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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

cecil b. demille

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Cecil B. DeMille
Pacific Express (Union Pacific -Cecil B. DeMille, 1939)

Pour les petits Français que nous sommes, et surtout ceux de 1940 (1), la compagnie Union Pacific (UP) ne veut pas dire grand-chose, alors mes amis traducteurs ont jugé préférable de garder le terme Pacific et de lui accoler un terme plus parleur et un brin racoleur, Express. Pourtant les engins que nous voyons arpenter ma voie ferrée ne sont pas spécialement rapides, puisque les chevaux vont plus vites qu’eux !

Quoi qu’il en soit, la UP est donc la compagnie qui se chargea d’amener le train vers l’Ouest, pendant que la Central Pacific l’amenait vers l’Est, pour se rencontrer à Ogden – au début – ou plutôt à Promontory Point lieu mythique de rencontre des deux locomotives, ce lundi 10 mai 1869. C’est d’ailleurs le même clou que 70 ans plus tôt qui a servi à la jonction…

Bref, après les légendes de l’Ouest Calamity Jane (Jean Arthur) et Wild Bill Hickock (Gary Cooper) dans The Plainsman, voici l’épopée du chemin de fer, quinze ans après le chef-d’œuvre de John Ford, Le Cheval de fer.

Et il est clair que non seulement DeMille a vu le film de Ford, mais surtout qu’il a beaucoup aimé le microcosme créé par cet autre maître du cinéma. Mais nous sommes chez DeMille et l’ambiance familiale qui règne chez Ford ne se retrouve pas ici. Même s’il y a tout de même beaucoup d’Irlandais !

 

Lincoln est donc mort mais son vœu perdure : le chemin de fer va continuer. Bien entendu, cela ne plaît pas à tout le monde, et en particulier à Asa M. Barrows (Henry Kolker) qui mise sur la Central. Il va donc engager un desperado pour l’aider à saboter l’avancée de l’UP. C’est Sid Campeau (Brian Donlevy, spécialiste des rôles de méchant) qui va s’en charger, amenant avec le train des sources de plaisir qui vont fortement ralentir la progression.

Le général Dodge (Francis McDonald) fait alors appel à Jeff « Bucko » Butler (Joel McCrea) pour « sécuriser la ligne », comme on dit de nos jours. En clair : se débarrasser des voyous – et donc de Campeau – par tous les moyens possibles, définitivement s’il n’y a pas d’autre choix.

Mais le second de Campeau n’est autre que l’ancien frère d’armes (la Guerre Civile s’est arrêtée peu de temps auparavant) de Bucko, Dick Allen (Robert Preston).

En prime, Allen est amoureux de  Mollie Monahan (Barbara Stanwick), la fille du conducteur de la locomotive (J.M. Kerrigan). Mais Mollie n’a d’yeux que pour Jeff…

 

Ce nouveau retour au western de DeMille est encore plus brillant que le précédent. Il faut dire que Cecil réussit ici un film parfaitement équilibré : entre l’épopée historique, la comédie et l’inévitable tragédie, le tout mâtiné des codes du western, c’est un régal que de passer ces 135 minutes le long de la voie ferrée. Nous avons même droit au duel final qui, s’il ne se passe pas au (ou sous le) soleil, reste tout de même un duel marquant avec une résolution presque inattendue !

Comme nous sommes chez DeMille, et malgré le résumé ci-dessus, c’est encore une fois la femme qui tient le haut de l’affiche. Et Barbara Stanwick prend son plus bel accent irlandais pour camper cette jeune femme un tantinet délurée, dont le seul intérêt reste le chemin de fer : normal, c’est dessus qu’elle a grandi !

Alors oui, Joel McCrea et Robert Preston sont une très belle garde d’honneur pour elle, mais elle demeure l’élément central de l’intrigue, relançant à chaque fois cette dernière pour arriver à cette fin, attendue, certes, mais tellement logique.

 

Parce que de nouveau, DeMille, à l’instar de Dick Allen, ce joueur invétéré, sort de sa manche la carte inévitable (elle aussi) de la rédemption. C’est d’ailleurs ce même Dick Allen qui va en profiter : normal, il en avait bien besoin. De toute façon, Campeau est irrécupérable, et comme c’est Brian Donlevy, on n’est pas étonné, encore une fois, de lui voir faire les frais de ce salut (moral) final.

D’ailleurs, Donlevy est encore une fois à la hauteur de l’enjeu, annonçant (toujours) le personnage de Bradwell dans Le Fil qui chante de Morris & Goscinny.

Mais là ne s’arrête pas l’évocation des bandes dessinées. En effet, la première aventure de Lucky Luke scénarisée par René Goscinny avait pour thème l’évolution de la ligne de chemin de fer de la UP. Et le cow-boy solitaire n’est pas sans rappeler Bucko Butler, l’amour de la femme en moins, cela va soi. Même l’intrigue de album reprend certains éléments du film, dont le personnage qui enfonce le clou, le presque infâme Barrows.

 

Mais DeMille épargne ce commanditaire peu scrupuleux grâce à une formidable trouvaille : un duo de choc qui va épauler le justicier : Leach Overmille (Lynne Overmann – tu parles d’un nom de personnage !) et Fiesta (Akim Tamiroff). Ils sont absolument dissemblables mais totalement inséparables, se complétant à la perfection dans leurs rôles de seconds du chef. Et si Fiesta est plutôt le comique des deux larrons, il n’en demeure pas moins dangereux et craint.

Et ce duo – improbable – me ramène encore une fois à la bande dessinée : ne cherchez pas plus loin les modèles de Redi Neck et McClure, les deux acolytes de Blueberry (de Gir et Charlier) : ils sont là. Et l’analogie est d’autant plus forte que les deux partenaires de Blueberry lui sauvent la mise plus d’une fois !

