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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

bryan singer

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Bryan Singer
Jack le Tueur de géants (Jack the giant Slayer - Bryan Singer, 2013)

Un grand benêt pas si bête que ça : Jack (Nicholas Hoult).

Une belle princesse intrépide : Isabella (Eleanor Tomlinson).

Un roi juste mais dont le jugement s’égare parfois : Brahmwell (Ian « Waleran » McShane).

Un garde courageux comme tout et dévoué à la princesse : Elmont (Ewan McGregor).

Un méchant très réussi : Roderick (Stanley Tucci).

Et bien sûr, toute une armée de géants, prête à fondre sur le royaume d’Albion et surtout sa capitale : Cloister.

Et tout ça grâce à (ou à cause) des haricots magiques que Jacques a échangé contre un cheval !

 

Si Bryan Singer est américain, il est bien l’une des rares célébrités qui ont participé à ce film à l’être, accompagné seulement par Stanley Tucci : tous les autres viennent de Grande-Bretagne, ce qui donne un élan et une teinte très british au film. Jusqu’aux pointes d’humour qui sont du même acabit, distillé par des répliques énoncées avec cet accent subtil de nos amis d’outre-Manche, tellement plus sophistiqué que nos autres amis (1) d’outre-Atlantique.

Jusqu’à l’intrigue elle-même qui est d’origine anglaise, mêlant deux contes traditionnelles : jack le Tueur de géants et Jack et le Haricot magique. C’est d’ailleurs plus cette deuxième histoire qui prédomine sur l’autre du fait de la présence des graines de haricots.

 

Alors bien sûr, on se dit qu’il s’agit d’un conte pour enfants. Mais si on raconte cette histoire aux petits, on évite d’y mêler les images de ce film, afin d’être assuré que ces mêmes enfants vont dormir (2). Parce que derrière la caméra, outre Newton Thomas Sigel (le chef-opérateur), on trouve Bryan Singer qui n’a mas la particularité de faire du cinéma pour enfants. Ou alors, pour de grands enfants !

Certes, on retrouve ici le merveilleux propre aux contes traditionnels mais dès l’apparition des géants, on comprend rapidement que nous ne sommes pas chez Steven Spielberg. Les géants, en plus d’être affreux (3) et un tantinet idiots, sont des personnages frustes et violents, n’hésitant pas à se nourrir des humains qui passent à leur portée, sans toujours attendre de les préparer et les cuire. Et cela vaut mieux pour eux (les géants) parce que quand l’un d’eux prépare Elmont en friand, nous avons la justification du titre du film : Jack tue son premier géant.

 

On sent que Singer s’est bien amusé avec cette adaptation (très) personnelle des deux contes. Il faut dire que ses interprètes contribuent beaucoup à la bonne impression que fait ce film, où quoi qu’il puisse arriver, nous savons de toute façon que cela se terminera bien. Et ce malgré les exactions toujours plus graves commises par Roderick et son âme damnée, Wicke (Ewen « Spud » Bremner). Rassurez-vous, comme toujours dans ce genre d’histoire, les méchants sont châtiés. Mais ce n’est pas à ce moment que le film se termine. En effet, Singer, avec la complicité de Christopher McQuarrie, Mark Bomback et Darren Lemke (les scénaristes), nous emmène dans une intrigue de pouvoir qui n’est pas sans rappeler Le Seigneur des Anneaux : une couronne (unique, bien sûr) qui commande aux géants.

 

Au final, nous avons un film bien léché qui, s’il emprunte au Seigneur des Anneaux, n’en demeure pas moins différent de la trilogie de Peter Jackson. Avec ce « medley » des deux contes traditionnels, Bryan Singer nous ramène aux contes de notre enfance, avec certains détails qui ont été édulcorés pour permettre aux mêmes enfants de rêver sans que cela vire au cauchemar. De plus, il ajoute un ingrédient qui a tendance à faire défaut à ces mêmes contes et qui s’y révèle indispensable ici : l’humour.

