une intrigue qui aurait pu facilement être emportée dans un rythme endiablé avec des acteur·rice·s surjouant frénétiquement.

Il n’en est rien. Tant mieux !

 

(1) 1968 est passé par là, même en Angleterre !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Billy Wilder
Embrasse-moi, Idiot (Kiss me, Stupid - Billy Wilder, 1964)

C’est la fin de la saison à Vegas pour Dino (Dean Martin), crooner à succès. En route pour Hollywood, il doit effectuer un crochet par Climax (hum…).

Et à Climax, vivent Orville J. Spooner (Ray Walston) et Barney Millsap (Cliff Osmond) qui écrivent des chansons qui n’ont malheureusement pas de succès.

Le duo saute sur l’occasion pour essayer de vendre une de leurs chansons au crooner.

 

Voilà. Ca, c’est la trame principale. Et comme très souvent chez Billy Wilder, c’est comment y arriver qui va nous intéresser le plus. Surtout que comme l’indique le début du film, on y trouve la belle (et sulfureuse) Kim Novak (Polly the Pistol). Et croyez-moi, elle joue un rôle important dans cette histoire un tantinet de boulevard, à la morale plus que douteuse.

Enfin, pas exactement de boulevard, puisqu’on n’a pas le trio habituel mais quatuor fort hétéroclite : une femme – Zelda Spooner (Felicia Farr) et son mari, un crooner obsédé et porté sur l’alcool, et enfin une jeune femme dite « facile » et qui, même si elle est interprétée par Kim Novak, ne l’est pas tant que ça.


Alors on s’amuse de cette histoire compliquée où seuls les hommes sont eux-mêmes, avec leurs défauts inévitables, et où les femmes, bien que prétendant être ce qu’elles ne sont pas, sont tout de même les plus fortes et très certainement elles qui font que Dino, au bout du compte, sera bien obligé de repartir avec une chanson du duo de chansonniers improbables.

Mais cet échange – volontaire pour l’une (la blonde) inopinée pour l’autre (la brune) – ne sera pas du goût de certaines ligues bien-pensantes : il faut dire que sans toutefois le dire explicitement (comme dans Irma la Douce), Polly the Pistol est un peu plus qu’une serveuse de bar (1) : c’est avec la promesse de 25 dollars qu’elle accepte de se faire passer pour Zelda Spooner.

 

Et je rejoins mon ami le professeur Allen John : le rôle que chaque femme va jouer dans cet imbroglio plus ou moins sentimental a des connotations tragiques. Tout d’abord parce qu’elles doivent paraître ce qu’elles ne sont pas, mais aussi par ce qu’elles sont d’une certaine façon devenue. Et si Zelda n’est pas si malheureuse d’avoir réalisé un rêve d’adolescente, il n’en est pas de même pour Polly. Pendant une soirée et surtout une nuit, elle fut une femme respectable, découvrant alors ce que tout le monde savait : Spooner, malgré ses pullovers Beethoven, Bach et autre Tchaïkovski, est tout de même un homme formidable, mais rongé par la jalousie. Cette jalousie qu’il ne peut s’empêcher d’entretenir comme une maîtresse qu’on visite régulièrement et qui devient au bout du compte un des éléments essentiels (routiniers ?) de son mode de vie.

 

Bien sûr, Wilder s’amuse avec cette intrigue qu’il a coécrite avec I.A.L. Diamond, truffant les différentes séquences d’objets et de mots qu’on va retrouver plus tard (le demi pamplemousse et bien sûr le papier dans le goulot de la bouteille), amenant alors ce qu’outre Atlantique (et outre Manche) on appelle un comic relief (2) bienvenu qui empêche le film de sombrer dans la tragédie plus ou moins scabreuse.

Et en prime, on a droit à un petit intermède plus ou moins gratuit qui voit Zelda retourner chez ses parents : plus, parce qu’on pouvait s’en passer ; moins parce qu’on y retrouve un rappel d’une autre discussion antérieure entre Zelda et Orville (non mais quel prénom !).

 

  1. A ce propos, le brillant dans le nombril est une pique envoyée au moribond coder Hays qui interdisait de montrer l’ombilic d’une femme : et (heureusement ?) quatre ans plus tard, 1968 va définitivement sonner le glas de ce code qui, à l’instar de la prostitution au cinéma dans le même temps, n’est jamais désigné ouvertement comme un organisme de censure. En effet, les réalisateurs, (avec les « recommandations » des studios qui les embauchaient) procédaient eux-mêmes à une édulcoration de leurs films. Et certains avec une ironie voire des sous-entendus assez magnifiques.
  2. Terme difficile à traduire dont « soulagement comique » n’est peut-être pas assez clair ni précis (je vieillis, et mon anglais se rouille…) : qu’en pensez-vous, cher professeur Allen John ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Billy Wilder, #Otto Preminger
Stalag 17 (Billy Wilder, 1953)

Un camp de prisonniers, en plein cœur de l’Allemagne nazie (comme toujours), pendant la bataille des Ardennes, 1944.

