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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

comedie

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Comédie, #Jean Girault, #Louis de Funès
Jo (Jean Girault, 1971)

Jo (voix de Roger Lumont) est un maître-chanteur de la pire espèce. Parmi ses clients se trouve Antoine Brisebard (Louis de Funès). Ce dernier a déjà payé et ne peut plus. Il ne lui reste alors qu’une solution : éliminer cet infâme.

Le soir, Jo se pointe chez Brisebard, à son invitation, et se fait tuer par ce dernier.

Sauf que l’inspecteur Ducros (Bernard Blier) apprend à ce même Brisebard que Jo a été éliminé par ses complices.

Qui a donc été tué par Brisebard, et se trouve enterré sous la gloriette (1) ?

 

1971 est une année cinématographique faste pour Louis de Funès : entre Sur un Arbre perché (Serge Korber) et La Folie des grandeurs (Gérard Oury), on trouve cette adaptation d’une pièce de théâtre (1) à l’intrigue policière déjà adaptée au cinéma en 1960 (2). Et bien que ce film soit réalisé par Jean Girault, on peut le considérer comme l’un des meilleurs de l’acteur. De Funès est encore une fois impérial, enchaînant mimiques et paroles inaudibles, situations improbables et visuelles comiques… Bref, du grand art.

Mais il faut dire qu’il a à ses côtés deux pointures : entre Claude Gensac (Sylvie) qui interprète à nouveau son épouse et Bernard Blier, nous sommes en très bonne compagnie. Sans oublier quelques têtes habituelles des films de la décennie et les familiers de Girault (Michel Galabru, Jacques Marin, Dominique Zardi…).

 

Bien entendu, tout le film repose sur de Funès et la proximité entre l’acteur et le réalisateur permet au premier de s’exprimer totalement. C’est un véritable raz-de-marée scénique, de Funès étant partout, courant de pièce en pièce, accumulant les situations périlleuses pour le plus grand plaisir du spectateur qui ne fut malheureusement pas toujours là à la sortie du film.

Et pourtant, il s’agit d’une de ses plus belles prestations, loin devant celles des sempiternels Gendarmes qui ont pourtant du succès.

Malheureusement, cette agitation permanente aura raison de lui : on comprend en voyant son jeu nerveux poussé à son paroxysme ; pourquoi il fit trois infarctus, le dernier se révélant fatal.

Bien entendu, Claude Gensac est toujours l’élément calme sur lequel ce personnage excité peut se reposer, même si l’intrigue ici a raison de la nonchalance habituelle de l’actrice.

Quant à Blier, encore une fois, il nous gratifie d’une performance impeccable, tenant tête à de Funès avec beaucoup de maîtrise.

 

Et le talent comique de de Funès s’exprime ici de nombreuses fois par son regard : s’il est la première personne que nous voyons au début du film, ce n’est pas lui qui prononce la première phrase. En effet, paralysé par le revolver qu’il tient, il est incapable de parler, et surtout de tirer ! Et l’aspect visuel de cette première séquence donne le ton pour le reste du film : tous les protagonistes vont jouer avec leur visage, passant du sourire au sérieux en un tournemain, et avec leurs regards exprimant magnifiquement l’indicible qui devient pourtant très compréhensible.

 

Et si Jo n’a pas eu le succès escompté, il participe tout de même au véritable retour en puissance – après quelques films de moindre facture – de l’acteur qui va enchaîner ensuite deux autres films de haut niveau : La Folie des grandeurs d’abord, et le phénoménal Rabbi Jacob ensuite.

Bien que Jean Girault ne soit pas considéré comme un grand cinéaste – ce qui se comprend tout de même un peu – on peut lui accorder un peu plus qu’un satisfecit pour cette comédie bien enlevée : à l’instar des grands qui se sont fourvoyés dans de sombres navets (3), on peut aussi trouver des petits cinéastes capables de grandes choses !

 

PS : Jacques Marin (Andrieux, un des policiers) était l’inspecteur Ducros lors de la création de la pièce de théâtre en 1964.

 

  1. Gloriette qui donne son titre à la pièce originale : The Gazebo (Alec & Myra Coppel, 1958).
  2. Un Mort récalcitrant (The Gazebo – George Marshall, 1959) avec Glenn Ford dans le rôle principal.
  3. Tobacco Road (John Ford, 1941), pour ne citer que celui-là…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Comédie, #Franck Dubosc
Un Ours dans le Jura (Franck Dubosc, 2024)

« Il n’y a pas d’ours dans le Jura. »

Ce précepte nous est exposé plusieurs fois : nous devons nous en convaincre.

Sauf que…

Sauf que des passeurs de drogue ont été poursuivis par un ours dans cette chaîne. Et surtout, ce même ours s’est retrouvé sur la route de Michel (Franck Dubosc), et que pour l’éviter, il est entré dans une voiture à l’arrêt dont la conductrice s’était arrêtée uriner.