 

  1. Il semble qu’ils le soient redevenus depuis début novembre 2020…
  2. En général, c’est « une histoire et après on dort ! »
  3. C’est notre point de vue : l’un d’eux trouve la princesse très laide…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Bryan Singer
Un Elève doué (Apt Pupil - Bryan Singer, 1998)

Todd Bowden (Brad Renfro) est un élève brillant et très certainement doué.

Suite à une semaine sur l’holocauste, il consulte divers ouvrages et documents à la bibliothèque du lycée : il se rend alors compte qu’un homme de sa ville ressemble beaucoup à un ancien criminel de guerre nazi, Kurt Dussander (Ian « Magneto » McKellen). Bien sûr, il ne s’appelle pas pareil – Arthur Denker – mais son accent germanique est un autre élément qui pousse Todd à faire une enquête sur lui : il est bien ce nazi qui officia à Bergen-Belsen ou Auschwitz entre 1942 et 1944.

S’ensuit alors une relation particulière et malsaine entre le jeune homme et le vieillard (nous sommes en 1984).

 

« Malsaine » est un euphémisme au vu de la résolution de l’intrigue, et on peut comprendre que ce film reçût un accueil très mitigé tant l’intrigue est noire. Et pourtant, Bryan Singer a un tantinet édulcoré les éléments violents de la nouvelle de Stephen King. Mais il est clair que ces deux personnages éprouvent une attirance en même temps qu’une répulsion qui met le spectateur dans une position délicate : l’identification pour l’un ou l’autre des deux principaux protagonistes est difficile tant leur relation est malsaine.

 

Il est clair que Todd est un élève doué. Scolairement. Par contre, d’un point de vue cynique, il a encore des efforts à faire : son mentor n’est pas le premier venu, et surtout ses desseins ne sont pas aussi clairs que ceux du jeune homme.

Et surtout, la fascination (morbide) qu’exerce le nazi sur le jeune homme l’entraîne à mettre le doigt dans un engrenage où il ne va pas laisser que le bras. C’est d’abord l’invitation à déjeuner chez ses parents (Ann Dowd & Bruce « Kelly » Davison), puis l’entrevue avec le conseiller d’éducation (David Schwimmer).

 

C’est cette fascination qui baigne le film et qui installe le malaise.

En effet, Bryan Singer présente l’holocauste selon un point de vue très différent des autres au cinéma. En effet, alors qu’on s’attend à ce que Todd dénonce ce criminel, il n’en fait rien, et même veut tout savoir de l’activité de cet homme qui n’est pas celui qu’il prétend. Et alors que le thème – l’holocauste – prend de plus en plus de place et devient une obsession, Singer nous montre qu’on fait fausse route : à aucun moment Dussander/Denker n’est en danger à cause du garçon.

Et pire même : le nazi va prendre le dessus sur le jeune homme jusqu’à l’irréparable.

Mais avec ce genre de personnage, qui pendant les quarante années passées à dissimulé sa propre personnalité, y a-t-il vraiment quelque chose d’irréparable ? Malheureusement, je crois que non.

 

L’autre élément qui donne le malaise sus-décrit, c’est l’interprétation : Brad Renfro et surtout Ian McKellen sont époustouflants :

  • Renfro exprime à merveille les sentiments que ressent son personnage entre la fascination et l’obsession et surtout la culpabilité qu’a pu instillé en lui ce vieil homme indigne.
  • McKellen, comme d’habitude, est impeccable et réussirait presque à nous le faire trouver sympathique s’il n’y avait ce lourd passé plutôt rédhibitoire. De plus, ses exercices en costume, dirigés par le jeune homme deviennent vite hors contrôle et on y découvre alors ce qui faisait du régime nazi un système des plus horrible qui soit : au début, Todd s’amuse à commander cet homme qu’il pense tenir en son pouvoir, mais le nazi retrouve sers réflexes et n’obéit plus du tout aux ordres, les énonçant et appliquant intérieurement, amenant pour la première fois la crainte chez le jeune homme.

Au final, on a un film très particulier dans la filmographie de Bryan Singer, mais on y retrouve tout de même le thème du contrôle des autres qu’on a pu trouver dans le personnage de Keyser Söze dans Usual Suspects (son film précédent), et qu’on trouvera chez Magneto (encore Ian McKellen) ou chez Charles Xavier dans X-Men et X2, ses deux suivants.