 

Bref, avec ce western, DeMille nous montre toute l’étendue de son talent du genre, secondé par une distribution magnifique pour nous faire revivre un moment historique et rassembleur des Etats-Unis. Et ça tombe bien, parce que les nuages s’assombrissent en cette fin de décennie : l’Amérique – enfin une grosse partie des Etats du Nord du continent – ont bien besoin de se sentir « unis » et de mériter cette appellation !

 

  1. Le film est sorti l’année suivante en France…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Cecil B. DeMille
The Captive (Cecil B. DeMille, 1915)

1913. C’est la guerre dans les Balkans, ces territoires confetti du sud est de l’Europe. Au Monténégro, l’armée turque a débarqué. Les Monténégrins, appelés s’en vont chasser ces envahisseurs. C’est le cas de Marko Martinovitch qui répond à l’appel, laissant seuls sa sœur Sonya (Blanche Sweet) et son petit frère Milos (Gerald Ward). Malheureusement, il est tué pendant la capture d’un peloton d reconnaissance turc emmené par Mahmud Hassan (House Peters). Ce dernier tombe sous le coup d’un décret qui assigne les prisonniers de guerre à une ferme pour combler la pénurie de main d’œuvre due à la guerre.

Il se retrouve donc chez Sonya.

 

Transfuge de chez Griffith, Blanche Sweet signe ici son deuxième film avec DeMille, qui en est lui-même à son cinquième en 1915, soit presque la moitié de sa production de cette année faste et riche (1). Alors évidemment, une telle production peut gréer un certain déséquilibre dans les différents films qui sortent. C’est le cas de ce The Captive, à un niveau moindre des trois films cités ci-dessous (1).

Mais si ce film est tout de même une référence dans la production demillienne, c’est avant tout parce que pour la première fois, l’actrice Jeanie McPherson (elle interprète ici Milka) collabore au scénario avec le maître (2).

 

Et on y trouve donc ce qui va être la marque de ses travaux : une (jeune) femme forte moralement et qui ne s’en laisse pas compter, usant la force si nécessaire. C’est le cas de Sonya ici, qui mène à la baguette (ou plutôt au fouet) ce grand gaillard turc : il faut dire que le revolver que lui a laissé son frère aide beaucoup…

Mais évidemment, on sait que cette relation de soumission (forcée) ne va pas durer : elle est très belle et lui fort séduisant : ils ne peuvent que terminer ensemble. Surtout que le petit frère a pris fait et cause pour ce prisonnier (3) singulier. Tellement singulier qu’il va même à l’encontre des ordres de son supérieur qui était venu le délivrer (4) : l’amour fait faire de ces choses…

 

Mais si The Captive reste un film mineur dans la production prolifique de DeMille en 1915, il n’en demeure pas moins soigné et bien monté (5) : Alvin Wyckoff y signe encore de très belles images.

Et parmi les interprètes, on peut retrouver quelques noms qui vont accompagner Cecil B. pendant ces quelques années : Raymond Hatton, William Elmer et bien sûr l’incontournable Theodore Roberts (le bourgmestre).

 

 

  1. Onze films en cette année dont The Cheat et Carmen
  2. Qu’elle va très vite gérer toute seule.
  3. Le titre original, donc…
  4. Et accessoirement piller la ferme et violer la jeune femme.
  5. et en plus, il est présenté dans une copie très bien conservée.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Cecil B. DeMille
Sous le plus grand Chapiteau du monde (The greatest Show on earth - Cecil B. DeMille, 1952)

« Le plus grand spectacle sur terre. »

Tel est le spectacle que le cirque Barnum & C° (1) va nous offrir pendant plus de deux heures trente, sous la houlette de l’un des plus grands réalisateurs-dictateurs que Hollywood ait connu : Cecil B. DeMille.

Ce dernier ne fait pas que diriger tout son (grand) monde, il est aussi le narrateur de cette fresque spectaculaire, qui tient les promesses de son titre original.

On y trouve du spectacle, bien sûr, mais aussi de l’amour, du crime et un clown – Buttons (James Stewart) – qui ne quitte jamais son maquillage en quelque situation que ce soit.

 

Il s’agit de l’avant-dernier film de DeMille qui a espacé ses tournages – sa santé se détériore – et va terminer dans une apothéose de spectacle : son dernier film, qui sortira quatre ans plus tard, n’est rien moins que Les dix Commandements. On y retrouvera celui qui est ici le directeur de ce cirque grandiose : Charlton Heston.

Certes, DeMille n’a pas perdu la main question faste et spectacle, mais depuis la mort de Jeannie Macpherson, les scénarios ont tendance à perdre en qualité et ce film ne fait pas exception à la règle. Comme d’habitude, le film reste dans le cadre de la morale de son époque, et seule la sous-intrigue concernant Button et son passé trouble retient notre attention (2). Il faut dire que la présence de James Stewart y fait beaucoup : son interprétation y est comme toujours magistrale.

Et Stewart n’est pas le seul fleuron de ce film : DeMille a su s’entourer de quelques gloires cinématographiques dont Betty Hutton (Holly), Gloria Graham (Angel), Cornel Wilde (the great Sebastian), sans oublier la belle Dorothy Lamour (Phyllis), ma préférée.

 

Rythmé par la narration du réalisateur (3), il s’agit avant tout d’un vibrant hommage au cirque « à l’Américaine », avec ses trois pistes et ses parades somptueuses, où les différents artistes et animaux font de ce spectacle un moment unique et magique… Qui se reproduit à chaque représentation !

Mais malheureusement, cet hommage très appuyé a tendance à phagocyter l’intrigue et reléguer l’aspect cinématographique au second plan, l’intrigue, déjà peu consistante se perdant dans l’enchaînement des différents numéros interprétés par les véritables artistes du cirque qui ont participé au film, ainsi que par les différentes stars : DeMille a demandé à chacun de ses interprètes de savoir faire ce dont leur personnage était capable.