Résultat : une morte. Enfin deux puisque un homme, paniqué par ce qu’il venait de voir, s’est empalé sur un arbre. Nous en sommes déjà à deux morts.

Avec en prime un sac qui contient deux millions d’euros…

Michel, et sa femme Cathy (Laure Calamy) ne sont pas au bout de leurs surprises… Tout comme Roland (Benoît Poolvorde), le major de gendarmerie locale, sur qui repose l'enquête…

 

Un film de Franck Dubosc.

Pour beaucoup, rien que le nom est rédhibitoire. Oui, j’en fais partie. Mais après la projection, mon jugement a évolué. Il faut dire que Dubosc nous entraîne dans une comédie grinçante et remplie d’humour noir, soutenue par une équipe d’acteurs à la hauteur de l’enjeu. Nous sommes bien lion de la comédie que d’aucuns qualifieront de « franchouillarde » Camping, et c’est avec beaucoup de plaisir que celle-ci s’apprécie. C’est une comédie d’accumulation – les morts s’empilent tout au long du film – et les principaux protagonistes, même s’ils reconnaissent leur culpabilité initiale, ont du mal à s’y retrouver et surtout à l’assumer.

Le tout pour le plus grand plaisir du spectateur qui s’amuse follement devant cette comédie où l’humour noir est omniprésent.

 

Bien entendu, Franck Dubosc est avant tout un acteur et son passage de l’autre côté de la caméra s’accompagne de l’indispensable : les interprètes ont la part belle. Dubosc est le premier bénéficiaire de cet état de fait, bien entendu, mais il adopte ici un rôle tout en retenue, laissant la place à Laure Calamy et bien sûr Benoît Poolvorde. Mais Dubosc maîtrise son sujet et ses interprètes. Pas de surjeu en vue et chacun reste dans son personnage. D’un autre côté, le scénario accumulant les éléments comiques n’offre que peu de place pour en rajouter.

Et c’est tant mieux !

On s’amuse du début à la fin, avec cette histoire plus qu’improbable – normal, nous sommes au cinéma – sans jamais se demander jusqu’où  tout cela va nous mener.

Une fin heureuse, évidemment.

 

Et nous y courons avec beaucoup de plaisir, oubliant l’accumulation mortifère qui s’étend à mesure que le film avance : nous approchons de la dizaine quand la commissaire (Anne Le Ny) siffle la fin de la partie (mais pas celle du film), en ce qui concerne l’enquête policière, cela va de soi.

Et au final, nous avons quelques morts (un détail) et de l’argent intelligemment distribué, si l’on oublie la part de Jean-Pierre (Christophe Canard), le curé qui n’oublie pas certaines pratiques ancestrales de l’Eglise…

 

Bref, s’il n’existe pas d’ours dans le Jura, celui-ci, malgré tout, nous permet de passer un très bon moment !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Comédie, #Victor Fleming, #Douglas Fairbanks
Cauchemars & Superstition (When the Clouds roll by - Victor Fleming, 1919)

Le docteur Metz (Herbert Grimwood) est un scientifique bien singulier. En effet, il a décidé, au nom de la science, de faire mourir un homme en l'acculant au suicide. Cet homme, c'est Daniel Boone Brown (Douglas Fairbanks). Ce dernier n'est certes pas un homme irréprochable, mais il ne mérite tout de même pas de mourir. Surtout de désespoir. Mais rien n'y fait, les malheurs s'accumulent au-dessus de sa tête. Il faut dire qu'il est très superstitieux et que le docteur en use voire abuse !

Pourtant, au milieu des nuages noirs qui s'amoncellent, Daniel Brown est près de toucher au bonheur : il a même rencontré Lucette Bancroft (Kathleen Clifford), aussi superstitieuse que lui et surtout très attirée par ce jeune homme athlétique et séduisant.

Mais le docteur Metz veille au grain et organise tout pour nuire à son « patient ».

 

Avec ce film, Victor Fleming gravit l'ultime échelon de sa carrière: il devient cinéaste. En effet, il s'agit de son premier film en tant que réalisateur, et pour une première, c'(est une belle réussite. Il faut dire que la présence de Douglas Fairbanks y est pour quelque chose. En effet, l'acteur est ici aussi à l'origine du scénario de TJG (Thomas J. Geraghty), fournissant l'idée de l'intrigue. Intrigue sur mesure, cela va de soi.

Et Fairbanks fait ce pour quoi il excelle : il douglasfairbankse joyeusement (nous sommes dans une comédie). Il bondit et se livre à moult exploits acrobatiques et athlétiques pour notre plus grand plaisir, dont un exploit qui ne sera réédité que 32 ans plus tard par Fred Astaire (Royal Wedding, 1951) : il marche sur les quatre plans d’une pièce !

Certes, c’est un rêve, mais il passe tout de même du sol au mur, puis du mur au plafond, avant de rejoindre l’autre mur et de retourner sur le sol. C’est absolument époustouflant, et cela ajoute à la couleur farfelue du film. Les rêves sont aussi une occasion d’utiliser de nombreuses techniques d’effets spéciaux avec en prime la présence de Bull Montana et son physique lui aussi particulier.

