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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

daniel espinosa

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #Daniel Espinosa
Sécurité rapprochée (Safe House - Daniel Espinosa, 2012)

Matt Weston (Ryan Reynolds) travaille pour la CIA au Cap. Tous les jours, il entretient une maison vide qui sert de refuge (1) aux agents de terrain, et accueille accessoirement des invités plus ou moins consentants : s’y tiennent souvent des interrogatoires musclés mais qui, faute d’enregistrements, n’ont jamais existé.

Cela faisait un an que Matt s’ennuyait dans cette trop grande maison quand on lui amena un invité de marque : Tobin Frost (Denzel Washington). Ce monsieur qui a appartenu à la même maison vient d’être retrouvé après quelques années de silence et porte par devers lui des informations délicates, surtout pour ceux qui sont les sujets de ces informations : des agents trop peu scrupuleux des bonnes manières et surtout exerçant loin du domaine légal qui les concerne.

Pas étonnant qu’à peine arrivé à la « planque » (1), des hommes armés interviennent, venus semble-t-il régler son compte à ce drôle d’agent.

 

Efficace et mené tambour battant par Daniel Espinosa, ce film d’espionnage somme toute classique – il y a au moins une planche pourrie dans la CIA – se laisse regarder avec plaisir, la présence de Denzel Washington y étant pour beaucoup. A ses côtés (sur l’affiche au moins) on y trouve quelques noms de premier plan connus – Brendan Gleeson, Sam Shepard, Vera Farmiga – et quelques autres plus obscurs comme quelques unes de nos vieilles connaissances : Robert Patrick et Liam « Davos » Cunningham.

Et si Robert Patrick semble être du côté des gentils – je parle de la CIA – son sort n’est pas bien différent que ceux de ses rôles précédents, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Quoi qu’il en soit, nous avons donc une belle brochette d’espions qui passent leur temps à se poursuivre, et quand ce n’est plus le cas, ils s’entretuent. Ce qui nous laisse tout de même peu de temps pour souffler.

Certes, les images sont à couper le souffle, mais on aurait peut-être préféré un rythme un peu moins soutenu et surtout plus équilibré.

Nous n’échappons pas non plus au linge sale qu’il faut à tout prix éviter de laver en public (la liste) mais que de toute façon, et malgré toute l’opiniâtreté des « pourris » incriminés, elle sera publiée et le scandale éclatera, faisant un bout de ménage dans certaines institutions.

Mais rassurez-vous, il en restera à faire dans d’autres films, sinon, où serait l’intérêt ?

 

Je l’ai déjà dit ici, mais depuis The Bourne Identity, certains codes du film d’espionnage ont évolué et ce film en est une illustration frappante (2) : Matt Weston est un néophyte, encore vierge de toute véritable implication, sorte de justicier qui veut la vérité à tout prix, alors qu’il va apprendre – rapidement – que la vérité doit être « le cadet de ses soucis » (3), la survie étant le premier objectif d’un agent après sa mission. Alors encore plus quand on n’a pas de mission et que ça canarde de tous les côtés.

Et on retrouve dans certaines séquences le côté débrouillardise qu’on avait aimé avec Jason Bourne, qu’elle soit le fait de Matt ou de Frost, qui est un agent de haut vol.

 

Un film somme toute plaisant, et si Matt Weston est un héros/jeune premier plein de ressources, on peut tout de même lui préférer Denzel Washington, qui y a le rôle le plus intéressant : normal, il est l’un des producteurs du film...
Et les femmes ? Elles sont bien peu, et dans des rôles un tantinet effacés. Effacés par des scènes fortes qui ont tendance à n’être réservées qu’à des hommes.

Dommage.

 

 

  1. Une des traductions de « Safe House », le titre original.
  2. Dans tous les sens du terme du fait d’une violence tout de même bien présente.
  3. Comme dit Rhett Butler en version française !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-fiction, #Daniel Espinosa
Life : Origine inconnue (Life - Daniel Espinosa, 2017)

Station spatiale internationale.

Un équipage de six scientifiques venant de différents pays doit réceptionner des échantillons venant de Mars.

Et, depuis H. G. Wells, on sait qu'il y a un échantillon de vie...

Le premier stade, c'est la découverte de la cellule. le second, son réveil. Le troisième, c'est son développement.

Et après ?

Après, Wells rencontre Alfonso Cuarón, Stanley Kubrick (un petit peu), mais surtout Ridley Scott.

 

On prend les mêmes ingrédients que Alien et on le transpose : le vaisseau est remplacé par la station spatiale, d'où une sorte de mise à jour du décor. [Qu'en sera-t-il dans quarante ans ? Trouvera-t-on toujours ce décor adéquat ?]

Comme dans Gravity, on voit des gens évoluer en apesanteur avec une fascination certaine, admiratifs devant ces effets.

 

Daniel Espinosa rejoint Kubrick et son 2001, a space Odyssey sur deux points : le traitement de l'apesanteur, où les plans des acteurs ne sont pas en rapport avec notre vision classique des corps (tête en haut, pieds en bas) et le traitement de l'extraterrestre. Ici aussi, nous avons affaire à un corps étranger hybride qui ne ressemble à rien de familier : une espèce de croisement entre une étoile de mer et une orchidée. Pas d'humanoïde, cette fois-ci. Et cette créature en devient fascinante. Pour les protagonistes tout d'abord, la découverte d'une nouvelle forme de vie s'apparente à une nouvelle naissance, soulignée par une véritable naissance qui a lieu pendant le séjour spatial. Mais fascinante aussi pour le spectateur : cette étrangeté (volonté de la production de se démarquer de ce qu'on connaissait) est tour à tour attirante et repoussante.

 

Et bien entendu, il y a l'incident qui amène le déséquilibre : le réveil de la créature, amenant une resucée d'Alien, dans un décor plus moderne, tout de même. Mais les ressorts sont les mêmes : un espace gigantesque qui devient vite un lieu confiné et oppressant ;  une créature hostile qui échappe à tout contrôle ; des membres d'équipages qui, même s'ils ne se séparent pas, sont éliminés par cette même créature ; des moments de silence présageant un coup de théâtre... Et une angoisse qui monte !

Le tout pour exploser dans une fin comme on en rêvait.

 

Pourtant, ça avait un peu mal commencé : l'expédition est médiatisée, et ce sont essentiellement des médias américains qui couvrent l'événement. On songe tout de suite que la film va tourner - encore une fois - à l'apologie des Etats-Unis, sauveurs officiels de la planète depuis maintenant plusieurs décennies : des petits enfants américains posent des questions aux astro/cosmonautes, c'est une école choisie parmi 11 000 qui donne son nom à la créature : la primaire Calvin Coolidge... Il ne manque plus que Tom Cruise et la boucle sera bouclée. Et puis on retrouve une répartition des rôles en fonction des minorités selon le principe de Tolérance cher aux Américains (un asiatiques, un noirs qui plus est handicapé...)

 

Mais c'est un réalisateur suédois... Alors même si l'Amérique est le point de départ de l'histoire, la fin n'a rien d'américaine.

Et c'est tant mieux !

Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé ! Tous les ingrédients sont là pour avoir une fin attendue : et non !

 

Ca fait du bien de temps en temps...

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