 

Un film très particulier, à ne pas mettre devant tous les yeux sans avertissement préalable (1).

 

 

(1) Il fut d’ailleurs interdit aux moins de 16 ans à sa sortie en France.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Biopic, #Bryan Singer
Bohemian Rhapsody (Bryan Singer, 2018)

Londres, 13 juillet 1985.

Freddie Mercury (Rami Malek) se prépare à entrer sur scène pour le monumental Live Aid instigué par Bob Geldof (Dermot Murphy).

Quinze ans plus tôt, le jeune Farrokh Bulsara travaille à Heathrow comme bagagiste passant certaines soirées au pub où il voit Brian May (Gwilym Lee) et Roger Taylor (Ben Hardy) que Tim Staffell abandonne pour d’autres cieux.

Grâce à sa voix, Freddie est engagé. Suivent alors quinze années de musique, de création, de démesure.

 

Quel film !

Je sais, la vie de Freddie a été malmenée par l’intrigue, mais on ne peut pas rester de marbre devant un tel monument.

Rami Malek est Freddie. Il ne lui ressemble pas exactement peut-être, mais on ne peut voir d’autre que le grand Mercury dans les différentes poses et autres prestations. Jusqu’au fameux concert de Wembley où chacun des gestes effectués sera reproduit à l’identique, amenant cette même émotion que celle qui submergea les (télé)spectateurs ce jour-là.

Alors qu’importe la vérité puisque nous sommes au cinéma : tout est possible, à partir du moment où nous avons un intrigue solide de belles images et une distribution adéquate.

 

Et là, c’est le cas. Les différents interprètes choisis retransmettent magnifiquement cette époque et surtout l’ébullition mercurienne lors de la création de la chanson qui donne au film son titre : Bohemian Rhapsody.

C’est un grand moment musical filmé comme tel : entre la ligne de piano qui obsède Freddie avant et les différentes prises de Roger Taylor et son Galileo, on voit se monter ce qui reste à ce jour comme très certainement le plus grand single du rock (1).

Et à nouveau, l’émotion est là.

Et encore, ce n’est rien à côté de la séquence finale lors de la prestation devenue depuis mythique à Wembley (on termine là où on a commencé).

Rami Malek s’efface alors et laisse place au grand Freddie qui envahit définitivement l’écran.

 

Certes, le tournage ne fut pas des plus faciles, l’entente entre les quatre du groupe n’étant pas la même avec Bryan Singer qui fut remercié avant la fin, remplacé au pied levé par Dexter Fletcher qui fut un temps pressenti pour la totalité du tournage dès sa mise en chantier en 2013.

Quoi qu’il en soit, cette tranche de vie – et malgré les entorses à la vérité – de Queen est passionnante, et même si l’accent est porté sur Mercury, on ne peut réduire l’influence des trois autres dans cette musique et cette formation qui continuera après la mort du chanteur.

Car si Freddie était d’une certaine façon la vitrine du groupe, la démesure qu’il développa était aussi liée à la musique créée.


Et pour le reste, je reprendrai la réplique célèbre de L’Homme qui tua Liberty Valance : « Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende. »

Qu’importe la vérité vraie (existe-t-elle d’ailleurs ?), le plus important c’est très certainement l’émotion qui submerge le spectateur.

Et ici, c’est magnifiquement le cas.

 

 

(1) Et fort curieusement, lors du classement 100 45 tours de 1988 par le magazine Rolling Stone, ce titre n’apparaît pas, pas plus qu’un autre titre de Queen, grand absent de ce classement.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #X-Men, #Bryan Singer
X-Men 2 (X2 - Bryan Singer, 2003)

X2.

Ca se présente comme une formule de Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas comte de Champignac. Et si certains protagonistes ont une force surhumaine (comme avec le X1 du même savant), je vous rappelle que le X2 avait tendance à faire vieillir celui qui l’absorbait.

Et surtout, nous sommes bien loin de l’univers loufoque du grand André (1).