 

Mais même cette touche authentique ne fait pas oublier la trop grande part que prend le spectacle en lui-même, si ce n’est à la suite de l’accident ferroviaire, là encore une fois très spectaculaire. En bon amateur de DeMille, j’ai tout de suite pensé à The Road to yesterday (1925), le voyage dans le temps en moins. Par contre, si la collision ferroviaire peut sembler impressionnante, nous sommes bien loin de celle dans The General ! L’utilisation de maquette ne rend pas toujours un très bon effet. Et puisqu’on en est aux (petits) défauts, l’incrustation a tendance à laisser à désirer, surtout dans la parade finale.

 

Sous le plus grand Chapiteau du monde (4) a longtemps été programmé pendant les fêtes sur la télévision française. On comprend pourquoi : de bonnes intentions et du spectacle à l’envi. Un vrai divertissement familial. Et cet aspect se retrouve dans les spectateurs qui viennent se remplir les yeux de toute cette féérie. Par contre, on se dit que ces gens-là (ceux qui viennent voir) ne font que manger !

Quant au spectacle lui-même, on s’étonne de voir le nombre de nains présents dans le spectacle et les différents numéros animaliers qui sont aujourd’hui honnis.

Autre temps, autres mœurs…

 

Alors pour passer le temps, on essaie de reconnaître quelques figures connues qui émaillent ce même parterre de spectateurs. Bob Hope est difficile à rater (à côté de Bing Crosby). Par contre, les autres…

 

PS : parmi la distribution (un peu moins) prestigieuse, on peut retrouver quelques figures connues telle Daisy Earl ou encore Angelo Rossito, ainsi que Julia Faye (Birdie, la costumière) qui fut, un temps, l’une des actrices de premier plan de DeMille. Le temps a passé depuis The Road to yesterday …

 

  1. Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus, pour être précis.
  2. La mienne, en tout cas…
  3. Serait-ce lui qui dirige les otaries ? Je n’ose le croire. Pourtant, ça lui ressemble fortement.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Cecil B. DeMille
Une Aventure de Buffalo Bill (The Plainsman - Cecil B. DeMille, 1936)

Wild Bill Hickok (Gary Cooper), Calamity Jane (Jean Arthur) et Buffalo Bill (James Ellison) sur une même affiche! Il n’y a qu’à Hollywood qu’on peut voir ça.

Et en plus, c’est le grand Cecil B. DeMille qui est aux commandes, alors il n’y a plus qu’à se laisser faire…

 

Certes, DeMille, épaulé par Waldemar Young, Harold Lamb et Lynn Riggs au scénario, eux-mêmes chapeautés par la fidèle Jeanie Macpherson, a pris quelques libertés avec la vérité historique, mais que voulez-vous : nous sommes au cinéma !

Nous avons donc cet « homme de la plaine » (1), légende de l’Ouest qui côtoie d’autres légendes du même acabit dans une période alors troublée par la mort de Lincoln (2) et le retour de guerres indiennes, ranimées par un trafic d’armes à répétition que va combattre Bill Hickok et surtout son patron : l’infâme John Lattimer (Charles Bickford).

Mais si DeMille (and C°) a pris des libertés par rapport à la vérité historique, n’en demeurent pas moins quelques éléments véridiques comme son amitié avec Buffalo Bill et Calamity Jane, sa mort d’une balle ans le dos par Jack McCall (Porter Hall) et la dernière « main » qu’il a jouée : « Dead man’s hand ». (3) Là encore, le scénario prend des libertés ave la mort de notre héros, ais je vous renvoie à la troisième ligne du deuxième paragraphe.

 

Je suppose que les spectateurs français (et surtout les plus jeunes) ont eu un sentiment de frustration quand ce film est sorti (le 7 mai de l’année suivante) : en effet, le titre nous annonce une aventure de la superstar de l’Ouest américain, qui avait même fait quelques apparitions à Paris  en 1905, alors que l’intrigue est plus resserrée autour de son compagnon Wild Bill. Certes, « L’homme de la Plaine » aurait été un titre des plus appropriés, mais peu vendeur, Hickok étant fort inconnu – même aujourd’hui des spectateurs français (4). Et en plus, il n’est pas question de tuer des bisons ! J’ajouterai même que le chef Yellow Hand (Paul Harvey) reproche aux hommes blancs de tuer ces mêmes bisons, leur source de nourriture.

D’ailleurs, le film ne s’appesantit pas sur le rôle joué par les deux cowboys vedettes dans les guerres indiennes, la légende y aurait pris une belle écorne.

 

Autre légende présente dans le film : le général Custer (John Miljan). Mais ne vous attendez pas à y voir le vrai, l’acharné qui mourut à Little Bighorn avec ses hommes, mais plutôt un homme assez bon – pas trop tout de même, il est général – et qui déplore cette nouvelle guerre indienne qui arrive du fait du trafic.

Nous avons même droit à la bataille de Little Bighorn, racontée par un jeune acteur d’origine mexicaine : Antonio Rodolfo Quinn Oaxaca, qu’on connaît mieux sous le nom d’Anthony Quinn. Nous assistons essentiellement à la fin de Custer, aussi héroïque que le voulait la légende à l’époque et qui ne sera pas démentie par Raoul Walsh cinq ans plus tard (They died with their Boots on). Là encore, il faudra attendre Little big Man pour avoir une autre vision de ce héros si décrit et décrié…

 

Alors ce film ?

Et bien nous avons ici un western tout à fait classique avec duel final – mais pas au soleil couchant – dans un décor traditionnel, alternant les grands espaces (indispensables, surtout quand il s’agit de parler d’un « homme de la plaine ») et les intérieurs rustiques (chez Cody) ainsi que l’incontournable saloon qui est tenu ici par Calamity Jane.

L’interprétation est à la hauteur de l’événement (autant de légendes d’un coup ne pouvait supporter une distribution mièvre) et si Gary Cooper est toujours impeccable, on notera qu’il s’agit d’un des rares films où il meurt à la fin.