 

Mais si le film fonctionne aussi bien, c’est avant tout parce que les différents personnages sont aussi bien interprétés que définis. Si Fairbanks se taille la part du lion (normal !) les autres interprètes campent des personnes très stéréotypés (la jeune femme vertueuse, l’oncle irascible…) mais indispensable au fonctionnement de l’intrigue.

Et surtout, Fleming – grâce au travail de TJG – utilise trois types de méchant patentés :

-          Curtis Brown (Ralph Lewis), l’oncle irascible qui traite son neveu comme un moins que rien (il faut dire aussi que l’attitude de ce même neveu – toujours en retard – n’est pas spécialement susceptible de le rassurer) ;

-          Ulrich Metz : ce docteur particulier est on ne peut plus dangereux pour Daniel, mais heureusement pour ce dernier, une pirouette du scénario va l’éloigner de sa victime ;

-          Mark Drake (Frank Campeau) est celui qu’on peut considérer comme le véritable méchant de l’intrigue : fourbe et retors, dénué de scrupule et opportuniste, il possède toutes les qualités requises pour endosser le rôle de l’ignoble, chose qu’il réussit à merveille.

Bref, tous les ingrédients sont là pour nous faire apprécier le film, avec en prime une catastrophe (presque) naturelle : un barrage qui rompt, entraînant des scènes tragiques attendues, bien que tout de suite traitées sur le ton de la comédie, dédramatisant complètement la situation.

Sans oublier la fin heureuse, indispensable.

 

A trente ans, Victor Fleming fait une entrée remarquée dans le monde de la réalisation. Malheureusement, cela ne durera que trente ans...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Comédie, #Frank Capra
La Blonde platine (Platinum Blond - Frank Capra, 1931)

Cette « Blonde platine », c’est bien sûr Jean Harlow (Ann Schuyler), révélée par Hell’s Angels, et qui nous montre qu’elle est aussi à l’aise dans le registre comique. Il faut dire que le réalisateur n’est pas n’importe qui, même si ses personnages ont toujours la tendance à faire un tantinet n’importe quoi !

 

Stewart « Stew » Smith (Robert Williams) est un journaliste pipole, et pour son métier, il pénètre chez les Schuyler, cible de ragots. Pire : de rumeurs ! Le fils (Don Dillaway) a eu une aventure avec « une de ces femmes » et cette dernière monnaye ses lettres d’amour.

Mais si Stew est à l’affût des scoops – croustillants, cela va de soi – il n’en demeure pas moins quelqu’un d’intègre et va subtiliser ces lettres pour les rendre à leur destinateur.

Mais en rencontrant cette famille de la haute, il remarque la fille de la maison, Ann : une magnifique jeune fille à la chevelure blonde platine, comme on en faisait à cette époque.

C’est le coup de foudre : ils se marient, au grand dam de Gallagher, collègue de Stew.

Petite précision : Gallagher est une autre très belle jeune femme, puisque c’est Loretta Young qui l’interprète…

 

C’est encore un film de presse que Capra réalise ici, mais selon un angle différent cde ce que nous avons l’habitude de voir : le journaliste que nous suivons se fait piéger par la jolie jeune femme fatale, devenant lui-même le sujet des colonnes qu’il avait l’habitude d’écrire. Quoi qu’il en soit, Capra s’en sort, encore une fois, à merveille et nous amuse avec une intrigue qui se situe en pleine dépression, comme il nous le rappelle quand Smith offre ses fixe-chaussettes à un clochard. Parce que ce film est, derrière la comédie, une satire de ces milieux riches qui ne font que dépenser pendant que d’autres gagnent peu – quand ils gagnent quelque chose.

Et les thèmes, outre le film de presse en lui-même, seront repris dans les films qui vont suivre, en particuliers dans cette décennie qui vient de commencer.

 

Stewart Smith a la dignité et la fierté de John Doe, matinées de l’humilité de Longfellow Deeds, mais a la tête sur les épaules et tel Son homonyme de 1939 (Jefferson), il va se rendre compte de la situation et inverser la tendance.

Certes, il a été enfermé dans une cage dorée, mais il a les moyens d’en sortir. Et ce qui va précipiter cette sortie, c’est évidemment quand le film va devenir complètement capraesque (1) et atteindre le degré nécessaire qui fait la marque de son auteur (2) : Stewart a invité Gallagher à venir boire un coup chez lui : elle vient accompagnée, comme prévu, mais son compagnon a invité quelqu’un qui en a invité un autre (etc.).