 

Ils sont donc de retour, mais avec quelques nouveaux venus : Pyro (Aaron Stanford) qui maîtrise le feu sans toutefois l’allumer (tout le monde n’est pas chanteur de rock) ; et l’étonnant Kurt Wagner, dit Nightcrawler (Alan Cumming), qui se téléporte à volonté.

Mais nous restons tout de même dans une dynamique manichéenne avec d’un côté les bons mutants – Logan/Wolverine (Hugh Jackman), Charles Xavier (Sir Patrick Stewart), Storm (Halle Berry), sans oublier Jean Grey (Famke Janssen), etc. – et de l’autre les Méchants – Magneto (Sir Ian McKellen) et sa fidèle Mystique (Rebecca Romijn-Stamos).

Mais entre ces deux forces vient se placer un troisième camp, en guerre ouverte contre les deux autres, dirigé par William Stryker (Brian Cox) et qui a l’intention de se débarrasser définitivement de tous ces mutants.

Nous assistons alors à une trêve puis une alliance afin de se débarrasser de cet importun.

 

On retrouve avec plaisir ces personnages hors du commun, trois ans après leur apparition au cinéma, et si Marie/Rogue (Anna Paquin) passe au second plan, Jean Gray va prendre sa place : sur l’écran et dans le cœur de Wolverine, réveillant un petit conflit entre ce dernier et le régulier de Jean, Cyclops (James Marsden).

Mais surtout, la situation va évoluer jusqu’à une sorte de cristallisation, les deux camps bien distincts, en marche route vers un affrontement inévitable.

 

On remarque dans la mise en scène de Bryan Singer une aisance qu’il n’y avait pas dans le premier opus. On sent qu’il cerne bien son sujet et de ce fait travaille beaucoup plus sur cette mise en scène et surtout a mise en image : les plans de transitions sont des plus soignés et surtout pertinents, j’en veux pour preuve la tête de loup qui se transforme en Wolverine, les yeux de l’un se plaçant au même endroit que ceux de l’autre.

On retrouve à nouveau, mais de façon moins appuyée la tentative d’ostracisation des mutants par les « normaux », les premiers étant essentiellement considérés comme des pestiférés, ou pire des dégénérés.

Si le premier film faisait référence au statut des Juifs, ici nous sommes dans une autre thématique : c’est Bobby/Ice Man (Shawn Ashmore) qui va annoncer à ses parents qu’il est un mutant, ce que ces derniers ignoraient, persuadés qu’ils étaient que leur enfant était dans une école pour surdoués ordinaire (2). L’annonce à la famille ressemble plus à un coming out : Sir Ian a d’ailleurs travaillé sur le scénario afin de donner à cette révélation cet aspect (3).

 

Pour le reste, on a droit encore à de superbes effets spéciaux numériques, donnant plus de poids à la narration, servant avec pertinence le scénario.

S’ajoute à nouveau le talent des différents interprètes et on a alors une suite qui ne dépare pas avec le premier opus, comme on aurait pu le craindre.

Et quand le film se termine, cette fois-si tout est prêt pour une conclusion qui s’annonce des plus explosives.

Une mention spéciale pour Famke Janssen qui interprète ce personnage des plus subtile mais certainement la mutante la plus évoluée et donc la plus puissante. D’ailleurs, on pourrait presque donner à cet épisode le sous-titre suivant : Jean Grey face à son Destin.

 

Suite et fin trois ans plus tard…

 

  1. Franquin (1924-1997).
  2. Si ce genre d’école peut être considérée comme « ordinaire ».
  3. Ian McKellen est aussi un homme actif au sein des combats pour les droits des LGBT.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #X-Men, #Bryan Singer
X-Men (Bryan Singer, 2000)

Dans un futur proche, l’humanité a commencé une nouvelle mutation, amenant des personnes à devenir fortement différente : des mutants.

Et comme d’habitude, quand quelque chose est nouveau et surtout différent, les hommes sont méfiants voire agressifs sinon plus.

Alors ces mutants capables de traverser les murs, lire dans les esprits ou encore s’auto-régénérer sont montrés du doigt par les politiques – dont le sénateur Kelly (Bruce Davison) – affirmant qu’il devient urgent de légiférer à propos de ces nouveaux « dégénérés ».

Mais qui sont ces nouveaux mutants, Des amis ? Des ennemis ? Les deux ?

