Charles Duchemin (Louis de Funès) est le directeur des guides du même nom, ceux qui font la pluie et le beau temps sur la cuisine française.
Il visite, note et attribue les précieuses étoiles qui font la renommée de la gastronomie française. Alors bien évidemment, il fait des jaloux et surtout un de ses concurrents les plus farouches : Jacques Tricatel (Julien Guiomar). Ce dernier est le représentant de ce que nous appelons aujourd’hui la « malbouffe », et nourrit des millions de personnes via ses restaurants d’entreprises et autre relais autoroutiers.
Qui de ces deux géants de la nourriture va l’emporter sur l’autre ? Philippe Bouvard (lui-même) va trancher.
Voilà cinquante ans que le film est sorti et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il reste, malheureusement d’actualité. Mais pas dans le sens où on le croyait à l’époque : la malbouffe l’a emporté (dans la plupart des endroits) et si Tricatel reste un nom fictif, on n’en pense pas moins à un autre Jacques dont le nom se termine en « el », et qui proposait déjà de la nourriture loin des standards dont Duchemin est le parangon. Lui aussi a un nom qui en rappelle un autre en « in ».
Mais ce qui est avant tout un modèle de société – surtout en France, pays de la gastronomie – reste ici au niveau de la comédie, spécialité de Claude Zidi. Et nous sommes gâtés ? Parce qu’en plus d’une intrigue propice aux gags, ce sont deux grands noms de la comédie française qui se rencontrent pour notre plus grand plaisir : Louis de Funès, donc et Michel Colucci (Coluche). Si l’un représente la comédie traditionnelle du cinéma français, Coluche, pour sa part, représente la nouvelle génération : pas étonnant donc qu’on trouve des gens comme Martin Lamotte (Roland), Marie-Anne Chazel (une des convives au repas du cirque) ou encore Gérard Lanvin (un des clients du café) !
La gageure était de taille : réussir à faire se rencontrer deux monuments du rire aussi différents l’un de l’autre est déjà un exploit, mais réussir en prime le film en est un autre. Certes, à sa sortie, certains milieux bien pensants on eu tendance à conspuer cette nouvelle comédie de Zidi – je ne cite personne mais il me semble que ça pourrait se terminer par « rama » – il n’empêche que le duo fonctionne à merveille et on s’amuse du talent comique des deux protagonistes principaux.
Bien entendu, De Funès se retrouve à la tête d’un film bien français, encore une fois, mais ce sujet, somme toute grave, déborde du cadre purement hexagonal et coïncide pleinement avec l’actualité gastronomique mondiale : la restauration rapide se répand dans le monde entier et il ne va pas falloir attendre bien longtemps avant qu’une marque au M jaune s’installe en France, avec ses steaks hachés en sandwiches (1), et son clown (encore un) qui n’est pourtant pas à la Maison Blanche…
Alors on en reprend : l’aile, la cuisse et puis tout le reste, avec beaucoup de bonheur.
Et au bout d’une quinzaine de fois (plus certainement), je n’arrive pas à m’en lasser…
- La manière de fabriquer du steak haché par l’entreprise Tricatel est inoubliable, même si un tantinet exagéré : n’est-ce pas le propre de la comédie que d’accentuer les effets ?
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