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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

comedie

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Edmund Goulding, #Marilyn Monroe
Cinq Mariages à l'essai (We're not married! - Edmund Goulding, 1952)

Gretna Green, la ville des mariages.

C’est ainsi qu’est présentée cette petite ville des Etats-Unis. Et son juge de paix, l’honorable Melvin Bush (Victor Moore) célèbre des mariages sans discontinuer en cette fin d’année.

Seulement voilà : il aurait dû attendre le 1er janvier pour s’y mettre : pendant cette dernière semaine de l’année, aucun des mariages n’est valable !

Alors, si le couple qui s’en est aperçu (une demande de divorce) n’a aucun souci à se faire, il n’en va pas de même pour tous : que faire ?  D’autant plus que l’une des parties en cause, le soldat Fisher (Eddie Bracken) doit partir à la guerre : s’il ne revient pas, son fils attendu ne sera rien d’autre qu’un enfant illégitime ! Et en 1952, c’est une situation des plus scandaleuses…

Ce sont donc cinq situations « à risque » que nous allons suivre, dirigées de main de maître par Edmund Goulding, amenant avant tout des situations comiques. Et heureusement, l’aspect scandaleux évident étant de fait éliminé. Encore que ces différentes situations n’ont pas toutes un élément comique, surtout celle qui voit les Melrose en instance de divorce : c’est d’ailleurs la seule occasion qui voit cette annulation arriver à point nommé. Toutes les autres amèneront une régularisation, ramenant un statu quo salutaire : nous sommes en 1952, que diable !

 

C’est une de ces friandises dont le cinéma américain a le secret, prenant appui sur une intrigue un tantinet improbable, En effet, il n’y a que là-bas qu’on peut rencontrer une telle situation : le manque de temps entre l’autorisation de se marier (une « licence », ou un « permis ») et l’acte en lui-même peut amener un tel imbroglio. Et c’est ce manque de temps – cette précipitation ? – qui amène tout le sel comique des différentes situations.

Mais c’est tout de même le cas des « époux » Melrose qui retient toute notre attention : c’est d’ailleurs le seul qui ne sera pas repris dans la fin – convenue certes – qui voit les couples   reformuler les promesses initiales, certains avec des enjeux sociaux voire sociétaux.

 

En effet, si le mariage n’a pas eu lieu, comment expliquer « socialement » l’enfant qu’ont eu ceux qui se croyaient les époux Norris (Marilyn Monroe & David Wayne) ? Et je ne reviens pas sur le cas des Fisher (voir plus haut).

Et Goulding, sur un scénario subtile de Nunnally Johnson & Dwight Taylor, s’amuse de ces différentes situations, envisageant un panorama objectif des différentes possibilités d’un tel cas de figure. Avec en fil rouge le juge de paix Bush, l’homme par qui le scandale peut arriver !

Mais comme nous sommes  à une époque où le scandale ne peut qu’être envisagé – et certainement pas montré – le scénario nous assure une fin « comme il faut » où malgré tout les méchants – Eve Melrose (Zsa Zsa Gábor) – sont châtiés !

 

Bref, une de ces comédies dont Hollywood avait le secret, servie par une kyrielle de star(lette)s : certaines sont confirmées – Ginger Rogers (Ramona Gladwyn) ou Fred Allen (Steve Gladwyn) et d’autres vont s’installer dans le paysage cinématographique américain – Marilyn Monroe, Lee Marvin (Pinky).

 

A (re-) découvrir…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Blake Edwards
Quand la Panthère rose s'emmêle (The pink Panther strikes back - Blake Edwards, 1976)

Aujourd’hui est un grand jour pour l’ex-commissaire Dreyfus (Herbert Lom) : après avoir été interné, une commission doit se réunir pour autoriser sa sortie. Il est guéri : l’inspecteur Clouseau (Peter Sellers) ne lui fait plus ni chaud ni froid !

D’ailleurs ce dernier est venu apporter son soutien à son ancien supérieur… Avec les désagrément inévitables : Dreyfus restera dans l’établissement psychiatrique.

Jusqu’à ce qu’il s’évade et menace le monde !

Mais le monde n’a rien à craindre : l’inspecteur Clouseau veille et va déjouer les plans machiavélique de ce nouveau maître du crime.