 

Malgré les différentes adaptations antérieures (jeux vidéo, dessins animés…) il s’agit réellement de la première au cinéma, reprenant les personnages de Stan Lee et Jack Kirby dans une histoire originale, nous présentant progressivement ces nouveaux super-héros, dont Logan/Wolverine (Hugh Jackman) est le principal.

Qui sont les X-Men ? Des mutants donc mais qui ont réussi à maîtrisé leur mutation pour la mettre au service du Bien (1) – Ororo Munroe/Storm (Halle Berry ; Scott Summers/Cyclops (James Marsden) ; Dr Jean Grey (Famke Janssen) – sous la direction du professeur Charles Xavier (Sir Patrick « Picard » Stewart).

Et s’il y a le Bien, c’est qu’il y a le Mal : certains de ces mutants n’ont pas tous des intentions honorables, et c’est le cas d’Eric Lehnsherr/Magneto (Sir Ian « Gandalf » McKellen), secondé par la troublante Mystique (Rebecca Romijn-Stamos).

 

On connaissait Brian Synger pour son mémorable Usual Suspects, et maintenant, on ne peut négliger l’impact qu’a eu ce film dans le développement de la franchise Marvel au cinéma. Certes, ce n’est pas encore la lourde machine Avengers & C°, mais là encore, on a de quoi se régaler dans cette histoire qui, à première vue nous raconte une énième rencontre entre le Bien et le Mal, mais avec une teinte particulière qui est exposée dès la séquence d’introduction.

En effet, alors que nous voyons des Juifs dans un camp de concentration allemand être « sélectionnés » par leurs bourreaux (2), nous découvrons en même temps un jeune garçon séparé de ses parents qui, tenaillé par le désespoir et la tristesse fera se plier les grilles de séparations par sa seule force mentale.

L’analogie est alors claire, et quand l’intrigue principale (presque contemporaine) s’ouvre sur une séance du Sénat à propos du statut des mutants, on se dit alors que le cauchemar va pouvoir recommencer.

Mais heureusement les X-Men veillent, et ce nouveau « statut » n’est pas encore au programme, mais pour combien de temps ?

 

Il y a dans ce X-Men un souffle frais qui s’étend sur le cinéma américain, utilisant à bon escient les effets spéciaux numériques pour donner à ces différents personnages hors du commun une touche réaliste bienvenue. De plus, si le manichéisme est très présent, les personnages n’en sont tout de même pas tous blancs ou noirs, et le Wolverine en est l’illustration la plus évidente : Logan n’est pas un être social et sociable, sa longévité (3) l’ayant peut-être contraint à ne pas trop s’attacher aux autres.

Et c’est sa différence par rapports aux « vrais » X-Men qui fait tout le charme de ce personnage.

Sans oublier que Hugh Jackman a profité de ce rôle pour se retrouver sur le devant de la scène, lui qui n’était pas très célèbre avant.

Et j’avoue que Logan est un de mes personnages préféré dans cette nouvelle saga.

 

Nouvelle saga ? Bien sûr, la fin ne laisse aucun doute là-dessus, tout comme l’affrontement qui est inévitable pour Magneto malgré les bons sentiments de Xavier.

Et la suite lui donnera raison. Mais nous n’en sommes pas encore là, et vous le savez bien : ceci est une autre histoire…

 

  1. Oui, le manichéisme est bien là.
  2. D’un côté ceux qui vont (sur)vivre, et de l’autre ceux qui vont mourir : l’ellipse est très habile, nous montrant une immense cheminée dont nous ne voyons pas le sommet. Nul besoin d’insister en montrant une fumée s’en échapper, il s’agit bien d’un four crématoire.
  3. Il est fait référence au fait qu’il pût être plus âgé que Xavier.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Bryan Singer
Valkyrie (Bryan Singer, 2008)

L’opération Valkyrie était censée prémunir l’Allemagne hitlérienne d’un coup d’état. Et c’est dans ce sens qu’elle fut déclenchée le 20 juillet 1944, peu de temps après le dernier attentat qui tenta une nouvelle fois de tuer le führer (David Bamber) : malheureusement pour les conjurés, Hitler survécut et réprime dans le sang ce coup d’état manqué, dirigé essentiellement par le comte Stauffenberg (Tom Cruise).

