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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

cedric jimenez

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Cédric Jimenez
Novembre (Cédric Jimenez, 2022)

 

Vendredi 13 novembre 2015.

Une journée ordinaire se termine. Et pour certains, c’est même la fête : l’équipe de France de football joue au Stade de France, et les Eagles of Death Metal au Bataclan.

C’est au SDF que tout commence : trois terroristes se font exploser pendant que le match se poursuit.

Après, ce sera un commando qui va tuer des gens en terrasse de cafés, et un dernier pour les spectateurs du Bataclan.

Au total, 130 morts et 413 blessés. Il s’agit de l’une des rares fois où l’actualité m’a fait pleurer. Que voulez-vous, je suis sensible…

Le président (François Hollande) s’exprime, pendant qu’en coulisse la police anti-terroriste s’affaire, dirigée par Fred (Jean Dujardin) et Héloïse (Sandrine Kiberlain).

 

Encore une fois, Cédric Jimenez exploite un sujet d’actualité qui, 10 ans après, n’est pas près d’être oublié. Il faut dire que cette année 2015 a été marquée par les attentats islamistes : commencée le 7 janvier avec l’assassinat des membres de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher (je n’oublie pas Ahmed Merabet & Clarissa Jean-Philippe), elle se termine par une tuerie de masse.

Mais là où Jimenez est habile, c’est de ne rien montrer véritablement de l’horreur : seuls quelques victimes hospitalisées sont (à peine) montrées : juste de quoi donner quelques éléments pour l’intrigue.

 

Parce que nous sommes au cinéma, ne l’oublions pas. Dès l’ouverture, d’ailleurs, nous sommes prévenus : c’est une fiction. Inspirée de faits réels, certes, mais ce n’est pas la vérité. D’ailleurs, cela ne nous intéresse pas.

Par contre, ce qui est vrai, c’est qu’à nouveau Jimenez rend hommage aux forces de l’ordre qui ont opéré pendant les cinq jours qui ont suivi, découpant son film avec l’intertitre « NOVEMBRE », suivi du numéro du jour.

Et si Fred& Héloïse sont identifiés comme « héros » du film, c’est avant tout le travail des gens de l’ombre qui est ici exposé : infiltrés, anonymes…

On découvre progressivement le filet tendu par cette brigade dans les milieux islamistes.

 

Mais ces héros de l’ombre restent tout de même humains. Ils doutent et surtout se trompent. C’est le cas ici d’Inès (Anaïs Demoustier, formidable elle aussi) qui fait fi de la procédure pour privilégier l’initiative personnelle, avec le risque d’annuler toute l’action. Et cette précipitation va aussi se retourner contre elle quand un témoin spontané va se présenter : la méfiance engendrée par sa première « intuition » n’est pas étrangère au temps perdu à prendre au sérieux la jeune femme (Lyna Khoudri).

 

Au final, on a un film, encore une fois très bien ficelé où les différents protagonistes ne sont pas des personnes extra-ordinaires mais bel et bien des humains, avec leurs forces, mais aussi, heureusement (?), leurs faiblesses.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Cédric Jimenez, #Gilles Lellouche
BAC Nord (Cédric Jimenez, 2020)

Greg Cerva (Gilles Lellouche) est incarcéré. Jusque là, rien de bien spectaculaire. Ca le devient quand on sait que ce même Cerva est policier. Brigadier, même. IL travaille en équipe avec Yass (Karim Leklou) et Antoine (François « D’Artagnan » Civil) à la BAC Nord (d’où le titre). Ce sont de bons flics, sauf que la hiérarchie en a marre de la casse : à chaque intervention dans une cité, ils sont insultés et surtout agressés, leur(s) voiture(s) portant les marques de la violence générée. Et ça coûte cher.

Mais finalement, le préfet décide d’une opération de prestige et c’est Cerva qui va s’en occuper, sous couvert de sa hiérarchie.

