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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

clara bow

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Wesley Ruggles, #Clara Bow
Quand on a vingt Ans (The plastic Age - Wesley Ruggles, 1925)

Irrésistible !

Pour le spectateur, comme pour Hugh Carver (Donald Keith), Cynthia Day (Clara « It » Bow) est absolument irrésistible.

 

Hugh vient d’arriver à l’université de Prescott où il est attendu impatiemment par le professeur de sport (David Butler) : Hugh est un formidable athlète comme le prouvent ses résultats de l’année passée. Seulement, loin de papa (Henry B. Walthall) et maman (Mary Alden), les tentations sont fortes et surtout sans véritable frein. Et encore plus quand elles s’appellent Cynthia Day !

Alors Hugh commence à sortir, fumer, boire… Et ne plus étudier !

Vertement tancé par son père, et quitté par Cynthia, il ne reste plus qu’à travailler et s’entraîner.

 

Certes, ce n’est pas un grand film que celui-ci mais il a l’avantage d’avoir Clara Bow dans sa distribution (son quinzième film de 1925, décidément son année !). Parce que du côté de l’intrigue, c’est tout de même un peu léger : elle est complètement prévisible du début à la fin (heureuse, évidemment). Non, l’intérêt est ailleurs, dans une tentative de description d’une certaine jeunesse américaine : celle qui a les moyens d’étudier (enfin surtout celle dont les parents les ont pour l’envoyer là-bas). Et parlons-en des études : la seule fois où  nous voyons Hugh se concentrer sur son travail, ça ne dure pas une minute, puisqu’il ne pense qu’à Cynthia. Pour le reste, on ne voit qu’un seul professeur (voir plus haut), difficile donc de deviner ce que Hugh est venu étudier.

 

Par contre, on comprend vite que la seule chose qui compte, ce sont les résultats sportifs et si Hugh est tancé, c’est avant tout parce que ses résultats à la course (sa spécialité) sont catastrophiques : il arrive bon dernier !

Mais nous savons tout des à-côtés des étudiant : l’organisation en confréries avec bizutage (soft, rassurez-vous) obligatoire ; les différents statuts – Freshman (1ère année), Sophomore (2ème année), Junior et enfin Senior (3ème et 4ème années) ; les sorties dansantes plus ou moins arrosées ; et les compétitions sportives (la course et le derby contre l’école voisine de Tremont). Pour les matières enseignées, rien n’est absolument prévu : personne ne rentre jamais dans une salle de classe !

 

Si le film semble nous montrer ce qu’est la vie d’étudiant, il est tout de même rattrapé par l’actualité des spectateurs : alors que Hugh et Cynthia vont danser pour la dernière fois (elle va le quitter juste après), la police décide d’effectuer une descente dans le dancing. Eh oui, c’est toujours la Prohibition et on aura droit alors à une bouteille de gnôle suspecte (la gnôle, pas la bouteille) qu’une cuisinière noire va rapidement escamoter sous ses habits et un passage secret réservé au personnel que va emprunter le couple pour se tirer de ce mauvais pas.

 

Ce film est aussi l’occasion de découvrir un jeune figurant (trois ou quatre fois) de vingt-quatre ans parmi les athlètes : Clark Gable.

Mais pour ce qui est des films universitaires, on préférera tout de même l’université où officie le professeur Kelp (1)…

 

  1. The nutty Professor (1963)

 

Clark Gable & Gilbert Roland

Clark Gable & Gilbert Roland

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Dallas M. Fitzgerald, #Clara Bow
My Lady of whims (Dallas M. Fitzgerald, 1925)

Cette « dame capricieuse » (1), c’est Prudence « Prue » Severn (Clara Bow), une jeune femme un brin bohème (elle habite Greenwich Village), qui partage son habitation avec une autre artiste, Wayne Leigh (Carmelita Geraghty), et surtout qui est sûre de son charme. Riche héritière, elle mène la grande vie, de fêtes en bals costumés. Son père et sa sœur voudraient bien qu’elle revienne chez eux et pour cela envoient différentes personnes pour la récupérer. Peine perdue.