S’ensuit un magnifique chaos qui n’est pas sans rappeler la maison des Vanderhof quand elle doit déménager ou n’importe quand d’ailleurs…

Bien entendu, cette fête improvisée est absolument illégale puisque le Volstead Act est toujours en vigueur : on y boit plus que de raison, et en particulier Smythe (Halliwell Hobbes) qui, comme son nom l’indique, est un majordome anglais, que l’arrivée d’un personnage aussi peu conformiste que Stew dans cette maison (d’arrêt) va un brin dérider.

 

Bien entendu, on ne peut oublier Jean Harlow (20 ans !) et son allure moderne mais elle est tout de même – à mon humble avis – supplantée par Loretta Young, sa cadette de deux ans ! Il y a un aspect naturel dans la beauté de la Brune (Loretta) qui détone par rapport à l’allure guindée de la Blonde (Jean). De plus, les yeux clairs l’emportent définitivement chez Young.

N’oublions pas non plus le microcosme capraesque (3) qui s’exprime indifféremment selon les origines : si les amis de Stew ne sont pas tous très distingués, la famille Schuyler elle, l’es un peu trop, ce qui amène certaines situations comiques – souvent muettes, d’ailleurs – qui valent le détour.

Bref, Capra continue de monter en puissance maintenant que le parlant s’est définitivement installé et il pose les jalons de ses chefs-d’œuvre futurs.

Malheureusement pour nous, spectateurs, Robert Williams mourra une dizaine de jours après la présentation du film, comme Rudolf Valentino, d’une péritonite…

Quant à Jean Harlow…Mais ceci est une autre histoire, cela va de soi !

 

  1. Je sais, ce terme n’existe pas (encore), mais si nous sommes (très) nombreux à l’utiliser, il rentrera peut-être dans les lexiques. Vous pourrez alors me dire merci !*
  2. La Capra Touch, puisque la Lubitsch Touch existe bien !
  3. Vous ne pourrez pas dire que je ne fais pas d’effort !

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Tim Burton
Beetlejuice Beetlejuice (Tim Burton, 2024)

Les revoilà : Lydia (Winona Ryder), Delia (Catherine O’Hara) et bien sûr l’incontournable Beetlejuice (Michael Keaton) qui justifient deux fois le titre !

Nous sommes toujours à Winter River (Connecticut), mais plus personne n’habite la maison sur la colline : Charles (Charlie Hopkinson & effigie de Jeffrey Jones) est mort, dévoré par un requin.

Mais sa femme et sa fille reviennent pour son enterrement, avec Astrid (Jenna « Wednesday » Ortega), la fille de Lydia.

Mais si l’enterrement se déroule presque bien, c’est après que les choses se gâtent, avec l’intervention de Jeremy (Arthur Conti) que la jeune Astrid trouve à son goût au point de l’entraîner dans l’autre monde, celui du dessous…

Il ne reste à Lydia plus qu’une seule solution, appeler trois fois le démon blond…

 

Tim Burton est donc de retour avec l’un de ses personnages fétiches, l’ignoble – et réjouissant – Beetlejuice. Chacune de ses apparitions sont un véritable plaisir, d’autant qu’il est plus présent dans l’intrigue. Bien entendu, il n’a pas spécialement évolué et demeure un rustre parfait mâtiné d’un pignouf absolu. Bref, Beetlejuice EST Beetlejuice !

Et Michael Keaton s’amuse presque autant que nous à interpréter ce démon maléfique – et un tantinet idiot – dans des situations absolument extravagantes (pouvait-il en être autrement ?). A ses côtés, on retrouve avec autant de plaisir Winona Ryder, pour interpréter une Lydia dans la droite lignée de l’adolescente que nous avions laissée trente-six ans plus tôt (eh oui, tout le monde vieillit…). Sauf que sa fascination morbide lui empoisonne la vie : elle voit des revenants – surtout un ! – partout, au grand désespoir de sa fille qui est une véritable cartésienne : pour elle, c’est du flan.

Autre personnage de retour, celui de Delia, donc, et Catherine O’Hara reste dans la même optique que dans le premier opus : artiste – incomprise (nulle ?) – improbable dont la conduite n’est pas toujours supportable.

 

Bref, Burton a repris les personnages qui comptaient pour une nouvelle intrigue complètement brindezingue où tout se termine bien, même si pas pour tout le monde ! Le grand Tim, s’il ne réalise pas son plus grand film, reste dans son domaine de prédilection : la mort. Et donc la vie, parce que l’un ne va pas sans l’autre. D’ailleurs, la mort n’est toujours pas une fin et tout continue après, pour ceux qui ont la chance de ne pas avoir Mr. B. comme guichetier ! Cet entremonde administratif nous ramène au premier opus, mais aussi à L’étrange Noël de Mr. Jack ou encore La Fiancée funèbre. Normal, Burton est toujours là !

Ce sont donc 105 minutes menées tambour battant dans un monde que nous connaissons bien, mais avec un petit plus tout de même : les effets numériques. Nous sommes loin des effets spéciaux à l’ancienne qui émaillaient le premier film, et nous apprécierons la fluidité voire la quasi réalité des différentes séquences concernées : la réparation de Delores (Monica Bellucci) ou encore les sables de Titan, sans oublier son serpent qui n’est pas sans rappeler l’Alien de Ridley Scott.