Enfin jusqu’à un certain point…

 

« Faudra que je vous raconte un jour tout ce que j’ai été obligé d’inventer pour pouvoir faire normalement mon boulot de flic. » C’est Verjeat (Lino Ventura) dans Adieu Poulet (Pierre Granier-Deferre, 1975) qui parle. Et ce qu’on peu dire des méthodes de Cerva, c’est qu’elles ont un petit goût de déjà entendu…

Parce que pour faire son métier, Cerva n’est pas toujours regardant, tout comme ses deux collègues. Mais ils savent s’arrêter à temps, ne franchissant pas la limite de la corruption. Et le film de Cédric Jimenez montre très bien le non franchissement de cette frontière pourtant ténue. Il filme des flics ordinaires, dans des situations quotidiennes qui leurs sont routinières : ils font leur boulot et c’est tout. Et le basculement aura lieu quand le préfet va vouloir faire un coup de com’.

 

Alors oui, ils vont franchir un peu plus la ligne, mais pour quels résultats ? Ces résultats viennent en deux temps : l’opération avec sa mise en place puis les conséquences qui vont déborder largement au-delà des quartiers nord de Marseille.

On notera la très bonne utilisation des archives en rapport à cette affaire de 2012, mais surtout, on appréciera les prestations du trio vedette, avec surtout un Gilles Lellouche formidable (encore une fois), dans le rôle de ce flic désabusé, dont la vie personnelle semble vide une fois qu’il se retrouve seul chez lui. Les deux autres policiers ont quelqu’un qui les attend : pour Yass, c’est Nora (Adèle Exarchopoulos) qui est enceinte et va bientôt accoucher, et pour Antoine, c’est son chien. Pour Greg, on ne sait rien. Ou alors un paquet de cigarettes. On comprend mieux alors son engagement dans la police et surtout sa désillusion.

 

Et bien sûr, quand les choses vont se compliquer, ces trois policiers vont se sentir bien seuls face à l’IGPN (1) et son inspecteur (Jean-Yves Berteloot) : une solitude qui n’est pas sans rappeler celle d’autres fonctionnaires face à leur hiérarchie… D’autant plus qu’on utilise la célèbre expression « pas de vague » qui nous ramène bien sûr à l’actualité de ces derniers.

Et ce qu’on peut dire de ce film, c’est qu’il nous a présenté une vision plutôt réaliste de ce métier, n’évitant hélas pas les récupérations nauséabondes habituelles. Et si on doit rapprocher le film de Jimenez, c’est Polisse (Maïwen, 2011) qui vient en tête tant le réalisme est présent dans cette intrigue. D’ailleurs, nous avons droit très souvent à une caméra au cœur de l’action, sur l’épaule ou non, ce qui accentue beaucoup le travail de ces hommes.

 

Bref, un film solide et bien ficelé, mené tambour battant sans pour autant faire tourner la tête, et surtout un Cédric Jimenez qui ne refait pas ses erreurs du film précédent et reste au plus prêt de son sujet. C’est bien filmé, et toujours près de l’action, ne laissant – cette fois-ci – aucune zone d’ombre dans cette histoire pas si simple que ça.

Comme quoi, la police, ce ne sont pas toujours des hommes qui matraquent des manifestants…

 

  1. Inspection Générale de la Police Nationale.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cédric Jimenez, #Guerre
HHhH (Cédric Jimenez, 2017)

« Himmlers Hirn heiβt Heydrich » (1).

Telle est la signification qui se cache derrière ces quatre H expirés (2) : un portrait succinct mais tellement vrai de cette immonde personne.

Parce que Heydrich était un être extrêmement mauvais : situé juste au-dessous de Himmler dans la hiérarchie nazie, il possédait une intelligence qui le situait largement au-dessus de son supérieur qui, ne l’oublions pas était avant tout un éleveur de poulets. Himmler sera d’ailleurs le seul haut dignitaire du parti que nous verrons, si nous écartons Röhm qui ne fait que deux très courtes apparitions (Ian Redford).

 

Le film est en trois parties de longueurs variables mais donnent une structure ternaire qui n’est pas sans rappeler la forme d’une dissertation : thèse – Heydrich - ; antithèse (Gabcík & Kubiš) ; synthèse – la confrontation et ses conséquences.

Tout commence le matin du 27 mai 1942, jour de l’attentat. C’est une journée comme toutes les autres pour Heydrich (Jason Clark), si ce n’est sa prolongation funeste. C’est lors de l’intervention du premier tueur - Jozef Gabcík (Jack Reynor) – que l’image se fige une première fois et le film nous ramène 13 ans plus tôt, quand Heydrich était un membre de la marine allemande : officier, sportif et mélomane averti. Suit son ascension irrésistible, dirigée dans un premier temps par sa femme Lina (Rosamund Pike), avant qu’il s’en affranchisse et devienne « Protektor » de Bohème-Moravie, puis au jour de l’attentat.