Dans ce camp, des sergents. Rien que des sergents. Imaginez…

Parmi eux, Sefton (William Holden), qui se débrouille un peu mieux que les autres grâce au trafic. Alors quand on soupçonne un traître dans le baraquement, tout le monde se retourne vers lui…

 

Dix ans avant La grande Evasion, Billy Wilder proposait cette adaptation de la pièce éponyme de Donald Bevan & Edmund Trzcinski (très difficile à prononcer), ce dernier faisant quelques apparitions.

Loin des scènes de combats, nous suivons le quotidien sordide des prisonniers, où la solidarité n’est pas toujours de mise : les conditions terribles encourageaient les hommes à des sauver eux-mêmes avant de penser aux autres.

Sefton est un de ces hommes un tantinet personnels et qui profite de cette situation, proposant des distractions voire un alcool d’épluchures de pommes de terre un peu du même style que Steve McQueen et ses acolytes proposeront dans le film de Sturges susnommé.

 

Avec Sefton, c’est tout un microcosme qui vit en vase clos dans un baraquement peu chauffé (voire pas du tout, d’ailleurs), avec bien entendu les affres de la promiscuité, mais additionnée de suspicion. Comme dans tout bon film de prisonniers de guerre, des rôles sont établis, même si ici, à part le chef de baraque et l’agent de renseignement, chacun est plutôt caractérisé par un surnom dû à son apparence ou son comportement, voire les deux, quand il s’agit de L’Animal (Robert Strauss). On trouve donc un comique – Shapiro aux lèvres sucrées (Harvey Lembeck) – Sugar-Lips Shapiro en VO – Duke (Neville Brand), Blondie (Robert Shawley), etc. Et bien sûr  l’incontournable monsieur Sécurité (Peter Graves).

 

En face, il y a les gardiens et leur chef von Scherbach (Otto Preminger, qui, quand il ne tournait pas, endossait le rôle du méchant Allemand), sadique à souhait  et l’infatigable Schultz (Sig Ruman), sous-officier un tantinet idiot, ou du moins c’est ainsi qu’il se montre.

 

Et comme nous sommes dans un film de prisonniers, il faut au moins une tentative d’évasion, sinon, l’intérêt s’émousse.

Wilder nous en propose deux, en ouverture puis en fermeture du film, avec des résolutions différentes (je vous laisse deviner celle qui aboutit). Mais comme annoncé dès le début par Cookie (Gil Stratton), le narrateur, rien de spectaculaire ne va se passer. Chaque évasion est simple, sans artifice ni plan longuement mûri. On attend la bonne occasion.

 

Comme nous sommes dans un film de Wilder, on retrouve ses pointes de comédie. Mais c’est un humour qui se place dans un contexte qui ne s’y prête pas. Et surtout, il met en évidence des comportements qu’on n’attend pas d’un film au contexte historique.

Le personnage de Sefton est certainement le plus intéressant, tant il pose certaines questions sur les comportements de ces « héroïques » prisonniers.

Sefton est un égoïste. Peut-être que ses premiers déboires dans le camp l’ont encouragé à le devenir, mais il est intraitable dès qu’il s’agit de commerce (troc, achat…). Et si Sefton est tout de suite considéré comme la taupe des nazis, c’est avant tout à cause de son activité. La jalousie aveugle toujours ceux qui la vivent. Mais quand les autres passent aux actes et le violentent, on n’est plus dans cet esprit de camaraderie qu’on retrouve dans le film de Sturges ou encore de Renoir (La grande Illusion, bien entendu).

 


Et Wilder ajoute un autre élément (qui fut aussi exploité par Renoir, mais plus sobrement) : les femmes ou l’absence de femmes.