 

Par contre, je rejoins certaines critiques qui jugent de l’(in)utilité d’un tel film. On aurait très bien pu s’en passer. Mais nous aurions manqué une nouvelle occasion de nous amuser avec ce personnage autant répugnant qu’attirant.

Ca aurait été dommage, non ?

 

PS : Doit-on voir un lien entre Catherine O’Hara, pardon, Delia Deetz qui offre à son défunt mari une fin à la Cléopâtre, quand on sait que la belle Monica a interprété ce rôle ?

Et poser la question etc…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Lasse Hallström
Les Recettes du bonheur (The hundred-foot Journey - Lasse Hallström, 2014)

Les Kadam, Papa (Om Puri), Hassan (Manish Dayal) ses deux frères et ses deux sœurs ont dû quitter précipitamment l’Inde suite à une élection mal perdue. La mère (Juhi Chawal) est morte et tous les six ont émigré au Royaume-Uni, pour ouvrir un restaurant, comme à Mumbaï. Mais les légumes n’ont pas d’âme, alors ils essaient le continent. De nouvelles saveurs, de nouvelles expérience : une panne de freins et ils s’arrêtent à Saint-Antonin-Noble-Var. C’est là, avec l’aide de Marguerite (Charlotte Le Bon) qu’ils vont ouvrir leur établissement. Pile en face du Saule Pleureur, restaurant étoilé dirigé de main de maîtresse au palais délicat et sûr, par Madame Mallory (Helen Mirren).

Ce n’est  donc pas la fin des ennuis pour les Kadam…

 

Savoureux, tout simplement. Encore un film qui fond dans la bouche, et pas dans la main (heureusement pour les accoudoirs !). C’est une véritable gourmandise que ce long métrage de Lasse Hallström, et il est difficile de faire la fine bouche quand Helen Mirren est présente… Même Papa Kadam tombe sous le charme de Mme Mallory ! Hassan, c’est plutôt Marguerite : question de génération…

Quoi qu’il en soit, c’est presque un conte de fées pour Hassan qui passe d’une situation incertaine – surtout sans les freins ! – à l’un des restaurants parisiens les plus courus, dont le credo de son directeur Paul (Vincent Elbaz) tient en un seul mot : innovation.

 

Conte de fée parce que c’est un coup du destin qui met en relation Hassan et sa bonne fée (Marguerite). On n’échappe pas aux opposants inévitables – les méchants – qui allient la jalousie au racisme pour tenter de chasser cette famille indienne. C’est d’ailleurs cet attentat xénophobe qui va installer définitivement les voyageurs et amener le sacre de Hassan.

Et bien entendu, tout se termine bien à la fin, même si les deux jeunes gens ne se marient pas. De toute façon, nous sommes au XXIème siècle, que diable !

 

Et Hallström, avec l’aide de son prolifique scénariste Steven Knight, relance sans cesse l’intrigue, amenant son héros toujours plus haut, jusqu’à atteindre le sommet : la consécration parisienne. Mais tel le paysan dans le conte de Pouchkine (1), Hassan ne peut renoncer à ses racines, comme le montre Hallström dans une séquence nocturne qui voit Hassan tremper son bout de nan dans un mets préparé par la femme d’un employé subalterne, indien lui aussi.

Encore une fois, l’émotion est là qui ne nous quitte pas tout au long du film, alternant la comédie et des pointes de tragédie, jusqu’au final : attendu certes, mais frustrant s’il n’était pas là !

 

Tout au long du film, véritable ballade (et balade) culinaire, nous rencontrons des individus plus ou moins attachants – Jean-Pierre (Clément Sibony), l’autre chef, appartient définitivement à la deuxième catégorie – avec en prime Michel Blanc, maire du village et déception de son épouse (Shuna Lemoine) qui préfèrerait le voir manger un peu moins…

Mais la primeur revient tout de même à Om Puri (2) et Helen Mirren qui s’entendent à merveille pour faire basculer cette histoire dans une sorte de merveilleux réaliste, à travers une histoire d’amour platonique mais intense.

 

Bref, on en reprendrait volontiers !

 

  1. Du Pêcheur et du petit poisson (1833)
  2. C’est son avant-dernier film : il est mort quelques semaines avant la sortie de son dernier, en 2017.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Navet, #Ford Sterling, #Charles Chaplin
The thief Catcher (Ford Sterling, 1914)

Le policier Suspicious John (Ford Sterling) se promène avec son chien, quand il croise le chemin de trois brigands (dont Edgar Kennedy & Mack Swain). Il les prend en photo mais est rapidement  repéré. S’ensuit une poursuite à laquelle vont participer les inévitables Keystone Cops, avec parmi eux un jeune homme de 24 ans qui a déjà fait parler de lui : Charles Spencer Chaplin…

 

Nous sommes donc toujours dans les débuts de Chaplin, et s’il participe à ce petit film un tantinet médiocre de Sterling, ce n’est pas pour sa qualité… N’oublions pas que lui aussi est sous contrat chez Sennett.