 

Et de quatre !

Quatrième aventure du célèbre inspecteur où la Panthère rose – le diamant du premier épisode – n’apparaît pas, mais où l’animal introduit à nouveau l’épisode, dans un générique hommage au cinéma très réjouissant.

Pour le reste, nous retrouvons Clouseau en pleine forme – ce qui n’était malheureusement pas le cas de Peter Sellers, affaibli par les infarctus – dans une aventure qui n’est pas sans rappeler celles de James Bond : super-organisation constituée de super-criminels, rayon fatal qui fait disparaître sa cible, base secrète high-tech (etc.)…

 

On s’amuse toujours autant (même si le tournage ne fut pas des plus joyeux : Sellers & Edwards communiquaient par personnes interposées, créant de fait un climat de malaise dans l’équipe), Clouseau est toujours aussi maladroit et idiot, enclin à enfiler des déguisements et bien entendu séducteur… Malgré lui ! C’est un nouveau festival de gags le plus souvent visuels, avec quelques éléments en rapport avec l’accent français inimitable de Peter Sellers… Inimitable, mais surtout incompréhensible pour les autres protagonistes.

Ces autres protagonistes parmi lesquels on peut retrouver Omar Sharif (un tueur, égyptien cela va de soi) ou encore Roy « oompa loompa » Deep (tueur italien habillé en Robin Hood), et la voix de Julie Andrews pour doubler Jarvis (Michael Robbins), qui interprète un rôle un tantinet prémonitoire pour elle…

 

Bref, nous sommes en bonne compagnie et même si certaines séquences ont été coupées (et seront réutilisées plus tard), on ne peut que se réjouir de cette nouvelle apparition du pire inspecteur de police du cinéma : Peter Sellers était absolument fabuleux et malgré les tensions avec Blake Edwards, on ne peut que se réjouir de cette collaboration entre deux spécialistes de la comédie.

La prochaine sera, malheureusement, la dernière.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Blake Edwards
Quand l'Inspecteur s'emmêle (A Shot in the dark - Blake Edwards, 1964)

L’inspecteur Jacques Clouseau (Peter Sellers) est libre : son incarcération après l’épisode précédent, comme annoncée, était une erreur. Il a donc réintégré la police française et sert sous les ordres du commissaire Dreyfus (Herbert Lom).

Mais il est toujours aussi maladroit et c’est par erreur qu’il se retrouve chargé d’une enquête criminelle chez le millionnaire Benjamin Ballon (George Sanders) : quatre personnes sont progressivement tuées, et la jeune Maria Gambrelli (Elke Sommer) semble la coupable.

Mais l’inspecteur s’en mêle et, bien entendu, s’emmêle…

 

Nous sommes donc dans le deuxième épisode des aventures du commissaire Clouseau, et il faut avouer que Blake Edwards s’en donne à cœur joie, dirigeant avec brio l’extraordinaire Peter Sellers, encore plus gaffeur que la fois précédente. Nous avons même droit à une réminiscence d’un gag précédent, quand Clouseau (qui d’autre ?) fait tourner un globe terrestre.

 

Pour le reste, c’est un véritable hommage au cinéma burlesque qui nous est offert, Edwards accumulant les gags sans parole, dont une longue introduction justifiant le titre original (1) : un chassé-croisé der personnages peu fidèles qui vont de chambre en chambre jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit abattu de quatre coups de pistolet.

 

Et comme nous sommes avec Clouseau, ce sont des gags récurrents qui s’installent, grâce aussi à la présence de deux nouveaux personnages eux aussi récurrents, Dreyfus et le serviteur Kato (Burt Kwouk). Dreyfus pour sa haine viscérale de Clouseau (et son œil qui tressaute) et Kato pour ses attaques impromptues (et inopportunes) contre son maître.

 

Par contre, rapidement, nous perdons le très léger intérêt que nous pouvions avoir pour l’intrigue policière qui, si elle semble résolue in fine, ne résiste pas au rouleau compresseur que représente le petit policier : il casse, se cogne, plonge (malgré lui), échappe à une série d’attentats et doit même s’enfuir d’un camp de naturistes !