L’Animal est un grand admirateur de Betty Grable, mais des photos n’ont jamais remplacé une personne. Quant aux prisonnières russes, mis à part un énorme bakchich de cigarettes, elles ne sont que des formes imaginées derrière des fenêtres de salle de douche embuées.
Mais vient Noël et ses festivités (qu’il faut bien sûr ramener au niveau d’un camp de prisonniers). Les hommes dansent entre eux en couple, sur des musiques plutôt improbables (la musique américaine étant bannie pendant la période nazie). Et puis Shapiro, le clown du baraquement se grime en femme, donnant une scène plutôt équivoque dans un tel contexte. Même si, il ne faut pas se leurrer, cela pouvait représenter une éventualité. Et Wilder ira encore plus loin dans ce domaine avec Certains l’aiment chaud (1959).

En attendant, on rit du couple Shapiro-L’Animal, véritable duo comique du film Mais ce  rire est tout de même teinté d’un certain sous-entendu qui aurait pu rendre mal à l’aise les spectateurs de 1953… Car contrairement à d’habitude, ce n’est pas celui qui est déguisé en femme qui fait le plus rire…

 

Bref, un film de guerre qui, même s’il n’en a pas les aspects spectaculaires, n’en demeure pas moins intéressant pour les thèmes qu’il aborde : de la survie dans un camp à la justice individuelle, le tout dans un contexte où se mêlent comédie et tragédie, avec une distribution impeccable.

Un grand film du maître Wilder.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Billy Wilder, #Audrey Hepburn
Sabrina (Billy Wilder, 1954)

La vie est un conte de fées...

 

Sabrina (Audrey Hepburn, fraîche et merveilleuse) est une jeune fille qui a été élevée dans une grande demeure de Long Island. Une demeure remplie de jardins et de serviteurs, dont un pour s'occuper de George, le poisson rouge.

Mais Sabrina, malgré tout n'est pas né du bon côté. Si elle habite cette demeure, c'est avant tout parce que son père y est employé comme chauffeur de maître.

Alors elle rêve, juchée sur un arbre, pendant que les Larrabee (propriétaires du manoir) organisent de somptueuses réceptions. Elle rêve surtout du fils cadet, David (William Holden), séducteur invétéré.

Mais David ne peut pas remarquer la fille du chauffeur. Comme le dit ce dernier : dans une voiture, il y a une banquette à l'avant, une banquette à l'arrière, et une vitre pour les séparer.

Alors Sabrina est malheureuse et part étudier à Paris.

Et quand elle revient, elle a changé. En bien. En très bien, même !

D'un seul coup, David la remarque. Son frère, Linus (Humphrey Bogart), aussi...

 

Sabrina, c'est avant tout Audrey Hepburn. Après Vacances romaines, et avant Guerre et Paix, elle s'impose de plus en plus comme la star montante. Elle es(t jeune (25 ans quand sort le film), elle est belle (oh oui !), elle chante (même en français !)  et elle a une grâce... Bref, une tornade brune vient de souffler sur Hollywood pour notre plus grand plaisir.

Son arrivée à la maison Larrabee après ses deux années d'étude à Paris illustre très bien tout cela : dès qu'elle paraît, les habitudes sont bousculées, tout le monde se retourne sur son passage... On ne voit qu'elle !

Et puis c'est un film de Billy Wilder ! Ce dernier retrouve une troisième fois William Holden (après Sunset Boulevard et Stalag 17), mais dans un genre différent : la comédie. Il réussit même à faire rire avec Bogart, qui était tout de même plus classé comme un acteur sérieux, voire dur.

 

Alors, là encore, on s'amuse. Holden est un playboy juste assez pénible pour rester attachant, Bogart un bonnet de nuit juste assez sympathique pour l'être complètement. Et puis Audrey... Toujours elle.

C'est aussi l'occasion de retrouver quelques seconds rôles emblématiques : Francis X. Bushman - qui a bien vieilli depuis Ben Hur de Fred Niblo, et Marcel Dalio - acteur international s'il en fut - en gentil grand-père aristocratique et protecteur de Sabrina.

 

Alors on s'amuse, on rit et on s'en fiche que cette histoire soit totalement improbable. Je l'avais annoncé au début de cet article : c'est un conte de fées.

Alors, même si la jeune bergère n'épouse pas le prince charmant qui était prévu, quelle importance ! Elle en trouve un autre qui est encore mieux. Et en plus, c'est Humphrey Bogart !

 

Elle n'est pas belle, la vie ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Billy Wilder

Chicago, février 1929.

Joe (Tony Curtis) et Jerry (Jack Lemmon) sont deux musiciens de jazz. En rupture de contrat et recherchés par des mafiosi (dont George Raft, excusez du peu), ils se font passer pour deux musiciennes et sont engagés par Sweet Sue dans son jazz band de filles (exclusivement !).