C’est au tour de Bartley Greer (Donald Keith) d’essayer. Y parviendra-t-il ?

Bien sûr, sinon il n’y aurait pas de film.

 

Il est clair qu’il ne s’agit pas du film phare de 1925, mais il vaut surtout pour la prestation de sa star, Clara Bow. Nous sommes bien loin de ses débuts où elle n’était qu’une actrice de second plan (Down to the Sea in ships, 1923), mais en deux ans, elle a réussi à s’imposer et surtout se mettre en valeur. Et ici, c’est bien entendu son corps qui a fait couler beaucoup d’encre (encore !) : sa robe de soirée un tantinet transparente et très échancrée (2) dans le dos a suffi. Elle est devenue un sex-symbol de premier plan. Malheureusement pour elle, le compte a rebours a lui aussi commencé et dans huit ans, elle disparaîtra des écrans. Hélas, encore une fois.

 

Je le répète, il s’agit d’un petit film, et la distribution le confirme : le jeune premier est un acteur de second plan qui a pour seul avantage une belle gueule. Pour le jeu, on préférera son compère dans le film, Lee Moran (Dick Flynn ici) dont le rôle de faire valoir dépasse celui qu’il devait mettre en valeur. Sa facilité à sortir son pistolet et sa relation avec Wayne Leigh pimentent ce film qui n’aurait pu être qu’un mélodrame bourgeois. Pendant que Prudence s’amuse dans des fêtes huppées, ce couple singulier lui va boire de la bière dans des endroits louches où on dans certes, mais où on se bagarre aussi !

Bref, ce couple est le négatif de l’autre, surtout que Prudence » a bien compris le jeu de Bartley et ne compte pas se laisser faire.

 

Mais si Clara Bow interprète une femme un brin scandaleuse, nous ne sommes qu’en 1925 et la morale doit trouver son compte : la belle Prudence va tout de même rentrer dans le rang, encore que pas complètement (3). Le subterfuge pour y arriver est d’ailleurs un peu bancal, la fin ne justifiant pas toujours les moyens.

Quoi qu’il en soit, on retrouve avec beaucoup de plaisir la belle Clara dans cette comédie légère (autant que ses habits) et surtout on savoure son jeu mutin et bien sûr son physique…

 

  1. Traduction possible du titre original
  2. A part celle de Mireille Darc dans Le grand Blond avec une chaussure noire, je ne connais pas de robe qui puisse rivaliser.
  3. Je vous laisse découvrir comment, je ne vais pas tout vous raconter tout de même !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Elmer Clifton, #Clara Bow
Le Harpon (Down to the Sea with ships - Elmer Clifton, 1923)

Nouvelle Angleterre, XIXème siècle.

Charles Morgan (William Walcott) est un riche armateur de baleinier. Il a une fille, Patience (Marguerite Courtot) et une petite fille « Dot » (Clara Bow), la fille de son fils disparu en mer.

Détail important : Morgan et sa famille vivent dans une communauté de Quakers aux règles évidemment strictes.

Patience elle, est amoureuse de Thomas Dexter (Raymond McKee) son voisin avec qui elle a grandi. Mais ce dernier n’est ni un Quaker, ni un baleinier : le vieux Morgan ne veut donc pas de lui pour sa fille.

Mais Thomas a de la ressource.

 

Dès l’ouverture du film, on est prévenu : c’est avant tout un produit cinématographique dû aux différents cameramen. En effet, les prises de vue furent réalisées en pleine mer, pendant le travail de véritables baleiniers.

On trouve donc des plans au plus près de l’action, soit directement sur le bateau soit à côté, ce qui explique certains mouvements des caméras.

Et cette pêche à la baleine est bien entendu le clou du film.

 

Bien entendu, un tel film serait impossible de nos jours, les baleines bénéficiant d’une certaine protection (que des pêcheurs peu scrupuleux choisissent d’ignorer). En effet, les baleines (ici, c’est plutôt un cachalot) sont chassées pour leur huile, véritable mine d’or pour les pêcheurs* (et donc leur patron le vieux Morgan).