 

Bref, Edwards et Sellers sont en pleine forme, accumulant sans répit ni retenue des gags toujours plus farfelus, pour notre plus grand bonheur.

 

Un régal !

 

  1. Un coup de feu dans la nuit.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Claude Zidi, #Louis de Funès
L'Aile ou la cuisse (Claude Zidi, 1976)

Charles Duchemin (Louis de Funès) est le directeur des guides du même nom, ceux qui font la pluie et le beau temps sur la cuisine française.

Il visite, note et attribue les précieuses étoiles qui font la renommée de la gastronomie française. Alors bien évidemment, il fait des jaloux et surtout un de ses concurrents les plus farouches : Jacques Tricatel (Julien Guiomar). Ce dernier est le représentant de ce que nous appelons aujourd’hui la « malbouffe », et nourrit des millions de personnes via ses restaurants d’entreprises et autre relais autoroutiers.

Qui de ces deux géants de la nourriture va l’emporter sur l’autre ? Philippe Bouvard (lui-même) va trancher.

 

Voilà cinquante ans que le film est sorti et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il reste, malheureusement d’actualité. Mais pas dans le sens où on le croyait à l’époque : la malbouffe l’a emporté (dans la plupart des endroits) et si Tricatel reste un nom fictif, on n’en pense pas moins à un autre Jacques dont le nom se termine en « el », et qui proposait déjà de la nourriture loin des standards dont Duchemin est le parangon. Lui aussi a un nom qui en rappelle un autre en « in ».

Mais ce qui est avant tout un modèle de société – surtout en France, pays de la gastronomie – reste ici au niveau de la comédie, spécialité de Claude Zidi. Et nous sommes gâtés ? Parce qu’en plus d’une intrigue propice aux gags, ce sont deux grands noms de la comédie française qui se rencontrent pour notre plus grand plaisir : Louis de Funès, donc et Michel Colucci (Coluche). Si l’un représente la comédie traditionnelle du cinéma français, Coluche, pour sa part, représente la nouvelle génération : pas étonnant donc qu’on trouve des gens comme Martin Lamotte (Roland), Marie-Anne Chazel (une des convives au repas du cirque) ou encore Gérard Lanvin (un des clients du café) !

 

La gageure était de taille : réussir à faire se rencontrer deux monuments du rire aussi différents l’un de l’autre est déjà un exploit, mais réussir en prime le film en est un autre. Certes, à sa sortie, certains milieux bien pensants on eu tendance à conspuer cette nouvelle comédie de Zidi – je ne cite personne mais il me semble que ça pourrait se terminer par « rama » – il n’empêche que le duo fonctionne à merveille et on s’amuse du talent comique des deux protagonistes principaux.

Bien entendu, De Funès se retrouve à la tête d’un film bien français, encore une fois, mais ce sujet, somme toute grave, déborde du cadre purement hexagonal et coïncide pleinement avec l’actualité gastronomique mondiale : la restauration rapide se répand dans le monde entier et il ne va pas falloir attendre bien longtemps avant qu’une marque au M jaune s’installe en France, avec ses steaks hachés en sandwiches (1), et son clown (encore un) qui n’est pourtant pas à la Maison Blanche…

 

Alors on en reprend : l’aile, la cuisse et puis tout le reste, avec beaucoup de bonheur.

Et au bout d’une quinzaine de fois (plus certainement), je n’arrive pas à m’en lasser…

 

  1. La manière de fabriquer du steak haché par l’entreprise Tricatel est inoubliable, même si un tantinet exagéré : n’est-ce pas le propre de la comédie que d’accentuer les effets ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Michael Curtiz
Mon Père et nous (Life with Father - Michael Curtiz, 1947)

« La vie avec Père », nous dit le titre original. Quelle vie… Et surtout quel père !

Clarence Day Sr. (William Powell), règne d’une main de maître sur sa maison : sa femme Vinnie (Irene Dunne), et ses quatre fils, Clarence Jr. (Jimmy Lydon), John (Martin Milner), Whitney Johnny Calkins) et le petit Harlan (Derek Scott).

Enfin, à l’instar du maître du logis de Dreyer, c’est plutôt Vinnie qui dirige tout, embrouillant, avec talent, l’esprit de son mari, le retournant telle une crêpe à la chandeleur.