Et comme c’est Sterling qui dirige, c’est aussi lui qui tient le premier rôle. Certes, son apparence est assez réussie – on a du mal à reconnaître celui qui sera Aubry Piper dans The Show-off quelques années plus tard – mais son jeu est des plus sommaires, sinon très outré (euphémisme). Bref, nous sommes dans une comédie de chez Sennett où tout est bon pour ridiculiser la police, sans faire dans la finesse.

De toute façon, ce n’était pas ce que le public venait chercher. Et s’il n’y a pas l’inévitable (elle aussi) tarte à la crème, un seau d’eau envoyé dans la figure de notre héros la remplace tout aussi efficacement, mais là encore sans grande distinction.

 

Peut-être est-ce dû au fait que Sterling est encore novice dans le domaine de la réalisation (c’est son second film de l’autre côté de la caméra), mais c’est tout de même un film très mineur où le niveau d’humour est assez bas et surtout sans subtilité.

Pour sa part, Chaplin a sa moustache caractéristique, mais son personnage fétiche n’a pas été appelé et son jeu se perd dans la médiocrité ambiante. Certes, on ne peut pas le rater, mais ça ne suffit pas.

Et Ford Sterling ne réussit pas vraiment à nous soutirer le moindre sourire, et ce malgré mon indulgence naturelle pour la période muette. Je me suis ennuyé malgré le format (un peu plus de 12 minutes) devant cette intrigue rachitique où même la fin n’est pas spécialement réussie ni logique.

 

Et au final, un tout petit film – et pas seulement dans la longueur – où le seul véritable intérêt qu’on peut en tirer, c’est d’essayer de retrouver les différents interprètes : aucune mention, sauf dans quelques livres et sur les sites spécialisés… On remarquera aussi un policier qui n’est pas sûr de la fixation de sa moustache, mais surtout que le véritable héros de cette histoire, c’est le chien : il est le seul à accomplir un exploit !

Bref, un film à oublier, ce que Chaplin ne fera certainement pas : on peut penser qu’il le prendra un peu comme modèle de ce qu’il ne faut pas faire… Mais ça, ça reste à prouver.

 

Sterling n’insistera pas trop dans le domaine de la réalisation et reviendra au seul jeu, avec seulement dix-sept films réalisés sur une période de 8 ans, dont quinze avant l’année 1916…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Bertrand Blier
Les Valseuses (Bertrand Blier, 1974)

« On n’est pas bien, là ?... »

Ca, c'est le leitmotiv de Jean-Claude (Gérard Depardieu) à ses compagnons de route : Pierre (Patrick Dewaere), l’ami de toujours, et Marie-Ange (Miou-Miou), shampouineuse frigide.

Et il ne leur en faut pas beaucoup pour être « bien » : de l’argent et des femmes.

De l’Ardèche au Pas-de-Calais, en passant par la Drôme, la Côte d’Or, ou encore la Normandie, les Valseuses est un film qui raconte l’errance de deux paumés dans la France de la fin des Trente Glorieuses…

Un road-movie très particulier oscillant entre comédie et noirceur, avec, bien entendu de nombreux coups : la gifle phénoménale que prend Marie-Ange ; les minables coups pour récupérer de l’argent ; les bons avec les femmes rencontrées, transformant un harcèlement en consentement…

Pas étonnant que le film ait fait parler de lui dès sa sortie !

 

Et surtout, c’est LE film qui a permis à Bertrand Blier de s’imposer au cinéma et être autre chose que le fils de son père. Et quel film ! C’est un véritable feu d’artifices où le réalisateur nous offre un savant mais équilibré mélange porté par une distribution qui n’est pas encore prestigieuse (1), mais à la hauteur de l’enjeu. De plus, on retrouve auprès d’eux quelques figures elles aussi prestigieuses (Jeanne Moreau, Brigitte Fossey) entourées de seconds couteaux souvent présents dans la décennie (Jacques Rispal, Michel Peyrelon…) ou encore des tout petits rôles qui vont éclater à la fin de cette même décennie (Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Isabelle Huppert…). Bref, du premier choix !

 

Il est étonnant qu’on ne qualifie pas souvent ce film de road-movie dans les différentes critiques qu’on peut lire ailleurs : on insiste surtout sur la noirceur et l’érotisme, alors qu’il s’inscrit pleinement dans le genre. Tout d’abord, les deux acolytes passent leur temps sur la route, utilisant les voitures qui se trouvent sur leur chemin, dont une Traction Avant 15 qu’ils échangent contre une DS, voiture elle aussi mythique s’il en est.

C’est aussi un road-movie parce que le trio va évoluer au fil du temps, pour changer de statut social : de petits braqueurs occasionnels, les deux hommes deviennent assassins, et Marie-Ange devient une complice qui a enfin connu l’extase !