Alors on ne s’embarrasse pas de détails pour cette pêche, le résultat étant la seule chose intéressante pour ces marins. On les voit donc harponner indifféremment toute sorte de gros poissons pendant leur périple en mer : cela passe bien entendu par les dauphins qui font améliorent grandement leur ordinaire culinaire…

 

Mais comme le dit mon grand ami le professeur Allen John, on ne peut pas faire un film seulement sur la pêche, les spectateurs ne venant pas seulement pour voir des hommes travailler. Ils ont besoin d’un autre élément d’intrigue avec lequel ils peuvent, d’une certaine façon, s’identifier : on a alors une double intrigue sur terre et sur mer avec conspiration et traîtrise à la clé.

Le méchant ici est Jake Finner, un bon à rien sans foi ni loi, aidé d’un personnage fourbe : Samuel Siggs, un métis d’origine chinoise, et de confession bouddhiste.

Ces deux infâmes personnages vont intriguer chacun sur son élément : Finner en mer et Siggs sur terre. Leur noir dessein étant de s’approprier l’affaire de Morgan pour l’un (Finner) et sa fille pour l’autre.

Mais heureusement Thomas veille et nous assurera une fin heureuse.

 

Elmer Clifton nous propose ici une belle production autour de la pêche en mer. On y retrouve la patte griffithienne dans le traitement de l’histoire ainsi que dans le sauvetage de dernière minute (à la fois physique et moral). Il faut dire que Clifton a fait ses classes chez le grand maître, alors ça aide.

Sa façon de traiter la pêche à la baleine est empreinte du même souci de vraisemblance : Raymond McKee étant réellement sur un bateau pendant le tournage qui se fit en mer, au large de la Nouvelle Angleterre.

Et cette pêche particulière est magnifiquement montrée, toujours au plus près, avec les bons et les mauvais côtés de cette activité : la joie des marins d’avoir trouvé un cachalot contrebalancée par les difficultés à le ramener à bord, avec les dangers inhérents au milieu aquatique: on suit alors un esquif (pas du tout frêle) qui est tiré par le géant des mers, pour lequel les marins devront tout de même payer un tribu, accompagnés qu’ils ont dans leur quête par les requins (qui ont déjà le mauvais rôle !).

 

Et puis il y a Clara Bow. Voilà. C’est tout.

Elle n’est alors qu’une débutante (elle a tout juste 17 ans pendant le tournage) et se comporte comme telle : pas de tenue ni d’attitude provocantes, elle a plutôt un rôle utilitaire contribuant à détendre l’atmosphère.
Mais elle est déjà très belle…

 

* cf. Moby Dick (Herman Melville, 1851)

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Frank Tuttle, #Clara Bow
Kid Boots (Frank Tuttle, 1926)

Samuel « Kid » Boots est un jeune apprenti tailleur aux oreilles plutôt visibles.

Le même jour :

  • il est renvoyé de son boulot ;
  • il rencontre la belle Clara McCoy (Clara Bow) de qui il tombe éperdument amoureux ;
  • il rencontre aussi le terrible Big Boyle (Malcolm Waite) qui deviendra très rapidement son ennemi mortel ;
  • il rencontre enfin Tom Sterling (Lawrence Gray qui est en procédure de divorce d’avec Carmen Mendoza (Natalie Kingston) qui ne veut pas le laisser partir (encore une histoire d’argent…).

Et en deux jours, toutes ces intrigues doivent être résolues !

 

Il s’agit ici des débuts au d’Eddie Cantor, qui venait de triompher dans la pièce dont est tiré le film. A ses côtés, on retrouve la magnifique Clara Bow, alors vedette incontestable et qui allait bientôt triompher dan It.

Nous sommes dans une comédie malheureusement fort méconnue en France, les trois grands génies (Chaplin, Keaton et Lloyd) ayant un peu éclipsé les autres productions comiques américaines comme, par exemple, Rubber Tires dont j’ai déjà parlé. Quel dommage !