Alors que les Day ont la visite de la cousine Cora (Zasu « Trina » Pitts) accompagnée de la jeune – et belle – Mary (Elizabeth Taylor), la famille se rend compte que ce même père n’a jamais été baptisé !

C’est impensable quand on a été élevé dans la religion comme Vinnie… Et ses enfants !

Et en fin de compte, s’il n’a pas été baptisé, son mariage est-il valable ?

Ces questions sont primordiales dans le New York de la fin du XIXème siècle…

 

Autant le dire tout de suite, Clarence Day Sr. n’est toujours pas baptisé quand le film se termine. Mais cela ne devrait plus tarder… Quoi qu’il en soit, Michael Curtiz réussit ici une comédie pittoresque, servie par une distribution à la hauteur de l’enjeu, Powell et Dunne assurant à eux seuls une grande partie du succès. Mais comme toujours, deux vedettes ne suffisent pas si les seconds rôles ne les soutiennent pas. Heureusement, c’est donc le cas ici et on passe un bon moment en compagnie de cette famille somme toute banale s’il n’y avait pas ce père faussement tyrannique.

Les éclats récurrents – « Goooooood ! (1) » a – de cet homme d’affaire dépassé par sa famille sont attendus avec impatience à mesure que l’intrigue se déroule. De même pour le défilé des servantes – une nouvelle chaque jour – qui lui font dire à chaque fois : «  qui est-ce ? ».

 

Et le talent de Michael Curtiz, c’est aussi de faire d’une pièce de théâtre un film, échappant au théâtre filmé grâce, entre autres, au talent de Robert M. Haas & George James Hopkins qui recréent un New York fin de siècle de toute beauté. L’introduction du film nous y prépare d’ailleurs puisque nous voyons de vieux clichés vus à travers une visionneuse à double image comme on en trouvait à l’époque. Le passage au film se fait alors tout en douceur et nous nous retrouvons comme projetés à l’intérieur de ce monde un tantinet désuet parce que révolu.

Et en touche finale pour ce décor d’un autre temps, nous avons le policier qui déambule, interprété par Monte Blue, lui aussi un acteur d’un autre temps…

 

Oui, Curtiz nous régale avec cette comédie – d’après une histoire vraie ! La famille de Clarence Day a véritablement existé et c’est Junior qui en a écrit un livre – dont l’intrigue n’est pas si simple que ça. Car, outre l’histoire du baptême paternel, nous avons droit à une histoire d’amour naissante entre Clarence Junior et la belle Mary, ainsi q’un remède miracle qui soigne (presque) tout et que John vend aux amis de la famille. Ce remède miracle, véritable poison, est tout de même un des déclencheurs de la rédemption : eh oui, c’est bien un film américain et si Vinnie tanne son mari pour qu’il soit baptisé, c’est avant tout pour assurer son salut ! On y revient toujours !

 

AU final, une comédie enlevée, servie par un duo vedette en pleine forme et un Michael Curtiz qui semble s’amuser de toutes ces péripéties.

Un film à (re)découvrir…

 

  1. « God », pas « good ». Avec un o ouvert qui tire sur le a.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #René Clair
Le Million (René Clair, 1931)

Michel (René Lefèvre) et Prosper (Jean-Louis Allibert) partagent un atelier dans Paris, sous les toits, en face de chez la belle Béatrice (Annabella). Mais la vie d’artiste n’est pas facile et les créanciers commencent à s’accumuler devant la porte : comment les payer ?

Heureusement, le numéro de Michel est sorti à la loterie : il a gagné un million de florins, ce qui représente une coquette somme. Il ne reste pus qu’à retrouver le billet, qui est dans le veston de Michel. Veston que Béatrice a donné au père La Tulipe (Paul Ollivier), truand notoire et indélicatesse avec la police.

Il ne reste plus qu’à retrouver ce monsieur. Sauf qu’il est fripier (entre autres choses) et qu’il vient de vendre le veston au ténor Sopranelli (Constantin Siroesco). Qu’importe : ils iront tous à l’opéra lyrique pour récupérer le veston, et par conséquent le billet gagnant : toutes les routes mènent au million !