Mais si Cooper est magnifique (pourrait-il en être autrement ?), c’est le personnage de Calamity Jane qui retient l’attention : Jean Arthur est formidable dans le rôle de cette femme masculine qui répond avec un fouet à ceux qui regrette qu’elle en soit une !

Ses rapports avec Wild Bill sont parfois prétextes à quelques situations comiques mais aussi à une belle histoire d’amour, contrariée, cela va de soi.

L’arrivée de Jane dans le film est inoubliable : Jean Arthur fait tout pour la faire ressembler à un homme –avec la gouaille et l’accent qui vont avec ! – mais fond tout de même devant la garde-robe de Mme Cody (Helen Burgess).

 

Bref, un western comme on les aime où si les Indiens sont tués sans vergogne, ils ne sont pas pour autant montrés comme des bêtes sanguinaires mais plutôt comme les victimes de agissements des « colons » blancs. Les mentalités vont mettre du temps à évoluer et changer pour cesser de penser qu’« un bon Indien est un Indien mort. »

 

PS : on notera la présence de quelques habitués u western dans la distribution (pas toujours créditée) dont le célèbre Francis Ford, frère de John. Et on remarque à nouveau qu’il sait parler. En effet, dans les films e son frère, il se cantonne à des rôles quasiment muets : il est là, mais on ne l’entend pas beaucoup, voire pas du tout.

 

  1. Le titre original.
  2. Le film commence le 14 avril 1865, juste avant que le président américain se rende au théâtre Ford où il sera abattu.
  3. « Main de l’homme mort » : une paire d’as et une paire de huit noirs.
  4. Sauf ceux qui ont vu Little big Man.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Cecil B. DeMille
The golden Chance (Cecil B. DeMille, 1915)

Il y a cinq ans, Mary McCall (Cleo Ridgely) s’enfuyait pour épouser, contre l’avis de ses parents, Steve Denby (Horace B. Carpenter) son amour de l’été.

Aujourd’hui, c’est une femme malheureuse, prisonnière d’un mari oisif et alcoolique, voire un peu truand. Comme l’argent du ménage passe dans la boisson, elle décide de vendre ses talents de couturière. Elle est engagée par la riche Mrs. Hillary (Edythe Chapman), dont le mari (Ernest Joy) est un homme d’affaires qui voudrait s’assurer le concours du richissime Mr. Manning (Wallace Reid).
Alors que Mrs Hillary se retrouve en manque d’une cavalière pour Manning à son dîner (1), elle propose à Mary de tenir cette place le temps de la soirée.

Manning est subjugué par la beauté de la jeune femme qui devient alors une habituée des Hillary.

Pendant ce temps, Denby, ignorant tout de l’histoire de sa femme, décide d’aller faire une razzia chez les Hillary pour soulager la nouvelle jeune femme qui les visite de ses biens précieux.

 

Tourné en même temps que le magnifique The Cheat, ce film fut occulté par le succès de ce dernier, au point qu’on ne le mentionne que très peu dans l’œuvre de Cecil B. DeMille (2). Et c’est bien dommage parce qu’il possède de grandes qualités, et une maîtrise technique certaine.

Alors que le tournage avait débuté avec Edna Goodrich dans le rôle de Mary, son problème sérieux avec l’alcool décida DeMille à la virer et tout arrêter. Il dut donc lui trouver une remplaçante. Une fois Cleo Ridgely engagée, DeMille dut retourner les séquences. Or il était déjà sur The Cheat dans la journée : il ne restait que le soir (voire la nuit) pour compléter c ce film. Ceci expliquant aussi le côté économe de la production dont parle mon grand ami le professeur Allen John dans son analyse (3).

Ce film fera d’ailleurs l’objet d’un remake six ans plus tard, le nom Denby devenant Maddock (Forbidden Fruit).

 

Mais ce qui frappe surtout, c’est la maîtrise technique. Certes, DeMille est en bonne compagnie et Alvin Wyckoff est derrière la caméra comme il l’a déjà été le sera encore souvent. Mais on assiste à une alternance de plans aux cadrages variés montés avec brio par De Mille himself, donnant à son film le rythme et l’équilibre voulus (3). Et surtout, les différents cadrages sont d’une grande pertinence, mettant en valeur certains détails déterminants : le (beau) visage de Cleo Ridgely se prête magnifiquement à cet exercice.

On notera aussi un beau travail sur l’éclairage, dans la lignée de celui entrepris dans The Cheat à la même époque. De plus, la copie est teintée, donnant une autre dimension au film, avec de nombreuses scènes qui se déroulent en soirée voire de nuit, ce qui se comprend aisément (voir plus haut).

 

De plus, les quelques séquences qui se déroulent chez mary et Steve contrebalancent très bien le côté (un peu) fastueux de la maison Hillary. ON y trouve une atmosphère sordide accentuée par la présence de Raymond Hatton – un habitué des films de DeMille – dans le rôle de Jimmy the Rat, répugnant à souhait.

Sans oublier la violence inhérente au milieu décrit qui va exploser dans la confrontation finale entre Manning et Denby (avec l’aide du Rat) et se soldera tragiquement.

 

Bref, The golden Chance est un film qui mériterait une forme de réhabilitation tant il est maîtrisé de bout en bout et servi par des interprètes qui jouent au niveau d’exigence demandé par le maître. De plus, c’est une nouvelle occasion de retrouver le grand Wallace Reid dans un rôle qui semble du sur mesure : millionnaire au grand cœur mâtiné de justicier, il est tout bonnement irrésistible.