Cette errance est magnifiée par les bons mots  distillés par Blier tout au long de cette balade qui devient alors un nouveau « Voyage au bout de la Nuit », avec une fin malheureuse inévitable, bien que le scénario ne nous la révèle pas vraiment (2).

 

Bien entendu, ce film porte ce qu’on va appeler la « patte » du réalisateur : des répliques cinglantes et des situations provocantes, qui vont affoler les censeurs. Mais heureusement réjouir les spectateurs ! Bien entendu, un tel film est difficilement concevable cinquante ans (et même plus !) après, les mentalités ayant fortement changé – ce qui n’est pas plus mal sur certains points, même si l’humour (plus ou moins) noir y a perdu…

Malgré tout, cette façon de tourner va perdurer pendant quarante-cinq ans, avec à l’arrivée « seulement » seize autres films… Mais quels films !

Et avec des valeurs sûres, dont plusieurs seront récurrentes (Depardieu, Dewaere…).

 

Ce 20 mars, c’est confirmé : un grand réalisateur est né !

 

 

  1. Le trio vedette n’a pas encore la notoriété qu’on leur connaît, mais tout va changer après le 20 mars (1974), jour de sortie du film !
  2. Blier a préféré finir sur l’entrée de la voiture dans un tunnel (noir, évidemment), laissant les spectateurs se faire leur propre opinion sur la suite de cette cavale, faisant défiler le générique de fin dans ce tunnel qui, lui, n’en a pas.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Bandes Dessinées, #Christophe Duthuron, #Pierre Richard
Les vieux Fourneaux (Christophe Duthuron, 2018)

On a tellement l’habitude des adaptations de BD ratées qu’il ne faut pas se gêner pour souligner celle-ci. Il faut dire aussi que la présence du scénariste original  dans l’équipe  d’écriture (avec Christophe Duthuron) y est pour beaucoup.

Mais reprenons.

 

Moissac, Tarn-et-Garonne (82).

Trois amis d’enfance enterrent Lucette (Alice Pol), la femme de l’un d’eux, Antoine (Roland Giraud). Pierrot (Pierre Richard) est même, descendu de Paris pour l’occasion, récupérant au passage Mimile (Eddy Mitchell) dans son mouroir (notez le nom de la maison de retraite). Mais la mort de Lucette, c’est aussi l’occasion de ressortir les vieux dossiers, les motifs de fâcherie : Lucette a eu une liaison avec son patron, Armand Garan-Servier (Henri Guybet).

C’est un coup rude pour Antoine qui décide de se débarrasser de ce vieil exploiteur : il sort le fusil et prend sa voiture vers l’Italie.

Les deux autres ne peuvent que partir à sa poursuite avant qu’il accomplisse l’irréparable. Seulement entre Pierrot qui est myope comme une taupe et Mimile qui a « son traitement », difficile de prendre la voiture. C’est donc Sophie (Alice Pol), petite-fille d’Antoine qui va les emmener, dans le « camion rouge » (un J9) de Lucette.

 

Bien entendu, ces trois vieux fourneaux sont attachants. Et les trois acteurs qui les interprètent y sont aussi pour beaucoup. On retrouve en eux les trois personnages originaux, avec leurs caractéristiques physiques bien sûr, mais aussi leurs personnalités, éléments indispensables de leurs personnalités.

De plus, on y retrouve certains dialogues originaux, dont l’adresse – phénoménale – de Sophie aux vieilles dames.

Et comme nous sommes dans un film, il faut aussi laisser de la place au travail du réalisateur. C’est le cas quand on évoque le passé, et surtout la première fois qu’on voit nos trois gugusses enfants : le paysage se métamorphose peu à peu, gommant l’usine de Garan-Servier pour laisser sa place à la nature. On y retrouve les trois garnements – et Pierrot qui a déjà des lunettes – prêts à en découdre avec le monde, et surtout à faire mille et une bêtises.

 

Et puis il y a le problème de la fin. En effet, il s’agit à l’origine d’une série (1) – géniale, je ne sais pas si vous l’aviez compris – et quand le film sort, un cinquième album est déjà sous presse. Alors il faut donner un fin au film qui n’amène obligatoirement un suite parce que si le film est un fiasco, pas de deuxième opus possible. Mais tout en laissant la possibilité tout de même d’y revenir.

Et c’est réussi avec en prime un jeu d’ombres intelligent que se conclut cette bonne adaptation. La fin est assez neutre pour laisser de la place à une suite tout en se suffisant : on peut aussi en rester là sans frustrer les spectateurs.

 

Quatre ans plus tard, une suite sortira.

 

Et vous vous doutez bien que ceci est une autre histoire…

 

  1. Huit volumes parus à ce jour…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Joseph L. Mankiewicz
On murmure en Ville (People will talk - Joseph L. Mankiewicz, 1951)

A défaut de murmurer, on dit que Mankiewicz et Grant considèrent ce film comme l’un de leurs meilleurs, sinon le meilleur. Et quand la fin s’annonce sur l’écran, on comprend pourquoi.