 

Voilà près de quarante-cinq ans que je n’avais pas vu ce film, et le moins que je puisse dire, c’est qu’il n’a rien perdu de sa force et surtout de son brio. René Clair s’en donne à cœur joie après être entré dans le cinéma parlant en passant Sous les Toits de Paris. Mais surtout, il revient à ce qui fit son succès à la fin du muet : la comédie.

Bien entendu, ce veston qui disparaît et réapparaît nous rappelle le Chapeau de paille d’Italie, mais, parlant oblige, Clair insère des numéros musicaux dans cette intrigue à rebondissements. Toujours pas complètement convaincu par le nouveau jouet du cinéma (le son), il recourt de nombreuses fois à la comédie muette, sans pour autant revenir au slapstick.

Les seules interventions sonores doivent être pertinentes et le reste du temps, il se débrouille – très bien – avec des situations qui ne requièrent aucun dialogue.

 

Mieux, il utilise le son pour en faire un autre élément comique impossible auparavant. C’est le cas lors de la réconciliation entre Béatrice et Michel, derrière un décor, pendant que les deux chanteurs vedettes – Sopranelli & la soprano (Odette Talazac) – égrènent leur propre réconciliation : c’est muet et c’est absolument génial, la fougue de Michel détonant complètement avec la retenue des deux chanteurs.

Autre élément sonore brillamment trouvé : la récupération du veston à l’opéra. Ce veston passe de main en main et est même lancé de protagoniste à protagoniste, transformant (c’est le cas de le dire) une course poursuite en véritable action de rugby, avec en prime le coup de sifflet inévitable.

Bref, c’est une utilisation superbe de cette nouvelle technique qui s’impose.

 

Et on s’amuse de cette histoire qui ne fait qu’accumuler les obstacles devant Michel, avec en prime l’aide de Prosper qui voit une occasion facile de s’enrichir. Mais nous sommes dans une comédie alors nous savons que tout se terminera bien pour notre héros et sa jolie fiancée, et que si Prosper n’est pas à proprement châtié, passer aussi près de la fortune est une punition bien suffisante pour ce faux ami.

Mais ce qui fait le charme de ce film, c’est avant tout la bonne humeur qui y règne, une espèce de message d’espoir alors que la crise de 1929 va toucher de plein fouet l’Europe et la France à l’automne : on va retrouver cette même bonne humeur quand d’autres « petits » vont gagner à la loterie, cinq ans plus tard. Mais ce sera Duvivier aux commandes et si Raymond Cordy (ici le chauffeur de taxi) sera à nouveau là, le propos sera beaucoup moins optimiste : ce sera La belle Equipe.


En attendant, il faut voir et revoir ce film qui est devenu – à juste titre – un classique du cinéma français, dont René Clair en fut l’un des maîtres.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Biopic, #Woody Allen
Zelig (Woody Allen, 1983)

Leonard Zelig (Woody Allen) est un drôle de paroissien : dans un souci d’être intégré et apprécié, il se fond littéralement dans le paysage dans lequel il se trouve. En effet, s’il est avec des médecins, il dissertera médecine avec aisance, en présence d’homme obèses il va rapidement prendre du poids et parmi des gens noirs, sa peau va se mettre à foncer…

On le surnomme l’Homme caméléon.

Mais ces transformations ne sont pas une bonne chose et procèdent d’un désordre psychique fort.

Le docteur Eudora Fletcher (Mia Farrow), psychothérapeute, va le prendre sous son aile et essayer de le guérir.

 

Ce fut une belle surprise quand je suis allé voir ce film. J’aimais beaucoup Woody Allen et son humour particulier, et ce faux documentaire était incroyable ! Monté comme un documentaire de télévision, on y découvrait donc l’histoire improbable de ce petit bonhomme transformiste à l’extrême. Jusque là, rien de bien extraordinaire, me direz-vous, mais c’est la façon de traiter cette intrigue qui fait tout le sel du film. En effet, tout d’abord, il situe son personnage à la fin des années 1920, mêlant avec bonheur – et surtout maîtrise – les images d’archives et les tournages récents : seuls les différents commentateurs – spécialistes, journalistes, écrivains (etc.) sont en couleur, tout le reste est en noir et blanc. Et un noir et blanc souvent travaillé afin de paraître issu directement de cette même époque.