 

  1. N’oubliez pas que Mr. Hillary veut intéresser Manning dans son affaire.
  2. Aucune trace dans le formidable Behind the Mask of innocence de Kevin Brownlow.
  3. On retrouve tout de même le milieu (très) bourgeois voire aristocratique des films de DeMille, rassurez-vous.
  4. On n’est jamais si bien servi que par soi-même !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cecil B. DeMille, #Aventures
Four frightened People (Cecil B. DeMille, 1934)

Alors qu’on envoie par le fond un marin mort de la peste bubonique, quatre passagers s’échappent à bord d’une chaloupe rudimentaires : le chimiste Arnold Ainger (Herbert Marshall), le reporter Stewart Corder (William Gargan), la riche oisive à chienchien Mrs Mardick (Mary Boland) et la professeure Judy Jones (Claudette Colbert).

Mais alors que les trois premiers se sont entendus pour s’échapper, il n’en va pas de même pour la jeune femme qui fut emmenée contre son gré.

Ces quatre personnes se retrouvent alors en pleine jungle malaisienne, conduites par Montague (Leo Carillo), un guide original qui porte cravate anglaise sur son torse nu.

Ce sont elles, ces quatre personnes qui ont peur comme nous le dit le titre.

 

Alors que la MGM engrange de fabuleuses recettes suite au premier Tarzan et qu’un nouvel épisode va sortir trois mois plus tard, que la RKO a présenté l’année précédente l’incroyable King Kong, il était temps que la Paramount propose à son tour quelques aventures exotiques. C’est donc Cecil B. DeMille, réalisateur vedette qui s’y met et nous propose cette aventure extraordinaire de gens plutôt ordinaires (1). Et quinze ans après Male and Female, il retourne dans une île où sont d’une certaine manière prisonniers quatre ressortissants américains loin de tout : de la mer, des hommes, de la civilisation.

Mais encore une fois, si ces gens sont loin de tout, les codes sociaux ont tout de même tendance à résister, les fréquentations inter-classes n’étant pas toujours de mise. C’est pourquoi dans la première partie, Judy, simple enseignante, est à peine considérée, voire rabrouée à chaque initiative.

 

Mais encore une fois chez DeMille, cette femme effacée va se révéler et faire marcher son monde à la baguette : alors que Mrs Mardick est emmenée par des indigènes, elle se retrouve seule femme avec ces deux mâles (2), qui découvrent, alors qu’elle se baigne sous une cascade, que cette jeune femme n’est pas si insignifiante que cela… Et surtout qu’elle possède certains arguments invisibles au premier contact…

Et comme c’est Claudette Colbert, on sait bien que révéler ses charmes n’était pas un grand problème pour elle : le film suivant de Cecil B. (3) la verra à nouveau peu vêtue…

Et quand le film sort, le Code Hays n’est pas encore entré en vigueur.

 

Si nous sommes dans une comédie (entendre : une histoire qui se termine bien), nous sommes bien loin de Male and Female, si ce n’est une libéralisation des mœurs. Tout comme Crichton (Thomas Meighan) était attiré par sa patronne Mary (Gloria Swanson), rompant alors les convenances sociales de la grande ville, Ainder est attiré par Judy alors qu’il est marié par ailleurs. A nouveau les liens se relâchent : la chair est faible, que voulez-vous.

Mais une fois le retour à la civilisation effectué, ce couple ne peut plus exister et le dilemme se posera pour le chimiste, qui devra choisir : l’épouse qui l’a attendu (pas très) patiemment, ou l’amante avec qui il a vécu des moments forts (il a même reçu une flèche dans le bas du dos (4). Cela nous donnera une dernière occasion de (sou)rire : le programme des différentes stations de radio.

 

Bien sûr, Claudette Colbert est magnifique dans ce rôle de femme qui se révèle : aux autres mais surtout à elle-même. Et c’est quand elle casse ses lunettes qu’elle ouvre enfin les yeux ! Et dans le même temps, les deux hommes eux aussi les ouvrent : comment ont-ils pu être si aveugles pendant tout ce temps ?

Mais cette révélation n’est possible que grâce à l’autre femme : Mrs Mardick se « sacrifie » pour les autres et accepte de suivre un chef indigène (Tetsu Komai). Et Mary Boland interprète certainement le personnage le plus comique du film, amenant même une révolution dans la tribu où elle est emmenée. Et ce rôle comique était de toute façon annoncé dans la présentation des personnages, au tout début du film, à la façon des films muets : un petit intertitre de présentation suivi d’un plan de chaque protagoniste.

 

DeMille dose avec son habileté coutumière tous ses ingrédients pour faire de ce film un succès – avec surtout les scènes déshabillées qui vont beaucoup plus loin que dans King Kong – mais cet avantage prendra fin quand trois mois plus tard va sortir Tarzan et sa Compagne, dernier  film à présenter aussi ouvertement la nudité, dans un ballet aquatique des plus subtils.

 

 

  1. Encore que. DeMille est bien connu pour ses comédies avec des personnages un tantinet aristocratiques.
  2. Terme on ne peut plus pertinent.
  3. Cleopatra (1934). Rappelez-vous aussi The Sign of the Cross (1932)
  4. Pas trop bas !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille, #Gloria Swanson, #Drame
L'Amour a-t-il un maître ? (Something to think about - Cecil B. DeMille, 1920)

Ruth (Gloria Swanson) a deux prétendants : Jim (Monte Blue) qui est beau est fort, et David (Elliott Dexter) qui est moins beau et surtout invalide.

Alors évidemment, c’est avec Jim qu’elle s’enfuit, se marie et file le parfait amour à la grande ville.

Malheureusement, Jim meurt dans un accident de mine. Ruth s’en retourne donc chez Luke son père (Theodore Roberts), affronter le reproche, avec le fruit de ses amours...

 

Cecil B. DeMille, Jeanie McPherson, Gloria Swanson, Theodore Roberts : pas de doute, nous sommes en territoire connu.

Mais ce qui diffère des autres films, c’est un ton d’une noirceur inhabituelle chez ces gens-là. Tout d’abord, Roberts et Swanson ne sont pas des membres de la haute bourgeoisie comme on a coutume de les voir chez DeMille.