 

Nous assistons à une comédie plutôt débridée (comme on dit) où tout est prétexte à gags, à commencer par les intertitres de George Marion Jr. Eddie Cantor possède la souplesse de Keaton, le courage des personnages de Lloyd (même si avec Big Boyle, c’est plus difficile) ainsi que parfois la malhonnêteté du vagabond de Chaplin. Et en plus, il a de magnifiques oreilles, sujet du premier gag du film (allez le voir !).

 

On retiendra parmi les nombreuses séquences comiques le rendez-vous autour d’une tasse de thé – où  Kid Boots décide de jouer un tour à Clara (tour qui se retourne évidemment contre lui) – où Eddie Cantor exprime pleinement son talent.

D’ailleurs, à chaque situation, toutes les possibilités comiques sont exploitées à fond (parfois un peu trop, peut-être).

 

Et le résultat est d’une très bonne facture, qui ne démérite pas, si on compare le film avec ceux des trois géants susnommés :

L’intrigue, compliquée, basée sur les ressorts du vaudeville et du quiproquo, se dénoue très bien ; les interprètes sont à la hauteur ; les femmes sont jolies (ce qui ne gâche rien) ; et surtout, on rit beaucoup.

 

Avec une petite réflexion qui m’est venue à la toute fin du film : ils sont mariés, certes, mais jusqu’à quand ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Dorothy Arzner, #Clara Bow
Il faut que tu m'épouses (Get your Man - Dorothy Arzner, 1927)

C’est un grand jour pour deux grandes familles françaises : ce sont les fiançailles de Robert (Charles Rogers), fils du duc d’Albin (Josef Swickard), avec mademoiselle Simone (Josephine Dunn), fille du marquis de Valens (Harvey Clark).

Mais Charles doit avoir sept ans (David Durand, qui interprète le garçon a eu sept ans cette année là), alors que Simone est un bébé !

Dix-sept ans plus tard, cet engagement est toujours d’actualité. Sauf que les goûts des deux jeunes gens ont évolué, et surtout, Robert a rencontré une jeune Américaine, Nancy Wothington (Clara Bow) avec qui le courant passe vraiment très bien…

Mais le mariage doit avoir lieu très, très bientôt…

 

Six mois (environ) après, on retrouve le couple vedette de Les Ailes (william Wellman), dans une nouvelle comédie où, là encore, Charles « Buddy » Rogers est mal apparié, et Clara Bow essaie de le conquérir. Mais cette fois-ci, ce n’est pas le jeune homme qu’elle doit convaincre. De plus, Rogers n’est pas le jeune naïf qu’était Jack Powell.

 

Le titre original, Get your Man (« Attrape ton bonhomme »), est non seulement mal traduit* (encore une fois) mais en plus résume très bien l’intrigue : oui, il est question de mariage, mais c’est plutôt comment on y arrive qui est le plus intéressant. Et surtout, c’est une des répliques de Nancy à Simone, l’encourageant à choisir son véritable amour.

Parce que tout le sel de la comédie réside dans la volonté d’annuler ce mariage arrangé, afin que les deux jeunes gens puissent épouser l’élu(e) de leur cœur.

 

Bien entendu, il s’agit d’un rôle sur mesure pour Clara Bow : elle y est espiègle, mutine et séduisante, le tout rehaussé d’une pointe d’hypocrisie. Mais c’est bien connu : « à l’amour comme à la guerre, tous les coups sont permis ».
Il faut dire qu’elle est tout le contraire de Simone : brune alors que l’autre est blonde, exubérante quand l’autre est réservée, et surtout habillée court quand Simone ne laisse dépasser que le strict minimum autorisé (la différence est flagrante dans la scène de nuit où Nancy porte un négligé quand Simone a revêtu une chemise de nuit austère et couvrante).