Et comme si cela ne suffisait pas, Woody Allen a même fait retoucher les images pour s’y inclure auprès de personnalités ayant réellement existé.

 

C’est absolument fabuleux, magnifiquement trouvé et surtout, comme nous sommes en 1983 quand le film sort, techniquement parfait : aucune IA n’a été utilisée ni effet numérique !

Quand il s’agit de photos, c’est plus facile, mais quand ce sont des images animées, la gageure est plus élevée, et c’est en cela que ce film de Woody Allen sort de ses sentiers battus, même si Zelig est un personnage tout à fait « allenien », avec ses doutes et ses éléments comiques.

Les différentes transformations de Leonard sont savoureuses, et en particulier quand il se transforme en Grec.

Bien entendu, le point culminant qui le voit côtoyer Hitler est véritablement époustouflant : il réussit même à le faire se retourner !

 

On suit alors avec beaucoup d’intérêt – et le sourire aux lèvres – les différentes pérégrinations de cet homme insignifiant qui passe du jour au lendemain de l’ombre à la lumière, à une époque d’excès qui sera freinée par la grande Dépression.

Il faut voir les différents produits dérivés, tout aussi absurdes les uns que les autres pour se rendre compte de la folie de ces années d’insouciance. Sans oublier les chansons et autres danses absolument absurdes et donc formidables !

 

Mais c’est surtout dans la structure du film que Woody Allen s’épanouit, mêlant les archives et les images récentes avec beaucoup de maîtrise, rendant ce documentaire tout à fait crédible.

Il faut dire que les différents professionnels qui interviennent jouent magnifiquement le jeu et dissertent avec beaucoup d’aisance sur ce personnage inventé comme s’ils l’avaient toujours connu. Ils donnent une existence plus que vraie à Zelig, renforçant le décalage créé par cette invention.

 

C’est brillant. Tout simplement.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Blake Edwards, #Audrey Hepburn
Diamants sur Canapé (Breakfast at Tiffany's - Blake Edwards, 1961)

Paul « Fred » Varjak (George Peppard), écrivain, vient de s’installer dans un appartement de New York. Juste en dessous, il a pour voisine une jeune femme bien singulière : Holly Golightly (Audrey Hepburn. Tout de suite, ils s’entendent bien, mais la vie de Holly est beaucoup trop imprévisible pour Paul : comme le déclare son agent, O.J. Berman (Martin Balsam), « elle est bidon. » (1)

Si elle est vraiment Holly Golightly, pourquoi un homme – Doc (Buddy Ebsen) – déclare être son mari et surtout que son véritable prénom est Lulu-Mae ?

 

C’est une comédie très enlevée que nous propose ici Blake Edwards, et il faut l’avouer, Audrey Hepburn est absolument phénoménale. Tout d’abord parce qu’elle n’était pas – personnellement – comme Holly (c’est donc un véritable rôle de composition), mais surtout, le rôle était prévu pour Marilyn Monroe !

Quoi qu’il en soit, ce sont cent quinze minutes très réjouissantes auxquelles nous assistons, à suivre la vie fantasque de cette jeune femme qui débarque dans la vie de Paul comme un ouragan mais qui, heureusement, ne repart pas, même si elle a tout chamboulé.

Parce que ce n’est pas un scoop : ils finissent ensemble !

Et tout l’intérêt réside dans la réunion finale (et inévitable !).

 

Il est clair que la vie de Holly n’est pas des plus roses, mais heureusement, il y a la bijouterie Tiffany (5th Avenue, Manhattan) dont les collections l’emmènent ailleurs et surtout lui remontent le moral. Bien entendu, Paul aussi lui remonte le moral, mais ce n’est pas pareil…

Quoi qu’il en soit, Holly est un véritable raz-de-marée qui nous submerge dès sa première apparition, et il faut toute la force de caractère de Paul pour la dompter. Et aussi beaucoup de patience.

 

Et comme nous sommes chez Blake Edwards, la comédie est omniprésente. Outre le duo vedette, on découvre quelques personnages qu’on pourrait aisément qualifier de « gratinés » : de O.J. Berman et ses « Freddy Baby » à Paul, jusqu’à Mag Wildwood (Dorothy Whitney) et son mortel ennui (celui qu’elle partage aux autres), en passant par Sally Tomato (celui qu’elle partage aux autres), en passant par Sally Tomato (Alan Reed), sans oublier les nantis, ce sont des personnages plus ou moins improbables qui gravitent autour de la jeune femme : difficile alors pour Paul de s’imposer !