La sten de Gabcík ne fonctionnant pas, c’est Ian Kubiš (Jack O’Connell) qui prend le relais, balançant une grenade artisanale qui se fige à son tour, laissant place à la deuxième partie nous racontant comment cet attentat fut organisé, de l’Angleterre (où les deux hommes s’étaient réfugiés jusqu’à Prague et ce même matin de mai.

Quand on arrive au 27 mai, la troisième partie débute et ne se terminera qu’à la fin définitive de l’opération : la mort de tous ces protagonistes, ainsi que les victimes collatérales.

 

On a reproché à Cédric Jimenez des approximations dans le film, qu’elles soient historiques ou géographiques. Mais n’oublions jamais que nous sommes au cinéma et que la base de l’intrigue tient dans le roman éponyme de Laurent Binet (2010) : si on remarque des efforts de vraisemblance, on ne peut pas éviter une certaine distance quant aux personnages historiques.

Une chose ressort tout de même : c’est que Heydrich était un énorme salaud (euphémisme) et que son implication dans la solution finale fut l’une des raisons pour lesquelles ce fut un véritable massacre. Heydrich était doué en tout, même en crime.

Et c’est peut-être ça qu’on peut reprocher à Jimenez dans le film. Il me semble que mettre les deux Tchécoslovaques au même plan que l’Allemand n’a pas été une si bonne idée. Heydrich est très certainement l’un des pires criminels nazis, et son rapport à la mort directe aurait gagné à être plus développé. Tout comme ses rapports avec sa hiérarchie et surtout Hitler. Ce dernier est certainement le grand absent du film. Si Himmler (Stephen Graham à contre-emploi dans un rôle d’affreux) est présent, on aurait pu avoir les interventions des autres dignitaires et leurs avis quant aux directives de Heydrich. De même, les effets de ses décisions auraient pu aussi être plus développés. En fait, peu d’interventions directes nous sont montrées : la Nuit des Longs Couteaux est une succession de surimpressions rythmées par le son des coups de feu ; les Sonderkommandos sont brièvement montrés, mais surtout, la Conférence de Wannsee est trop brève et n’explique pas assez en détail ce qui a été décidé.

 

Il n’en demeure pas moins que le portrait d’Heydrich est assez fidèle à l’esprit de cet homme extra-ordinaire. De plus, Jimenez nous montre que ce personnage abject avait une vie privée : une femme, des enfants (une maîtresse ?), un goût prononcé pour la grande musique. Quelqu’un qui semble tout à fait ordinaire. Comme n’importe qui. Cet aspect « humain » du personnage est d’ailleurs toujours présent chez les autres Nazis (3).

Quoi qu’il en soit, le film de Jimenez se base sur une distribution sérieuse où les acteurs sont convaincants et donne tout de même un bon aperçu de Prague à cette période ainsi que de la malfaisance de Heydrich, rarement évoquées dans les écoles autres que tchèques ou slovaques.

 

Je terminerai en rappelant que cet événement fut traité déjà en temps de guerre par Fritz Lang, dans lequel il nous montrait l’impact de la répression allemande faisant suite à l’attentat. Ici, ce même thème est traité dans la troisième partie avec des images violentes qui n’étaient que suggérées : l’époque n’admettait pas une telle débauche de violence, et surtout, les circonstances réelles de cet attentat furent connues beaucoup plus tard.

 

Mais Jiménez ne termine pas sur une note macabre – tout le monde ou presque est tué. En effet, sa toute dernière séquence amène un léger sourire au spectateur.

Je vous laisse la découvrir.

 

 

PS : Joyeux Noël !

  1. Le cerveau de Himmler s’appelle Heydrich.
  2. Comme le disait mon professeur de linguistique, on expire le H, il est interdit de l’aspirer, même pour raisons médicales…
  3. Lire, à ce sujet, La Mort est mon métier (Robert Merle, 1952), où sont rapportées les pseudo-mémoires de Rudolf Höβ, commandant d’Auschwitz-Birkenau.

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