 

Mais si Clara est toujours aussi belle, Nancy n’est pas seulement un objet de désir. Elle sait se montrer « à la hauteur », comme on dit, batifolant avec Valens père afin de faire capoter ce mariage arrangé. C’est aussi une bouffée d’air frais dans un microcosme guindé et strict ; non seulement elle casse l’étiquette, mais en plus, tout le monde lui en sait gré. D’une certaine façon, elle représente cette jeune Amérique amenant un souffle de modernité sur le vieux Continent.

 

Et tout ceci ponctué de gags subtiles (on est en 1927 !) où Clara Bow étale son talent : les rencontres successives, le marivaudage avec le marquis, et surtout le moment où elle joue son futur rôle de belle-mère de Robert. Un régal.

 

Malheureusement, il s’agit d’une version où la pellicule est fort abîmée, voire tronquée : on passe du musée de cire au château de Valens sans raison apparente, les rencontres répétées de Robert et Nancy étant escamotées ; certains moments du film sont dans un tel mauvais état qu’on ne voit plus rien, seulement un écran noir.

 

 

* D’un autre côté, la pièce originale (de Louis Verneuil) dont est tiré le film, s’intitule Tu m’épouseras ! Elle fut créée en février de cette année-là à Paris…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Clarence Badger, #Muet, #Clara Bow, #Comédie

Sept ans après The Flapper, voici un nouveau mythe qui débarque : It (« ça »).

Qu’est-ce que it ?

Ce n’est pas bien clair, malgré les explications (trois fois) de Mme Elinor Glyn, créatrice du terme.

Mais si on cherche bien, on pourrait parler de ce que les Français appellent le Charme, avec jusque ce qu’il faut de sex-appeal.

Et là, Betty Lou Spence en a à revendre. C’est bien simple, c’est la fille it.

Mais c’est facile, puisque Betty Lou Spence, c’est Clara Bow.

Elle est le charme personnifié. Elle a tellement de it en elle qu’elle EST it.

Betty travaille dans le grand magasin de Mr Waltham. Elle vend du tissu, et doit parfois se battre avec les clientes revêches.

Cyrus Waltham (Antonio Moreno) a pris la succession de son père. C’est son premier jour. Il est accompagné de son fidèle grand ami Monty (William Austin), un dandy oisif à la recherche de la perle rare : la fille it !

Il n’y a pourtant pas besoin d’aller la chercher bien loin : elle est au rayon textile ! Mais à chaque fois que Cyrus se trouve en présence de Betty, il ne la regarde pas. Ce qui est un peu normal, elle n’est qu’employée.

Par contre, elle n’échappe pas à Monty qui entame une cour auprès d’elle.

Mais Betty n’a qu’un seul but : conquérir Cyrus. Elle va donc utiliser le très consentant Monty pour y parvenir.

Clara Bow, comme Olive Thomas ans le film éponyme, est une flapper. Mais cela va plus loin. Il y a, dans le personnage de Betty, une assurance et une force que ne connaît pas obligatoirement la flapper. Il y a en plus une innocence, voire de la naïveté chez Olive Thomas ou Colleen Moore, qui n’est plus là chez Clara Bow. La scène dans laquelle elle protège son amie menacée des se voir retirer son fils par les dames patronnesses et caractéristique de cette assurance et de cette force. Elle prend sur elle d’affirmer que cet enfant est sien et qu’il n’a pas de père (un scandale en 1927 !).

Cyrus, dès qu’il lève la tête sur Betty tombe sous son charme. C’est là qu’est le coup de foudre du titre français. Encore un titre malheureux, tiens… Car un coup de foudre ne dure pas, alors que Cyrus tombe de façon irrémédiable sous le charme de Betty : il ne peut la réprimander après avoir éconduit une cliente acariâtre ; sur son bateau, il ne peut détourner son regard de cette femme moitié nature, moitié lascive qui se prélasse sur le bastingage.

Et il faut dire que Clara Bow est irrésistible. Même aujourd’hui, on ne peut rester insensible à cette façon qu’elle avait de se tenir, de lancer des regards… Bref, elle était It, et même plus encore !

[En prime, un jeune acteur au regard de velours, bourré lui aussi de it, qui s’épanouira dans la décennie suivante : Gary Cooper !]

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