 

Tout commence par une tentative avortée instituée par Tresckow (Kenneth Brannagh) qui va s’en remettre à Stauffenberg pour le remplacer, étant envoyé sur le front de l’Est.

Et Bryan Singer va nous présenter Stauffenberg, celui qu’on a coutume de désigner comme la « cheville ouvrière » du complot : en Afrique, sentant la défaite venir, il fait tout pour ramener ses hommes, mais malheureusement un raid aérien en tue un très grand nombre et lui-même perdra l’œil gauche et la main droite, ainsi que deux doigts de la gauche.

Et Singer va utiliser ces blessures à mesure que le film va avancer : le premier plan nous montre l’œil encore intact, pendant que la voix de Stauffenberg/Cruise glisse naturellement de l’allemand à l’anglais (1).

 

Cette séquence d’ouverture qui nous explique les blessures et l’inéluctabilité de l’engagement de Stauffenberg aura un écho à la fin, quand tout sera terminé pour ce dernier : l’œil touché saigne et macule le sable ; Stauffenberg, exécuté, est couché sur le côté gauche, l’œil à nouveau dans le sable.

Entre ces deux plans, nous assistons à un plan qui, s’il semble minutieusement élaboré n’en demeure pas moins un travail d’amateur, à commencer par le rôle de ce même Stauffenberg qui oublie la première action à effectuer lors d’un attentat : s’assurer que la victime est bien morte.

Dès lors, ce sera l’engrenage dans lequel les différents conjurés vont être broyés, s’étant attaqués à une personnalité des plus puissantes et cruelles.

 

Ce qui frappe dans le film de Singer, outre ses transitions toujours aussi bien léchées, c’est son souci du détail, à quelque niveau d’intervention qui soit : le sang sur le sable (voir plus haut), mais aussi celui qui s’égoutte sur le plancher pendant que Fromm (Tom Wilkinson) fait disparaître les preuves de son implication (2).

C’est bien sûr l’œil de Stauffenberg qui a un traitement très particulier. En effet, la plupart du temps, ce dernier porte un bandeau sur l’œil gauche qui, avec sa main manquante lui donnerait presque l’allure d’un pirate si nous eussions été dans un film plus léger. Et curieusement, ce bandeau est utilisé le plus souvent par cet officier, reléguant l’œil de verre à un élément de dissimulation : c’est portant cet œil qu’il va déposer la mallette fatale, comme s’il voulait faire oublier qu’il est l’officier au bandeau noir.

 

Autre élément symbolique (3), sa main droite, manquant à l’appel. En effet, on a tendance à considérer généralement la main droite comme celle qui crée, celle du Bien, et donc la gauche comme celle qui détruit, celle du diable ! Le coup du sort – le raid aérien – marque alors Stauffenberg du sceau de l’infamie, ses actions criminelles y trouvant leur origine. [Oui, c’est un peu exagéré]

 

Et cet aspect symbolique, voire mystique est annoncé en préambule : tuer Hitler et débarrasser l’Allemagne d’un personnage aussi malfaisant est une occasion pour les conjurés d’accéder à une éventuelle rédemption (4) : après avoir plus ou moins lâchement suivi cet homme et lui avoir prêté allégeance (les premières paroles qu’on entend – en vo), ces conspirateurs veulent se racheter envers leurs compatriotes mais aussi aux yeux du monde. Et pour les plus impliqués, cette idée de rachat restera jusqu’au bout leur « planche de salut » (évidemment…) ayant fait leur part malgré tout.

 

  1. Huston avait usé de ce procédé pour son film d’espionnage : The Kremlin Letter (1970).
  2. Son implication (éventuelle) sera mise en évidence plus tard par ses supérieurs surtout pour avoir fait exécuter ceux qui auraient pu le dénoncer…
  3. J’extrapole peut-être…
  4. Film américain oblige (« américano-allemand » me semble plus juste)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Bryan Singer
The usual Suspects (Bryan Singer, 1995)

Décidément, 1995 fut une grande année pour le cinéma. Comme si le centenaire de ce septième art inspira les réalisateurs.