 

Bref, c’est une comédie incontournable : pour Audrey Hepburn, tout d’abord et son jeu plein de fraîcheur ; mais aussi pour tous ceux qui gravitent autour d’elle et qui lui permettent de s’exprimer pleinement et nous donner une très belle prestation.

 

Un film qui fait du bien.

 

NB : un (Petit ? Grand ?) bémol cependant. Le personnage de Yunioshi, photographe d’origine japonaise est interprété par Mickey Rooney. Non seulement, on pourrait se passer de ce personnage sans beaucoup altérer l’intrigue (sauf pour les clés…) mais surtout il campe un personnage caricatural à la limite du racisme. Certes, son maquillage est splendide, mais ça n’efface pas cette tache sur ce film. Un acteur d’origine japonaise aurait certainement atténué ce débordement. Edwards l’a regretté… Bien après !

 

PS : le nom de Holly, « Golightly » lui va comme un gant. En effet, la traduction littérale pourrait être « aller légèrement », ce qui est une expression qui lui sied. Et ça m’étonnerait que Truman Capote (l’auteur du roman éponyme adapté) ait choisi ce nom par hasard…

 

  1. "She’s a phoney."

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Mel Stuart
Willy Wonka au Pays enchanté (Willy Wonka and the chocolate Factory - Mel Stuart, 1971)

Voilà vingt ans que la chocolaterie de Willy Wonka (Gene Wilder) est fermée. Fermée par peur des espions qui veulent s’emparer des secrets du génial chocolatier.

Mais ce dernier vient d’offrir la possibilité à cinq enfants de venir dans son usine. Pour cela, rien de plus simple : trouver le ticket d’or qui se cache dans une tablette.

Plus que tout, Charlie Bucket (Peter Ostrum) aimerait en trouver un. Mais les quatre premiers sont vite trouvés et Charlie désespère, jusqu’au moment où il le trouve !

Le voilà, avec Papi Joe (Jack Albertson), en ce premier octobre, devant la grille de la chocolaterie.

La visite – et donc le voyage – peut commencer !

 

Première des adaptations du livre de Roald Dahl (paru en 1964), c’est peut-être la plus réussie, même si celle de Tim Burton est attachante. Il faut dire que la présence de Gene Wilder est la clé  de la réussite de ce film. Même s’il n’a pas l’âge requis pour interpréter de rôle principal, ce n’est pas grave : nous sommes au cinéma et tout reste possible.

Et encore plus les inventions phénoménales de Wonka !

D’autant plus que les moyens techniques à disposition sont beaucoup moins élaborés que pour Burton : ce sont des effets spéciaux à l’ancienne, et ils n’en demeurent pas moins très bien léchés. A aucun moment, on ne se demande « mais, comment ont-ils fait ? » : on savoure les instants et c’est tout.

 

Bien entendu, tous les ingrédients du livre sont là et on se délecte des disparitions successives des différents enfants, tous plus invivables les uns que les autres. Avec bien entendu, la palme pour Verruca Salt (Julie Dawn Cole), ce monstre d’égoïsme et d’insolence, dont le père (Roy « Planchet » Kinnear) n’est pas peu responsable… Et que dire de la gourmandise d’Augustus Gloop (Michael Bollner), de l’orgueil de Violet Bearegarde (Denise Nickerson) ou de l’intoxication télévisuelle de Mike Teevee (Paris Themmen) ? Rien, ils subissent le même sort que leur congénère. Par contre, rien que leur nom nous indique déjà ce qui va les perdre…

Alors bien sûr, Charlie et sa vie quotidienne on ne peut misérable ne peut qu’attirer la sympathie des spectateurs : le taudis qui lui sert de maison avec le grand lit où dorment les quatre grands-parents suffit. Et le fait qu’on le suive lui et pas un autre enfant nous fait deviner très rapidement l’heureux issue. Parce que c’est avant tout la chocolaterie qui nous intéresse : qu’y fait-on ? Et comment ?