Et si Swanson reste Swanson, il n’en va pas de même pour Roberts : loin de l’homme d’affaires plus ou moins scrupuleux, nous le retrouvons dans un rôle de forgeron avec une barbe aussi spectaculaire qu’improbable. D’ailleurs, on a parfois du mal à le reconnaître sous cet attribut pileux.

 

Si on retrouve les thèmes habituels du duo DeMille/McPherson, on est surpris de la tournure des événements. Que la belle Ruth s’enfuie avec le beau Jim, rien de bien surprenant. Par contre, c’est le sort qui attend ce même Jim qui amène l’élément perturbateur qui amène l’indispensable quête de rédemption que chacun va effectuer à sa manière.

Ruth par une forme d’humiliation en étant recueillie par David, pour sauver les apparences (et pas autre chose) ; David en évoluant dans sa pensée (1), accueillant l’Amour puisqu’il refuse Dieu (il n’y a d’ailleurs aucune différence entre les deux, si on en croit le discours un tantinet lénifiant mais surtout édifiant de la femme de ménage de David (Claire McDowell).

 

C’est d’ailleurs cet aspect religieux qui a tendance à alourdir le film, même si on retrouve dans le même temps quelques références dans l’intrigue.
Tout d’abord le prénom Ruth qui n’est pas anodin : en effet, il s’agit de celle dont la lignée va engendrer le roi David et si on en croit les Evangiles, Jésus comme expliqué dans les premiers versets de Matthieu (I:1-17), ce qui nous amène évidemment à David pour les même raisons.

Autre résonnance religieuse : le retour de Ruth qui est rejetée par son père et pour la deuxième fois des envies suicidaires. C’est dans ce qu’i ressemble à une étable que la corde pend tranquille, transformant alors e lieu de naissance en lieu de mort. Mais heureusement, David (encore lui) la sauve (voir plus haut).

 

Mais malgré cette issue salvatrice annoncée (on chez DeMille, tout de même), le propos du film n’en demeure pas moins très sombre.

Outre la mort de Jim, qui se sacrifie pour les autres, Ruth a dans l’idée de se supprimer une première fois, sauvée par un mendiant qui lui a tout de même volé son porte-monnaie. Vide peut-être, mais c’est l’intention qui compte (2).

Autre élément du destin qui n’amène pas l’optimisme : Luke qui frappe mal sur un fer-à-cheval chauffé à blanc dont les escarbilles l’aveuglent, l’amenant lui aussi à une déchéance qui l’envoie dans un hospice pour nécessiteux.

 

Mais malgré tout, la    fin est heureuse : il fallait tout de même que le propos religieux porte ses fruits. C’est d’ailleurs ce côté rédempteur qui a tendance à alourdir le film, mais que voulez-vous, en 1920, la morale a certaines exigences.

Cette morale qui a tendance à compliquer la vie des jeunes gens : le veuvage de Ruth est alors montré comme une « double peine » : d’un côté elle perd l’homme qu’elle aime ; de l’autre, elle est déconsidérée par son père et celui qui fut son prétendant voire son promis avant qu’elle ne fuie.

 

Alors on peut se laisser à regarder cet énième film du duo DeMille-McPherson, mais on peut aussi lui préférer d’autres films on ne peut plus intéressants (celui qui est évoqué plus bas, par exemple).

 

PS : à noter la présence d’une autre actrice demillienne, la belle Julia Faye dans un rôle qui ressemble plus à du copinage qu’autre chose… Ainsi que dans le rôle du jeune Bobby, le fils de Ruth et Jim, Michael D. Moore, qui fera une carrière d’assistant-réalisateur qui l'amènera à travailler sur les trois premiers épisodes d’Indiana Jones. Pas mal, non ?

 

  1. David est un philosophe dont le mot d’ordre est qu’il n’y a aucune différence entre les différents dieux adorés : en clair, c’est un athée. D’une certaine manière, il annonce le personnage de Judy Craig (The Godless Girl) presque dix ans plus tard.
  2. C’est d’ailleurs le seul moment qui nous tire un sourire, McPherson ayant évité toutes les occasions comiques qu’on a l’habitude de trouver chez DeMille.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Guerre, #Cecil B. DeMille
Les Bateliers de la Volga (The Volga Boatman - Cecil B. DeMille, 1926)

Si je peste régulièrement contre les traductions approximatives voire farfelues de certains traducteurs (traîtres ?), je ne vais pas m’étendre sur le titre : « Le » batelier de la Volga original est devenu « Les », en rapport direct avec la chanson traditionnelle. Et comme on ne voit pas seulement un batelier mais plusieurs, on ne va pas chipoter.

Ici, le batelier du titre original se prénomme Feodor (William Boyd), il a les cheveux blonds et bouclés, des yeux bleus magnifiques et une voix mélodieuse qui exprime tout à fait l’âme de la Russie.

Enfin c’est ce qu’en dit la princesse Vera (Elinor Fair), à son fiancé le prince Dimitri (Victor Varconi), qui se moque des bateliers, mettant en avant leur saleté et leur triste condition.

Mais nous sommes en 1917, et un vent de révolte souffle sur la Russie éternelle, et on assiste alors à la fin de ce qualificatif.

Feodor devient l’un des chefs de la révolution et attaque les nobles qui n’ont pas encore fui.

Mais subjugué par la beauté de Vera, il ne peut se résoudre à l’exécuter.

 

Nous sommes ici avec ce qu’on peut considérer comme un film moyen, où DeMille ne semble pas en grande forme.

Il faut dire que son équipe habituelle n’est pas au complet : Jeanie MacPherson et Alvin Wyckoff ne sont pas présents au générique, et ça se ressent. Même le montage d’Anne Bauchens, qui a fait mieux, n’est pas extraordinaire.

 

Certes, la photographie est bien léchée, et le film possède quelques teintes qui donnent une qualité supérieure à certains paysages (sur la Volga, par exemple, même si ce n’est pas exactement tourné sur place…).