Avec The Usual Suspects, c’est un nouveau grand film qui s’ajoute à la liste. Et pourtant, ce n’est que le deuxième long métrage de son auteur, Bryan Singer (1).

 

C’est une échauffourée sur un navire qui déclenche tout : quatre truands connus l’ont attaqué, trois d’entre eux sont morts, le quatrième – Roger « Verbal (le bavard)» Kint (Kevin Spacey) – est disposé à raconter à la police (un accord a été trouvé) ce qui s’est passé.

On remonte dans le passé six semaines et faisons alors la connaissance de cinq truands, a priori travaillant dans la même branche, interrogés pour un larcin quelconque, mais ressortant – libres – avec un nouvel avenir : ils ont un coup en tête, puis un autre…

 

En ce qui concerne l’intrigue de base, rien de nouveau. Des truands qui sont mis en présence et qui se découvrent des affinités amenant des expéditions, on connaît ça depuis un moment au cinéma.

Mais ce qui change, c’est le grand méchant de l’histoire (2), un affreux qui relève presque du mythe : Kayser Söze (3). Söze, c’est le nouveau croque-mitaine, celui qui fait peur aux enfants et aux plus grands. Il faut dire que ce que raconte Kint aux flics n’est pas piqué des hannetons : c’est le genre de personnage dont on évite la rencontre.

Non seulement il est terrible (dans le premier sens du terme), mais en plus on ne le voit jamais. Sauf au début : il allume une cigarette avec son beau briquet en or. Mais à la différence des films habituels, on ne voit pas la combustion de la cigarette. On ne peut que l’imaginer (4). Quand je vous disais que le film était différent….

Le seul lien tangible, c’est son avocat : Kobayashi (Pete Postlethwaite). C’est un avocat tout ce qu’il y a de normal, sauf quand il annonce les conditions de son client. Elles sont d’ailleurs aussi terribles que Kobayashi reste impassible en les énonçant. Pete Postlethwaite était vraiment un grand.

 

Mais il faut attendre tout de même la dernière demi-heure du film pour que nous ayons la clé de l’énigme : comment nous en sommes arrivés à la situation chaotique qui ouvrait le film.

Mais même quand nous voyons ce qui s’est passé, il faut attendre le tout dernier moment du film pour enfin comprendre ce qui s’est réellement passé. Jusqu’au bout, Singer nous fait mitonner, ainsi que les policiers, à écouter les explications de Kint, le handicapé qu’on laisse à la traîne, parce que ses capacités physiques (bien sûr) et intellectuelles sont avant tout un frein dans l’opération.

 

Mais comme d’autres films (5). Avant celui-ci, il ne prend sa saveur que quand on l’a déjà vu une première fois. Une fois la surprise de la première vision passée, on n’en savoure que mieux les mécaniques. C’est une véritable arnaque pour les quatre protagonistes (voire cinq) autant que pour les spectateurs.

 

Mais il n’y a rien de plus jouissif que de se faire avoir avec panache. Car le film de Bryan Singer est tout simplement merveilleux, réglé au détail près et servi par une distribution prestigieuse : outre Kevin Spacey et Pete Postlethwaite, on trouve, chez les truands, Gabriel Byrne (Keaton), Benicio del Toro (Fenster), Stephen Baldwin (McManus), Kevin Pollak (Hockney) et dans la police Dan Hedaya (encore une fois un tantinet limité) et surtout Chazz Palminteri, véritable tête pensante de la police.

Sans oublier Suzy Amis qui sera bientôt la petite-fille de Rose Dawson-Calvert dans le Titanic de James Cameron…

 

Et comme d’habitude dans ce genre de film, plus on le voit et plus on aime la façon dont on s’est fait avoir la première fois…

 

 

(1) Comme quoi, « la valeur n’attend pas le nombre des années », hein ?

(2) Pas de grande histoire sans grand méchant, vous savez bien !

(3) Vous ne croyez quand même pas que je vais vous dire qui c’est !

(4) Puisque je vous dis qu’on ne le voit pas.

(5) Les Diaboliques, Psychose

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