Et pourtant, ce n’était pas gagné : encore une fois, Cary Grant évolue dans ce qui est à l’origine une pièce de théâtre, genre pas toujours é vident à adapter au cinéma.

Mais comme c’est Mankiewicz, on peut y aller les yeux fermés. Pas trop tout de même, c’est mieux de voir pour pleinement apprécier…

 

Le docteur Elwell (Hume Cronyn), sommité d’université, est jaloux de son « collègue », le docteur Praetorius (Cary Grant, donc), gynécologue-obstétricien de renom, qui, en plus de donner des cours dirige une clinique pour les femmes. D’où lui vient cette jalousie ? Praetorius passe mieux avec tout le monde : les patientes et aussi les élèves qui sont prêts à écouter n’importe quoi pourvu que ce soit lui qui enseigne.

Il faut dire que Praetorius est un médecin particulier : outre la gynécologie, il peut soigner tous les maux, le plus souvent par des mots, passant alors de bobologue à psychologue, sans oublier la boucherie, qui n’a absolument rien à voir avec sa pratique de la chirurgie.

Et puis arrive la femme : Deborah Higgins (Jeanne Crain). Etudiante dans un premier temps, elle devient patiente du docteur, avant de tomber amoureuse de ce praticien bien singulier…

J’oubliais le personnage central de cette intrigue : « Mister » Shunderson (Finlay Currie, glabre), un homme mystérieux au passé trouble, ami de Praetorius.

 

Quand le film sort, à la fin de l’été 1951, nous sommes encore au début de ce fléau qui s’est abattu sur l’Amérique d’après-guerre : le maccarthysme. Et la délation va bon train dans ce pays (1) : Elwell ne fait qu’illustrer cet état de fait. Et si ce « petit » monsieur est un sycophante, entretenant un climat de suspicion, le film est avant tout une comédie. En effet, dès les premiers intertitres nous apprenons que malgré l’intrigue centrée sur les professionnels de la médecine, c’est avant tout aux patients que ce film est dédié !

De plus, la différence physique entre Elwell d’un côté et Praetorius et Shunderson (2) accentue la mesquinerie du premier, tout en soulignant la grandeur – morale – des deux autres.

Malheureusement pour Hollywood, il n’y a pas eu assez de Praetorius – à cette époque – et nombre d’artistes ont été blacklistés, certains dénoncés par des « collègues »…

 

Une fois ce pan politique exposé et (d’une certaine façon) écarté, on ne peut qu’apprécier cette comédie pas si légère que ça. Cary Grant est encore une fois phénoménal, et il faut aussi saluer ceux qui l’entourent qui, condition sine qua non pour le mettre en valeur, jouent « dans la même cour » et nous offrent un spectacle de haute volée. Et Mankiewicz, qui ne cesse de faire varier pertinemment le décor de son film, en fait autre chose que du théâtre filmé. Certes, beaucoup de dialogues nous ramènent à l’œuvre originelle (3), mais le jeu des différents interprètes, conjugué aux différents décors nous fait oublier l’aspect théâtral.

Et puisque nous parlons des interprètes, nous pouvons signaler quelques éléments réjouissants qui donnent à ce film les ingrédients incontournables à son succès.

 

Outre Cary Grant et Jeanne Crain qui incarnent un couple sympathique (même si Grant a vingt ans de plus que Crain…), on notera un autre couple qui assure son pendant indispensable : Elwell, bien sûr, mais aussi Miss Pickett, la vieille fille (évidemment) aigrie qui est interprétée par l’inévitable Margaret Hamilton, la célèbre « méchante sorcière de l’Ouest » ! Leur entretien (scène d’exposition) confirme la comédie annoncée, malgré le fiel qui va être déversé.

On notera aussi la présence de Walter Slezak (Pr. Barker) qui apporte beaucoup au comique du film ; mais c’est surtout Finlay Currie qui emporte tous mes suffrages : glabre, on a (presque) du mal à le reconnaître. En effet, nous avons été habitués à le voir dans des rôles de vieil homme barbu (Quo vadis, Ivanhoe, Ben Hur…), et souvent annexes par rapport à l’intrigue. Et ici, il est – comme annoncé plus haut – l’élément central l’intrigue et nous gratifie d’une dernière réplique qui pourrait s’adresser à l’infâme sénateur du Wisconsin.

 

  1. Hollywood n’a pas été épargné : cf. Naming Names (Les Délateurs – Victor Navasky, 1980)
  2. Hume Cronyn, 1,68 m ; Cary Grant 1,84 m ; Finlay Currie, 1,88 m.
  3. Dr Praetorius (Dr. med. Hiob Prätorius, Facharzt für Chirurgie und Frauenleiden – Curt Goetz, 1929), à moins que ce soit la version réécrite en 1934…

 

 

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