Mais tout de même, on est un peu déçu du résultat.

L’intrigue est franchement improbable et s’il n’y avait pas Julia Faye et Theodore Kosloff, le film serait très statique.

En effet, ce sont essentiellement des tableaux qui nous sont proposés, avec de temps en temps tout de même quelques scènes d’actions – trop rares – dont la prise du palais par les insurgés rouges qui nous rappelle d’autres séquences épiques tournées par DeMille précédemment. Mais c’est tout de même bien trop peu.

 

Reste tout de même une séquence intéressante et qui montre tout de même que CB n’est pas le premier venu : dans la cave.

Les Blancs oint repris une auberge aux Rouges et décident de s’y installer. Mais une chambre est occupée par Feodor et Vera, en fuite (1).

L’officier commandant les Blancs n’est autre que Dimitri, qui permet à ses hommes de s’amuser avec la jeune femme qu’ils ont enlevé à un Rouge.

Suit alors une très belle séquence où la jeune femme est placée debout sur une table. Les soldats vont tour à tour grimper sur cette table pour ôter un vêtement à la femme, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus.

Mais même si on est chez DeMille – et c’est aussi pour cela que la séquence est belle – on ne voit pas une seule fois la femme se déshabiller : ce ne sont que des plans rapprochés des soldats, les yeux lubriques et la bouche qui s’ouvre à mesure que la femme se dénude.

Bien sûr, Dimitri interviendra avant que tout cela ne dégénère, amenant une série de gros plans sur des visages qui changent progressivement d’expression : celui de Dimitri où se mêle la surprise et la honte d’avoir fait subir ça à sa promise ; ceux des soldats qui se rendent compte qu’ils on fait une bourde, mais qui ricanent tout de même du tour qu’ont pris les choses…

 

Et à part ça ?

Peut mieux faire.

Largement.

 

PS : à noter une partition musicale qui mêle avec bonheur Les Bateliers de la Volga (inévitable) et L’Internationale (bien sûr !). Ainsi qu’un emprunt à Tchaïkovski pour la Valse des Fleurs. (2)

 

  1. Je ne vous expliquerai pas pourquoi, allez voir par vous-mêmes.
  2. Edition vidéo de 2015.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille, #Western
La Fille du Far-West (The Girl of the golden West - Cecil B. DeMille, 1915)

Cloudy Mountain est un petit bled minier de Californie, une sorte de ville-champignon où les prospecteurs viennent dépenser leur or – et aussi le mettre à l’abri, au Nugget Saloon, que tient la fille de l’ancien propriétaire : La Fille (Mabel Van Buren) (1).

Au saloon, on croise aussi le shérif (Theodore Roberts), qui est aussi un sacré joueur, et toute la faune habituelle des saloons.

Une fois ce décor planté, vient le méchant : Ramerrez (House Peters), un bandit de grand chemin qui a l’intention de faire main basse sur l’or conservé au saloon.

 

Bien sûr, il ne le fera pas, étant tombé préalablement amoureux de La Fille. Et au final, il partira avec la fille (2), vers des cieux plus cléments et toute cette sorte de choses qu’on trouve dans un western.

Enfin pas tellement en fait, puisque le western est encore balbutiant, même si Cecil B. DeMille en est déjà à son quatrième. Le film est loin des canons du western romantique comme on le connaît le mieux : mis à part Ramerrez, c’est une belle collection de moustaches fournies qui nous est proposée.

 

L’histoire est tirée de la pièce de Belasco (3) – un des rois de Broadway – et adaptée par CB soi-même.

Et c’est peut-être pour ça que le film est un tantinet bancal. En effet, dans l’année de sortie du film (1915), une actrice va bouleverser sa façon de faire ses films : Jeanie MacPherson (4).
En attendant, il faudra se contenter de ce qu’on a.

 

Il s’agit du douzième film de celui qui n’est pas encore le Maître que l’on sait, et la première chose qui saute aux yeux, c’est le côté statique des acteurs qui ne font que très peu de mouvement devant la caméra dans les scènes d’intérieur.

Autre reproche qu’on peut faire au film : malgré la photographie d’Alvin Wyckoff et les décors de Wilfred Buckland, on ne peut ignorer quelques détails un peu gênants.

En effet, les scènes dans le saloon son éclairées à la lumière du soleil – comme c’était la coutume – ce qui donne des ombres supplémentaires absolument pas en rapport avec ce que l’on voit.

Encore un détail : la neige. Ce n’est pas son aspect artificiel qui gêne le plus, c’est surtout son arrivée inopinée ainsi que sa disparition, inopinée elle aussi. Au bout du compte, elle n’a d’utilité que pour La Fille qui peut garder son amoureux chez elle.

Dernier détail enfin, et qui fait un peu écho au premier film de CB, Le Mari de l’Indienne : deux Indiens apparaissent dans le film, un homme et une femme.

Si leur apparence les identifie de suite, leurs rôles ne sont pas des plus éblouissants.

En effet, l’Indienne, au service de La Fille, lèche les emballages de nourriture quand elle ne la subtilise pas carrément. Quant à lui, on lui demande de surveiller un cheval et il s’endort, permettant à Ramerrez de fuir ; un peu plus tard, il se permet de boire le verre du shérif qui s’est endormi.

 

Pour le reste, on est toujours dans la même verve que dans le film cité plus haut, avec une intrigue tout de même très sommaire. Reste la prestation de Theodore Roberts qui ne laisse pas indifférent : sa conception de la justice peut prêter à caution, mais c’est tout de même un homme de parole.

Autre aspect de la justice, les habitués du saloon ne connaissent qu’une seule façon de juger Ramerrez une fois capturé, celle du juge Lynch : la pendaison.

 

Et quand le film s’achève sur le baiser final, on se dit qu’il est temps que DeMille trouve quelqu’un pour lui écrire de belles (et bonnes) histoire.