Et c’est là que le film prend tout son sel.

Wilder réussit à faire rire avec un sujet qui faisait scandale en 1960 (et encore dans les milieux intégristes de nos jours !) : les travesti, et par extension, les homosexuels. Et ce rire est sain. Il n’y a pas de volonté de grossir le trait voire de se moquer, comme le font les « attardés » de la chanson de Charles Aznavour, comme ils disent.

Non, rien de tout ça. Tout d’abord parce que le choix de Joe et Jerry n’est pas sentimental mais bien une volonté de sauver leur peau.

Et si Joe/Josephine retrouve rapidement des habits d’hommes pour courtiser Sugar (Marilyn Monroe), il n’en va pas de même pour Jerry/Daphné qui joue le jeu jusqu’au bout : baignade à la mer avec les autres filles, flirt et danse avec Osgood Fielding III (Joe E. Brown, adorable)…

Car c’est Daphné qu’on aime à suivre tout au long de ce film. La scène de danse étant un beau moment. Jack Lemmon est phénoménal. Il n’est plus un homme traqué, il est devenu Daphné : il songe à son avenir avec Osgood !

Pas étonnant que ce film soit devenu l’une des références du mouvement LGTB : nulle part il n’est dit ni suggéré que l’homosexualité est condamnable (ce qui est assez novateur pour l’époque) Et la réplique finale va carrément dans ce sens !

Alors on savoure, comme toujours avec Billy Wilder.

Et puis on attend avec impatience que Marilyn nous fasse : « boop-boop-pi-doo ! »

Mais une question reste : qu’est-ce que certains aiment chaud ?

La réponse dans le film, lors de la première rencontre entre Sugar et Junior.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Billy Wilder, #Marilyn Monroe

Un cycle, ça dure sept ans.

Ca tombe bien, Richard Sherman (Tom Ewell) est marié à Helen (Evelyn Keyes) depuis sept ans. Alors il est en bout de cycle. Et ça le démange (d’où le titre original…).

Et comme tout bon Américain de Manhattan, il a envoyé sa femme et son fils passer l’été au vert (vieille coutume indienne…).

Bien sûr, il a promis de bien se conduire : pas de cigarette, ni d’alcool.

Et il s’y tient. Jusqu’à l’arrivée de la fille (Marilyn Monroe). Elle n’a pas de nom. Ce n’est pas grave, elle a tout le reste. Sauf de l’imagination. Ni l’air conditionné.

Alors quand elle renverse un plant de tomates sur la chaise longue, passé l’énervement, Richard n’a pas d’autre solution que de l’inviter à prendre un verre chez lui…

En tout bien tout honneur, bien entendu. Et aussi avec le deuxième concerto pour piano de Rachmaninov.

 

S’ensuit une aventure qui n’en est pas une. Il ne se passe pas grand-chose entre eux deux. Juste quelques baisers furtifs…

Ce qui domine le film, c’est l’imagination de Richard. Il en a pour deux.

Tout est prétexte à la laisser vagabonder, avec bien entendu, une bonne dose de culpabilité. Et Billy Wilder s’amuse à filmer les débordements de cette imagination, ce qui fait qu’à un moment, le spectateur lui-même se demande si ce qu’il voit est réel ou non. Avec, en prime, quelques références cinématographiques (revoyez-le pour les connaître).

 

Et puis il y a Marilyn Monroe. Elle est phénoménale. En plus d’être belle, sexy, adorable (etc.), elle est superbement dirigée. Elle joue une fille qui joue à Marilyn Monroe. Elle a une façon de se moquer d’elle-même qui est assez subtile. Elle joue une ingénue avec beaucoup de talent. Quand Richard part sur de grandes réflexions, elle se demande si son ventilateur lui sera remboursé ; quand il imagine qu’il la séduit, elle est habillée comme une vamp et prend les poses idoines… Et son intervention dans la publicité pour Dazzledent vaut le déplacement…

 

Le seul point commun entre ces deux personnes, c’est leur adresse. Pour le reste, tout les oppose : il est marié, elle non ; il a de l’imagination, pas elle ; il a un physique commun d’homme proche de la quarantaine, elle est sublime…

Mais pourtant, l’alchimie fonctionne, et les situations dans lesquelles ils se mettent – en vrai ou en faux – sont extrêmement réjouissantes. Merci, monsieur Wilder.

Un an après sa tournée (triomphale, bien entendu) en Corée – magnifique coup de pub – c’est le film qui va réellement propulser Marilyn au rang de mythe.

 

Magnifique, tout simplement.

 

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