 

Et Mel Stuart mène son film magistralement, s’adressant avant tout aux enfants, mais aussi, d’une façon plus déguisée, aux parents : ces quatre enfants terribles qui nous sont présentés ont des parents qui ne semblent vraiment pas à la hauteur. De plus, il entrecoupe les différentes séquences de chansons pertinentes (1) avec en point d’orgue, à chaque élimination d’enfants, la chanson des Oompa Loompa (des acteurs nains), comme dans le roman originel.

 

Bref, c’est une belle réussite qui ne s’éloigne pas beaucoup du roman original, ce qui est tout de même un plus.

Je sais, nous sommes au cinéma, et tout est permis.

Même de rester fidèle au produit d’origine !

 

  1. Ecrites par Leslie Bricusse & Anthony Newley

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Chuck Russell
The Mask (Chuck Russell, 1994)

1994 : grande année pour Jim Carrey.

En effet, trois films (1) où il est en haut de l’affiche sortent et il passe dès lors au premier plan, enchaînant les succès.

Et ce Mask, c’est du sur mesure, ou presque !

A l’instar de son interprète, le Mask possède une dentition remarquable et une souplesse incroyable. Bref, Jim Carrey est son personnage, et nous en profitons !

 

Stanley Ipkiss (Carrey, donc) est employé de banque, un tantinet trop gentil, naïf et idéaliste. Et ce ne sont pas des qualités très prisées à Edge City. Mais un soir, alors qu’il croyait sauver une forme qui se noyait, il trouve un masque viking en bois. Une fois essayé, Stanley se métamorphose : il est un homme au visage vert et imberbe, aux manière très éloignées de ce qu’il est : « the Mask ».

Seulement voilà, à l’instar de Mr. Hyde pour Jekyll, cet avatar échappe à tous contrôles et rapidement, Stanley est recherché par la police : même s’il portait un masque, c’est bel et bien lui qui a dévalisé la banque où il travaille…

Mais s’il n’y avait que ça…

 

Bien entendu, Jim Carrey est absolument époustouflant. Certes, les effets spéciaux sont omniprésents et accentuent les différentes mimiques de l’acteur. Mais force est de constater qu’il s’en tire à merveille, interprétant ce véritable hommage à Tex Avery. Doublement parce que Stanley est avant tout un grand fan du maître du cartoon, mais aussi parce que son personnage se comporte comme l’une de ses créatures, et en particulier le loup. Nous avons d’ailleurs droit à la séquence où le Mask regarde la belle Tina (Cameron Diaz) chanter, telle le petit Chaperon rouge (Red hot riding Hood, 1943) ou encore Cendrillon (Swing shift Cinderella, 1945). Le tout avec les effets sonores adéquats.

C’est du grand n’importe quoi dès que le visage vert apparaît, et c’est tant mieux ! Avec en point d’orgue les policiers venus l’arrêter, entraînés dans une chorégraphie impromptue. Impromptue mais savoureuse !

 

C’est une centaine de minutes de plaisir où l’on découvre une jeune actrice (elle a encore 21 ans quand le film est présenté) qui fera parler d’elle : Cameron Diaz.

Bien entendu, le méchant (condition sine qua non de réussite du film), Dorian (Peter Greene), est à la hauteur de l’événement, et encore plus quand il récupère le masque et l’enfile. Il est aussi répugnant que sa voix est désagréable : tout ce qu’il faut pour s’attirer les inimitiés.

Bien entendu, comme nous sommes dans une comédie, tout se terminera bien, ce dont nous ne doutons à aucun moment, l’intérêt étant de voir comment on y parvient !

Et la palme du meilleur second rôle échoit bien sûr à Max, qui interprète Milo, le chien de Stanley, qui va lui aussi enfiler le masque…

 

Bref, si ce n’est déjà fait, précipitez-vous sur ce film fichtrement bien ficelé, où les effets spéciaux numériques sont encore balbutiants mais tout de même très efficaces, et surtout bien réalisés et n’empiètent pas sur l’intérêt de l’intrigue, ce qui n’est pas toujours le cas… Surtout dans les années qui ont suivi !

 

 

  1. Les deux autres : Ace Ventura : Pet Detective et Dumb & Dumber.

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