Mais heureusement, ça arrivera dix films plus tard quand sortira le magnifique The Cheat.

 

 

 

  1. On ne lui connaît aucun autre nom.
  2. Ou « La Fille », c’est au choix…
  3. David Belasco (1853-1931) a écrit de nombreux spectacles qui furent adaptés au cinéma. C’est même lui qui aurait suggéré à Gladys Louise Smith de changer son nom en Mary Pickford…
  4. Elle tient ici le rôle de Nina : une Mexicaine qui trahit Ramerrez par jalousie.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Cecil B. DeMille
La Rançon d'un trône (Adam's Rib - Cecil B. DeMille, 1923)

Pour Marian Ramsay (Anna Q. Nilsson), c’est la crise de la quarantaine : son époux Michael (Milton Sills) la délaisse et sa fille a d’autres préoccupations. Elle se retrouve seule pour célébrer les dix-neuf ans de son mariage, son mari ayant complètement oublié.
Alors quand Jaromir (Theodore Kosloff), ex-roi de Morania (1), lui déclare sa flamme, c’est elle qui s’embrase, créant un tremblement de terre dans sa maison : son mari (jaloux) ne sait comment se débarrasser de ce fâcheux ; sa fille Tillie (Pauline Garon) n’accepte pas qu’elle brise le ménage.

S’ensuit une intrigue remplie de rebondissements où la morale restera sauve – bien sûr – et les différents protagonistes recevront leur juste récompense.

 

Ce film sort deux mois avant le suivant (The 10 Commendments), et reste très fidèle aux autres films de salon que DeMille a déjà tournés. Comme le dit Patrick Brion, le film suivant ressemblera plus à la manière qu’aura DeMille de tourner des parlants.

Ici donc, nous retrouvons le schéma habituel d’un mélodrame où une femme veut retrouver sa jeunesse, et être à nouveau désirée.

Dès l’ouverture du film, la référence biblique – « Adam’s Rib » (2) – est renforcée par le « S » qui entoure un poignet est un serpent, le même qui proposa le Fruit de la Connaissance à Eve.

Nous sommes donc prévenus : c’est de la femme que viendra le mal.

Mais est-ce vraiment le cas ?

 

Que la fille de la maison soit occupée ailleurs est tout à fait normal. Mais ce qui l’est moins, c’est l’attitude du mari qui fait passer ses affaires – il travaille à la Bourse – avant le reste, sa femme devenant la première victime de sa négligence.

Mais si le mari a ses torts, il ne faut pas négliger ceux du troisième tiers : l’amant, ou ce qui y ressemble.

Parce que de ce côté-là, Jaromir n’est certainement pas exempt de tout reproche. Piètre roi – il préfère les femmes à l’exercice du pouvoir – il est avant tout un coureur de jupon qui ne s’arrête devant rien pour arriver à ses fins et surtout la femme.

Il est un des représentants de cette noblesse européenne qui disparut après la première Guerre Mondiale, chassée par les révolutions où l’usure du pouvoir. On pense bien sûr à la famille impériale russe qui subit violemment le changement de gouvernement, la menace bolchévik étant toujours présente au moment du tournage (et après, d’ailleurs). Sans oublier que DeMille est un farouche défenseur de l’Amérique : il voit dans ce roi d’opérette (3) cette menace.

Mais surtout, Jaromir est un homme insistant – trop, certainement – à qui on a rarement refusé quoi que ce soit.

Au bout du compte, la situation n’est pas éloignée de celle de La Princesse de Clèves : le jeune roi, tel De Nemours, poursuit l’objet de son amour malgré les convenances, ne vivant que pour elle (etc.)… Mais là où Madame de Clèves résiste, Marian cède, sans aucune véritable hésitation à la passion que lui inspire cet homme « prestigieux ».

 

Heureusement, il y a Tillie.

C’est elle la véritable personne décisive dans le film. C’est une jeune fille un tantinet idéaliste et superficielle quand on la rencontre, mais elle va rapidement grandir – comme le souligne un intertitre – du fait de cette nouvelle donne.

Parce que la situation ne cesse d’évoluer tout au long du film, les histoires se compliquant avec le temps jusqu’à arriver à un summum : le bal donné pour son altesse Jaromir.

A ce sujet, le scénario de Jeanie MacPherson est subtilement compliqué, amenant toujours un prolongement à chaque nouvel élément d’intrigue.

Mais à partir du bal, les différentes situations vont trouver leur résolution. Sauf qu’à chaque résolution va correspondre une extension un peu plus dramatique de la situation.

Mais au bout du compte, tout problème trouvera sa solution, et tout se terminera bien.

 

Et comme nous sommes chez DeMille, nous avons droit à un parallèle historique (comme dans Manslaughter, et The 10 Commendments, le film suivant). Il s’agit plutôt d’un parallèle préhistoirique, l’intrigue moderne étant transposée à l’âge des cavernes. On y retrouve les différents protagonistes de notre intrigue dans une histoire de peau de bête et de mélodie enchanteresse et qui débauche les familles. Le tout avec des intertitres qui ressemblent à des gravures sur pierre. En prime, la présence de Julia Faye qui amène le malheur dans cette drôle d’histoire

Bref, on est bien chez DeMille, et on sourit de la naïveté de cette reconstitution.

 

Quoi qu’il en soit, on ne s’ennuie pas dans cette histoire d’infidélité – non consommée – où DeMille montre encore une fois toute l’étendue de son talent de metteur en scène : des plans de coupe focalisés sur les mains ou encore un reflet dans un poudrier…

DeMille, quoi.

 

 

  1. Jeu de mots sur les noms de territoires balkaniques : Moravia & Romania (Roumanie).
  2. la côte d’Adam : celle qui permit à Dieu de créer Eve, avec tout ce que cela comporte de calamité.
  3. Jaromir est-il autre chose ?

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